Mary, l'étoile filante sur le trône de France

Mary Tudor, l’étoile filante sur le trône de France
CAROLLE ANNE DESSUREAULT :
Aujourd’hui je vous invite à suivre le cortège royal de celle qu’on appelait l’étoile filante sur le trône de France, MARY TUDOR, sœur cadette de Henry VIII, qui quitte, en 1514, l’Angleterre pour la France, épouser le Roi Louis XII. Récit succint avec images à l’appui.
Marie Tudor, sœur de Henri VIII

Croyez-vous qu’une princesse puisse choisir son époux, et être aimée sincèrement ? Hélas, rarement. La plupart du temps, les princesses destinées à être reines, sont considérées dès leur naissance comme un pion sur l’échiquier du pouvoir dans le but de créer des alliances entre deux pays, et de mettre au monde un mâle héritier pour assurer la descendance du Roi.
Toutes jeunes, elles sont formées à se montrer dignes, à garder la tête haute même quand elles ont envie de pleurer.
LE FRÈRE ET LA SŒUR SONT DES COMPAGNONS DE JEUX

Cette Mary, ravissante, coquette aimable, séductrice, tout le monde l’aime à la Cour. Surtout son frère Henry VIII qui l’adore et lui passe beaucoup de caprices.
POUR L’INSTANT, MARY PROFITE DE SA LIBERTÉ et CADEAUX REÇUS DE LOUIS XII

Même si Mary comprend que son devoir est de marier un roi, son mariage avec Louis XII la révolte. Elle n’a que dix-huit ans et lui, à cinquante-trois, est un vieillard édenté, souffrant de la goutte et épuisé par des hémorragies intestinales…
Elle est amoureuse de Charles Brandon, son compagnon d’enfance. La veille de son départ, elle fait promettre à son frère le Roi de la laisser choisir son prochain époux si elle devient veuve.
Louis XII, depuis qu’il a vu son portrait, lui envoie plein de cadeaux, des robes, de la vaisselle, mais surtout, le fabuleux bijou de la Couronne, le MIROIR DE NAPLES, un diamant INESTIMABLE de la taille d’un œuf de pigeon suspendu à une perle en forme de poire.

DÉPART DU PALAIS DE PLACENTIA-GREENWICH AVEC LA COUR

Par un matin de septembre, Mary Tudor quitte à tout jamais l’élégant PALAIS DE PLACENTIA-GREENWICH situé sur les bords de la Tamise où elle a vécu une vie facile et superficielle.
LE ROI, LA REINE VONT ESCORTER MARY

Sa Majesté Henri VIII dont la haute stature impressionne tout le monde est accompagné de sa femme, la REINE CATHERINE D’ARAGON. Ils vont escorter Mary jusqu’à Douvres, port de la Manche, où elle embarquera pour la France.
LES NOBLES ET LA COUR SE JOIGNENT AU CORTÈGE

Une grande quantité de nobles de la Cour se joignent à eux, ainsi que princes de sang, cardinaux, comtes, ducs, chevaliers et domestiques.
ENFIN, LE CONVOI S’ÉBRANLE dans les rues, mais très lentement, car il s’agit d’une procession de plus de deux mille personnes, qui s’étend sur plus d’un kilomètre.

Monté sur un puissant cheval dont la selle en cuir est brodée de fleurs et vêtu d’un manteau de drap d’or constellé de diamants, le roi est acclamé par son bon peuple. Souriant, il adresse ça et là un salut courtois à une jolie fille, ou un mot à un enfant, un paysan qui s’est approché. On acclame aussi la reine Catherine généreuse envers les pauvres.
MARIE TUDOR SUSCITE L’ADMIRATION ET LA CURIOSITÉ

Cependant, c’est la princesse Mary qui suscite le plus de curiosité. Avec grâce, habillée de satin vert rebrodé d’or et de perles, un chapeau en forme de croissant de lune sur la tête, elle salue la foule. On lui fait ses adieux, Adieu Mary, certains pleurent, d’autres lui envoient des baisers à l’anglaise !
LES DAMES NOBLES SUR LEURS HAQUENÉES

Derrière elle, les dames nobles se tiennent sur des haquenées caparaçonnées de selles de velours. Suivent des gentilhommes enveloppés dans des manteaux tellement couverts de rubis, perles, émeraudes, qu’on distingue à peine la couleur des tissus.
LES GENS DU PEUPLE

Les gens du peuple, entassés le long des rues ou dans les champs de campagnes, vêtus de leurs haillons, sont si éblouis par la splendeur des richesses qu’ils se sentent à la fois fascinés et méprisables ! Surtout en voyant des chiens avec des colliers piqués de rubis et d’émeraudes !
Ici et là, des gentilhommes bienveillants lancent des piécettes de monnaie. On se bouscule pour les attraper !

LES BAGAGES ET LES CHARRETTES

Une longue file de carrosses, de chariots, de chevaux, de mules et de baudets transportent les bagages de Mary et des nobles, sous la surveillance des domestiques, écuyers, palefreniers, dames de compagnie, suivantes et servantes.

LES SEPT VAISSEAUX ANGLAIS POUR LE TRANSPORT DES BAGAGES


D’ailleurs, sept vaisseaux anglais attendent à Douvres pour embarquer le tout.
LES ESCALES

Le soir, le cortège fait escale. Les nobles sont accueillis dans des abbayes ou des châteaux mis à leur disposition par les seigneurs des villages. Les moins nobles se réfugient dans les granges ou à la belle étoile. Souvent, il faut monter des tentes. Qu’importe, l’élégance a toujours sa place, et même à la guerre, Henri VIII mange dans sa vaisselle d’or, et dort dans son propre lit !
EMBARQUEMENT À DOUVRES

Dix jours plus tard, le convoi arrive à Douvres. Henry VIII fait ses adieux à sa sœur. Il la laisse avec une suite imposante, plus d’un millier de personnes, dont Charles Brandon, celui qu’elle aime. L’embarquement se fait sur les sept vaisseaux anglais.
MARY TUDOR, COURONNÉE REINE DE FRANCE – 12 OCTOBRE 1415

Au début d’octobre, après une traversée houleuse sur la Manche – trois vaisseaux ont coulé au fond de l’eau – escortée de sa fastueuse suite, Mary Tudor rencontre le Roi Louis XII. C’est loin d’être le coup de foudre pour elle, mais elle sait se comporter noblement. Ils se marient à Abbeville le 9 octobre en grandes pompes. Elle est Reine de France.

Quant à Louis XII, il prend de la vigueur au contact de sa jeune reine, cependant, pas pour longtemps. Il décède le 1er janvier 1515.
MARY TUDOR ÉPOUSE LE DUC DE SUFFOLK, CHARLES BRANDON

Rapidement veuve – et soulagée de ne pas être enceinte – Mary s’unit secrètement à Paris à Charles Brandon, duc de Suffolk, et regagne l’Angleterre après avoir obtenu le pardon de son frère le Roi. Mary Tudor est une des rares princesses de sang à avoir choisi son partenaire. Auprès de son Charles, elle a vécu heureuse avec leurs trois enfants.
HENRY VIII EN VIEILLISANT

Quant à Henry VIII, commença la saga de ses nombreuses unions. Il fit annuler son mariage avec Catherine d’Aragon, et eut par la suite cinq épouses. En vieillissant, il devient ENCORE PLUS cruel, narcissique, tyrannique et se montre sans pitié. Il devient obèse (environ 400 livres). Il meurt à 56 ans.
IMAGE DES SIX ÉPOUSES DE HENRY VIII

Voici une image de ses six épouses.
Vive le Roi ! Vive la Reine, ainsi clamaient les gens lorsque le cortège circulait parmi le peuple.
 

2 pensées sur “Mary, l'étoile filante sur le trône de France

  • 10 janvier 2020 à 4 h 54 min
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    L’origine de la Royauté en France : nous allons, dans l’extrait qui va suivre, trouver bien des surprises, c’est-à-dire des explications qui renversent totalement les vieux mensonges historiques auxquels on s’était habitué.
    Le Monde Ancien a pris fin avec le triomphe du Catholicisme au Concile de Nicée.
    Le Monde Moderne commence.
    Entre les deux, une époque de transition :
    Le Moyen Âge, que l’histoire classique fait commencer à la mort de Théodose le Grand (395) et termine à la prise de Constantinople par les Turcs (1453).
    Ces divisions n’ont pas de valeur pour nous. Ce qui nous intéresse, c’est de savoir comment à l’ancien gouvernement féminin va succéder le gouvernement masculin. Nous allons en étudier les péripéties. Il s’agit surtout de dévoiler l’histoire de la Femme en lutte avec l’Église, depuis le Concile de Nicée jusqu’à la Révolution française.
    Nous l’avons spécialement étudiée en France parce que c’est pour nous l’histoire la plus connue.
    L’histoire de France ne sera, à ses débuts, qu’une lutte entre les Francs-Saliens et les Francs-Ripuaires, c’est-à-dire entre les masculinistes et les féministes. Ces derniers devaient faire cause commune avec les Celtes Gaulois restés fidèles aux anciennes traditions.
    Les historiens nous ont caché la part prise dans cette lutte par les féministes et n’ont enregistré que les succès des masculinistes.
    C’est à nous à rétablir la vérité en cherchant le rôle caché de la femme dans cette histoire lointaine.
    Nous voyons, tout d’abord, qu’on mentionne comme premier Roi de France un nom sur lequel on ne nous dit rien, on ne sait rien. On va même jusqu’à mettre en doute son existence.
    Or, étant donné ce que nous avons dit plus haut du Roi des Rois chez les Francs, il est bien certain que Pharamond est le terme générique sous lequel on désigne ces Rois suprêmes. C’est du reste le nom d’une Fée, qui joua un grand rôle, la Fée Faramonde.
    En cherchant l’origine des langues égyptienne et hébraïque, nous y avons trouvé des origines, des racines celtiques, et d’abord le mot Reine Faée. Ce mot, devenu pharaï (parler), désignait l’inspirée qui parle. Ce terme rapproche singulièrement les Déesses du Nord des Pharaons de l’ancienne Egypte, qui étaient aussi des Puissances morales et sacerdotales exercées par des femmes.
    Les mots Pharao Pharaonis, resteront dans la langue grecque, mais qui les rapprochera de l’ancienne Fata ? Qui saura que le nom de Phasias, donné à Médée, en vient aussi ?
    Les Phara-mund, comme les Phara-on étaient donc les grandes Cheffesses du Gouvernement théocratique, et ce qui le prouve, c’est qu’entre la Meuse et le Rhin se trouvait leur centre appelé Mèdiomatrice. C’est de là que partit la civilisation celtique. Ce centre était près de la ville de Divodurum (aujourd’hui Metz), à l’orée de la forêt des Ardennes, à laquelle la Déesse Arduina donna son nom.
    Nous verrons bientôt les Pères de l’Église, qui copiaient tout, se faire appeler Patrices pour imiter le centre féminin, la Matrice, comme nous verrons les rois prendre l’appellation de la grande déesse Cybèle (Mater Magna) et se faire aussi appeler Magne (Charlemagne).
    Le roi Pharamond, que l’on fait monter sur le trône de France en 420 (quoique son existence soit niée), serait mort en 428.
    Dans ce règne, qui serait venu remplacer la domination romaine qui finissait, nous voyons l’indication déguisée d’une restauration du pouvoir féminin quelque temps éclipsé, mais venant reprendre ses droits, en même temps que l’influence de la doctrine johannite rendait à la femme la place qu’elle avait occupée dans l’ancien gouvernement celtique.
    Pendant que la France rejetait les Reines, l’Angleterre, plus avisée, les couronnait.
    Marie Tudor, la première Reine régnante de l’histoire d’Angleterre, fut couronnée le 25 septembre.
    Elle se rendit à Westminster, précédée de cinq cents cavaliers et suivie d’une brillante cavalcade de seigneurs. C’étaient les messagers officiels de la Reine, les huissiers, les chapelains, les gardes du corps, les officiers de la Couronne, les chevaliers du Bain avec leurs robes violettes, les deux rois d’armes, les ambassadeurs, etc. La Reine était assise sur un chariot en forme de litière traîné par six chevaux recouverts de draps d’or. Elle portait une robe « à la française » et, sur la tête, un cercle d’or pur formant une coiffure tellement massive que d’instant en instant elle se trouvait forcée d’appuyer sa tête sur ses mains.
    La reine Elisabeth fut couronnée avec un cérémonial aussi pompeux.
    Elisabeth d’Angleterre fut cruelle et vindicative ; mais elle possédait au plus haut point l’art de régner, et c’est de son règne que date la grandeur anglaise.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/fin-du-4eme-siecle-et-debut-du-moyen-age.html

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  • 11 janvier 2020 à 3 h 32 min
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    Toutes les petites filles ont des rêves de princesses et celle-ci semble avoir en effet échappé au destin des princesses européennes qui n’ont pas toujours eu sa chance à elle! par contre l’histoire des chiens avec des colliers piqués de rubis et d’émeraudes, il faut croire qu’ils en étaient capables à cette époque dans la cour d’Angleterre ! le peuple devait aussi croire que les princes et les princesses n’étaient pas tout à fait humains, pour se permettre autant de luxe et l’exhiber devant eux ! ceci me renvoie par ailleurs à toutes ces princesses orientales en terre d’islam qui ne faisaient pas mieux côté collection de rubis et émeraudes, avaient tout de même comme consigne de ne pas trop montrer et se montrer lorsque les gardes et les porteurs les baladaient sur leurs cabines feutrées dans les ruelles et les marchés! et contrairement à ce qu’on croit en occident sur ces femmes d’orient, ces princesses et parfois reines ont de tout temps été de redoutables politiciennes, elles ont faits et défaits des dynasties, régné sans partage, et comme dans l’histoire des mille et une nuits, certaines dans les harems se tapaient même les  »esclaves » d’ou l’histoire de Shérahzade et du Calife Shahrayar…:))
    il y en a une qui mérite d’être citée pour l’anecdote, connue sous le nom de  »Chajarate Addur » ou l’arbre des perles, une histoire en réalité triste à la fin qu’on embellissait et nous racontait dans notre jeunesse, elle fut en réalité une esclave Arménienne ou de ce coin là… qui était tellement attirante et entreprenante à ce qu’on raconte que le Sultan Ayyoubide d’Égypte  »As-Salih Ayyub » au treizième siècle la prit pour épouse, lui permis de gouverner avec lui et la couvrit de richesses et de bijoux, puis meurt peu de temps après, ensuite elle séduira et prendra pour époux le glorieux chef des armées et gouvernera en tant que reine sur l’empire pendant des années à la place de son mec en réalité, puis le fera assassiner par jalousie au bout de 7 ans ou plus selon les versions, ce qui lui vaudra une fin atroce car elle fut battue et assassinée par ses propres esclaves dans ses bains particuliers…. mais cette histoire racontée, brodée et embellie rend compte surtout de l’intelligence et de la capacité d’une femme à tenir tête au Calife de Bagdad, et régner comme personne en pleine période de croisades qui virent Louis IX de france se faire prisonnier avec sa suite puis relâché contre rançon chez elle! Je vous mets le lien Wikipedia, mais je vous assure qu’il ne rend compte en rien du prestige et des histoires qu’on raconte sur cette reine en réalité ! https://fr.wikipedia.org/wiki/Chajar_ad-Durr
    Bref, les Omeyyades tous comme les Abassides et les Seljoukides auront aussi leur lot interminable de véritables princesses, filles de sultans et femmes de pouvoir qui ont de tout temps régné, comploté, et tiré les ficelles des palais jusqu’à très recemment et encore aujourd’hui dans les monarchies arabes ! la fameuse reine ou princesse du Qatar  »Moza Bint Nasser » en est un exemple édifiant de tirage de ficelles et de luxe ostentatoire au point d’avoir des designers prestigieux occidentaux qui travaillent à temps plein pour lui concocter ses tenues extravagantes qu’elle change quatre fois par jour… mais il ne faut pas se fier à ce trait de légèreté chez elle car elle fut la dirigeante effective du Qatar en ce qui est du boom qualitatif de ce pays hier encore un desert grâce à la rente gazière, une femme éduquée et d’une grande intelligence tout de même qui a laisse son empreinte et ses oeuvres sociales un peu partout et dont l’image s’oppose à son mari l’architecte de coups bas dans le monde arabe… le hideux Cheikh Hamad ex dirigeant du Qatar (pourtant elle raconte qu’elle l’aime depuis toujours…allez comprendre quelque chose) et avec qui elle a eu son fils qu’elle a hissé au trône et chef d’état du Qatar en demandant à son mari de se destituer pour le compte du fils… bref, voici un aperçu wikipedia et video
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Moza_bint_Nasser_al-Missned
    https://www.youtube.com/watch?v=xmAXSDACrQE
    Et tant qu’à parler de princes et de princesses, il n’y a rien de plus mignon et de sacré que toutes ces princesses et fillettes avant l’âge de devenir des monstres une fois plus âgées…pas toutes mais tout de même ! :))
    Merci Mme Dessureault pour cette histoire joyeuse qui nous change d’une actualité triste et déconcertante !

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