Un si vieux, si vieux pays

ALLAN ERWAN BERGER — Quand vous regardez une carte en relief du fond de la Manche, vous voyez la Seine dérouler ses méandres jusque loin dans l’ouest, au large du Finistère. Là où aujourd’hui s’amoncellent des vases et des gravats coulait jadis le fleuve, lent et indolent, que bordaient de mornes steppes presque toujours recouvertes de neige. C’était à la toute fin de la dernière période glaciaire. Les humains existaient déjà, et très certainement passaient leurs troupeaux de rennes, de Grande en Petite Bretagne et inversement, par des bacs.

Une halte célèbre sur le chemin pouvait être, depuis le territoire qui serait un jour celui des Redones, le Mont-Dol. Résidu misérable des terribles montagnes de la chaîne hercynienne qui jadis fut le relief le plus élevé du système solaire – à tel point que le climat terrestre en était coupé en deux – cette butte domine la longue plaine comme un petite taupinière qui fait l’importante sur son gazon. De là-haut, on voit très nettement la butte suivante, qui est celle du Mont Saint-Michel, et aussi le rocher de Tombelaine ; à l’horizon l’on distingue les autres buttes, beaucoup plus vastes, des futures îles Anglo-Normandes. La route jusqu’à la Seine est ainsi semée de haltes élevées, sur les flancs desquelles s’accrochent des bourgs minuscules, tandis que les sommets sont dévolus au culte d’une divinité. Puis l’on arrive à la Seine, à son bac, et au passage sur la rive nord au milieu des cris, des crottes de rennes, de la forêt de leurs bois. Partout des auberges, évidemment, où l’on vend des alcools instables qui sentent très fortement le miel.

Merlin

C’était il y a huit ou dix ans, et c’était en été ; il faisait une chaleur démoniaque. Ma cousine et son mari, qui étaient venus se réfugier en Bretagne – terre notoirement humide – pour échapper au soleil qui ravageait le sud, avaient dû se rendre à l’évidence : ici aussi ça tapait dur. Fort heureusement, toute la côte nord disparaissait sous un épais matelas de vapeurs sécrétées par la Manche qui transpirait comme jamais, à tel point qu’on grelottait là-dessous tandis qu’à vingt kilomètres à l’intérieur des terres, les forêts brûlaient spontanément. Nous étions donc allés visiter la côte sous la brume, et n’en finissions plus de nous étonner qu’en quelques deux-cent mètres parfois, dans la descente vers une crique, on pouvait passer du Sahel à la montagne en hiver, quand tout est ouaté de silence et qu’on ne voit même plus le bout de ses skis. Nous étions là sous un fameux parasol.

Pour avoir un aperçu panoramique du phénomène, j’avais emmené mes cousins jusqu’au Mont-Dol, qui devait dépasser de la brouillasse. De là-haut effectivement nous découvrîmes la mer comme nul n’aurait pu l’imaginer : ce n’était plus qu’un immense champ blanc éclatant, au milieu duquel pointaient de noirs chicots qui étaient les buttes plantées au large. Nous pensâmes au Détroit de Béring, que l’on pouvait traverser au sec lors de la dernière glaciation. Nous pensâmes à l’Angleterre, qui donnait ce jour-là l’impression d’être accessible aux piétons. Je songeais à Chrétien de Troyes, qui fait voyager ses héros de Grande en Petite Bretagne sans aucun problème apparemment, comme si la Manche n’existait pas.

Alors nous avons évoqué les temps anciens, et la figure de Merlin s’est imposée, comme une lame de tarot. Deux semaines plus tard, je commençai à écrire son histoire.

Merlin est né du croisement d’innombrables récits de dieux et de héros, de mages horriblement dangereux, capables de se métamorphoser, régents de la vie sauvage. Originellement, il appartient au légendaire gallois ainsi qu’à celui de Calédonie. Au douzième siècle, Geoffroy de Monmouth l’insère dans les histoires arthuriennes, en tant que personnage de plus en plus incontournable des cinquième et sixième siècles : Merlin y fait son entrée sous la présidence du britto-romain Vortigern, puis s’active sous les règnes mouvementés du chef de guerre Ambrosius Aurelianus et d’Engenius l’Impétueux, roi magnifique qui donnera à la littérature la figure bien connue d’Uter Pendragon, le fameux père du roi Arthur.

Le monde catholique s’empare du sujet, et fait du mage une créature née des Enfers. Cela n’empêche pas les gens de continuer à se raconter des histoires, tout particulièrement en Petite Bretagne : Merlin au berceau, Merlin devineux, La conversion de Merlin, Merlin et Viviane, Merlin à Rome… Alors je me suis dit : pourquoi pas Merlin touriste ? Et sans papiers ?!

Les Morgan

Le mage n’est pas la seule créature à avoir traversé la Manche, ou la Seine, à pied sec ou en radeau, dans les sacs des colporteurs et dans les cervelles des rhapsodes. Les Selkies aussi, descendus des Hébrides, ont fait leur apparition à l’extrême ouest du Finistère, dans l’archipel d’Ouessant, où l’on tint longtemps leur existence pour assurée. Là, ils portent le nom de Morgan, et ils sont à l’origine d’une profusion d’histoires à dormir debout.

Si Merlin est un piéton, pas marin pour deux sous, dont l’origine remonte au temps des grandes forêts, les Morgan arrivent avec la remontée des eaux. Car les Morgan vivent aujourd’hui sous la mer. Dans leur préhistoire, peut-être y trouverions-nous les grandes figures de l’inondation, du déluge, liées à la fonte des glaces ; et ils ne seraient alors pas les seuls – songez à ce qui se passa lorsque la Méditerranée, débordant par le col du Bosphore, se déversa dans la riche cuvette de ce qui deviendrait la Mer traître, au bleu inquiétant, presque indigo ; aujourd’hui encore dénommée la Mer Noire.

Donc, au fond du temps des Morgan, je vis une tragédie. En voyage dans leurs îles, je vis ensuite l’invasion nouvelle qui pouvait les détruire. J’en tirai Les Océanides, qui raconte la lente montée d’une confrontation, sur un fond misérable d’abus politiciens, les puissants arrogants se fichant absolument de ce qui vit en équilibre.

L’Ankoù

Peu à peu se formait ainsi un recueil, presque sans que j’en eus conscience tant j’étais occupé à d’autres choses en même temps. Quand enfin je m’en avisai, il me fallut bien envisager de terminer l’ouvrage. Qui d’autre, pour clore le triptyque, sinon le plus gratiné de nos personnages folkloriques, le passeur des âmes, qui prend en Bretagne des allures singulièrement épicées ? Croyez bien que l’Ankoù est bien plus amusant à peindre que le pâle Charon, ou le bougon Saint-Pierre ; cette beste-ci a de la gueule, et la raconter fut de tous temps un vrai plaisir.

Cependant, l’Église en avait fait un sale squelette moralisateur et d’humeur exécrable, alors que ses attributs antiques le signalaient comme passeur, aidant à la naissance comme à la mort. Être passeur, c’est être attaché à un passage, et donc pourquoi pas à une barque, ou à un bac… Nous retrouvons ici le signe de la frontière, qu’on franchit dans un sens ou dans l’autre, comme la Seine jadis.

Je décidai que mon Ankoù, franchissant les siècles, dégagé de sa gangue catholique et retrouvant sa majesté de l’ancien temps, ainsi que toutes les compétences qui l’ont toujours signalé comme acteur universel dans l’imaginaire humain, mon Ankoù serait gentil au lieu d’être aussi fumasse qu’un saint-Paul mal réveillé ; il serait attentionné et curieux des autres, au lieu d’être hautain comme un ministre et dangereux comme lui.

C’est ainsi qu’est né, sans jamais aucun effort, le recueil des Trois figures de l’Ouest, qu’on peut lire avec profit et grand plaisir en allant le piocher sur le catalogue ÉLP du distributeur Immatériel, exactement par ici.

Et pour les esprits soupçonneux, qui veulent toucher du doigt les stigmates avant d’accorder leur confiance, j’ai mis en ligne quelques extraits qu’on pourra lire en cliquant là-dessus. Et sur ce, je vous laisse.

4 réflexions sur “Un si vieux, si vieux pays

  • 24 novembre 2018 à 2 h 55 min
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    la Bretagne en jaune, ce n’est plus bonnet rouge ni chapeau rond. C’est la gougoutte qui fait déborder le trop plein.
    Au chant de Mars, à Paris l’automne sonne le toc saint pour annoncer le serment du jeu des paumés de la gougoutte à essence naturelle. Il faut empêcher macron de parler pour ne rien dire. Il nous en sera reconnaissant, dans sa retraite dorée, poches bien remplies de nos trésors amassés (c’est que sa gouvernante est exigeante et coûte cher, dame à son âge …! Elle l’aura eu jusqu’au trogneux)
    https://wp.me/p4Im0Q-2Dm

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    • 24 novembre 2018 à 4 h 33 min
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      Au Champ de Mars, on se rassemble ordinairement pour faire des fêtes, pas pour lancer une révolution ou taper un grand coup. Les Gilets Jaunes qui vont à Paris seraient bien inspirés d’avoir lu Trotsky pendant leur voyage, car ce monsieur a des choses à leur dire sur le genre de bâtiments qu’il convient d’investir quand on veut démissionner un roitelet : la Tour Eiffel bof, des ministères oui plutôt ; sans oublier les grands moyens de communication. Mais cela se prépare. Internet, par son immédiateté, offre, à cet égard, un moyen de décider vite, et de vite organiser. Mais qui décide et qui organise ? Je prédis que les CRS seront plus efficaces que nos Gilets Jaunes, sauf à les voir poser le bouclier et changer de camp.

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      • 24 novembre 2018 à 8 h 56 min
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        mais c’est le pouvoir qui veut parquer au champs de Mars… Les « Gilet Jaune » ne veulent pas être parqués. Il paraît que l’on a réquisitionne les anciens bus de la RATP et ouvert quelques 100 camps de transit… C’est à nouveau la rafle du Vel d’Hiv.
        La province suit de près ce qui se passe à Paris et si cela dégénère, c’est le blocage complet du pays, plus rien ne circulera ni sur autoroute, ni sur nationale…. et cela jusqu’au bout.
        Cordialement
        keg

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  • 13 février 2021 à 18 h 56 min
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    La France, la Bretagne, Arthur, Merlin, la Table Ronde et la légende du Saint GRAAL :
    Il existe deux courants dans l’opinion des intellectuels : l’un qui prétend que la civilisation est venue des Latins ; l’autre qui affirme qu’elle est venue des Celtes.
    Les Latins appuient leur opinion sur le droit romain qui a instauré la puissance paternelle, et proclamé la déchéance de la Femme, et sur la littérature latine qui a sanctionné cet état de choses.
    Les Celtiques appuient la leur sur le droit naturel, le règne de la raison représenté dans sa plus haute manifestation par la Femme, la Déesse-Mère, qui régnait dans les Républiques Celtiques.
    Donc, le conflit représente la lutte de sexes, et la résume.
    Contrairement à ce que croient les Latins, la primitive civilisation prit naissance dans le pays qui fut le berceau des Celtes, et qui est compris entre la Manche et le Rhin. C’est là que s’est constitué le fond de la race celtique.
    La race celtique a affirmé la supériorité de sa nature par son empire sur le monde entier où elle a porté la civilisation dont elle possède en elle les éléments, c’est-à-dire la supériorité de l’esprit, la bonté et l’audace. Il existe en elle un principe de vie, une action secrète et puissante qui l’anime en tous ses mouvements et lui donne un empire qui n’appartient qu’à elle.
    Ce sont ces caractères qui lui ont donné une si grande puissance de développement. Elle n’a pas reçu la civilisation comme les Grecs et les Romains, elle l’a créée.
    La race celtique fut vaincue par les Romains, qui semèrent partout le désordre et l’impuissance.
    Quand la religion de l’homme devint sanguinaire et intolérante, quand la femme fut persécutée, elle fit ce que nous lui avons vu faire partout, elle s’éloigna de l’homme, cherchant le repos et le calme dans la solitude, et c’est ainsi que les Druidesses, cachées dans les forêts, enseignaient les lois de la Nature.
    Mais là-même elles n’étaient pas en sécurité ; alors elles s’isolaient sur des bateaux. Enfin nous les retrouvons dans une île de l’Océan Atlantique, l’ile de Sein, où elles continuent à enseigner la science dans un dernier « Collège de Druidesses » qui a longtemps existé.
    LÎle de Sein :
    Pour protester contre l’invasion romaine, en même temps que pour garantir leur sécurité, les anciennes Druidesses s’étaient réfugiées dans l’île de Sein, appelée alors Enez Sizun.
    Actuellement, c’est une île française séparée de la côte du Finistère par le Raz de Sein.
    C’est un endroit d’une sauvage grandeur. A l’extrémité du vieux continent, de hautes falaises se dressent, les vagues y livrent aux rocs gigantesques, sur lesquels elles se ruent, le combat titanique des éléments. Au sein des nuits d’hiver, le roulement des blocs entrechoqués se fait entendre à plus de six lieues à l’intérieur des terres (environ 30 km). Cela provoque dans les esprits timorés une crainte superstitieuse. C’est que, à peu de distance de cette côte sauvage, s’étend une île parsemée de bosquets d’arbres sous lesquels s’élèvent encore des autels de pierre. C’est l’antique refuge des dernières Druidesses, « sanctuaire sacré que le pied de l’homme ne souillait jamais », dira-t-on.
    Cette île est, depuis longtemps, entourée d’une mystérieuse légende.
    Pomponius Mêla, dans sa Description du Monde au premier siècle de notre ère, dit de ce séjour caché par les brumes de la mer :
    « L’île de Sena, située dans la mer Britannique, en face les rivages, des Osismiens, est célèbre par les oracles qu’y rend une Divinité gauloise ; les prêtresses consacrées, qui doivent garder une éternelle virginité, sont au nombre de neuf. Les Gaulois les appellent Sènes et pensent qu’inspirées par un génie particulier, elles peuvent, au moyen de leurs incantations, déchaîner les vents et les flots, se métamorphoser en tel animal qu’il leur plaît, guérir les maladies réputées incurables, savoir et prédire les choses qui seront. Mais, pour connaître et user de leur science, il faut s’embarquer et les venir consulter dans leur île même. »
    M. Paul Gruyère, qui fait cette citation dans son article L’île de Sein, ajoute : « Il paraît évident que c’est bien de l’île de Sein qu’il s’agit là, le nom français étant une traduction naturelle du nom latin ; nul doute non plus que les prêtresses, les prophétesses en question, ne fussent des initiées du culte druidique qui a laissé dans toute l’Armorique tant de vestiges, et dans l’île de Sein elle-même des traces suffisantes.
    Ajoutons qu’à Carnac (25 ou 30 lieues de l’île de Sein – entre 120 et 145 km) était une chaire pour l’enseignement de la science antique.
    La baie des Trépassées
    A côté de la légende druidique, une autre légende est venue par la suite, se rattachant encore à l’île de Sein. Elle explique autrement son nom breton : « Enez Sizun ». Enez voudrait dire île et Sizun serait une contraction de « seiz sun », qui signifie sept sommeils.
    L’île de Sein s’est donc appelée l’île du sommeil, parce que les Prêtresses qui s’y étaient réfugiées n’avaient plus aucun rôle actif dans la société des hommes qui, partout, avaient pris leur place ; et cette expression être en sommeil restera dans les ordres secrets.
    Un certain nombre de villages de la presqu’île du Raz ont à la suite de leur nom ce mot Sizun. On trouve dans cette région la baie des Trépassés, ce qui semble signifier « de celles qui sont passées ». Dans cette région se trouve l’ancienne ville d’Is (racine du mot Isis). En réaction contre les femmes, les Catholiques nous diront que, au 5ème siècle, la ville d’Is fut engloutie par les flots pour punir les péchés de Dahut, fille du roi Grallon.
    Maintenant, on comprendra pourquoi l’île de refuge des Fées dans l’Océan Atlantique, près de l’île de Sein, s’appelle la baie des Trépassés. Ce qui est mort, en effet, c’est l’ancien prestige des Fées.
    C’est la commémoration de ces morts que l’on célèbre le 2 novembre. C’est une fête gauloise. Ce sont les Druidesses, les Prêtresses, les Déesses, qui sont bien réellement les Trépassées.
    Les derniers mystères druidiques
    La grande perturbation apportée dans la vie sociale par l’occupation romaine qui avait introduit en Gaule un culte nouveau, avait donné de l’audace à ceux que, dans les anciens Mystères, on appelait des épiscopes (surveillants). Enhardis par le règne du masculinisme, ils voulurent prendre une autorité morale qui, jusque-là, n’avait appartenu qu’à la Femme. Pour protester contre toutes ces profanations, les Prêtresses gauloises fondent un nouveau Mystère qui devait être intitulé : LA GRANDE MATRICE (ou Matriarche) Vénérable Maîtresse ad Vitam.
    On va montrer que, la Femme seule ayant fait la science, elle seule peut représenter l’autorité spirituelle et diriger l’enseignement dans les collèges sacerdotaux. On va rappeler les neuf Révélatrices, auteurs des grands Livres sacrés. Pour cela, le chiffre neuf va reparaître. Les grandes Déesses de l’antiquité vont être représentées par les neuf Druidesses de l’île de Sein.
    Le trône sur lequel la Grande-Maîtresse sera assise s’appelle en gaulois Gador (chaise) ; c’est le Saint-Siège. Il a neuf marches. Devant lui sera un autel sur lequel se trouve le Sépher, le Livre de Myriam que les hommes ont dénaturé.
    La tradition qui s’attache à l’île de Sein dit que jamais homme n’y pénétra, excepté le plus ancien des Druides. Ceci vient de ce que le radical « sen » veut dire vieux en celtique (d’où senex, vieillard, en latin).
    Les femmes qui exerçaient le sacerdoce n’étaient certainement pas jeunes ; c’étaient les anciennes (vénérables), et leur assemblée, « le sénat », se tenait dans le sénaculum (d’où cénacle).
    Et c’est pour cela sans doute que l’île qui leur sert de refuge a pris le nom de Sein. Les initiés aux Mystères sont les Senanisi, philosophes gaulois qui succédèrent aux Druides et qui devinrent les bardes et les devins versés dans les sciences sacrées.
    L’enseignement donné expliquait la substitution des personnes chez les Juifs, commencement de tout le mal (voir l’article intitulé De l’Israélisme au Judaïsme). On rappelait le temps de Zorobabel apportant la confusion dans l’histoire ancienne pour supprimer le grand rôle de la Femme.
    La lumière de l’esprit féminin est représentée par une étoile qu’on encense neuf fois en souvenir des neuf grandes Révélatrices.
    La Franc-Maçonnerie a fait de ce Mystère druidique son 20ème degré.
    Puis l’Eglise, qui copiait tout, lui prit le chiffre neuf et en fit les neuf chœurs des Anges, puis les neuf ordres de la hiérarchie céleste. C’est de là aussi que vient l’usage de faire des neuvaines.
    La légende des Atlantes :
    On s’étonne de l’amour des anciens pour les îles, et l’on remarque que tout ce qu’il y a de sacré, de grand et d’antique s’y serait passé.
    Evhémère raconte des merveilles à propos de ce que l’on trouve écrit en caractères d’or sur une colonne, dans l’île de Panchaïe.
    Des îles sacrées étaient situées au delà de l’Angleterre, où Plutarque place le séjour des Daïmons et des Demi-Dieux. Diodore de Sicile parle de Basilée, située à l’opposite de la Scythie et au delà des Gaules (T. II, p. 225).
    Pline donne à cette même île le nom d’Oséricta ou Océriclea, mot qui signifie dans les langues du Nord « île des Dieux-rois, île royale des Dieux ». La Bretagne, pour les Mystères de ses monuments druidiques, fut appelée « Ile des Dieux ».
    C’est dans l’île Basilée, dit-on, qu’on recueille l’ambre. Or l’ambre est un symbole dont nous avons expliqué la signification profonde dans l’introduction du blog. Une île appelée Eixoia était surnommée l’île du bonheur.
    Les Orientaux nous parlent encore d’une mer obscure, d’une région ténébreuse, où sont les îles fortunées, où se trouve la fontaine de vie (Fontaine de vie, Fontaine de Jouvence est une autre manière d’exprimer ce que l’ambre représentait.). Ce sont les Champs-Elysées de l’âge d’or, c’est le pays des Fées.
    Or, si les îles ont un si grand rôle dans l’histoire, c’est que c’est dans des îles que se réfugièrent les Féministes quand l’homme s’empara des continents pour y exercer sa domination.
    Si les îles prennent le caractère de « Séjour Divin », c’est parce que ce fut là que les Déesses continuèrent l’enseignement des hautes vérités de la Nature et des lois de la morale. Pendant que les oracles des Latins étaient donnés par une Sibylle, ceux des Celtes l’étaient par une Mermine (de Mær et mine, fille de la mer). C’est dans l’île de Philæ que se réfugièrent les dernières prêtresses égyptiennes ; dans l’île de Sein que s’abritèrent les dernières Druidesses.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/celtesetlatins.html
    La Bretagne, Arthur, Merlin, la table ronde et la légende du Saint GRAAL :
    C’est la lutte de sexes qui est au fond de tous les conflits.
    Autour de la table, 12 sièges aux pieds flanqués de lions ailés, emblème des héroïques supports (sphinx) de la pensée chrétienne (johannite). Un siège plus élevé représente un trône éblouissant qui reste vacant ; c’est le saint Siège de la Déesse, que les Druidesses de l’île de Sein avaient appelé Gador. Il est réservé à Celle qu’on attend. Son dossier est surmonté de la colombe d’Istar, qui représente toujours Notre-Dame le Saint-Esprit. Ce mystérieux, siège vide attend l’envoyé divin, le Christ promis. Il n’a plus été occupé depuis que l’aventurier (qu’on appelle Paul de Tarse) l’a profané en osant y placer son indigne image que ses complices ont appelée Jésus.
    Dans les anciens Mystères, on avait expliqué la loi des sexes, dont les Rose-Croix gardaient le secret.
    Mais ce n’était pas seulement une fleur qui représentait le sexe féminin ; c’est aussi un vase, une coupe, un calice, et c’est cette coupe qu’on appelait le Saint Graal.
    Pour faire comprendre la réaction spirituelle que la sexualité produit chez la femme, on représente l’esprit par une étoile : l’Etoile flamboyante, au milieu de laquelle se trouve la lettre G (ghimel en hébreu). Cette lettre est la première du mot qui indique le sexe féminin dans une multitude de langues. Cette lettre, suivant les idiomes différents, est C, G, K, Q, X.
    Parmi les noms du sexe féminin qu’une de ces lettres commence, citons Gunè, femme en grec, Graal, vase sacré (sexe) en celtique, Qvina, femme en suédois, Queen, reine en breton ; en sanscrit, ga signifie être creux, envelopper, contenir. En annamite et dans l’Afrique centrale, ghé exprime l’idée de cavité, de vase, de récipient.
    Cette signification s’est conservée dans cette expression : vase d’élection.
    La légende d’Arthur est mêlée à celle de Geneviève, dont il reçut probablement l’inspiration.
    C’est peut-être elle qui fonda l’Ordre de la Table Ronde. Elle est appelée Maër-lin, et c’est de ce nom qu’on a fait Merlin l’enchanteur. On dira aussi le transformateur, mot qui indique le changement de sexe. Lin, c’est le Linus des Grecs, qui apprit à lire à Hercule, qui lui cassa son alphabet sur la tête. Elle est appelée aussi Eva-linus (devenue le prénom Evelyne) celle qui explique les secrets de la Nature. C’est la fée Viviane qui serait ainsi transformée.
    Dans la légende masculiniste, celle-ci fait tomber l’enchanteur Merlin dans le gouffre.
    Au VIème siècle, en Grande-Bretagne, Arthur avait succombé dans la lutte contre les Saxons ; mais les Bretons ne le croyaient pas mort, on le croyait dans une île enchantée, avec autour de lui Merlin et Geneviève ; et, de Geneviève, on fait la femme d’Arthur quand on met le mariage partout.
    Le culte du Graal semble une réaction contre les trois phallus de la Trinité catholique : la croix n’est devenue le signe du Christianisme qu’au VIème siècle ; jusque là, la religion nouvelle avait pour insigne trois phallus enlacés. Ce culte du Graal nous explique l’usage de donner une coupe comme récompense aux chevaliers.
    La coupe a dû avoir une grande renommée, car nous la retrouvons en maints endroits. Ainsi, elle nous apparaît dans la légende du roi de Thulé et dans tous les vases sacrés que les religions ont célébrés et que l’art a reproduits. Grand mystère qu’il faudra un jour expliquer dans toute sa profondeur, à la grande stupeur du satanisme.
    Maurice Boué de Villiers, dans un livre intitulé Les Chevaliers de la Table Ronde, met un discours prophétique dans la bouche de Merlin l’enchanteur : « Seuls les purs peuvent s’élever à la divine connaissance. La vue du Graal ne peut être supportée que par des yeux très purs. La lumière aveugle parfois. La vérité, propice à quelques-uns, peut être funeste à beaucoup. La lumière descend d’en haut, mais peu à peu elle s’obscurcit dans les ténèbres pour s’éteindre. Et cela s’accomplit ainsi jusqu’à ce que les hommes soient enfin illuminés et dignes de contempler l’infinie clarté. »
    La retraite de Merlin, à la fin du récit, traduit peut-être, à l’image de celle de Perceval, le problème non résolu de l’opposition entre esprit et matière. Être d’origine double, porteur de traits divins et démoniaques, Merlin symbolise parfaitement l’homme primordial en attente de rédemption, l’archétype de l’anthropos.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/lachevalerielatablerondeetlegraal.html

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