DANS LA MAISON (Louise Demers)

DANS LA MAISON (1982)
Louise Demers (1952-2014)

Dans la maison que tu m’as donnée
Le temps passe et trois lits ont poussé
Dévorant l’espace et le passé

En récitant l’un après l’autre
Les mots que le destin nous dicte
S’effacent lentement nos fautes
Leurs importances surgissent

Nos chagrins devenus rivières
Pour baptiser contre l’enfer
Les enfants que le temps invente
Et que la vie désenchante

Si on enlevait toutes les feuilles
De papier peint, du grand salon
Ce serait lire nos saisons
Comme un album qu’on effeuille

Combien de chiens, combien de chats
Ont mangé dans cette écuelle
Rangée depuis le départ
du «terrier» qu’on appelait Marcel

Les enfants viennent le dimanche
Un peu comme ils vont au musée
Repenser ici leurs enfances
Chacun transforme le passé

Si on vivait éternellement
Et que jamais nos corps s’assèchent
J’éterniserais avec tendresse
Ce que tu fis de mon présent.

.

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

4 réflexions sur “DANS LA MAISON (Louise Demers)

  • 15 septembre 2021 à 18 h 35 min
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    Très joli poème…qui dit tout ou presque…de la belle époque…c’était pourtant juste  »hier »… ça sonne aujourd’hui comme si c’était il y a une éternité ! Que s’est-il passé depuis ?!! on dirait que le monde a  »disparu »… il a sombré, coulé et on l’a perdu de vue ! quelle horreur ! tout est parti en fumée… j’en ai un noeud a la gorge ! le si beau portrait de famille en noir et blanc comme on en fait plus… les parents qui y prennent la pose assis au milieu sur des chaises en bois pour la photo, le papa en costard cravate, la maman en robe longue resplendissante, deux bambins si mignons coiffés et tiré à quatre épingles assis sur les genoux, les autres se tenant debout autour… véritable portrait de famille que j’ai reproduit dans un album en ce qui me concerne…presque surréaliste…feu mon papa et ma maman tout comme des stars de hollywood !… on dirait Clark Gable (sans la moustache) et Rita Hayworth…tenant un bambin chacun et entouré par les filles …devant eux, une fine table basse en bois simple style Art deco, avec sa p’tite nappe en crochet au dessus et son vase a fleurs,…et sur une autre photo similaire…extérieure cette fois, on voit les herbes hautes du jardin tout autour…on dirait un rêve… un pays mystérieux…et merveilleux.. en noir et blanc…!

    la famille, les enfants, la maison, le papier peint, et le salon…chaleureux et invitant !…un majestueux thuya vraiment immense et si haut au milieu qui servait de maison a tous ces oiseaux… on retrouvait des nids par terre en hiver ! les sapins qui font la haie tout autour, avec les bougainvilliers, …et des arbres fruitiers du jardin, on se gavait de fruits a chaque saison… prunes, abricots, nefles, citrons, oranges, pommes grenades… et même une couple de vieux oliviers…on aurait dit une ferme ! c’était pourtant une  »petite maison » ! avec plusieurs chats qui miaulent… (les locaux et les invités du quartier ou encore voyageurs…) et toujours un bon chien qui remue la queue…, et même deux tortues qu’on colorait à la gouache et au pinceau pour nous marrer… dans cette jungle, j’ai tenté une fois un élevage de lapin avec un mâle et une femelle… on s’est retrouvé avec une trentaine en moins d’une année ! Pas question de les garder, ils ont creusé des trous et des galeries partout…en dessous du grillage qui leur servait de cage ! de vrais terroristes ces lapins qui ne font que niquer a la journée longue ! :))) parfois je retrouvais la carcasse et la fourrure d’un de leur bébés sacrifié par un chat assassin… et je me mettais aussitôt en chasse au meurtrier… sans succès ! :))) … et puis il y avait le repas en famille…tout le temps…on se regardait, on se dévisageait les uns les autres, ma p’tite soeur..toute mignonne attendait patiemment cet instant pour nous trahir…rapporter nos bêtises a l’autorité… qui levait aussitôt un sourcil et nous lançait une mise en garde faciale…puis on onbliait tout… on se gavait et on racontait tout… ou presque…ce qu’on voulait quoi… ! :))) les parents faisaient de même…nous racontaient leur histoires…sur un ton  »pédagogique » tout le temps…! la barbe !

    le ciel magnifique d’hier est plus le même depuis… qq chose a changé, qq chose s’est brisé… qq chose de grave a dû se passer depuis…le monde est plus le même…! définitivement …! ou alors le goût n’y est plus… ou alors les femmes comme les fleurs sont moins belles…. qq chose leur est arrivé à elles aussi on dirait ! femmes comme fleurs ont l’air terrifiées, elles ont tout le temps peur…de qui…et de quoi?! les hommes sont brûlés ! les oiseaux se font rares…et les enfants sont seuls…cogitent de plus en plus on dirait… et jouent de moins en moins ! quel monde … terrifiant !

    Merci pour ce poème !

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  • 19 septembre 2021 à 15 h 09 min
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    @ Ysengrimus,

    A propos de poésie, je ne sais plus pourquoi je ne vous ai jamais parlé, mais si jamais l’envie vous prenait de découvrir un poète francophone Marocain une fois, …. et un qui en vaut vraiment la peine… je vous proposerais Mohammed Khair-Eddine… considéré un peu comme un père incontournable de la poésie francophone Marocaine, beaucoup le considèrent comme un géant et le vénèrent jusqu’à l’obsession… et entre vous et moi, ça se comprend…. même si personnellement, je n’ai plus lu sa poésie depuis que j’ai quitté un blog d’un autre poète francophone marocain génial qui nous a largement imprégné de la merveilleuse poésie de Khair-Eddine…

    pour avoir une idée du poète : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammed_Kha%C3%AFr-Eddine

    Voici un petit extrait  »intro » d’une de ses oeuvres intitulées  »Ce Maroc » parue en 1975 qui commence avec celui-la …. (je précise que ce copier coller ne vise surtout pas à violer les droits d’auteur ou de publication)…

     »Temps mêlés »

    oubli et roses entonnent le chant des temps mêlés

    violet

    je bois encore à la santé de la mort

    un vin glacé

    et serre ma gorge avec une gerbe de douleur et de joie

    criant coupable et traînant

    comme nul cheval ne peut le faire

    ton sourire calme entre les arbres

    ainsi finit tout amour et craque tout ciel énorme ainsi m’en vais-je par le poème démâté vers un atoll d’amertume couleur de tes pupilles et de marbre

    faites évacuer mon cœur

    terre cancéreuse

    visez mon front entre les rides

    et regardez sous les ourlets

    un autre déchiqueté qui ne parle plus.
    ——————————————————————————————————————————–
    .
    Bref, du coup, je vais m’y remettre…. ça me parle cette poésie… :)))

    Merci à l’équipe de l’édition.

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  • 19 septembre 2021 à 17 h 04 min
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    Merci Sam,
    Si vous trouvez un texte que vous jugez valable pour Les 7 du Québec, envoyez-moi-le. On le placera dans la section TROUIVAILLES…

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  • 19 septembre 2021 à 19 h 26 min
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    Entendu Ysengrimus, j’y manquerai pas…. Merci !

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