Crise dite du coronavirus : pourquoi cette apologie du «plan Marshall»

Par Gérard Bad.

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Depuis quelques temps vous aurez constaté que les médias n’ en finissent plus de demander un plan Marshall : pour l’agriculture, pour les hôpitaux, pour la SNCF, le logement, le sport…

Même la présidente de la commission européenne prône un « plan Marshall » pour éponger les dégâts du coronavirus…

Pourquoi donc cet enthousiasme subit des élites pour un ou des nouveaux « plan Marsall », le 15 avril 2020 il fut même diffusé sur Les coulisses de l’histoire – Le plan Marshall a sauvé l’Amérique

Un film intéressant qui pour une fois dévoile pourquoi l’Amérique voulait sauver l’ Europe de la misère en 1945 ; en réalité sauver l’Europe des mouvements sociaux que les soviétiques pouvaient utiliser.

Revenons donc sur ce que fut réellement le plan Marshall et essayons de comprendre pourquoi aujourd’hui, après la «guerre du coronavirus» les États nous servent de nouveau ce plat américain réchauffé. Plan qui fit entrer le monde occidental dans un nouveau cycle économique à forte productivité industrielle.

Signalons au passage, que la production de masse fut stimuler par la production de guerre visant a alimenter en armes la guerre en Europe. La seconde guerre mondiale terminée, les États-Unis se trouvèrent dans l’ impossibilité de maintenir la production industrielle générée par le conflit mondial. Le plan Marshall visera à maintenir ce niveau de production en endettant les pays d’Europe occidentale; les prêts devant essentiellement servir à acheter des marchandises américaines et de l’ armement américain en prévision de la guerre froide.

La question qu’il est nécessaire de se poser aujourd’ hui est de savoir si un nouveau cycle industriel se prépare à l’ échelle mondiale; cycle qui trouverait encore des ressources de productivité.

Visiblement la France de Macron table sur ce renouveau économique basé sur le numérique et sa destruction créatrice , son plan « Action publique 2022 »  est déjà en action,  les guichets physiques de la poste, des gares …ferment les uns après les autres. L’épidémie du coronavirus est une aubaine pour tester et développer «  l’économie numérique » qu’internet permet avec tout le chapelet des NTCI jusqu’à l’actuelle bataille pour la suprématie de la 5G. Le tout empaqueté dans l’ idéologie écologiste du réchauffement climatique, l’os à rongé devant faire oublier la lutte contre le nucléaire.

Le tout numérique, comprend l’indispensable pénétration satellitaire du globe à un point tel que récemment ( le 04 02 2020) plus de 1500 astronomes du monde appellent à stopper d’urgence le lancement des satellites 5G. Dans un article d’ avril 2018 «Les GAFA et la loi de la valeur» nous avions montré comment la «silicolonisation» de la planète se mettait en place. Tout ce confirme aujourd’hui, la société américaine SpaceX à déjà placé 180 petits satellites Starlink et prévoit d’ en propulser 42 000 sur plusieurs niveaux. D’autres sont aussi de la partie : le britannique OneWeb, le canadien Telesat, les américains Amazon, Lynk et Facebook, le russe Roscosmos et le chinois Aerospace Science and Industry corp, il pourrait y avoir plus de 50 000 petits satellites encerclant la Terre (à des altitudes différentes) à diverses fins de télécommunication mais surtout pour diffuser Internet.



Le confinement plus ou moins généralisé, aura permis de tester à grande échelle les possibilités réelles d’une gestion du monde via les « GAFA » américains et chinois l’UE n’ étant pour le moment pas dans la course, mais avec un plan Marshall «planche à billet» tous les espoirs sont permis et le coronavirus aura eu le même effet sur l’UE que Pearl Harbor pour les américains , il a délié les bourses. Ce n’ est pas un hasard si le 3 avril 2020, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen est montée au créneau : »Je crois qu’il est capital que nous nous appuyons aujourd’hui sur un budget européen qui soit une forte riposte face au coronavirus et une sorte de plan Marshall pour assurer notre avenir« , a-t-elle expliqué sur Europe 1. Et comme à l’ époque de Roosevelt qui fit voter les crédits de guerre par le congrès, suite à Pearl Harbor, l’UE des 27 à voté un plan financier de 100 milliards d’ euros pour financer «le chômage partiel», suite au coronavirus, la solidarité européenne enfin trouvée. Quand à la Banque Centrale Européenne elle débloque 750 milliards d’euros.

Le coronavirus aura servi de test au niveau mondial, pour vérifier l’ application à moyen terme du 20/80 de la conférence de San Francisco de 1995 où plus de 500 personnalités du monde s’étaient réunis (Mikhaïl Gorbatchev, George Bush, Margaret Thatcher, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc..). Ils en arrivèrent à la conclusion que 20% de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l’appareil économique de la planète. Les 80% de la population restante s’avérera superflu, ne disposera pas de travail, ce que la théorie marxiste classe comme surnuméraire. Pour contenir tout mouvement social, le célèbre Z.Brzezinski préconisait le Tittytainment. Un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante qui permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète. Depuis nous constatons que le monde va dans ce sens et que de plus en plus les NTCI et la robotique englobe maintenant toute la société elle ne s’arrête pas aux portes des entreprises. Un article de Matthieu Amiech  (1)  faisait cette remarque très judicieuse ;


« C’est devenu un réflexe, l’unique manière dont on pense pouvoir conserver des liens, se parler, prendre des initiatives collectives : les conversations par Skype, les groupes Whatsapp, les plateformes, etc. Dans un contexte où les rapports directs et physiques sont interdits en dehors du foyer, tout est réuni pour que l’emprise du numérique sur nos vies se renforce. Le réseau Internet tel qu’il existe va-t-il supporter cette hausse de la consommation ? Celle-ci ne va-t-elle pas favoriser les projets d’élargissement de la bande passante et de mise en place rapide de la 5G2 ? En Italie, avant l’épidémie, il y avait un début de fronde contre la 5G ; aujourd’hui, cette parole est très difficilement audible, d’autant que Huawei se met en avant pour aider le pays à se relever. »

Les salariés ne doivent se faire aucune illusion sur les promesses visant l’Hôpital public, si des fonds sont débloqués ils le seront pour «Le recours massif aux technologies médicales, que ce soit les robots chirurgiens, les applications de santé, les outils de la télémédecine l’imagerie médicale ou simplement les ressources de l’informatique, devra permettre au médecin de déléguer à des techniciens, des infirmières, mais aussi aux malades eux-mêmes, de nombreuses tâches qui lui incombaient jusqu’alors» (3).

De même l’ appel au Télétravail n’ est pas neutre, il permet au gouvernement d’ en faire le bilan et de déterminer comment étendre son utilisation, un premier bilan avait été fait en 2018 par Obergo l’observatoire du Télétravail. Ce qui n’ est pas dit sur le Télétravail c’est qu’il pousse au statut d’ auto-entrepreneur. Voir l’ article COMMENT ON GLISSE DU SALARIAT AU CONTRACTANT: L’EXEMPLE DES CORRECTRICES


G.Bad le 20 avril 2020



NOTES

1. Matthieu Amiech est l’un des animateurs des éditions La Lenteur. Il est l’un des auteurs de La Liberté dans le coma, essai sur l’identification électronique et les motifs de s’y opposer (La Lenteur, réed. 2019) et participe aux activités du collectif Écran total, qui fédère des résistances à l’informatisation du travail et de la vie quotidienne.

2. Le confinement à servi de prétexte pour que les opérateurs de téléphonie obtiennent les « procédures applicables pour garantir la continuité du fonctionnement des services et de ces réseaux ». En clair : rajouter de la bande passante là où le web sature sans avoir besoin des autorisations habituelles.

3.  Guy Vallancien, est chirurgien et universitaire français, membre de l’Académie nationale de médecine et membre de l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST).

 

 

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