Coronavirus : les Etats-Unis survivront-ils à la pandémie?

Source  Palestine-Solidarité…le blogue

 

LE CRI DES PEUPLES

Coronavirus :  les Etats-Unis survivront-ils à la pandémie ?

 

A tous les échelons, les Etats-Unis, qui ont initialement minimisé le danger du Covid-19, assimilé à un « canular » par Trump, sont maintenant en mode panique. Malgré la communication optimiste de l’administration, contredite par ses supplications adressées en coulisses à tous les pays pour obtenir le matériel médical qui fait cruellement défaut (CNN), les Etats-Unis sont sur le point de connaître un désastre sans précédant, et s’engagent dans une spirale de dépenses incontrôlable, tout en continuant de privilégier le bien-être des marchés à celui du peuple américain. Les prévisions les plus optimistes font état de plusieurs centaines de milliers de victimes potentielles (RT). Pour faire face aux troubles, un million de réservistes ont été appelés en guise de supplétifs aux forces de sécurité déjà hypertrophiées et surarmées, la loi martiale se profile (cf. Philip Giraldi), et les forces armées stratégiques ont été cantonnées dans des bunkers en prévision du pire (RT)…

Les États-Unis demandent tout à d’autres pays, du désinfectant pour les mains aux systèmes de ventilation, pour lutter contre le coronavirus

Source : CNN, 25 mars 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

L’administration Trump appelle les pays du monde entier à donner ou à vendre aux États-Unis des articles aussi basiques que des désinfectants pour les mains et aussi complexes que des respirateurs, afin de lutter contre la pandémie de coronavirus.

Dans une liste obtenue par CNN, le Département d’État présente 25 articles, invitant les diplomates à demander ces équipements à leur pays d’accueil avec une priorité claire sur les articles disponibles « aujourd’hui » et un accent secondaire sur l’équipement et les articles qui peuvent être disponibles dans les semaines à venir.

Les demandes sont émises alors que le Président Donald Trump vante sa réponse nationale et refuse de déployer tout le pouvoir de la loi sur la production de défense du gouvernement fédéral pour produire et acheminer des équipements cruciaux vers les États et les hôpitaux en difficulté. Le nombre de pays auxquels les États-Unis ont fait appel n’est pas clair.

La liste couvre la gamme d’équipements que les hôpitaux américains surchargés recherchent. Les articles les plus simples comprennent les sacs pour matériaux à risques biologiques, les masques FFP2, les gants, les blouses, les casquettes chirurgicales, les couvre-chaussures, les contenants pour objets tranchants, les lunettes de protection, les désinfectants pour les mains et les combinaisons jetables Tyvek.

Les articles les plus complexes de la liste comprennent les inhalateurs-doseurs, les respirateurs, les respirateurs en élastomère et les respirateurs à épuration d’air motorisés.

Appels personnels

Le gouvernement sud-coréen a déclaré que Trump avait personnellement lancé au moins l’un de ces appels, appelant le Président Moon Jae-in mardi pour demander si Séoul pourrait fournir aux États-Unis du matériel médical.

L’administration lance ces appels privés alors que Trump joue une partition radicalement différente en public. Lors du briefing quotidien sur le coronavirus de la Maison Blanche, peu de temps après avoir appelé le leader sud-coréen, le Président s’est laissé aller à une rhétorique de campagne, déclarant que «l’Amérique ne sera jamais une nation implorante».

« Nous ne devons jamais dépendre d’un pays étranger pour nos propres moyens de survie, a déclaré Trump. Organiser notre force économique est un élément clé pour vaincre le virus, produire le matériel, les fournitures et l’équipement dont nous avons besoin. Et elles font un travail vraiment fantastique », a déclaré Trump, semblant féliciter les entreprises du secteur privé.

Le responsable du commerce de Trump, Peter Navarro, a déclaré au New York Times que l’administration tendait même la main à la Chine, que les responsables de l’administration ont à maintes reprises accusée de ne pas avoir communiqué suffisamment clairement sur la maladie.

« Mon travail à la Maison Blanche en ce moment est d’aider à trouver tout ce dont le peuple américain a besoin et à l’acheter partout où nous le pouvons, et si nous devons envoyer un avion pour aller le chercher, nous le ferons en utilisant toute la force du gouvernement et des entreprises privées », a déclaré M. Navarro dans une interview.

« Si la Chine ou tout autre pays a des masques, des gants ou d’autres produits dont nous avons besoin pour le peuple américain, nous l’accueillerons à bras ouverts », a-t-il dit.

Un porte-parole du Département d’État a déclaré mardi qu’ils avaient « tendu la main aux missions diplomatiques américaines pour leur demander de déterminer si certains pays peuvent avoir une capacité excédentaire de fabrication des équipements, et s’il existe des entreprises dans ce pays qui pourraient envisager d’exporter des fournitures vers les États-Unis. »

« J’espère que nous pourrons jumeler des fournisseurs externes, des sources externes avec des États et des entités aux États-Unis qui en ont réellement besoin », ont-ils déclaré.

 

Les diplomates chargés de faire les demandes disent que la directive est venue avec un fort sentiment d’urgence, certains ayant reçu des demandes de réponse avant la fin de la journée. Dans certains cas, les ordres ne précisaient pas si les États-Unis demandaient des dons ou offraient de payer, laissant les ambassades dans la position profondément inconfortable de jongler autour de la question.

Dans son exposé de dimanche 22 mars, Trump a souligné le fait que les États-Unis étaient prêts, énumérant certains des éléments que les diplomates ont été invités à quémander. « Nous avons des millions de masques en cours de réalisation. Nous avons des respirateurs. Nous avons des appareils de ventilation. Nous avons beaucoup de choses qui se passent en ce moment. »

Mais la quantité d’équipements vitaux que les États-Unis ont réellement sous la main est peu claire. Le vice-président Mike Pence a déclaré mardi à Fox News que le stock stratégique national, la réserve gouvernementale destinée à soutenir les hôpitaux en cas de crise, avait « environ 20 000 appareils de ventilation, et nous les avons mis à la disposition des États », nommant la Californie, Washington, New York et New Jersey.

Nombres flous

Mais le 15 mars, le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses et membre du groupe de travail du Président contre le coronavirus, a déclaré à CNN que les États-Unis disposaient de 12 700 ventilateurs. « Si vous n’avez pas assez de ventilateurs, cela signifie que les personnes qui en ont besoin ne pourront pas en bénéficier. C’est à ce moment-là que vous devrez prendre des décisions très difficiles [qui soigner et qui laisser mourir]. »

Mardi 24 mars, New York a connu plus de 25 000 infections connues et 210 morts. Son gouverneur, Andrew Cuomo, a déclaré avec colère aux journalistes qu’il avait besoin de « 30 000 » ventilateurs.

La position de Cuomo fait écho aux gouverneurs à travers le pays qui disent que le gouvernement fédéral ne répond toujours pas pleinement à leurs demandes de millions de masques, de ventilateurs et d’autres fournitures.

Mercredi 25 mars au matin, le décompte de CNN Santé révèle qu’il y a maintenant au moins 53 209 nouveaux cas de coronavirus aux États-Unis et que 709 personnes sont décédées. Moins de 24 heures auparavant, mardi midi, les États-Unis avaient au moins 48 000 infections à coronavirus et 600 décès [au 28 mars, les Etats-Unis comptaient 123 828 cas avérés et 2 231 décès].

Alors même que le Président a déclaré mardi que « nous commençons à voir la lumière au bout du tunnel » et qu’il espérait voir la levée des restrictions à la circulation et aux rassemblements sociaux d’ici Pâques, l’Organisation mondiale de la santé a averti que la trajectoire croissante des cas et les décès signifient que les États-Unis pourraient devenir le prochain épicentre mondial de la pandémie [c’est chose faite au 28 mars].

« Le potentiel est là mais vous avez encore le temps de le renverser », a déclaré mercredi matin le porte-parole de l’OMS, Margaret Harris. Elle a souligné le besoin urgent de tester, de trouver tous les cas, de suivre ceux qui ont été exposés et de les isoler. « Et enfin, de faire soigner les personnes malades et quand vous le faites, vraiment, vraiment protéger vos agents de santé », a-t-elle déclaré.

Mais les gouverneurs se bousculent pour combler des lacunes importantes dans les équipements médicaux essentiels qui pourraient aider à protéger ces agents de santé. Ils disent qu’ils ont besoin que Trump déploie pleinement la Loi sur la production de défense (LPD) pour prendre en charge la distribution des fournitures parce que le processus actuel oblige les 50 États à se faire concurrence mutuellement, et à rivaliser avec le gouvernement fédéral et les hôpitaux, pour les obtenir.

La LPD de 1950 permet au gouvernement fédéral de diriger la production nationale en cas d’urgence. Bien que la disposition sur les priorités de la loi soit couramment utilisée dans les situations d’urgence telles que les incendies de forêt ou les ouragans pour garantir que les ordonnances du gouvernement soient exécutées en premier, le volet affectation n’a pas été utilisé depuis la guerre froide.

L’invocation de cet élément de la loi donne au gouvernement le pouvoir de contrôler complètement toute la chaîne d’approvisionnement, de forcer les entreprises à fabriquer des articles indispensables, et même à prendre en charge la distribution et l’allocation de ces équipements.

Trump a signé la LPD mais ne l’a pas réellement utilisée, sous la pression des chefs d’entreprise qui disent qu’il y a trop d’inconnues, et se sont plutôt portés volontaires pour produire tout ce qui est nécessaire. Le Président a fait part de son point de vue dans un tweet dimanche, affirmant que lorsque la LPD a été annoncée, « elle a fait trembler » le monde des affaires.

Lors de la réunion d’information sur la pandémie de mardi, le Président est resté concentré sur la nécessité d’inciter les entreprises privées à fournir l’équipement nécessaire, alors même que ses contacts avec les pays étrangers se poursuivaient, et a insisté sur le fait que tout allait bien. Il n’a pas abordé la distribution et l’allocation, l’autre problème critique qui, selon les États, mettrait fin à la concurrence contre-productive entre eux pour les fournitures vitales.

« Le gouvernement fédéral utilise toutes les ressources à sa disposition pour acquérir et distribuer des fournitures médicales essentielles, a déclaré Trump mardi. Nous n’avons pas eu à exercer ou à utiliser la LPD de quelque façon que ce soit. Le fait que nous l’ayons aide, mais nous n’y étions pas obligés. Et pour la plupart des besoins, nous n’aurons pas à le faire. »

« Jusqu’à 200 000 DÉCÈS »: le chef de la santé de Trump, Fauci, prédit des MILLIONS de cas de Covid-19 aux États-Unis

Source : RT, 29 mars 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

Le tsar Covid-19 du Président Trump, le Dr Anthony Fauci, a publié une terrible prédiction sur les coronavirus : « Des millions de cas » et « 100 000 à 200 000 » décès aux États-Unis. Plus de 2 200 personnes sont déjà décédées de la maladie mortelle aux États-Unis.

S’exprimant dimanche sur le programme « L’état de l’Union » de CNN, Fauci a déclaré qu’essayer de prédire la propagation du virus revenait à courir après une « cible mouvante ». Cependant, le directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses a affirmé que « entre 100 000 et 200 000 décès » pourraient survenir.

State of the Union@CNNSotu

Dr. Anthony Fauci says there could potentially be between 100,000 to 200,000 deaths related to the coronavirus and millions of cases. “I just don’t think that we really need to make a projection when it’s such a moving target, that you could so easily be wrong,” he adds. #CNNSOTU

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Le Dr Anthony Fauci estime qu’il pourrait y avoir entre 100 000 et 200 000 décès liés au coronavirus et des millions de cas. « Je ne pense pas que nous ayons vraiment besoin de faire une projection, car c’est une cible si mobile que vous pourriez vous tromper si facilement », ajoute-t-il

« Nous avons un grave problème à New York, nous avons un grave problème à la Nouvelle-Orléans, et nous allons développer de graves problèmes dans d’autres régions » , a déclaré Fauci.

 

Fauci a averti que le véritable bilan de l’épidémie de Covid-19 aux États-Unis se situera quelque part entre les prévisions du «meilleur des cas » et du « pire des cas » actuellement en cours [sic]. Cependant, il n’a pas précisé vers quel scénario penchait sa propre prédiction.

Fauci a publiquement exprimé son désaccord avec le Président Donald Trump sur la meilleure façon de répondre à la crise du coronavirus. Alors que Trump réfléchissait à l’imposition d’une quarantaine stricte sur les « points chauds » comme New York et le New Jersey, Fauci a averti que cela créerait « une plus grande difficulté » dans l’application de ces mesures. Il a déclaré à CNN dimanche que Trump avait décidé de ne pas émettre d’ordonnance de quarantaine après des « discussions intensives » à la Maison Blanche samedi soir.

La ville de New York, a déclaré Fauci, représente 56% des nouvelles infections du pays.

Alors que des centaines de milliers de morts sont une prédiction désastreuse et en contradiction avec le ton optimiste du Président Trump lors des points de presse, Fauci a fait des prédictions encore plus pessimistes auparavant. Plus tôt ce mois-ci, et alors que l’État de New York n’avait signalé que 700 cas de virus, Fauci est apparu sur CNN pour avertir « qu’il est possible » que des millions d’Américains meurent du Covid-19.

 

Tous aux abris ! Le Pentagone envoie des équipes dans des bunkers alors que les préparations pour faire face à la pandémie de Covid-19 battent leur plein

 

Source : RT, 28 mars 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

Le Commandement Nord des États-Unis a envoyé des équipes de personnel essentiel profondément sous terre pour attendre la fin de la pandémie de Covid-19. En surface, plus d’un million de grogneurs ne seront pas aussi choyés.

Terrence O’Shaughnessy, Général de l’Armée de l’Air, dirige le Commandement Nord des États-Unis, ainsi que le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, une opération conjointe États-Unis / Canada qui surveille le ciel au-dessus de l’Amérique du Nord pour détecter les menaces de missiles et aéroportées. Plus tôt cette semaine, O’Shaughnessy a déclaré aux journalistes via Facebook que certaines de ses équipes de surveillance seraient transférées de leur centre de commandement habituel de la Peterson Air Force Base dans le Colorado vers un certain nombre de bunkers souterrains renforcés.

L’une de ces installations est le complexe de bunker de Cheyenne Mountain, un dédale de tunnels enfouis sous plus de 600 mètres de granit et scellés derrière des portes anti-souffle de 25 tonnes conçues pour résister à une explosion nucléaire de 30 mégatonnes.

« Nos professionnels dévoués de commandement et de contrôle NORAD et NORTHCOM ont quitté leurs maisons, dit au revoir à leurs familles et sont isolés de tout le monde pour s’assurer qu’ils peuvent tenir la montre chaque jour pour défendre notre patrie », a déclaré O’Shaughnessy. Il a également déclaré que le personnel envoyé sous terre partagera le bunker avec d’autres membres de l’armée, mais qu’il n’était « pas autorisé à discuter de l’identité des unités & personnes qui y emménageront ».

Une autre équipe a été envoyée dans un lieu non divulgué, a ajouté O’Shaughnessy.

 

Des installations comme Cheyenne Mountain font partie intégrante du plan du gouvernement américain pour survivre à un scénario apocalyptique. En cas de menace existentielle pour les États-Unis, une attaque nucléaire par exemple, le Président et son administration, ainsi qu’un contingent de dirigeants politiques, militaires et civils, seraient immédiatement évacués vers quatre installations sécurisées pour diriger le pays depuis des profondeurs souterraines. Ces installations sont Cheyenne Mountain, le Presidential Emergency Operations Center sous la Maison Blanche, Raven Rock Mountain Complex en Pennsylvanie et Mount Weather Emergency Operations Center en Pennsylvanie.

Bien que la crise actuelle de Covid-19 n’ait pas déclenché un exode massif de Washington, elle a incité les chefs militaires à prendre des mesures pour s’assurer qu’ils restent prêts au combat. Après avoir admis que la préparation de l’armée américaine pourrait être affectée par la pandémie, le secrétaire à la Défense Mark Esper a déclaré jeudi que le Pentagone cesserait de publier des détails précis sur les cas de Covid-19 dans ses rangs, pour éviter de révéler des faiblesses aux adversaires américains.

Alors que certaines des forces d’O’Shaughnessy se dirigent vers les montagnes pour attendre la pandémie dans un isolement hermétique, des millions d’autres à la surface n’auront pas le même luxe. Des ingénieurs de l’armée ont déjà été déployés à New York pour rechercher des sites pour des hôpitaux de campagne, car l’Etat de New York représente plus d’un tiers des 112 000 cas de maladie du pays.

Avec l’aggravation de la crise, l’armée américaine semble adopter une approche « tous sur le pont », tant sur le terrain qu’en sous-sol. Bien qu’il soit interdit à l’armée américaine d’exercer des fonctions d’application de la loi sur le sol américain, le Président Trump a signé vendredi un décret autorisant l’appel d’un million de réservistes et de retraités de l’armée, de la marine, de l’armée de l’air et des garde-côtes.

Ces réservistes pourraient être appelés à aider les autorités civiles à répondre à la pandémie, comme l’ont fait les quelque 10 000 soldats de la Garde nationale déjà déployés. Samedi, Esper a annoncé une loi modifiée qui fournirait un financement fédéral aux États souhaitant déployer davantage de ces troupes.

En plus de cela, deux navires-hôpitaux ont été envoyés pour aider au traitement des patients à New York et Los Angeles.

Les États-Unis ont atteint la première place dans le monde en termes de nombre de cas enregistrés de Covid-19, devant l’Italie et la Chine (où la contagion a commencé en décembre) avec plus de 120 000 personnes testées positives et plus de 2 000 décès.


Où nous mène le coronavirus ? Quand se terminera-t-il et que se passera-t-il en cours de route ?

Par Philip Giraldi, ancien officier de la CIA*

Source : Strategic Culture, 26 mars 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

 

L’histoire du coronavirus a généré un certain nombre d’intrigues secondaires majeures. La première est l’origine du virus. S’est-il formé naturellement ou a-t-il été créé dans un laboratoire d’armes biologiques chinois, américain ou israélien ? S’il est issu de la bio-ingénierie, a-t-il pu fuiter d’une manière ou d’une autre ou a-t-il été délibérément propagé ? Les gouvernements qui auraient pu être impliqués dans le processus étant devenus très taciturnes, et les médias grand public hésitant à adopter les théories du complot, nous, le public, ne connaîtrons peut-être jamais la réponse.

La seconde est la nature du virus lui-même. Il y a inévitablement des sceptiques qui choisissent de comparer le mal à un rhume commun ou à une grippe hivernale normale et sont capables de désigner de soi-disant experts pour soutenir leur point de vue. De nombreux Américains ne veulent pas se soumettre à un bouclage ou à un isolement et affichent leur volonté de sortir en public et de se mêler librement à leurs proches et aux foules, tandis que d’autres prétendent que tout cela est un canular conçu pour créer une panique qui profitera à certains intérêts. Il y a des articles de presse qui parlent d’adolescents allant dans les supermarchés et simulant un éternuement ou une toux dans la section des fruits et légumes pour montrer leur indifférence envers les directives de prévention des infections promues par les médias et le gouvernement. Certains critiques ont également commenté la mort quotidienne de centaines d’Italiens, suggérant que dans le système de santé italien, des personnes âgées étaient délibérément autorisées à mourir.

Le fait est que lorsque des personnes gravement malades meurent dans les hôpitaux, cela est parfois imputable au triage. Le triage survient lorsqu’il n’y a que des ressources limitées pour soigner un grand afflux de malades, comme ce fut le cas récemment dans la ville italienne de Bergame, en Lombardie, où les hôpitaux étaient débordés. Les médecins doivent prendre la décision de traiter en priorité les personnes malades susceptibles de survivre, ce qui signifie que les autres ne recevront qu’un traitement limité. L’Italie a à peu près le même nombre de lits d’hôpitaux que les États-Unis par habitant et elle a plus de systèmes de ventilation pouvant être utilisés pour traiter les stades avancés du virus. Elle reçoit également l’aide de la Chine et de la Russie en tests de dépistage et en ventilateurs et équipements de protection supplémentaires. L’Italie a effectué beaucoup plus de tests de dépistage du coronavirus que les États-Unis. Le système de services médicaux du nord de l’Italie était conforme aux normes européennes, est meilleur que ce qui existe aux États-Unis, mais il a été brisé par le virus. L’Espagne se dirige dans la même direction, de même que la France.

Malgré tout l’encombrement des arrière-plans idéologiques, les autorités médicales véritablement bien informées affirment à une majorité écrasante que le virus est très contagieux et capable de se propager rapidement, ce qui en fait une pandémie, et qu’il peut être exceptionnellement mortel pour certaines catégories démographiques, y compris les personnes âgées et ceux dont le système immunitaire est affaibli [bien que des décès de nourrissons, d’adolescents et d’adultes dans la force de l’âge sans comorbidités aient été recensés]. La manière de le combattre semble également être acceptée par la plupart des véritables experts, c’est-à-dire que les tests doivent être généralisés pour déterminer qui est infecté, et ces personnes doivent être isolées du contact avec les autres pendant au moins deux semaines pour limiter la propagation de la contagion. Pour ceux dont les conditions empirent, l’hospitalisation et le traitement d’une éventuelle insuffisance respiratoire sont requis.

Le troisième grand problème est l’incapacité apparemment délibérée de l’administration Trump [et des gouvernements européens] à réagir de manière proactive pour limiter la propagation du virus. Cherchant à protéger le marché boursier plus que le public américain, le Président Donald Trump a d’abord minimisé l’impact du virus, le qualifiant même de « canular » en janvier et février, lors de son apparition sur le sol américain. Il s’est avéré que plusieurs instituts affiliés au Centre pour le Contrôle des Maladies (CDC) pour faire face aux épidémies avaient été démantelés par l’administration, et malgré l’avertissement fourni par ce qui se passait à Wuhan, les États-Unis n’ont fait aucun effort pour augmenter leur stock de kits de test, de masques ou de respirateurs. Pendant ce temps, les membres du Congrès recevaient des avertissements désastreux de ce qui allait arriver via la communauté du renseignement lors de briefings privés, conduisant un certain nombre de sénateurs à vendre leurs actions en prévision d’un effondrement du marché. C’est ce qu’on appelle un délit d’initié et c’est illégal. C’est également une mesure de la corruption de la classe dirigeante américaine.

 

La quatrième sous-intrigue majeure concerne ce qui sortira de la pandémie une fois qu’elle sera terminée, si elle est effectivement vaincue. Les critiques observent à juste titre que la réponse du gouvernement aux niveaux fédéral et des États pourrait bien être une réaction excessive à une crise sanitaire qui pourrait éventuellement être traitée avec une main plus légère. Donald Trump s’appelle désormais « Président de guerre », une vanité particulièrement étrange dans la mesure où le Président-directeur général américain a esquivé la mobilisation de guerre du Vietnam. Trump fournit maintenant des briefings quotidiens incohérents, soulignant que son administration mérite un « 10 sur 10 » pour son travail contre le coronavirus. La vérité est que le Président a personnellement freiné les efforts initiaux pour répondre à la maladie, et qu’il tente maintenant de regagner le terrain perdu en soutenant des mesures draconiennes pour inclure des paiements en espèces à tous les résidents américains, même aux personnes qui n’ont pas besoin de l’argent. L’argent lui-même devra être emprunté ou imprimé, ce qui endettera encore plus les États-Unis.

Sur la base de la décision de décréter un temps de guerre, le Président et son cabinet sont prêts à exploiter la législation de la guerre civile et de la guerre de Corée pour assumer des pouvoirs sur l’économie, et ils organiseront probablement des renflouements de certaines industries qui acquerront ensuite le gouvernement en tant que partenaire. La « situation d’urgence nationale » désormais déclarée inclura sans aucun doute certaines formes de loi martiale pour imposer l’isolement des populations ciblées, et il est également rapporté que le ministère de la Justice a demandé au Congrès de permettre aux juges de détenir des personnes indéfiniment sans procès pendant la « situation d’urgence ». Comme nous l’avons appris du Patriot Act, de la Military Commissions Act et de l’Autorisation d’utiliser la force militaire, les pouvoirs prétendument temporaires acquis par l’exécutif sont souvent devenus permanents. Un pouvoir illimité entre les mains d’un Trump ou d’un Biden devrait effrayer quiconque souhaite toujours voter en novembre.

 

Il y a des spéculations selon lesquelles Trump pourrait bien suivre l’exemple donné par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Israël a interdit les visiteurs étrangers, a instauré un couvre-feu 24 heures sur 24, et est effectivement bouclé. L’Etat hébreu utilise des interceptions de téléphones portables fournies par les services de renseignement pour suivre les allées et venues des résidents israéliens. La surveillance se justifie en tant que mécanisme permettant de créer un dossier indiquant qui rencontre qui et où soutenir les efforts d’isolement et de verrouillage. Un programme similaire est déjà actif dans les banlieues de Washington [et en France]. La National Security Agency (NSA) a déjà la capacité technique en place qui permettrait de surveiller les mouvements d’une grande partie de la population américaine. Ce serait réaliser un rêve de la communauté du renseignement et cadrerait très bien avec les récents efforts du Congrès pour ré-autoriser certains aspects du Patriot Act du Foreign Intelligence Surveillance Act (loi du Congrès des États-Unis de 1978 décrivant les procédures des surveillances physiques et électroniques).

 

Cinquièmement et enfin, il y a l’aspect politisation du coronavirus. Le virus est « attribué » à la Chine, un concurrent mondial des États-Unis désigné comme responsable de la pandémie. Comme c’est souvent le cas, Trump a fait rouler le ballon grâce à sa toxicité verbale habituelle, appelant le virus le « virus chinois » ou le « virus de Wuhan ». D’autres Républicains ont repris le thème, ce qui a conduit inévitablement aux plaintes de l’aile progressiste Démocrate que ce langage était « raciste ». Le fait est qu’il n’y a aucune preuve que la Chine ait créé ou déclenché le virus de quelque manière que ce soit.

Et, bien sûr, il y a la Russie. Cela semblerait presque une vieille plaisanterie qui ne fait plus rire personne que de blâmer Moscou pour quelque chose de nouveau et de menaçant, et le Congrès s’est jusqu’à présent largement abstenu de le faire. Mais cela ne signifie pas que l’establishment de l’État profond tient le Kremlin et le Président Vladimir Poutine pour irréprochables. La communauté du renseignement américaine, par le biais de sa feuille de chou de propagande préférée, le New York Timesrapporte maintenant que la Russie profiterait de la crise du coronavirus pour propager la désinformation à travers l’Europe et aussi aux États-Unis [nos déchets nationaux tels que Le Monde ou Charlie Hebdo font de même, L’Immonde allant jusqu’à dénigrer l’aide médicale russe et chinoise au prétexte que « Tout en apportant leur aide dans la lutte contre le coronavirus, Pékin et Moscou utilisent leurs réseaux pour faire passer des messages de propagande. »]. En particulier, Poutine aurait intensifié sa campagne par insinuations pour réduire la confiance dans le résultat de la prochaine élection présidentielle de 2020. En tout état de cause, les Russes arrivent trop tard, car le comportement des partis Démocrate et Républicain a déjà convaincu de nombreux Américains que voter en novembre serait une perte de temps.


* Philip M. Giraldi est un ancien spécialiste de la lutte contre le terrorisme et officier du renseignement militaire de la CIA qui a servi dix-neuf ans à l’étranger en Turquie, en Italie, en Allemagne et en Espagne. Il a été chef de la base de la CIA pour les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et a été l’un des premiers Américains à entrer en Afghanistan en décembre 2001. Philip est directeur exécutif du Council for the National Interest, un groupe de défense basé à Washington qui cherche à encourager et à promouvoir une politique étrangère américaine au Moyen-Orient conforme aux valeurs et aux intérêts américains.

 


Voir notre dossier sur le coronavirus.

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Robert Bibeau

Auteur et éditeur

Une pensée sur “Coronavirus : les Etats-Unis survivront-ils à la pandémie?

  • 1 avril 2020 à 16 h 35 min
    Permalink

    Malgré tout ce qui se dit et s’écrit sur la situation inquiétante des états-unis pour l’instant, et au delà des politiques et de la panique des autorités américaines, ce pays en réalité constitue avec d’autres pays comme le Canada et les européens et autres pays à travers le monde comme l’Inde, la Chine, une bonne source d’espoir d’y voir les chercheurs arriver à déchiffrer enfin cette pandémie ! les Américains ont en effet aussi une proportion de chercheurs, de logisticiens, et de citoyens intelligents qui ne répondent pas de l’establishment qui soient à même de constituer une force non négligeable pour arriver à cerner la pandémie ou trouver un remède efficace contre le virus… surtout si on leur permet de continuer à pouvoir coordonner et communiquer avec leurs homologues en Chine, en Inde, en Europe, en Amérique latine, en Afrique et ailleurs !

    le risque majeur aux états-unis, et comme j’y fais référence dans mon commentaire du dernier mème d’Ysengrimus, est de voir le gouvernement Trump prendre des mesures disproportionnées face à la panique, à la crise sanitaire, alimentaire, sécuritaire (avec des citoyens armés jusqu’aux dents)…et finir par affecter les scientifiques et les chercheurs à qui on demande de se confiner au lieu de travailler !

    Cette crise, aucun pays au monde n’y est préparé, pour la simple raison que la majorité des services de santé en temps normal sont organisés de manière différente, ils sont spécialisé, ils sont proportionnels aux malades chroniques et à la médecine d’urgences normale, et ils sont en très grande majorité, médecins comme personnel soignant, à mille lieux d’avoir quoique ce soit à avoir avec les maladies infectieuses du genre pandémie de virus !

    En somme, le bordel qu’on constate pour l’instant est quasiment  »normal » quoi ! que ce soit aux états-unis ou ailleurs, sauf qu’il risque de s’aggraver, se durcir et muter en régime martial généralisé à cause de la pénurie alimentaire, celle de la main d’oeuvre en santé et services essentiels et au vu de la menace sécuritaire.

    le scénario de guerres thermonucléaires et autres guerres et conflits entre nations est de loin le plus improbable durant cette crise ! les officiels qu’envoie le gouvernement américain à l’heure qu’il est dans les bunkers, ce n,est pas pour contrer des missiles russes, mais pour organiser la logistique gouvernementale dure à l’encontre des populations si la crise devait durer ! et ça par contre, ce sera inévitable si cette crise devait durer encore 3 mois à peine !

    touchons du bois !

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