Que penser des penseurs salariés?

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Bon, parler directement des minus institutionnels en les nommant explicitement, c’est pas trop mon truc. Ça donne rien de plus au fond des débats et ça leur alloue, à eux, ces minus, des bâtons pour me battre, en mobilisant leur petit système judiciaire pour plouto-baillonneurs de merde. C’est pour ça que, comme Montesquieu, comme Voltaire, moi j’affectionne particulièrement les romances ruritaniennes. En plantant ton histoire dans un passé lointain, dans un duché montagnard improbable, dans une Turquie de fiction, ou dans un Orient de toc, tu dis tout ce que tu as à dire, bien à l’abri des lâches, des pense-petit et des enquiquineurs.

Une honnête romance ruritanienne pour le genre de description du monde contemporain à laquelle je vous convie aujourd’hui, c’est encore le monde du passé pré-tertiarisé. Royaume de France, première moitié du dix-neuvième siècle. Nous sommes sous la Monarchie de Juillet. S’industrialisant rapidement, la France est en plein progrès social mais son pouvoir politique est en pleine réaction. Et l’université, dominée par la Philosophie de l’Éclectisme de Victor Cousin, sert docilement ses maîtres réacs. Un petit franc-tireur de bretteur de philosophie politique du nom de Joseph Ferrari écrit, puis publie tout juste après la chute de Louis-Philippe, un pamphlet rageur intitulé Les Philosophes salariés. Sa réflexion, toute prosaïque, consacre le grand remplacement savant, pas trop surprenant au demeurant, des valeurs de conviction par les valeurs d’argent. Impuissant à faire des prosélytes, l’éclectisme en créa de vive force par la grâce du salaire. Il confisqua l’école normale, il confisqua les concours d’agrégation, il siégea au conseil de l’université; il forma une faction à l’Institut, et la perfide combinaison de ces quatre mesures accapara toutes les places, et assura à l’éclectisme le revenu net d’un million et demi. Aucun sentiment, aucune considération n’arrêta l’éclectisme: il sacrifia Bac réduit au désespoir du suicide; il mutila Jouffroy, qui se réhabilita en mourant. (Joseph Ferrari, Les Philosophes salariés, p 161). Quoi de nouveau sous le soleil, hein, hein?

Alors patatras. J’ai pas besoin de vous faire un dessin. Opérons la transposition contemporaine dans les sciences universitaires subventionnées du moment, où nos petits carriéristes égomanes, noyautés par les industries, pétrochimique, militaire ou autre, publient ou périssent en se tirant dans les pattes les uns les autres… et goûtons la suave transmissibilité de l’ire et des constats de notre philosophe politicailleur tirailleur d’autrefois.

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Hommes de collèges, hommes de salaires, que voulez-vous que je dise de vous? J’ai parcouru vos thèses, vos préfaces et vos commentaires; depuis de longues années, vous vous êtes consacrés à la philosophie, aux frais de la France. Qu’avez-vous fait? Vous avez été impuissants et stériles; avouez-le, le maître et la place vous ont tué. Pas un éclectique qui ait tendu la main à une théorie proscrite, pas un éclectique qui ait défendu un collègue frappé par un ministre; l’école a toujours manœuvré à l’unanimité contre les vaincus. Les plus libéraux parmi les professeurs se sont réunis pour nourrir une revue qui s’intitule: La Liberté de penser. Quelle en est la pensée? Quelle en est la liberté? J’y ai lu toutes les pensées rétrogrades qui ont préparé la réaction.

Ferons-nous l’honneur à l’éclectisme de le comparer aux doctrines qu’il combat? Ce serait comparer la mort à la vie. Saint-Simon, dans la misère, inspirait toute une société d’hommes nouveaux: il écrivait, et l’on prodiguait des millions à la propagande de son idée. Vingt hommes d’élite se jetaient dans le mouvement: arrêté de mille manières, le mouvement se propageait encore, et conduisait la France à la révolution de février. Charles Fourier vit dans la pauvreté; il est victime d’une théorie qui le subjugue par les hallucinations de la folie. Mais il est convaincu, et la conviction seule fonde à elle seule toute une école. Le maître la compromet, et l’école redouble de ferveur pour joindre avec son drapeau le saint-simonisme dans la révolution de février. Buchez crée d’autres convictions; sans intrigue, sans argent, il compte comme une puissance. Lamennais veut être seul; il se suffit. Pierre Leroux inspire George Sand, le grand poëte de la démocratie; il éclaire par la lumière qui jaillit de son cœur. Il faut que toute la bourgeoisie se coalise pour imposer silence à Proudhon; sa voix ébranle la société. Qui l’a payé? Quelle est l’intrigue qui lui a donné des disciples? Quel est le salaire des proudhoniens? Ce salaire, dira-t-on, c’est la révolution. Restons dans la science. La philosophie allemande a fait plus pour l’humanité en cinquante ans, que toute la philosophie officielle de France depuis trois siècles. Où était sa force? Dans les ministères, dans les gouvernements? C’est à peine s’ils la toléraient, et la vérité créait des légions de prosélytes; elle dictait mille travaux d’histoire et d’érudition; elle renouvelait l’Encyclopédie toute entière, depuis les sciences physiques jusqu’à la vie de Jésus Christ.

Ne nous étonnons pas de voir l’éclectisme si stérile; on l’a payé pour se taire, et il s’est tu; on lui a dit de marcher en silence et il a formé une bureaucratie philosophique; on lui a dit d’exposer, de compiler, de commenter, il a exposé, compilé, commenté. Le maître tenait les engagements pris avec le juste milieu; les disciples tenaient les engagements contractés avec le maître. Ils ont été admirables de discipline, d’obéissance; ils ont formé une confrérie plus exemplaire, plus unanime que celle des jésuites; ils ont été tous inaccessibles à la double révolution du socialisme français et de l’idéologie allemande.

(Joseph Ferrari, Les Philosophes salariés, Slatkine Reprints, 1980, Collection Ressources [ouvrage paru initialement en 1849], pp 116-117)

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Notre université ruritanienne de jadis fut donc l’usine à saucisses des conformismes et des soumissions scolastico-politiciennes. Encore une fois: quoi de neuf, docteur Boniface? Le boursouflement parasitaire actuel est un peu nouveau, peut-être. Les penseurs salariés d’autrefois étaient payés par l’état et travaillaient servilement pour l’état. C’était presque cohérent. Aujourd’hui, les penseurs salariés sont payés par l’état mais le résultat de leur travail docile est chapardé par l’entreprise privée qui se l’accapare ouvertement, au nez et à la barbe des administrations universitaires, et aux frais du contribuable. Faiblardes et timorées, les facs s’émeuvent de plus en plus des conflicts of commitment de leurs corps enseignants. Notre petit prof de pétrochimie est payé à 70% par sa fac et à 30% par l’entreprise qu’il sert… et ce, pour une implication aux pourcentages diamétralement inverses, vu qu’il trouve toutes les combines pour ne jamais se présenter devant ses étudiants et pour passer le clair de son temps dans son labo d’usine.

Les penseurs salariés sont au jour d’aujourd’hui toujours des suppôts. Ils servent de front leur arrivisme académique et les entreprises qui les noyautent (cette double priorité carriériste et entrepreneuriale ne fait tout simplement qu’un, dans leur esprit). Ce double service de forbans se fait au détriment du public (contribuable) et des étudiants qui eux, se tapent les chargés de cours, le cyber-enseignement, les supports de cours cryptiques, les TP absurdes, et les amphis surchargés. Le monde universitaire est, aujourd’hui plus que jamais, un monde de soumission veule et de conformisme feutré. Un aréopage de ronds de cuir aux pratiques confidentielles. La foire aux esquives devant la société civile. La cornue fumante du capital.

Mais si le parasitisme institutionnel ceinturant les penseurs salariés s’aggrave, se provigne, son principe intellectuel de fonctionnement, lui, reste parfaitement stable, dans cette version modernisée de notre temps. Les penseurs salariés sont des petits rouages d’entreprises payés avec de l’argent public. Ils se couvrent le cul, vivent sous la houlette patronale, ne font pas de vagues, n’innovent pas, tremblent comme des feuilles. Ils exposent, ils compilent, ils commentent. La tyrannie putative du patron s’est simplement substituée à celle du maître d’autrefois. Les écoles de philosophie de Victor Cousin sont devenu les écoles d’administration de monsieur ou madame le Ministre de la Conformité Économique et du Plan Industriel Aplani.

Conséquemment, le pronostic est relativement infaillible. Aujourd’hui comme autrefois, rien de vif, de novateur, de radical ou de révolutionnaire ne sortira du monde universitaire. Cette machine à fagoter du conformisme et de la soumission va continuer de ronronner, sans intermittence. Une telle moissonneuse laminoir a d’ailleurs ses effets directs sur le militantisme étudiant contemporain. Observez effectivement le militantisme de campus. Toutes ces causes réformistes sociétales semi-fachisées à base de moi-je et de ma-cause-est-plus-louable-que-la-tienne. De la concurrence publicitaire en tenue de ville. Il n’y a rien là de vraiment distinct ou démarqué par rapport au consensus sociétal contemporain AINSI QU’au ronron machinal et dociliste du tout du monde universitaire même. L’autorité victimaire a maintenant ses chaires universitaires. Et on se polochonne comme des bons pour s’asseoir dessus. Carriérisme victimaire ou carriérisme entrepreneurial: même combat. On ne lutte plus pour changer la société mais pour altérer le regard de la société envers ego. Ego sert le capital mais voudrait tellement qu’on l’adule comme dépositaire du souverain bien.

Alors, que penser des penseurs salariés, actuels ou futurs? Ce qu’on voudra, tiens. Mais… pas ce qu’ils pensent d’eux même en tout cas. Et pour ce qui est de les juger, ça, bien, l’histoire l’a déjà fait. Conférer Les Philosophes salariés, 1849…

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Tiré de mon ouvrage, PHILOSOPHIE POUR LES PENSEURS DE LA VIE ORDINAIRE, chez ÉLP éditeur, 2021.

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4 réflexions sur “Que penser des penseurs salariés?

  • Ping : Que penser des penseurs salariés? « Le Carnet d'Ysengrimus

  • 4 novembre 2022 à 2 h 19 min
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    Encore plus grave que ce que vous dénoncez…aujourd’hui, le chaos social, politique, économique et total n’épargne rien ni personne, et l’université n’y échappe pas non plus… et il n’y a aucune raison de croire que ce  »secteur » de l’enseignement supérieur ou universitaire…depuis qu’on l’a  »industrialisé » pour ne pas dire automatisé et robotisé ou mécanisé….puisse se soutraire au chaos ambiant ! aujourd’hui donc il y a plusieurs réflexions a faire a plusieurs niveaux, et qui se font déja… pour redéfinir et revoir ou refaire tout le système de fond en comble… et si nous devions évoquer juste les disparités et les inégalités entre établissements universitaires, leur culture, leur histoire, et leurs contraintes budgétaires, le contexte économique, politique et social dans lequel chacun opère dans chaque pays… on se heurte aux réalités pas toujours jolies a dépeindre ou admettre… puisqu’il est clair que les universités les plus riches, les plus célèbres et les mieux  »quottées »… constituent bien souvent des lieux plus propices pour l’émancipation, la productivité et l’indépendance aussi… tout en étant également des hauts lieux de batailles rangées entre clans aux intérêts divers et complexes, entre carriéristes de tous poils aussi, et entre courants ou plutôt vagues idéologiques et politiques de cette époque de toc…généralement conservateurs contre libéraux ou libertaires et modernes…etc…sans parler des enjeux salariaux et ceux du prestige de profs, de chercheurs et de recteurs aussi… et sans parler de financements extérieurs, du secteur privé, de donations et de mécènes (parfois reliés aux mafias locales)…! bref, avant d’être des hauts lieux de formation des élites, les universités sont également une autre facette de nos sociétés et leurs modèles libéraux ou conservateurs, et modèles corrompu également… ! tout ceci et nous n’avons pas encore parlé ou évoqué l’interférence politique des gouvernements et de l’état, ou de l’establishment… qui les soumet a son autorité de manière encore plus prononcée qu »hier ! …

    Moi en tous cas, je vois ce système universitaire comme un rouleau compresseur impossible a combattre aujourd’hui, et depuis que l’université moderne a donc été forcément a la base de l’apparition de toutes sortes de refuzniks de ce système qui ne peuvent rien y changer, et pas seulement des enseignants qui y sont « condamnés » a se taire, mais également d’autres et pas n’importe lesquels, parfois des partisans politiques connus, ou encore des  »sommités » ou simplement des profils qui ont cumulé de l’expérience parfois avec l’état dans toutes sortes de hautes fonctions et dans le secteur privé également, et qui conservent leurs postes d’enseignants ou de chercheurs ou conférenciers..etc.. il y a lieu de dire donc, que les universités modernes en réalité ont plus vocation a exclure a la base ses prof et ses élites qu’elles ne sont structurées pour faire le contraire, c’est a dire les appuyer et les encourager ou encore les motiver pour vouloir mener des combats de l’intérieur du système !

    l’explosion démographique de la communauté d’étudiants universitaires y est aussi pour quelque chose, qui elle laisse entrevoir une université sur le point d’éclater et même pas capable de fournir les conditions d’enseignement optimales et confortables pour l’ensemble des étudiants… un phénomène auquel n’échappent même pas les universités prestigieuses aujourd’hui ..et surtout elles ! ce qui explique les errements des étudiants ou leurs contraintes pour faire leurs spécialisations, leur cursus de troisième cycle ou leur doctorats…. en plus des formations continues lorsque leurs métiers et spécialités les exigent… et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on exige des recteurs aujourd’hui et leurs équipes d’être avant tout de bons gestionnaires, qui savent éliminer les problèmes et ne jamais les laisser remonter a la surface, ou encore preserver  »la réputation » et les bonnes relations de ces universités avec l’ensemble des partenaires ou  »stake holders » dont les états et les entreprises privées et le reste… !

    Bref, a partir du moment qu’on gère donc une université comme on gère une grosse entreprise, et qu’on dispose de responsables de relations publiques, et d’autres de relations avec les médias, sans parler des relations avec l’establishment surtout…. il y lieu de tirer les conclusions qui s’imposent et ne pas trop s’attendre a des miracles ! …et moi, je dis qu’encore heureux, qu’elles existent encore ces universités et acceptent encore les étudiants en nombre suffisants… car il m’arrive effectivement de douter qu’elles le fassent ou soient capables encore de le faire…au vu de ceux qui j’imagine se font refuser pour toutes sortes de raisons pour s’y inscrire a moins de remplir les conditions de plus en plus exigeantes et contraignantes…

    Bien entendu, j’ai donné un avis en général, car il faudrait encore savoir de quelles universités on parle, et de quelles provinces, et de quels pays également… et même si le Canada possède encore des universités pointues et courues, la majorité sont anglaises, élitistes, exigeantes aujourd’hui et  »intouchables » aussi… et qui cultivent le même laxisme social et politique des gouvernements ou du Canada en général. voir la médiocrité dans certains aspects que l’on retrouve dans la vie publique et politique… Au Québec, francophone cette fois, même si le chemin parcouru est appréciable ou encourageant…, les universités de la belle province ne sont pas exemptes de clientélisme, de salamalecs et tributaires de financements ou partenariats externes aussi… bref, c’est la même musique…mais au niveau de la province cette fois…! et donc on aborde un autre monde dès qu’on quitte le Canada, comme les États-unis, ou la France encore, ou le royaume uni… et bien entendu le pire étant nos universités tiers-mondistes encore sous le joug des pouvoirs politiques en place ….hélas…:)))

    Beau billet… on apprend encore…juste a travers les liens… Merci Ysengrimus !

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  • 4 novembre 2022 à 12 h 03 min
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    Je lisais encore les news cette semaine qui nous apprenaient que les étudiants universitaires ne savent même plus comment affronter les hausses du coût de la vie, des loyers, du prix de la bouffe explosif lui aussi, en plus de cumuler les dettes et le stress et ne pas pouvoir se concentrer sur leur études… bien entendu les étudiants du peuple, la majorité donc, sont ceux qui en font les frais… en plus de d’avoir payé le prix de l’épisode Covid et son chaos ingérable, des cours a distance ou des interruptions de cours carrément… sachant que le gouvernement a fermé l’oeil sur tout ceci et a laissé ces étudiants patauger dans leur merde, et sans parler des combats entre syndicats d’étudiants et ceux de personnel avec le  »patronat » universitaire et le gouvernement, combats permanents aux causes et problèmes jamais résolues ! puisqu’il faut encore jongler avec les coupures budgétaires partout ou encore avec les combines d’augmenter les horaires de certains enseignants, pour éviter d’en embaucher d’autres… et c’est encore les étudiants qui doivent en payer le prix… et donc, rien que cet aspect de batailles sociales entre bourgeois et prolétaires du milieu vous donne une idée de toute la merdouille dans laquelle pataugent tout le monde… ça me rappelle un peu la Belgique ou j’ai étudié, lorsque les gros bourges coincés et conservateurs faisaient la pluie et le beau temps dans les universités francophones de Wallonie comme l’ULB ou l’UCL, (ULB Université libre de Bruxelles, UCL Université Catholique de Louvain)… et je parle pas des autres villes franco comme Liège … a une époque de tensions sociales et économiques et de déclin Wallon face aux Flammands… pendant que les universités flamandes étaient un brin plus progressistes ou rigoureuses en tous cas… et s’inspiraient de modèles anglo-saxons…incluaient l’anglais comme principale langue seconde qui ouvraient bien plus de perspectives a leurs étudiants…sur le monde…!

    Et je vous évite de parler de nos universités du Bled… ou c’est encore la loterie pour les étudiants sur le plan de la qualité d’enseignement et encore plus celui des carrières et des débouchés, en fonction des pistons et des coups de pouces, des guerres dans les facs de médecine au point de bâtir des universités privées aujourd’hui qui coûtent la peau des fesses, et c’est une tendance en hausse partout dans le tiers-monde…au point que certains promoteurs immobiliers se sont tourné vers ce secteur juteux…qui rapporte de l’or en barres…ou encore d’une université élitiste dans une ville de montagne cherchant a reproduire un modèle  »Alpin »…financée par l’Arabie Saoudite au départ, (Université Al Akhawayn dans la ville d’Ifrane ou  »les deux frères » en parlant du Roi Hassan II et Fahd d’Arabie Saoudite a l’époque) et fonctionnant sur un modèle anglo-saxon tout en dispensant la majorité des cours en anglais dans un pays francophone, a pu tirer le jackpot pour être bien classée en Afrique pour former nous dit-on les  »élites » du pays depuis… autrement dit, les rejetons de tous les arrivistes et les millionaires qui ont des oncles et des tantes bien placés pour leur assurer des carrières en or dans l’état ou le secteur privé… généralement en Finances et secteurs connexes… dans un pays ou près de 70% de la population vit encore au moyen-âge, et ou les taux de chômage battent tous les records depuis perpette, et encore aujourd’hui !

    Aujourd’hui et dans ce système bien rôdé et pourri… chacun poursuit ses intérêts et fait les calculs du matin au soir pour ne pas manquer ses  »objectifs »… et on ne parle même pas de certains enseignants titularisés a la belle époque… qui se font des salaires de chefs d’entreprises et qui ne foutent rien… ou encore pire…passent leurs vie en vacances ou comme  »investisseurs-affairistes »,,,et appellent leur copains au bureau du personnel a l’université pour dire qu’ils sont malades et doivent s’absenter ! :))) j’en connais un…!:))) Prof de littérature anglaise au bled d’ailleurs, qui a un problème affectif avec les Bars et les comptoirs de bière …:))) au point que son ventre monstrueux peut en témoigner ! … Et a propos de Bars et de bière, j’avais un grand copain Zaïrois en Belgique, Assistant de cours, copain du  »Bar des sauvages » a Louvain, même si bien plus âgé que nous, (a Louvain-la-neuve) Bar de musique africaine hyper connu et fréquenté par la communauté africaine et toutes les nanas en chaleur de la ville étudiante, d’où il ne décollait jamais sauf bien rond et titubant sur la chaussée… qui nous disait donc et nous assurait preuves a l’appuis qu’il était « Prince » de son village et fils d’un Roi local, et nous tuait de rire avec ses histoires… je crois encore un an auprès de ce type et on aura tous fini alcolo et sdf…:)))) mais aucun regret d’avoir connu cette perle, hyper instruit en plus et intelligent, qui nous charmait avec son accent Africain  »Aristocratique », nous en apprenait des choses sur l’implication des barbouzes de Mobuto dans la communauté étudiante… et n’hésitait pas a pincer les nichons de nos copines ou les taper sur les fesses, ou encore leur faire des avances sans le moindre complexe devant nous !… avant qu’une nana belge de son âge ou un peu moins… ne vienne le soustraire a la foule et l’embarquer avec elle ailleurs, et nous signifier que la soirée est finie… et la bonne bière belge qui coûtait deux sous aussi…:))) la meilleure époque de ma vie ! :)))

    Aujourd’hui les pauvres étudiants n’ont plus rien de ce qu’on avait nous hier… des jobs a profusion et donc quelques  »moyens », et du fun et de la fête… aujourd’hui, ils n’ont plus que les problèmes et le stress a gérer et la compétition en plus pour décrocher enfin un job… s’ils le trouvent… au bout d’années d’endettement et d’incidents de parcours…au vu de la dangerosité de la vie estudiantine, et des drogues qui circulent dans ce milieu aussi… et qu’on doive remercier le ciel nous par contre de n’y avoir jamais touché ! … même si c’était pas ça qui manquait… et puisque notre truc a nous c’était encore l’alcool…et les bonnes bouffes entre amis…

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  • 4 novembre 2022 à 12 h 57 min
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    Je dois dire que si j’ai décidé a l’époque de quitter la Belgique pour rentrer au bercail au plus vite… c’est que j’avais la tête bourrée d’illusions, et je n’avais pas la moindre idée que j’allais un jour m’exiler au Canada…forcé et quasiment  »cassé » aussi jeune ! … je me dis encore que je n’aurais jamais du… mais a la vue d’une immigration sauvage et chaotique de compatriotes et de maghrébins dans ce petit pays a l’époque, et mes illusions que l’herbe est plus verte au bercail ou ailleurs, mes ambitions n’avaient pas de limite, et mon rêve était de continuer a étudier ailleurs et travailler… j’étais un peu dégoûté de tout ça… et des enfants de riches Belges insouciants qui nous pompaient avec leurs histoires et du racisme forcément aussi, mais de la violence qui pouvait éclater sur le campus a force de bagarres d’étudiants saouls ! puisque je vous jure que dans cette ville de Louvain, ville superficielle expressément construite par les wallons pour en faire la rivale de la Louvain historique  »Leuven », ville ghetto aussi et ville piétonne sans voitures et progressiste sur ce coup…car ville de béton avec des parkings souterrains a profusion… on se disait qu’est ce qu’on fout ici…! mais si jamais j’avais su que je partirais plus tard pour le Canada contraint en plus… je crois que je n’aurais jamais quitté… en plus, dès que je l’ai fait et je suis rentré au bercail, la commune de la ville estudiantine en accord avec un décret bizarre du gouvernement wallon, décidait d’octroyer la résidence permanente et parfois la nationalité aux étudiants étrangers qui justifiaient plus de 5 ans sur le territoire !!! j’en revenait pas lorsque je l’ai appris, alors qu’a l’époque le visa étudiant en Belgique était si contraignant, qu’ils vous marquaient dessus  »limité aux études dans tel établissement ou université dans telle ville » et la carte de séjour aussi… comme quoi, on ne pouvait même pas changer de ville ou d’université a moins de retourner au bercail pour tout refaire… et c’était pas du tout garanti ! et encore plus bizarre, lorsque je demandais aux belges des années plus tard un fichier de casier judiciaire ou fiche anthropométrique exigé par l’immigration Canadienne pour l paperasse, ils m’envoyaient le document avec une lettre quasiment personnalisée qui disait, nous recommandons fortement Mr untel pour être un étudiant et citoyen exemplaire, n’ayant jamais eu de démêlés avec la justice, ni enfreint les règles de l’immigration du royaume de Belgique…etc… signé : Madame untel du ministère de l’intérieur » :)))) j’en revenais pas ! on dirait qu’elle me connaissait ! :))) sacrés bons Belges ! de vrais potes ! et lorsque j’étais étudiant, on avait même un bureau de jobs étudiants bien payés que personne ne voulait…parfois occupés, lorsqu’ils nous convoquaient en urgence pour nous donner le choix de jobs, on les refilait a des copains…! sans doute qu’on avait encore la gueule de bois depuis la fête de la veille, et que pour faire passer cette gueule de bois on avait une recette miracle pour aller aux cours, prendre un petit déj avec une viande, un steak et du coke (boisson gazeuse) a 8h du mat ! :)))…bref, la Belgique est peut-être un tout petit pays… mais ô combien brave ! j’aurais du accepter des offres de jobs permanents qu’on m’a fait a la fin de mes études… surtout de la part de nanas recruteuses qui en pinçaient un peu pour moi… et j’aurais du partir en noces également avec une Belge sympas qui ne manquaient pas… mais comme un con… je voulais refaire le monde et rentrer au bercail… et je me disais côté femmes, il me faut une compatriote qui me comprend…! compréhension mes fesses, j’avais pas compris que le mariage chez nous était un business très lucratif de  »traite d’humains »…et rien d’autre… sur fond de salamalecs et d’hypocrisie religieuse … mais on était tous un peu schizo forcément et je l’admet… on pensait qu’on était  »musulmans »… alors qu’on faisait tout le contraire, et on batifolait tout le temps avec nos copines…belges ou du bled également ! …tout le contraire de nos amis Belges qui eux se contentaient d’une seule et unique copine, avec qui ils feront des rejetons et toute leur vie plus tard ! … mauvaise education quand tu nous tiens !

    et désolé pour cette intrusion personnelle dans le sujet !

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