États-Unis – talibans – suite et fin de l’empire étatsunien

Capitulation et retrait étasunien de l’Afghanistan

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2.3.2020.Etats Unis-Talibans-English-Italian-Spanish

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Après dix-huit années du massacre postcolonial en Afghanistan, un accord de retrait des troupes d’occupation de la «coalition-OTAN» a été signé entre l’administration américaine et la résistance nationaliste afghane – dirigée par les talibans. Cet accord survient dans le cadre du réaménagement géostratégique impérialiste au Moyen-Orient, réorganisation  entreprise depuis la guerre de Syrie d’où les États-Unis ont été expulsés, avant d’être chassés d’Irak, et de se retirer de Palestine-Israël dissimulé sous le ridicule «deal du siècle» bidon.

 

Nous l’affirmons depuis quelques années, les difficultés économiques structurelles de l’empire étasunien forcent les financiers de Wall Street à réorganiser leurs efforts de guerre vers leur ennemi principal – l’alliance impériale sino-russe – et à délaisser les terrains d’affrontement secondaires comme la Syrie, l’Israël-Palestine, le Pakistan, l’Irak, l’Iran et le Golfe Persique, le Yémen, le Soudan, la Libye et l’Afghanistan, guerres que l’empire tente de refiler à l’OTAN et à la France.

 

Depuis huit ans environ (début de la guerre d’autodéfense nationale de la Syrie), sur chacun de ces terrains d’affrontement – de bombardement – de réfugiés – et de destruction – l’empire Américain va de défaite en débâcle. Dans chacun de ces pays, l’empire capitule et, après avoir semé le chaos et la mort, il tente de contenir les dégâts suite à son désengagement militaire, par la poursuite de son agression sur le plan économique et financier quand la chose est possible. En effet, si l’Iran, État moderne et puissant, entretient un commerce international florissant avec l’Occident et avec l’Orient (la Chine notamment), l’Afghanistan, l’un des États les plus pauvres de la planète, n’exporte que l’opium, dont les dealers de Chine, d’Europe et des États-Unis ne sauraient se passer. Difficile dans ces conditions d’imaginer comment l’empire en déclin parviendra à sanctionner et à isoler diplomatiquement ce pays sous-développé où les talibans règnent en maitre depuis des années, nonobstant ce qu’en disent les plumitifs à la solde de l’impérialisme.

 

Les motifs de l’invasion américaine

 

C’est en comprenant les motifs de l’invasion de ce pays sous-développé, isolé, en perpétuelle guerre civile que l’on peut faire le bilan de cette invasion ratée d’où les Yankees sortent affaiblis. Quel fut le véritable motif de l’invasion de ce pays exsangue? Oubliez les balivernes de Georges W. Bush à propos de la libération des femmes en burka (qu’elles portent toujours incidemment); à propos de Ben Laden, leur supplétif face à l’empire soviétique en déclin; à propos d’Al-Qaïda, de Daesh et autres mercenaires djihadistes (exfiltrés des théâtres d’opérations de Syrie, d’Irak et du Yémen); oubliez les talibans et leur guerre clanique contre les seigneurs féodaux, contre  les mercenaires djihadistes et autres épouvantails créés par la CIA et financés par l’Arabie Saoudite. Nul besoin de mobiliser 200 000 soldats d’une vingtaine de pays de l’OTAN pour contenir les résistants talibans dans leur guerre contre les chefs de tribus corrompus, il suffisait de leur couper leur financement dont le trafic d’opium, les subventions des wahhabites de Ryad et les privés de l’armement de la CIA.

 

Mais alors, pourquoi cette invasion et cette guerre qui ont couté tant de milliards de dollars aux contribuables américains qui n’ont jamais compris ce que les soldats yankees faisaient dans ce pays du bout du monde sans richesse naturelle à piller, sans main-d’œuvre qualifiée à exploiter ? Cette invasion de l’OTAN visait non pas à contenir les talibans mais à les recrutés dans la guerre américaine contre «Les nouvelles routes de la soie» Chinoises. Un vaste projet planétaire multimilliardaire que l’alliance de Shanghai a entrepris pour dynamiser le commerce international dont elle est devenue le moteur incontestable.  Le méga projet des routes de la soie (mille-milliards de dollars d’investissements échelonnés sur des dizaines d’années) est constitué d’infrastructures de transports sur mer (océan Indien notamment et ports en eau profonde au Ceylan et au Pakistan); par air (aéroports internationaux reliant la Chine au Moyen-Orient et à l’Europe, premier marché mondial); par terre (réseaux de routes reliant Pékin aux ports de Méditerranée orientale); et d’oléoducs gaziers et pétroliers reliant la Chine au Moyen-Orient source de son approvisionnement.

 

Une large partie de ces infrastructures de transport passe par l’Afghanistan, en territoire iranien et au Kazakhstan membre de l’Alliance de Shanghai et à proximité du territoire afghan. L’invasion impérialiste de l’Afghanistan contrôler par les talibans visaient simplement à imposer un gouvernement fantoche pro-OTAN ayant mandat de négocier et de recruter les talibans comme mercenaires à la solde des États-Unis afin de dynamiter et de détruire ces infrastructures de transport et rendre inopérant le vaste projet des «Nouvelles routes de la soie» chinoises, plaçant ainsi l’aspirant à l’hégémonie impérialiste mondiale à la merci de la vieille puissance étasunienne déclinante.

 

Aujourd’hui, les États-Unis auraient-ils réussi à recruter les talibans qui jusqu’ici étaient totalement désintéressés par les offres de pillages et les marchés occidentaux, et sont parvenus à reconquérir la quasi-totalité du pays à la fois contre le gouvernement fantoche des seigneurs de guerre, les reliquats d’Al-Qaïda et les résidus de Daesh, tous soutenus par les restes du corps expéditionnaire de l’OTAN (ou ce qui en reste, environ 13 000 soldats reclus et encerclés dans quelques camps retranchés).

 

La question se pose désormais de savoir si les articles secrets de l’accord USA-Taliban comprennent des clauses assurant la survie du gouvernement fantoche à Kaboul, et si en contrepartie du retrait total des troupes américaines et l’octroi de subventions généreuses, le gouvernement Taliban acceptera de harceler, miner et détruire les infrastructures chinoises passant en territoire afghan ou à proximité. L’accord prévoit un délai de 14 mois afin de vérifier si les talibans appliquent les clauses secrètes de l’entente. Ainsi, quelques jours après l’annonce de l’accord, les talibans bombardaient les positions du gouvernement fantoche de Kaboul, ce à quoi les É.-U. répliquaient en bombardant des sanctuaires talibans, ce qui ne signifie nullement que l’un ou l’autre des signataires de l’accord manque à ses engagements secrets, c’est simplement un test de la solidité des accords secrets dans lesquels  Daesh et Al-Qaïda sont sacrifiés (2).

 

Le prolétariat révolutionnaire

 

Pour nous prolétaires révolutionnaires nous ne devons jamais être dupés par ces manigances entre forces féodales et bourgeoises nationales et leurs maitres impérialistes. Tractations qui ne servent jamais à défendre les intérêts de la population laborieuse afghane. Seul le prolétariat afghan peut servir les intérêts du peuple afghan (à suivre).

 

 


 

Notes

 

1. Afghanistan : les États-Unis et les talibans signent un accord historique après dix-huit ans de guerre. Les Américains et l’OTAN retireront toutes leurs troupes d’Afghanistan dans un délai de 14 mois si les talibans tiennent leurs engagements.  « Les États-Unis et les talibans ont signé un accord de paix, samedi 29 février, après dix-huit ans de guerre. Les Américains et les autres pays de l’OTAN présents sur place (Allemagne, Royaume-Uni et Italie, notamment) retireront toutes leurs troupes d’Afghanistan dans un délai de 14 mois si les talibans tiennent leurs engagements (sic), ont déclaré les gouvernements américain et afghan dans une déclaration commune. « La coalition achèvera le retrait des troupes qui restent en Afghanistan dans un délai de 14 mois à compter de la publication de cette déclaration conjointe et de l’accord Etats-Unis-talibans (…) à condition que les talibans respectent leurs engagements pris aux termes de l’accord Etats-Unis-talibans », peut-on lire.

Les États-Unis commenceraient par ramener à 8 600 hommes leur contingent dans les 135 jours suivant la signature de l’accord avec les talibans, qui doit intervenir dans l’après-midi à Doha, ajoute la déclaration. Enfin, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a appelé samedi les talibans à se garder de « crier victoire » et à « tenir la promesse de rupture avec Al-Qaïda ».   https://www.msn.com/fr-ca/actualites/monde/afghanistan-les-etats-unis-et-les-talibans-signent-un-accord-historique-apr%C3%A8s-dix-huit-ans-de-guerre/ar-BB10zcja?ocid=spartanntp

 

  1. https://www.msn.com/fr-ca/actualites/monde/afghanistan-frappe-américaine-et-attaques-des-talibans-la-paix-séloigne/ar-BB10JtuU?ocid=spartanntp

 

5 pensées sur “États-Unis – talibans – suite et fin de l’empire étatsunien

  • 4 mars 2020 à 15 h 46 min
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    Il y a aussi deux importantes raisons à le faire. D’abord, pour le rendre inhabitable et continuer à voler les ressources et finalement, pour avoir de la main d’oeuvre pas chère chez les pays riches, surtout en Europe et finir avec leur culture, comme la France et l’Allemagne, par exemple. On voit cette tactique en Amérique du Sud et en Afrique?

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  • 6 mars 2020 à 14 h 59 min
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    D’après la RAWA, Revolutionary Association of the Women of Afganistan, le gouvernement actuel à la solde des USA serait composé des pires des talibans, des pires de ex-seigneurs de la guerre (ex- par rapport à la situation lors de l’instauration de ce gouvernement après l’invasion de ce pays par les USA où les talibans avaient chassés les seigneurs de la guerre du pouvoir. La France n’a jamais digéré que ses protégés, les très sanguinaires seigneurs de la guerre, soient chassés du pouvoir par les talibans soutenus par les USA.) et des pires des ex pro-russes. Quand à la guerre qui oppose ces différentes factions, ce n’est pas qu’une simple guerre clanique, c’est aussi et sans doute d’abord une guerre inter-impérialistes. http://rawa.org/index.php

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    • 6 mars 2020 à 16 h 09 min
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      @ Dominique

      Voilà le peu que l’on saurait attendre de la gauche – de RAWA – établir une hiérarchie dans la dépravation et les exactions parmi les clans et les sectes talibans – et les seigneurs de guerre – ce qui vise en définitive à justifier l’invasion impérialiste de ce pays misérables… et à prolonger cette guerre inter-impérialistes comme je l’écrit dans l’article (guerre entre l’empire US déclinant et l’empire chinois montant – autour des Routes de la soie).

      Tout ce que nous avons à faire nous révolutionnaire prolétarien c’est d’expliquer aux prolétaires que ces puissances impérialistes – les russes-soviétiques – puis les USA-OTAN puis la Chine-Russie n’ont rien à faire là et ne servent en rien les intérêts de la population afghane et doivent être chassées comme les talibans sont en train de le faire.

      Le peuple afghan et lui seul aura à se libérer comme le prolétariat mondial lui-même aura à s’émanciper et il ne peut attendre la libération de ceux qui l’oppriment.

      Même chose en Syrie le peuple syrien libérera le peuple syrien = ni les USA – la France ni leurs mercenaires djihadistes ni l’Iran ni la Russie ne libéreront le peuple syrien.

      Alors je répète notre slogan pour l’époque et la région PUISSANCES ÉTRANGÈRES HORS DU PROCHE-ORIENT (peu importe votre niveau de cruauté).

      Robert Bibeau

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