Chroniques du chaos libyen et syrien

Luc Michel (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/

Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/

 

Libye d’abord – Syrie et coronavirus ensuite

 

La situation en Libye est extrêmement complexe, beaucoup plus qu’en Syrie par exemple. Les médias occidentaux nous présentent un scénario pour une Libye virtuelle, soi-disant « divisée en deux, les gouvernements de Tripoli et de Tobrouk ». En fait la Libye post-kadhadi est un non-état éclaté, « somalisé », où une douzaine d’acteurs politico-militaires interviennent. A la désinformation des médias occidentaux s’ajoute les médiamensonges de journalistes ou panélistes à la recherche de buzzs, et encore les affabulations d’excrocs politiques.

 

Donc, lorsque l’on me demande sur un plateau de résumer la réalité libyenne en dix ou quinze minutes, il m’est impossible de tout expliquer. Heureusement, depuis 2018, RADIO-ALGERIE, la grande radio d’Etat algérienne, m’interroge régulièrement sur l’évolution de la situation en Libye, en me donnant le temps de décrire tous les aspects d’une guerre de destruction de la Jamahiriya de Kadhafi (qui fut un quart de siècle ma seconde patrie, au combat depuis 1985 avec la Jamahiriya de Kaadhafi et le MCR libyen) (1), transformée par les puissances étrangères en une guerre par procuration, puis en un conflit international.

 

MES PREMIÈRE ET SECONDE ANALYSES SUR RADIO-ALGÉRIE

On dit tout et n’importe quoi sur la Libye !

D’un côté les médiamensonges et les scénarios géopolitiques occidentaux qui tentent de formater une Libye virtuelle. De l’autre de sinistres escrocs qui inventent littéralement des infos sur une Libye dont ils ignorent tout.

Je donne les noms, les faits, appuyés sur une connaissance intime du Dossier libyen, je dresse un réquisitoire implacable contre les ennemis et les faux amis du peuple libyen …

 

PREMIERE ANALYSE (NOVEMBRE 2018) : LE CHAOS LIBYEN.

LOIN DES SCENARIOS OCCIDENTAUX, OU VA VRAIMENT LA LIBYE ?

 

Dans cette première grande analyse pour RADIO ALGERIE, accordée ‘live’ lors du Sommet de l’UA à Addis-Abeba, sur le chaos libyen, avec la journaliste algérienne Nour, je dis mes 4 vérités sur la destruction de la République des Masses de Kadhafi et le chaos libyen en ces années 2019-2020 …

Le Podcast I audio sur LUC-MICHEL-TV :

https://vimeo.com/397378471

 

SECONDE ANALYSE (AVRIL 2019) :HAFTAR ET LA BATAILLE POUR TRIPOLI.

LE CONTEXTE GEOPOLITIQUE

 

En duplex audio depuis Ndjaména au Tchad, je répond sur l’évolution des événements en Libye et l’assaut des forces de Haftar contre Tripoli (le 9 avril 2019) :

Que veut Haftar et pourquoi lance-t-il l’assaut sur Tripoli le jour de l’arrivée de l’envoyé de l’ONU venu organiser des élections (virtuelles) cette année en Libye ?

Quel est le contexte géopolitique ?

Haftar peut-il réussir ?

 

 Le Podcast II audio sur LUC-MICHEL-TV :

https://vimeo.com/397380589

 

(photo : interview de Luc MICHEL sur la ‘Radio algérienne’ à Addis-Abeba en nov. 2018)

 

 


CORONAVIRUS EN SYRIE : LE SECOND FRONT DE DAMAS CONTRE L’ENNEMI INVISIBLE !

 

« A Damas, une guerre d’un « genre différent » »  –  AFP, ce 27 mars.  « La bataille contre le coronavirus sera totale. Nous n’avons pas le choix » !

– Hussein Najjar, médecin syrien.

 

Avec la guerre contre le coronavirus, Damas a ouvert un second front …

« Dans une rue déserte du vieux Damas, Ahmad s’est vu contraint en raison du nouveau coronavirus de fermer sine die son magasin de tissus, pour la première fois depuis le début de la guerre en Syrie », commente l’AFP. « Nous avons traversé des moments difficiles pendant la guerre (…) Parfois, nous fermions, mais nous rouvrions peu après », raconte à l’AFP l’homme de 59 ans, assis sur une chaise posée sur le trottoir en face de sa boutique. « Mais jamais de ma vie je n’ai vu les marchés et les magasins devoir fermer pendant des jours comme c’est le cas aujourd’hui ».

 

DAMAS CONFINÉ

 

« Rideaux de fer baissés, stands couverts par des draps, les rues commerçantes du vieux Damas comme ailleurs dans la capitale syrienne sont presque vides », témoigne l’AFP. « Dans le célèbre souk al-Hamidiyé, d’habitude grouillant de monde, seuls des ouvriers en combinaisons oranges et masques de protection pulvérisent du désinfectant sur les rideaux de fer fermés par des cadenas tandis que quelques passants portant des masques traversent rapidement la rue. En début de semaine, Ahmad a demandé à ses employés de rester chez eux et leur a versé leur salaire ».

 

Les autorités syriennes, qui ont signalé cinq cas de contamination au Covid-19, ont ordonné la fermeture des commerces non vitaux, des écoles, des universités, des restaurants et des cafés, ainsi que la suspension des transports publics entre les provinces. Les institutions publiques fonctionnent à minima. Et un couvre-feu nocturne a été imposé.

 

Jamais de telles mesures n’ont été décrétées par le pouvoir en neuf ans de guerre dévastatrice importée de l’étranger sous prétexte du soi-disant « printemps arabe », qui a ravagé une grande partie des infrastructures y compris hôpitaux et centres médicaux.

 

LE SECOND FRONT CONTRE L’ »ENNEMI CACHÉ »

 

« Nous faisons peut-être face à une guerre d’un autre genre », s’inquiète le commerçant Ahmad, qualifiant l’épidémie « d’ennemi caché ». « Je ne sais pas comment nous allons vivre sans travail », ajoute-t-il, alors qu’il a trois personnes à sa charge dans un pays où, selon l’ONU, 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

 

Dans le vieux Damas, même la célèbre mosquée des Omeyyades a fermé ses portes. « Non loin, Moustapha, 24 ans, le visage à moitié couvert par un masque bleu, les mains protégées par des gants, se dirige à grands pas vers une pharmacie ». « Damas a toujours gardé énergie et vitalité malgré la mort, les bombardements et les balles perdues. (Mais) aujourd’hui la ville est complètement paralysée », dit-il.

 

Bastion du gouvernement Assad, la capitale syrienne a été la cible d’attentats sanglants et d’attaques aux roquettes meurtrières pendant la guerre déclenchée par les puissances impérialistes, avides de détruire la Syrie ba’athiste. Mais cela n’avait pas empêché Moustapha de poursuivre ses études. Aujourd’hui toutefois il risque de perdre sa dernière année d’université. « A l’annonce de la fermeture des universités, j’ai réalisé que nous étions en danger », avoue-t-il à l’AFP.

 

DES MÉDECINS ONT MONTE L’APPLICATION « STÉTHOSCOPE »

 

Si l’on craint une catastrophe humanitaire dans les régions échappant au controle de Damas – Idlib sous occupation turque et l’Euphrate sous occupation des USA avec leurs supplétifs kurdes –, dans les régions sous contrôle du gouvernement légitime (plus de 70 % du territoire), des citoyens ont  décidé de se mobiliser pour aider face au nouveau coronavirus.

Hussein Najjar, un médecin de 37 ans, a monté avec des collègues et des experts l’application « Stéthoscope ». Elle permet à ses usagers de poser des questions liées à la pandémie et de recevoir des réponses fournies par des spécialistes. L’objectif est de sensibiliser le plus grand nombre de personnes et d’aider à combler le manque de ressources médicales, explique M. Najjar. Une application similaire à celle proposée en Belgique, pays à la structure médicale de pointe, et qui prouve les capacités de résilience de la Syrie légitime …

 

« CETTE FOIS, L’ENNEMI EST INVISIBLE. IL ATTAQUE SILENCIEUSEMENT »

 

Ces dernières années, ce médecin a soigné des centaines de blessés et effectué plus de 200 opérations. Mais la bataille qu’il livre aujourd’hui est différente. « Cette fois, l’ennemi est inconnu. Il attaque silencieusement », explique-t-il à l’AFP. « Ce qui est un peu réconfortant néanmoins, dit-il, c’est que la Syrie n’est pas seule » dans cette lutte: « des pays sont déjà en première ligne et nous profiterons de leurs expériences. Allié à la Russie, à l’Iran et à la Chine, Damas bénéficie de leur expérience dans le combat contre la pandémie, en particulier de Pékin et Téhéran déjà en première ligne …

 

« La bataille contre le coronavirus sera totale. Nous n’avons pas le choix » !

 

Photo :  Le grand souk de Damas confiné.

 

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