Sarkozy, l’agitation n’est pas l’action… elle est le reflet d’un temps

YSENGRIMUS —     Par Claudio Buttinelli cet article est disponible  en anglais, en italien et en espagnole ici:
Articles du 13 Octobre 2023

Et, patatras, voici qu’on reparle de Sarkozy. Il vient refaire du bruit, de la démagogie. Le voici maintenant taulard. Toujours égal a lui-même, Nicolas Sarkozy se trémousse, certes. Bienvenue dans le siècle. Le digne successeur de De Gaulle, de Pompidou, de Mitterrand, de Chirac montre sa dimension cruciale de petit populacier fruste. Sauf que, ce n’est pas lui, c’est tout le Politique qui racotille. Il n’est pas brutal ou impropre. Il est vrai. La classe politique occidentale est rendue aussi bas et il l’incarne sans complexe aucun. Il est Icare dans La chute d’Icare de Brueghel l’Ancien, tant et tant que le technicien qui lui accroche son micro-cravate ne le salut tout simplement pas… Ces figures institutionnelles ne sont plus des Décideurs mais des Souffre Douleurs. Et un souffre douleur, bien par moments, cela se crispe sur son petit sort restreint… Ce sont les entarteurs de politiciens qui ont un ample avenir… Il est aussi un peu tristounet de se dire que cela va lui passer, en plus. Il suffit de revoir en détail les 500 premier jours des présidences de Mitterrand, Giscard, Chirac et alii pour constater des moments d’humanisation de la fonction similaires, fonction des personnalités de chacun, qui sont des indices du fait que l’homme est encore pour un temps touriste dans le monumental domaine de ladite fonction. C’est maintenant au tour de Sarko de jouer le Roy D’Argot. Or Sarkozy a une longue feuille de route de soupe au lait. Cela déborde sur la fonction et la teinte temporairement de ses couleurs personnelles. Cela ne durera pas. Il se momifiera. La fonction le bouffera. Il la vivra pleinement, sa présidence Sarko-phage… Il deviendra lui aussi un président de la république complètement austère et robotisé, comme Chirac et Mitterand en fin de règne, et on regrettera un jour tous ensembles ces petits moments refoulés de tressautement humains, trop humains.

Erreur hexagonale usuelle, on approche souvent le personnage par le canal torve et non avenu de son épouse. Bof… moi, en tant que canadien, je n’ai pas de problème particulier avec l’ancienne première dame de France. Je la trouve articulée, sensible, élégante, discrète et intelligente. Elle fait paraître la France passablement bien à l’étranger. Les Fanfans Latulippe locaux, qui érigent justement systématiquement et sans nuance les figures politiques en têtes de turc, devraient plutôt élire des gens qu’ils respectent. Ça ne serait pas plus efficace socialement, mais au moins ça décrasserait joyeusement les bandes passantes de tous ces commentaires misogynes, défoulatoires, périphériques, d’utilité nulle. Ne tirez pas sur le pianiste… ou sur la guitariste. Comprenons-nous. L’individu Carla Bruni m’indiffère passablement. Mais le principe général insidieux de ce genre de comportement (le roitelet, sa femme, son fils, ses chiens) m’afflige. C’est une variante de la jolie blonde instrumentale qui dit des sottises (soit belle et déconne). Ici c’est, avec l’égérie et les toutous du président qu’on fracasse, la culminement du politique à petit tarif. Et du coup on retombe dans le bon vieux positionnement circonscrit des femmes: soit belle et prend les beignes pour ton bonhomme… Je dis et redis, c’est insidieux… et parfaitement hors d’ordre…

Non, il faut en fait s’en tenir au Sarkozy tout simple, fondamental, principiel… Déchirement contemporain du symbolisme de la personnalité politique. Barack Obama transmutait l’homme politique transitionnel et le remythologisais. Nicolas Sarkozy confirme le politicien traditionnel dans son statut contemporain de tête de turc honnie de ses citoyens… Cela les distingue passablement, comme cela distingue un petit pays provincial crispé d’un gros état impérialiste, ralenti, poussif mais toujours alerte…

Ne tirez plus sur le pianiste... c'est l'homme politique (ou politicien) qui prend les pruneaux sociaux, de nos jours...
Ne tirez plus sur le pianiste… c’est l’homme politique (ou politicien) qui prend les pruneaux sociaux, de nos jours…

16 réflexions sur “Sarkozy, l’agitation n’est pas l’action… elle est le reflet d’un temps

  • 5 décembre 2014 à 7 h 42 min
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    Nicolas Sarkozy et Stephen Harper c’est un peu le même type de personnalité politique tout comme François Hollande et Justin Trudeau le sont également. Donc remplacer Harper par Trudeau produira-t-il des politiques semblables que ceux que la France a connue jusqu’ici?

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  • 5 décembre 2014 à 7 h 12 min
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    On se souviendra de cette chanson de Zêdess sur Sarkozy. Elle n’a pas pris une ride.
    UN HONGROIS CHEZ LES GAULOIS

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  • Ping : Sarkozy, l’agitation n’est pas l’action… elle est le reflet d’un temps « Le Carnet d'Ysengrimus

  • 13 octobre 2023 à 5 h 08 min
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    Manifestement,il faut rappeler à l’auteur du texte que, Mme Bruni, lors de l’élection de Sarkozy, ne figurait pas dans le paquetage électoral, c’est une pièce grossièrement rapportée suite à la tragicomédie de la rupture de couple présidentiel, en cela, les Français étaient tout à fait fondés à croire qu’une usurpation s’était installée à leur tête.

    Chose qui s’est largement confirmée par la suite, depuis, la France n’est plus le pays des Français, mais un endroit où ils vivent et s’y font exploiter.

    La chose est encore plus évidente depuis, car nos politiques ne parlent plus de la France, mais, de la république.

    Ces éléments langagiers, sont totalement impliqués dans un mécanisme de construction du jugement de l’opinion française, c’est tout simplement un endoctrinement conçu et diffusé par une puissance médiatique très peu soucieuse de l’impact psychologique qu’elle a sur une opinion publique indigène très fière de son histoire originale et originelle, que l’on s’efforce à rendre, cosmopolite.

    Ça n’est pas une faute, mais carrément un crime monstrueux effectué sur l’identité propre, des Français.

    Il suffit pour s’en convaincre, de se reporter à l’allocution présidentielle d’hier soir, durant laquelle notre insignifiance élyséenne, prétendant nous résoudre à l’unité nationale, dit dans la même séquence, que la France n’abandonne ses enfants…

    En parlant de ces otages israéliens, qui ne sont absolument pas des gens partis en villégiature dans l’entité sioniste et faits prisonniers par la résistance palestinienne, non, pas du tout même, c’est gens sont de la soldatesque sioniste, des colons qui contribuent à une occupation et au martyr palestinien or, selon les différentes résolutions onusienne qui condamnent l’occupation et la colonisation forcée et féroce des terres palestiniennes, la vraie qualité de ces personnes, c’est criminels de guerre.

    La France n’est pas un pays comme tous les autres, son passé historique ne remonte pas à quelques décades, de sorte que c’est sous la contrainte du viol psychologique permanent quant à leur identité que vivent les Français.

    De plus, comme pour bien pouvoir leur subtiliser leur entier patrimoine, depuis l’élection de Sarkozy, tous les ans, de nouveaux contingents de lois et réformes viennent les priver de leur liberté d’expression, il devient de plus en plus évident de dire, que les Gazaouis ne sont pas les seuls à vivre prisonniers chez-eux.

    Alors, avec les rares moyens dont ils disposent, les prisonniers idéologiques s’attaquent à l’édifice de leur prison avec les moyens dont ils disposent, c’est une résistance destinée à maintenir en permanence les usurpateurs sous le feu de la critique, afin de toujours avoir fédérés autour du même socle social, les gens dépossédés, pour que le jour venu, ils sachent instinctivement, quoi faire.

    Il ne faut pas se limiter au symbolisme qu’incarne tel ou tel personnage de l’histoire politique d’un pays, car il n’y a rien de comparable entre ce qu’ont été pour leurs pays, Obama et Sarkozy, le premier n’a pas opéré le transfert du pouvoir régalien américain, entre les mains d’une communauté de destin qui s’active, volontairement ou pas pour la plupart, pour accomplir un fantasme morbide et fou.

    C’est aussi une grave erreur occidentale, que de vouloir avoir des leaders tête de turc, car, comme nous le voyons, les peuples qui reprennent le pouvoir entre les mains du conglomérat failli, sont très heureux et respectueux d’avoir à leur tête, des hommes forts et craints par les-nôtres.

    Bref ! En résumé, on ne fabrique pas des causes de guerre avec des couilles molles et des favorites.

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  • 13 octobre 2023 à 7 h 04 min
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    car nos politiques ne parlent plus de la France, mais, de la république…

    Votre développement, tant dans son explicite que dans ses implicites, est bien bien bien évident, et bien bien bien dans l’air du temps. Je ne vais pas m’étaler. Mais le bout qui m’échappe c’est cette stigmatisation de l’idée de république, qui me parait pourtant aussi intimement chevillée à la France historique que le drapeau tricolore ou la poule au pot…

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    • 13 octobre 2023 à 8 h 03 min
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      Bonjour à vous, cela c’est un peu trop long de développer là, maintenant, tout un raisonnement sur le sujet, mais, pour aller vite, on peut déjà affirmer que l’histoire de France ne se résume pas au seul établissement, de la république.

      On ne va pas revenir sur cette soi-disant révolution populaire française, c’est du vu et su de beaucoup d’entre nous.

      Seulement, voilà, de quelle république parle-t-on aujourd’hui, concernant notre pays, puisque dedans, celle actuelle du moins, la voix et les volontés du peuple ne sont absolument plus prises en compte.

      Ce sont les sondages et la propagande médiatique univoque qui supposément font notre opinion, pire encore, on en est arrivé à un point, où l’imposture qui dirige ce pays, sauto-légitime en affirmant que les élections, quelles qu’elles soient, sacralisent de la part du peuple, une délégation de pouvoir accordée à des élus, qui d’une part, représentent un parti et non eux-mêmes, chose qui nous fait grandement perdre de vue, les aptitudes réelles d’une personne à occuper la fonction pour laquelle elle recueille un mandat de l’électeur.

      Or, d’autre part, est-ce que ledit mandat prévoit dans tous ses termes, que ledit élu délègue à d’autres, cabinets ou experts en tout genre, la substance même de ce qu’il prétendait faire pour nous, formellement, à part les authentiques maires des plus petits endroits ruraux de France, nous savons que non.

      Nous ne nous préoccupons malheureusement jamais assez sur la définition et les limites, du mandat.

      Le sujet est vaste et votre question est bien posée, néanmoins voilà, il faudrait certainement une série d’écrits pour y répondre convenablement.

      Aussi, pour résumer, je considère pour ma part, que nous ne vivons pas, nous Français, dans l’ordre d’une république proprement dite, mais sous le régime d’une institution d’inspiration monarchie bourgeoise, où le vrai suzerain n’apparaît jamais aux yeux du peuple (mais on devine très bien qui il est depuis le temps), pour autant, sa petite cour sait exactement comment faire pour tous nous tenir par notre collier étrangleur.

      Cdt.

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      • 13 octobre 2023 à 8 h 25 min
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        Qu’est-ce qui se formule ici?

        Une nostalgie ouvertement anti-républicaine de la monarchie ou une perpétuation aigrie de sa pesanteur et des lancinances de son mythe, par d’autres moyens?

        Les deux sans doute.

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  • 13 octobre 2023 à 8 h 49 min
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    Peut-être vous faudrait-il comprendre ce qu’est la notion, de peuple-enfant, pour faire la différence entre monarchisme et républicanisme.

    À un moment de notre vie où se réforme systématiquement la notion de droit naturel, pour voir s’imposer face à elle, celles d’utilité ou d’intérêt , il est grandement important de savoir observer, quand le totalitarisme s’impose subrepticement sous les effets de mascarades intellectuelles.

    Peut-être devriez vous, lire ou relire Condorcet pour comprendre de quoi il est question ici.

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    • 13 octobre 2023 à 9 h 11 min
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      Peut-être vous faudrait-il comprendre ce qu’est la notion de mode de production, pour faire la différence entre monarchisme et républicanisme.

      Pour le coup, je ne me mêlerai pas de vous indiquer ce que vous devriez lire ou relire… cela coule de source…

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  • 13 octobre 2023 à 9 h 24 min
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    Oui, vous avez raison, alors contentons-nous de cette belle locution :

    Asinus asinum fricat.

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    • 13 octobre 2023 à 10 h 06 min
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      Malheureusement, encore une fois, dans notre belle démocratie, doit-on dire, très ou trop opportunément, un allumé du bocal, sorti d’une Tchétchénie où normalement, il devrait pouvoir vivre sereinement , a pris la vie innocente, d’un professeur.

      C’est à désespérer que telles bombes à retardement soient toujours parmi nous alors qu’il clairement établi qu’elles constituent une menace réelle pour nous tous.
      C’est franchement incompréhensible, à moins que le maintien d’un tel vivier dangereux, ait quelque chose à voir avec le traitement psychologique affecté la gestion du troupeau afin qu’il continue à paître docilement.

      Nos propriétaires ont un ordre social à nous faire respecter, ce fait divers tombe à pic, il a chassé du devant de la scène médiatique, aussi bien la guerre en Ukraine que celle de Gaza, décidément, pour certains, nos cerveaux sont peu chose.
      Bienvenue dans le nouveau mode de production, de l’accord obligé.
      Là, ça n’est plus unité comme réclamé par le tartuffe élyséen, c’est soumission.

      Que les choses se poursuivent comme elles le doivent, on verra dans peu de temps, si toutes ces manipulations de l’opinion publique conduisent les réalités là où le souhaitent certains.

      Quoi qu’il en soit, profond respect à tous les proches de la victime et salutations à sa mémoire.

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  • 13 octobre 2023 à 9 h 47 min
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    Oui, vous avez raison, alors contentons-nous de cette belle locution:
    Asinus asinum fricat.

    .

    Ainsi que ce mot crucial de Confucius:

    L’invective ne déshonore que son auteur.

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    • 13 octobre 2023 à 10 h 15 min
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      Vous vous méprenez sur mes intentions si vous pensez que je vous invective.
      Je n’ai absolument aucun temps à consacrer à tant de perte d’énergie.

      Je crois sincèrement que vous ne me comprenez pas, mais c’est pas grave, c’est juste une question de point de vue.

      Mon dernier commentaire est une illustration du plan séquence général, n’y voyez rien de personnel.

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  • 13 octobre 2023 à 10 h 20 min
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    Vous vous méprenez sur mes intentions si vous pensez que je réplique à vos (inexistantes) invectives. Je n’ai absolument aucun temps à consacrer à tant de perte d’énergie.

    Mon dernier commentaire (L’invective ne déshonore que son auteur – Conficius) est la formulation d’un principe intersubjectif général. N’y voyez rien de personnel.

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  • 13 octobre 2023 à 10 h 28 min
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    Au temps pour moi, de m’avoir corrigé, sur tant, merci.

    [La correction est faite dans votre texte aussi… – Y.]

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