Le remerciement ironique, non merci…

YSENGRIMUS — J’ai éduqué mes enfants de façon libertaire. J’ai toujours respecté leur libre arbitre et leur droit fondamental de me remettre en question et même, un petit peu pourquoi pas, de se payer ma poire de temps en temps. Je n’ai pas fliqué leur vie sociale, leurs activités sur internet, leurs expériences privées, leurs choix de vie ou de carrière, et j’ai toujours fait la promotion des représentations fondamentales (rationalistes, progressistes, anti-capitalistes et athées) que je valorise, sur le mode de la discussion et du débat intellectuel ouvert. Je les encourage dans leurs aspirations du mieux que je peux et, quand on me demande ce que je voudrais qu’ils soient dans la vie, je réponds: heureux. On me demande parfois aussi si j’ai imposé à mes enfants un comportement particulier, une activité ou action spécifique, à propos de laquelle c’était, et ce, sans réplique: vous devez le faire et la remise en question n’est pas autorisée. On ne discute pas cela. On obéit, simplement. Réponse: oui, j’ai imposé unilatéralement une telle activité ou action. Quelle activité ou action? Il s’agit de celle de faire l’épicerie. Faire l’épicerie tous ensemble est, sous ma houlette, une activité obligatoire, incontournable, implacable. Le principe moteur de la chose est qu’il faut quand même, un jour ou l’autre, se lever pour aller chercher à manger pour soi-même et pour ses pairs et que cela s’apprend. Mes deux fils, Tibert-le-chat et Reinardus-le-goupil, participent donc à l’épicerie depuis qu’ils sont tout petits. C’est une corvée collective dont-ils ne peuvent se défiler. Ils sont d’ailleurs devenus, au fil des années, d’un efficace redoutable en matière épicière… C’est donc là un comportement que j’ai inculqué, sans concession, sans qu’il leur soit possible de s’objecter ou de s’esquiver. Ah, ah, qui maintenant dira Haro! sur notre bonne vieille autorité parentale et paternelle, en bois brut et qui a des vertèbres?

On me dit alors que cela est bel et bien et on me demande ensuite s’il n’y aurait pas un comportement verbal, une insulte, un chapelet de jurons, une incantation blasphématoire, un affront, formulé(s) en paroles, dont j’ai du dire qu’il ne serait pas toléré parce qu’il bousculait mes principes éthiques fondamentaux. Les petites insultes et grossièretés sans tripailles de salles de douches ne figurant nulle part sur la liste de mes interdits intérieurs, j’ai du, pour répondre à cette requête spécifique du comportement verbal interdit, ramener à la surface du cloaque moral qui est le mien l’interaction verbale que j’abhorre le plus profondément: le remerciement ironique. Mise en situation. Leur chambre est un foutoir innommable. J’arriverais, après des requêtes infructueuses, répétées, et je dirais: Je vous remercie d’avoir rangé vos chambre. C’est vraiment apprécié (ironique). Plus tard, ils constateraient que j’ai oublié d’emprunter un livre à la bibliothèque pour eux, alors qu’ils me l’avaient explicitement demandé, et ils me siffleraient: Merci pour le livre de bibliothèque. Vraiment… merci… (ironique). Vous voyez le genre de comportement verbal, très baveux, hautement fielleux et, trois fois hélas, extrêmement commun et perçu, à tort, comme parfaitement banal. Le remerciement ironique est fermement prohibé sous mon toit et les rarissimes fois où on tente de me le servir, je produis, dans les formes, une petite sortie de gongs grognasse, genre: Hey, baquet. Si j’ai oublié de t’emprunter ton livre à la bibliothèque, chie dans le froc et fais moi des VRAIS reproches. Mais ton petit merci ironique niaiseux, baveux, quétaine, inepte, fourre toi-le quelque part. Il ne te mènera nulle part, avec moi. Comme, je ne parle jamais comme cela sur rien, l’impact de l’interdit est maximal, et le rendeur de grâce ironique prend usuellement son trou et se le tient pour dit.

J’aimerais profiter de l’occasion, puisqu’on en parle, pour faire observer combien délétère et toxique peut être la pratique, pourtant usuelle et banalisée, du remerciement ironique, dans notre civilisation. Cette pratique inutile, cruelle même, perpétuée sur de longues années, peut mener à une insidieuse mais inexorable généralisation d’un discours ironique plus omniprésent, lourd, corrosif, qui finit par s’installer partout, poisser tout, corrompre tout, au détriment des repères les plus élémentaires. Des couples et des familles ont fini, par légions, par se dissoudre dans l’insoluble et cuisante mixture ironique… Observez aussi, et c’est loin d’être anodin, que, quand quelqu’un formule un remerciement à notre endroit, on roule habituellement des orbites en se demandant, pendant de longues secondes, si ce «merci» est bien réel ou si le vis-à-vis n’est pas en train de bien se payer notre poire… Un des traits verbaux caractéristiques de la civilisation contemporaine est qu’elle a complètement saboté sa capacité à formuler en toute sécurité un remerciement articulé dans les conditions informelles de la vie ordinaire. Bon, quelqu’un vous donne un verre d’eau et vous répondez merci furtivement, sans ferveur, sans ressenti, comme on allume machinalement son clignotant à un arrêt avant de tourner, sans se soucier du fait que, ce faisant, on communique (encore) quelque chose. Cela se fait couramment. Ce petit merci vide, chafouin, minimal et semi-réflexe tient encore le coup, dans l’espace étriqué du premier degré du remerciement de la vie ordinaire, mais il y est vraiment bien seul. Car, de fait, il n’est plus possible de dire de nos jours (sauf sous mon toit): J’aimerai remercier de tout cœur la bonne âme qui a rentré les caissons à recyclage. C’est vraiment très apprécié (non-ironique), sans passer pour un gouailleur teigneux et mal embouché qui s’expose à se faire répondre (pas par mes enfants, par contre): T’es con, ou quoi? Les caissons ne sont plus à la rue. Je viens de les rentrer! Ceci est, il faut le dire quand on s’arrête à y penser, passablement effarant.

Mon offensive sans concession, mon combat sombre, crépusculaire et ferme, vif et acharné contre le remerciement ironique s’est doublé de son pendant diurne, lumineux, primesautier, plus serein: la promotion du remerciement réel. C’est que la cellule cancéreuse du remerciement ironique vit au détriment de la cellule saine du remerciement réel, et de la riche et dense solennité respectueuse de celui-ci. Fracassant ici une autre de nos lunes éducationnelles, je n’ai jamais niaiseusement dit à mes enfants de dire merci, mais je leur ai toujours dit merci. Prêcher par l’exemple, un petit peu, pour faire changement, ne fait pas de tort dans les coins. Un geste constructif, spontané ou non, une initiative heureuse, est toujours remerciée candidement. Je dis merci pour un bon repas qu’on me prépare, pour un salon qu’on range, pour le courrier qu’on va chercher pour moi, pour mon linge qu’on plie, pour les caissons à recyclage qu’on rentre, pour une ampoule qu’on change, pour une attente patiente, pour une manifestation de compréhension effective, pour un bon conseil, une information utile, un savoir transcendant transmis. Comme mes vis-à-vis savent que je suis, haut et fort, sabre au clair, dents et ongles, un ennemi acharné, hargneux, inconditionnel et revêche du remerciement ironique, ils savent aussi, corollaire implacable, que mes remerciements sont absolument toujours des remerciements réels, solides, francs comme l’or et venant du fond du cœur. Ils s’installent donc dans cette saine dynamique et on se réapproprie tous ensemble la faculté toute simple et pourtant si esquintée de dire merci.

Quand je déclare, à la cantonade: J’aimerai remercier de tout cœur la bonne âme qui a rentré les caissons à recyclage. C’est vraiment très apprécié (non-ironique), l’heureux bénéficiaire de cette ostentatoire action de grâce dit joyeusement C’est moi! Et cela se termine habituellement par quelque chaude accolade. Il y a aussi la cas de figure où on me dit C’est Epsilon qui l’a fait!, voyant ainsi à ce que je n’oublie pas d’aller remercier ce brave Epsilon pour cette intempestive et surprenante sortie de sa douce paresse usuelle, s’il est absent. Le fond de l’affaire est et demeure que de se faire dire un merci réel est toujours une sensation profondément suave.

J’aimerais justement profiter de l’occasion pour remercier tous les lecteurs et lectrices, commentateurs et commentatrices des 7 du Québec. Ils et elles contribuent à rendre cet espace de réflexion plus riche et plus fécond. Ceci dit, et bien dit, du fond du cœur, on en profitera quand même pour noter ici, pour la bonne bouche, que le premier degré du remerciement articulé se préserve beaucoup mieux à l’écrit (il existe toujours des lettres de remerciement et elles sont toujours hautement appréciées) ou dans des contextes verbaux distants, formels, genre remerciements de collègues lors d’une cérémonie ou d’une fête, etc. C’est dans l’interaction verbale directe, quotidienne, usuelle, vernaculaire, non médiatisé, que le remerciement réel se perd et ça, vraiment, c’est une autre de nos nombreuses petites catastrophes ordinaires face auxquelles je ne baisserai jamais pavillon. Prolétaires de toutes les nations, remercions! (ceux qui le méritent, naturellement, pas les autres… ceci n’est pas une invitation molasse à cesser de combattre nos ennemis en bon ordre. Ne mélangeons quand même pas tout ici).

13 réflexions sur “Le remerciement ironique, non merci…

  • 7 novembre 2014 à 13 h 37 min
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    Ah, quand même, enfin enfin enfin ! Le meilleur billet de la semaine, qui décolle vraiment au-dessus de tous les autres. Puis-je remercier ?

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  • 17 août 2018 à 8 h 48 min
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    Ça, c’ est un bel article! Je transfère et je pose sur mon site…
    Je joins un ex voto pas du tout ironique.

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      • 17 août 2018 à 10 h 28 min
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        C’est une communauté sur Gogole + Si vous avez un compte Gmail je vous la donne sans problème.
        J’ai aussi un site perso dont je ne m’ occupe plus depuis des mois. Je suis également modérateur-sécurité sur PCAstuces mais là je ne suis pas le « boss ».

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  • 17 août 2018 à 9 h 55 min
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    C’est charmant de voir ici exhumé le roman de renard (il me semble bien qu’à l’époque où il fut écrit, il s’achevait par le même t que son compère Reynhardt…) de mon enfance. Je le possédait, illustré de manière délicieuse par Samuel… anagramme possible de Sam Lévi?… Qu’importe… l’artiste avait du talent. Sire loup prenait alors, en fin de patronyme, un n… D’où vient donc le m d’Ysengrimus?
    Enfin… pour les remerciements (je trouve sublime votre photographie des « mercis » de grange) n’oubliez pas non plus qu’il s’agit – au premier chef – d’un appel à être épargné. Songez que, par les temps qui courent, on en serait presque à ne plus savoir où donner du « merci »!

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    • 17 août 2018 à 10 h 12 min
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      Le M vient tout simplement du nom latin d’origine du baron-loup des fabliaux, YSENGRIMUS pas *YSENGRINUS. C’est le N français qui est une graphie tardive…

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  • 18 août 2018 à 21 h 45 min
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    Avant de dire  » Merci », j’apprends à mes enfants de dire:  » Bonjour  » et  » SVP. « !

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    • 25 mars 2022 à 1 h 03 min
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      C’est exactement ce qu’on fait mes vieux …. Mais quand je me rends compte de tous les salopards qui en ont bénéficié , g la gueule en feu !

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  • Ping : Le remerciement ironique, non merci… « Le Carnet d'Ysengrimus

  • 25 mars 2022 à 1 h 34 min
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    J’admets que si je saisi bien le fond du billet a s’attacher a dire Merci candidement et sincèrement autant que possible et sans ironie, car nous y sommes tous attachés…. mais je dois admettre ne pas saisir le  »si grand problème » avec un Merci ironique,,, qui d’habitude est une sorte de brève mise en garde pas su sérieuse ou toxique que ça …. a moins que l’on parle ici d’éducation des enfants, et de rapports parents-enfants… peut-être que je comprends mieux…. mais en tous cas dans le langage ordinaire, vernaculaire, dans la culture du langage en général, je trouve que ce Merci ironique n’est pas si répandu que ça…encore moins historiquement…je me demande d’ailleurs si ce n’est pas une forme évoluée de la communication à l’ère moderne qui a introduit ce percept de manière plus ordinaire, parfois humoristique, et donc sans faire de dégâts ou avec cette intention en tous cas !

    Maintenant, tout change si on aborde l’ironie uniquement et en général cette amertume et dérision…de manière constante… c’est la ou ça devient toxique bien évidement on s’imagine mal une famille communiquer sur le ton de l’ironie… par tout le monde et tout le temps ! tout autant que des amis, des collègues ou des interlocuteurs tout simplement… ! en tous cas si elle sous entend de l’hostilité et des sentiments désagréables ! ….

    l’Ironie par ailleurs peut s’avérer être une figure de style assez intelligente et redoutable en écriture lorsqu’on tient à mettre en garde quelqu’un qui en soit venu vraiment à exagérer et soutenir des contradictions flagrantes….et donc aucun respect d’une ligne de pensée claire ! je crois que j’en utilise assez souvent pour me moquer de certains billets…ou certaines idées en tous cas… et je considère que cela fait partie de l’arsenal de la critique la plus élémentaire …autrement dit :  »arrêtez de vous foutre de nous quoi ! »… parfois, je l’utilise aussi pour répondre a une insulte, que j’estime reste une réponse très polie, bien qu’empoisonée, reste bien deçà du niveau de charretier de celui qui vient de m’insulter…. mais se destine a le bousculer pour qu’il cesse d’user d’insultes au lieu de débattre (je crois que vous avez dû remarquer tout ceci dans certains de mes commentaires)….

    Par ailleurs, il y a certes des gens autour de moi que je comprends parfaitement ne peuvent en aucun cas comprendre ou utiliser un Merci ironique, ou l’Ironie en général…ça passerai pas du tout… ma mère en l’occurrence, qui même en ayant atteint un âge très avancé, a gardé toutes ses facultés mentales, son intelligence et sa décence et éthique de communication de sa génération…. ma mère prendrait très mal un  »Non Merci’, ironique… comme elle prendrait très mal toute critique virulente concernant son mode de vie, ses habitudes, ses dépenses ou la gestion de son foyer…, il y a la une limite ou une ligne rouge je dirais qui soit plus culturelle qu’autre chose et surtout qui prend en compte sa grande sensibilité aux propos de ses enfants depuis toujours ….

    Sinon, par rapport a ma propre education vis a vis de mes parents, je me souviens avoir fait ma crise d’adolescence et vouloir me révolter tous les jours envers eux…., et je me souviens avoir remarqué que mes soeurs et frères qui pouvaient faire autorité d’un  »Non, ne me dis pas ceci ou cela, ou ne me traite pas comme ça » étaient ceux avec la personnalité la plus affirmée et qui se faisaient respecter par l’autorité familiale tout en respectant les limites a ne pas franchir avec mes parents, mais celle d’entre mes soeurs ou mon frère qui aurait fait piètre figure pour se défendre a quelques reprises…était mal parti pour le restant de ses jours pour se faire respecter par cette autorité parentale…. c’est pas évident ce que je raconte ici, c’est très complexe et c’est très sensible que beaucoup de parents ne réalisent même pas !

    Un enfant trop émotif avec un retard quelconque, une fragilité émotionnelle ou de santé, une incapacité de communication de ses problèmes surtout, fera souvent les frais autant a la maison qu’à l’école que dans la rue de son incapacité de se défendre ! il sera littéralement bouffé par tout le monde, ses parents, sa fraterie, ses professeurs, ses amis, ses cousins, et sera susceptible de se faire intimider beaucoup plus que les autres a l’école ou dans son quartier par ses pairs…. en tous cas si les parents sont assez stupides pour ne pas s’en rendre compte très tôt… et c’est très souvent le cas, même si vous entendez beaucoup de parents aujourd’hui parler comme des  »génies » qui n’ont rien raté de l’éducation de leur enfants …! le contraire est souvent de mise et je généralise volontiers d’ailleurs !

    j’ai eu une soeur qui a été quasiment élevée et chouchoutée par notre nounou… toute sa vie, un peu comme si elle l’avait adoptée, et j’ai une autre soeur qui est restée très marquée par l’arrivée d’un garçon après elle et que ça l’a tellement complexée que ça lui a foutu pas mal le cerveau en l’air… bref, la première, en dépit d’être brillante aux études, doctorante et majeure de sa promotion, elle est restée la moins intègre de nous tous !!!! elle a cumulé les fautes graves dans sa vie, s’est marié avec le mauvais mec, et a très souvent géré la complexité de la famille et de la vie en général a travers des petits et gros mensonges… qui ont pas mal plombé sa vie, sa personalité, ses finances et ses relations avec tout le monde ! et il a fallu l’assister plusieurs fois avant de se contenter d’un parcours très décevant au vu de ses capacités ! La seconde par contre, elle a eu une vie extrêmement difficile et laborieuse et tout en cultivant l’espoir de rester la fille gâtée qu’elle fût, elle a pas mal foutu en l’air pas mal ses perspectives et s’est dépensée toute sa vie pour pratiquement rien ! c’est triste, mais c’est uniquement lorsqu’elle a atteint la cinquantaine qu’elle a commencé a réaliser tout ceci, ma mère a réalisée aussi comment elle a contribué a la rendre plus complexée, et ce, même si elle a vécu indépendante et aux USA et ailleurs pendant 20 ans avant de retourner au bercail ….

    Mes parents ont été des gens plus que corrects et souvent exemplaires si je devait les juger dans la moyenne des parents des autres…. ils ont fait ce qu’ils ont pu faire avec les moyens dont ils disposaient et ont été très jalousé dans la grande famille pour les parcours de leurs enfants…, on a certainement pas eu ce genre de parents toxiques justement ou qui parlent dans le dos des autres, ou parlent d’argent tout le temps… bref, leur défaut a été de nous élever dans trop de  »générosité »… et notre maison ne désemplissait pas d’invités et de cousins et cousines et parfois leurs copains aussi (parfois occidentaux) qui passaient des semaines et des mois chez nous, avec une maison qui brillait de propreté tous les jours comme ultime cadre familial  »normatif »… même les carreaux et les vitres étaient faits tous les jours, et les travaux les plus herculiens d’entretien tout autant !! et dans tout ceci, il y eut un prix que nous ayons tous payé chacun a sa manière et chacun a sa façon, mais on le comprenait et aimait bien cette vie, et s’y attachaient tellement ! … parmis les prix qu’on a payé est que nous ne saisissions pas que autres les familles a notre époque étaient déjà éclatées ou bordéliques, ou  »fonctionnelles » en se concentrant sur les aspects matériels, les carrières, l’épargne, les petits calculs et l’hypocrise  »ambiante et ordinaire » de notre époque quoi…! on a donc tout fait pour maintenir la famille soudée et solidaire même bien plus tard, et ceci nous a littéralement valu la jalousie et parfois la haine des autres, les divisions, en plus des petits secrets pas très luisants que nous commencions a entretenir chacun de son côté ! parfois la maladie qu’on cache aux autres, et parfois la souffrance de ces deux soeurs qu’on devine sommes incapables de résoudre ! ….et puis toutes les considérations des enfants en pagaille des uns et des autres qui une fois s’entendent avec les autres ou pas !

    Bref, pour finir, je vous demanderais simplement de considérer l’ironie dont je peux parfois faire usage comme figure de style, ne traduit pas du tout de mauvaises intentions, autant qu’elle vise surtout à mettre en garde de manière plutôt intelligente et bien avisée…et ce uniquement lorsque je le juge utile… et n’en fait pas usage tout le temps !

    Sinon, lorsque je dis Merci c’est sans ironie ! (sauf les merci ironiques de quelques commentaires destinés a ceux et celles qui soutiennent des thèses fascistes en cet épisode de guerre Ukrainienne)…

    Cordialement (et c’est surtout pas ironique mon cordialement non plus) …

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  • 25 mars 2022 à 2 h 56 min
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    Tout compte fait, je crois qu’on aborde ici un thème de la communication tout court ! celui dans la famille, ou ailleurs que la famille, et de ce concept d’ironie en général….

    Je crois que mon premier contact avec l’expression de l’ironie en général fut à travers la poésie et les textes littéraires arabes, l’ironie comme figure de style fut une trait très souligné et  »savant » de la poésie des grands poètes Arabes d’antan ! l’ironie ainsi, est passée naturellement dans la culture populaire et vernaculaire…chez nous, sans offusquer personne, ni impliquer une toxicité systématique des rapports sociaux …(on retrouve dans des centaines proverbes et expressions utilisées tous les jours), même s’il faut admettre que toute toxicité de la communication dans les rapports sociaux fait partie du cadre plus générique et quasi ordinaire de toutes les sociétés humaines, qui se régulent un peu a travers cette toxicité et tentent d’utiliser la langue familière et la communication de manière toujours plus élaborée pour faire passer des messages qui ne passent toujours pas (cadre morale), message autant politique que éthique ou moral, ou  »réveiller » quelqu’un qui semble abuser de sa léthargie pour juger les autres sans vouloir faire un pas ou un effort de son côté, ou simplement critiquer l’autorité et critiquer tout abus simplement…. d’ailleurs, je ne pense pas que ce trait soit unique aux arabes, ou même aux  »sémites’, dont les juifs, mais il concerne tout autant les occidentaux que les indiens…les chinois….etc

    Par ailleurs, je fais tout de même la différence entre ironie et sarcasme ou moquerie…. l’ironie est bien plus savante, critique, sérieuse, bien intentionnée que ces deux derniers traits…! et c’est ici que se trouve le noeud du problème de communication je dirais ! c’est a la perception de l’ironie et le discernement entre celle-ci et le sarcasme ou la moquerie que les choses deviennent toxiques ou compliquées, en tous cas pour l’un ou l’autre des interlocuteurs !

    Je me souviens avoir une fois été victime d’une directrice un peu trop ambitieuse et pressée de gravir les échelons, lorsqu’elle me considérait en général comme le dernier de ceux a qui elle confierait un poste de responsabilité plus conséquent… car j’étais l’immigrant qui se dépensait comme dix au boulot, mais qui ne lui léchait pas les bottes, ni entretenait des ragots sur les autres avec elle, des blagues de mauvais goût et des m’as tu vu a tous les coups… bref, en ce qui me concernait, j’était très conscient qu’il y avait a la base un problème d’incompatibilité et de culture et de maturité… ‘est comme si vous opposiez un élevé du secondaire avec un étudiant avancé au cycle supérieur et universitaire et leur demandez que le premier gère le second, c’était le cas ! Bref, un jour alors que j’avais hérité d’une grosse merde d’un collègue qui ne faisait jamais son travail et que j’étais entrain de tergiverser avec mon client au téléphone assez longtemps (avec des sommes importantes en jeu), elle commence a m’envoyer des messages urgents pour me demander de venir la voir a son bureau…, je lui réponds dès que je termine (car elle est autoritaire en plus la conne), elle continue, elle insiste, elle pète un câble et je ne comprends pas !!!! c’est pas dans nos habitudes de travailler comme ceci, je pensait même qu’il y avait qq chose de grave qui se passait et que je ne m’en doutait pas…. J’ai alors difficilement pu arrêter cette conversation avec ce client pour la reporter a plus tard et je suis parti la voir en courant…, dès que je rentre a son bureau, qui donnait sur le bureau d’une autre directrice face a elle et qui pouvait entendre notre conversation si on élevait la voix… et donc elle s’abat sur moi avec des reproches en anglais, elle élève la voix, elle me traite de  »lent » et  »d’inéficace » et m’apprends qu’elle va en tenir compte pour mon évaluation, et plus sèchement tout en me faisait un beau sourire , elle m’accuse de ne pas traiter mes dossiers a temps que je suis toujours en retard…et qu’elle n’est pas impréssionnée ni n’a le temps pour attendre et  »m’accomoder tout le temps », et que je me libère pour me communiquer son évaluation mensuelle a mon egard car elle autre chose a faire ! Je la regarde, je l’écoute jusqu’à la fin, et je lui demande enfin si elle a tout dit de ce qu’elle voulait me dire ? elle répondit par l’affirmative avec une pointe de poison de cobra dans la gorge :))) et un rictus qu’elle dissimulait très mal ! :))) bref, je lui dit alors calmement et dans un anglais parfait et assuré : »écoutez cathy, je peux effectivement vous apprendre et vous expliquer que je traitait les dossiers non terminés de untel comme d’habitude et que vous connaissez très bien, et que je ne suis nullement en retard sur rien du tout, mais si vous pensez que je suis lent et inefficace, non productif et très mal organisé, je vous propose qu’on mette tout ceci par écrit tout de suite, que vous le signez et que vous le communiquez aux ressources humaines ! ensuite je hausse le ton : Il va falloir cette fois Cathy que vous alliez jusqu’au bout, car je ne laisserais pas passer ça même si je dois prendre un job chez mac donald cet après midi… je suis franchement très impressionné par vos grandes capacités d’évaluation de l’équipe et je me demande d’ailleurs comment ça se fait que vous soyez pas notre CEO ! » :))) (A ce point, je n’avais plus rien a perdre… elle m’avait trop marché dessus depuis un bout »

    l’autre directrice en face qui n’a rien avoir avec nous, intervient tout de suite, vient vers moi en courant et me demande de m’éloigner du bureau, et entre ensuite directement chez elle, et lui dit a voix haute : écoutes ce type a dépassé toutes les limites, je suis prête a témoigner avec toi, et il est temps qu’il prenne la mesure de qu’il fait comme travail ici ! Ensuite elle sort, et vient vers moi, et me dit en face :  »j’ai tout entendu, et je ne vais pas laisser passer ça non plus, je vous demande de retourner a votre bureau, nous allons régler cette histoire maintenant!!! »’ :))) je lui sourit, et je lui dit en face :

    Je retournes a mon bureau et je rédige un e-mail en feu et tout en ironie en 5 minutes ! addressé au grand boss, aux ressources humaines et a une nana qui se situe a BC au siège et dont tout le monde a la tremblotte…et je dis ceci en perspective :  »Je vous demande d’intervenir immédiatement auprès de la directrice en question, et d’une autre directrice untelle pour entrave au travail, attaque injustifiée, insultes et irrespect en milieu de travail, harcèlement et non professionalisme, et je joint-ce dessous le travail de quatre collègues qui ne foutent rien depuis des mois et dont on me refile le boulot constamment et on me traite d’incompétent en plus et intentionnellement a la veille d’un processus de promotion interne, je vous prie de trouver en plus la situation des pertes en milliers de dollars occasionée par le copinage, l’incompétence, l’indécence au travail et le favoritisme ! je retiens une copie de mon e-mail a toutes fins utiles et je suis prêt a témoigner des dysfonctionnements de ce département auprès des ressources humaines  » fin !

    il devait être 13h30 quand j’ai envoyé le e-mail, a 14h00, j’ai reçu un e-mail du grand boss me faisant des excuses, me demandant de continuer mon travail et booker une rencontre avec lui plus tard vers 5h pour parler de l’incident… ! a 15h00 cette directrice avait été relevée de ses fonctions pour intégrer notre équipe au rang d’analyste de niveau avancé comme tout le monde, et a 17h00, j’ai reçu les plus plates excuses du grand boss en personne et de l’autre directrice qui a sauté dans le bain et voulait ma peau sans que je la connaisse ni d’ève ni d’adan…. contre a notre directrice, elle ne fera pas deux mois avant de se faire pistonner et trouver une carrière ailleurs !

    Comme quoi l’ironie ça peut vous replacer un imbécile a sa place illico, remuer un peu le système… trop basé sur le clientélisme, le copinage, la paresse intellectuelle et la duplicité des imbéciles entre eux… mais elle n’est pas sans risque bien entendu, tout dépend de la réaction de l’autre, et tout dépend de la réaction des autres lorsque c’est le cas… mais je dirais ma foi, tout est gérable jusqu’à une certaine limite, mais qu’il faut aussi assumer jusqu’au bout ses principes, sinon on perd notre propre crédibilité n’est ce pas….

    Bref, j’ai pondu un long texte, j’espère que je ne suis pas trop hors sujet…. mais je saisi parfaitement le votre dans un cadre que l’on veut non vicié ou sclérosé entre membres d’une même famille ou toxique comme vous dites… ce serait en effet la moindre des choses dans une relation saine entre parent – enfant !

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  • 25 mars 2022 à 13 h 31 min
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    je reprends a partir de ce paragraphe

     »Par ailleurs, je fais tout de même la différence entre ironie et sarcasme ou moquerie…. l’ironie est bien plus savante, critique, sérieuse, bien intentionnée que ces deux derniers traits…! et c’est ici que se trouve le noeud du problème de communication je dirais ! c’est a la perception de l’ironie et le discernement entre celle-ci et le sarcasme ou la moquerie que les choses deviennent toxiques ou compliquées, en tous cas pour l’un ou l’autre des interlocuteurs ! »

    je ne compte plus le nombre de fois que j’ai vu des gens se livrer a des règlements de compte en se livrant justement a une interprétation erronée et intentionnelle de propos ironiques qui s’expriment et s’addressent a elles …pourtant inoffensifs sinon sérieux et destinés a mettre en garde contre des abus !

    des boss qui veulent se venger d’un employé, des collègues qui font de même envers un collègue indésirable, des fratries empoisonnées qui défendent des intérêts sonnants et trébuchants, bref, partout ou il se trouve de la mauvaise foi, on attend plus qu’un propos ironique soit exprimé par la victime pour se ruer sur elle et la lyncher ou lui régler son compte pour de bon !

    Je ne parle pas des propos ironiques tenus par des oppresseurs et des profiteurs et des faux culs…qui eux ont valeur nulle et ne légitimeront jamais leurs mauvaises actions ! Je parle des propos ironiques exprimés comme mots de sagesse ou mots de mise en garde… qui soient en effet un niveau de communication qui relève du dernier recours si on peut dire ….

    Bref, la mauvaise foi est assez difficile à démasquer de toute façon…. plus le sujet qui en fait usage se spécialise dans la fourberie et la tromperie des autres, plus il en maitrise les ressorts et les mécanismes jusqu’à devenir un expert en la matière…. ceci ne fera en fait que le confronter de plus en plus aux velléités légitimes des autres et le faire clasher contre eux…. jusqu’à s’isoler dans son coin et vouloir abuser de ses pouvoirs s’il en a, ou ses prérogatives pour aller jusqu’au bout de son raisonnement de psychopathe, sociopathe et autres pathologies associées !

    Nous avons atteint un tel degré d’hypocrisie dans nos sociétés que ce genre de comportement justement est devenu monnaie courante, une sorte de bouclier et armure, carapace et défence, qui vise a sauvegarder nos petits egos mal assurés et nos petits intérêts minables, egoistes et individualistes ! Aujourd’hui c’en est rendu au point que vous trouvez des  »syndicalistes » défendre des patrons et des milliardaires, des chefs de guerre et des criminels de tout poil…et se croire encore  »syndicaliste » ou défenseur des intérêts des autres ! quelle merde en effet…. c’est insoluble !

    l’ironie si je peux me permettre sans jeu de mots, est qu’en fait le monde tourne de plus en plus a l’envers, les plus redoutables médiocres et sans honneur sont ceux qui montent les échelons sociaux, face aux plus sages et méritants qui dégringolent les mêmes échelons sociaux et pataugent dans la merde et la décomposition sociale et celle de la vie dans l’indignité !

    l’épisode de la guerre Russe qui se déroule sous nos yeux révèlent lui aussi de plus en plus de médiocrité dans laquelle nous pataugeons tous, et cette inversion des valeurs, des percepts et ce travestissement du droit et de la légitimité des causes les plus essentielles qui se voit s’effriter et partir en fumée…devant des hordes d’ignares endoctrinées a la haine aveugle, des imbéciles qui ne comprennent rien a rien et sont aujourd’hui les hooligans qui remplissent les stades de la lutte des classes !

    Franchement…. cela fait un bail que ce film tourne en continu…. et heureusement que la vie ne soit pas éternelle aux imbéciles…autrement, nous serions tous disparu de belle lurette !

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