Syrie: Abdel Halim Khaddam, le premier dans l’ordre de la trahison

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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Abdel Halim Khaddan, ancien vice président de la République Arabe Syrienne, 88 ans, est décédé le 31 Mars à Paris des suites d’une crise cardiaque. Retour sur ce sulfureux personnage.

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Le précurseur dans la traîtrise.

A tour seigneur, tout honneur. Abdel Halim Khaddam, le fossoyeur du «printemps de Damas» en 2001, qui vit en exil à Paris depuis près de vingt ans, est un laquais qui porte bien son nom.

Grand dignitaire du régime baasiste sous la mandature présidentielle de Hafez Al Assad (1970-2000), dont il fut le vice-président de la République, Abdel Halim Khaddam est, chronologiquement, un précurseur: le premier dans l‘ordre de la trahison en Syrie, anticipant de six ans le grand basculement vers le mercenariat pétromonarchique de la cohorte des pseudo intellectuels syriens supplétifs avérés des équipées islamo-atlantistes contre leur patrie d’origine.

Pro consul de la Syrie au Liban, durant la guerre incivile libanaise (1975-1990), celui qui présentait un courant nationaliste et laîc du Monde arabe s’appliquera, durant son mandat libanais, non à promouvoir les idéaux du progressisme, du socialisme et de la laîcité dans un pays gangréné par le confessionalisme, mais à consacrer l’affairisme sunnite tant en Syrie qu’au Liban, via son allliance avec le chef du clan saoudo américain au Liban, le milliardaire saoudo libanais Rafic Hariri, et son féal féodal, Walid Joumbllatt, le chef druze du Parti Socialiste progressiste (PSP)

Nullement impressionné par les souffrances et les destructions du Liban, Abdel Halim Khaddam en amplifiera les épreuves et les sacrifices. Il prendra prétexte de la guerre pour transformer le Liban en dépotoir toxique de type Seveso. Une transaction de l’ordre de 80 millions de dollars conclue à l‘époque entre les belligérants supposés, les milices chrétiennes libanaises et le futur transfuge baasiste.

Une transaction juteuse qui a néanmoins contaminé l’espace libanais, particulièrement la chaîne du Mont Liban, déclenchant une prolifération cancéreuse au sein de la population.

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La caution sunnite inamovible du pouvoir alaouite

Abdel Halim Khaddam (Affaires étrangères) et son collègue de la Défense, le Général Moustapha Tlass, auront été les deux cautions sunnites inamovibles du pouvoir alaouite, pendant trente ans. Ces deux personnalités de premier plan, présumées socialistes du régime baasiste céderont finalement aux sirènes des pétrodollars saoudiens, avant de se désintégrer.

Le militaire laissera convoler sa fille Nahed, une belle tige de la société syrienne, vers le septuagénaire marchand d’armes syro-saoudien Akram Ojjeh, avant de sombrer dans le comique d’un problématique doctorat universitaire parisien.

Son fils Firas ralliera l’opposition syrienne off shore pétromonarchique, ponctionnant le cimentier franco suisse Lafarge Holcin pour s’assurer la protection de Daech dans le Nord de la Syrie.

Abdel Halim Khaddam, lui, en diplomate laïc, versera dans l’affairisme Haririen et l’intégrisme religieux des «Frères Musulmans», avant de se carboniser.

Détail piquant: Que l’homme en charge du dossier libanais en Syrie pendant trente ans, celui-la même qui était craint par les diverses factions libanaises et redouté par les chancelleries arabes et occidentales, qui tonnait la foudre et ordonnait les accalmies, à ce titre responsable au premier chef des dérives syriennes au Liban, particulièrement de la corruption, que cet homme là donc soit promu comme sauveur suprême de la Syrie et du Liban, laisse rêveur.

Pis dans le but de complaire aux Saoudiens, Abdel Halim Khaddam plaidera auprès du président Assad la nécessité d’autoriser Rafic Hairi à mettre la main sur le centre ville de Beyrouth pour une bouchée de pains (75 millions de dollars), en vue de déblayer les destructions et édifier à la place de luxueux immeubles, valorisant la fortune de Hariri, d’un coup, de 7, 5 milliards de dollars. Le centre Beyrouth est désormais le socle de la puissance financière du clan Hariri, qui en font un élément incontournable de la vie politique libanaise ..AU PROFIT DE L’ARABIE SAOUDITE.

Un tel comportement révèle l’absence de perspicacité des décideurs arabes, en même temps que leur cécité politique.

Ci joint la déposition de Jamil Al Sayyed, ancien Directeur Général de la sûreté générale libanaise devant le Tribunal Spécial sur le Liban (tribunal Hariri) le 6 juin 2018, sur le rôle corrupteur de Rafic Hariri et le rôle d’Abdel Halim Khaddam pour l’attribution à son coreligionnaire sunnite du projet SOLIDERE, sur ce lien.

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De la corruption comme mode de gouvernement

Outre Abdel Halim Khaddam et Moustapha Tlass, un troisième larron, le général Ghazi Kanaan, commandant des 30.000 soldats syriens au Liban, ont constitué les trois plus belles prises de guerre du tandem Hariri Siniora, en application de la «diplomatie du carnet de chèques», maniée de tous temps par les Saoudiens pour restaurer le pouvoir sunnite tant à Beyrouth qu’à Damas. Mais la déconfiture de ses trois symboles a ainsi démontré l’indigence et le manque de consistance des protagonistes et du maître d’oeuvre saoudien de cette politique.

Abdel Halim Khaddam se retrouvera relégué aux oubliettes de l’histoire lâché par tous, y compris par ses nouveaux alliés, l’organisation des «Frères Musulmans», celle là même qui s’était lancée à l’assaut du pouvoir, en Février 1982, en vue de faire trébucher le régime baasiste dont il était un des piliers, à quatre mois de l’invasion israélienne du Liban.

Sur la responsabilité d’Abdel Halim Khaddam dans l’échec du printemps arabe, ce lien:

Khaddam reniera singulièrement son militantisme après avoir abusivement ponctionné le Liban, opérant par cupidité la plus retentissante reconversion de l’histoire politique récente, finissant sa vie en factotum de son coreligionnaire sunnite libanais Rafic Hariri.

Cf le lien du fastueux mariage de la petite fille d’Abdel Halim Khaddam à l’0péra de Paris (Palais Garnier), en novembre 2017, aux frais des contribuables libanais et syriens qu’il a outrageusement ponctionné; indice des graves préoccupations sociales de ce grand humaniste protégé de la France.

Quant au Général Ghazi Kanaan, chef des services de renseignements syriens au Liban pendant vingt ans 1982-2004 et commensal régulier de Rafic Hariri, il s’infligera, lui, la sanction de sa forfaiture à son bureau de ministre de l’intérieur syrien pour avoir favorisé, en contrepartie d’une gratification de 800 millions de dollars, la naturalisation libanaise de plusieurs dizaines de milliers de sunnites, en vue de valoriser la comptabilité démographique de la 3me grande communauté libanaise.

Déployés dans la plaine de la Beka’a, ces naturalisés serviront de vivier aux groupements terroristes islamistes Jabhat an Nosra et Daech, lors de la guerre de Syrie (2011-2018), conduisant le Hezbollah à mener six offensives victorieuses contre les terroristes islamistes en vue de pacifier la zone et de préserver le Liban de leurs attentats suicides.

Sur ordre de ses supérieurs, l’ancien vice roi du Liban se donnera la mort, le 12 octobre 2005, se soustrayant du coup à sa comparution devant le Tribunal Spécial sur le Liban chargé de juger les assassins de son soudoyeur.

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L’assassinat de Rafic Hariri, la piste Khaddam Ghazi Kanaan

Luxe suprême de perfidie, Abdel Halim Khaddam a même été soupçonné d’avoir trempé dans la conjuration visant à liquider son bienfaiteur, tant sont légendaires et sa fourberie et sa cupidité.

Le journaliste Richard Labévière, à l’expertise reconnue sur le Moyen Orient, soutient que Rafic Hariri, «l’ami de Jacques Chirac avait été vraisemblablement tué par des Syriens, certes, mais pas par ceux que l’on croit».

«A la mort d’Hafez Al-Assad, Abdel Halim Khadam est devenu président par intérim du 10 juin au 17 juillet 2000, puis vice-président avant de faire brusquement défection et de s’installer avec sa famille à Paris.

Plusieurs sources autorisées soupçonnent ce grand dignitaire sunnite d’avoir préparé un coup d’État contre Bachar avec l’aide de Ghazi Kanaan et de plusieurs généraux de l’armée syrienne…«Avec l’appui de plusieurs services étrangers, ce cercle pro-saoudien aurait monté l’assassinat de Rafic Hariri, persuadé qu’un tel événement permettrait le renversement de Bachar al-Assad et leur prise de pouvoir», écrit Richard Labévière.

Amplement gratifié de sa forfaiture d’un somptueux cadeau, -la résidence du nabab pétrolier grec, Aristote Onassis, sur la plus célèbre artère de la capitale française, l’Avenue Foch—le renégat Khaddam devra livrer bataille devant la justice française afin de se maintenir dans les lieux, alors que son pendant français, l’ancien président Jacques Chirac avait droit à un appartement avec vue sur Seine Quai Voltaire à Paris.

Judas a trahi son Seigneur pour trente deniers. D’autres trahisons valent certes leur pesant d’or mais accablent le renégat d’un discrédit pour l’éternité. Et pour le bien nommé Khaddam, -dont le patronyme en arabe signifie littéralement «le laquais»-, le titre peu envié de «Grand Commandeur dans l’ordre de la Chevalerie de la traîtrise».

Pour l’édification du lecteur et des générations futures, ci joint la liste non exhaustive des Judas de Syrie.

6 pensées sur “Syrie: Abdel Halim Khaddam, le premier dans l’ordre de la trahison

  • 19 mai 2020 à 3 h 44 min
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    Après la lecture de ce billet, il faut dire que je ne doute pas des bonnes intentions de son auteur à vouloir dénoncer des défections que ce soit des plus proches du Clan Assad, comme Khaddam, du général Tlas père et fils, ou de quiconque de ceux très nombreux qui ont suivi, comme je n’ai aucun problème avec le fait qu’on établisse qu’ils l’aient fait pour des intérêts sonnants et trébuchants auprès des pétro monarchies, ou la recherche d’appuis chez Israel….et ainsi souscrire à cette lecture du billet au complet ! car là encore, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg !…mais encore, nous n’abordons ici que la facette  »corrompue » ou  »extrêmiste » de ses opposants, et pas encore celles de ses soutiens ou ses alliés…

    La Syrie à été un pays en état d’urgence depuis 1963 à 2011! lorsque Bachar el Assad accède au pouvoir succédant son père de manière systématique (encore si on avait vu un autre Baathiste du clan de son père accéder au pouvoir par les urnes ou le trucage de ces dernières…ça aurait un peu mieux), mais bon…, il commence par se marier à une Sunnite en 2001, et là déjà il envoie un signal très fort d’apaisement et d’ouverture envers les sunnites qui représentent la majorité de sa population, ce qui lui vaut chez les monarchies du golf encore plus d’admiration, de rapprochement et de soutien, bref, il va même plus loin la même année, il fait des promesses de changements radicaux, il autorise les opposants de l’intérieur et le débat politique pluraliste pour la première fois…mais pour quelques mois ! il finira par jeter en prison la totalité de ceux qui prennent ces initiatives aussi brusquement que de manière tout à fait incompréhensible ! …mais là encore passons, Bachar relancera plus tard d’autres versions de sa pseudo ouverture politique …toujours factices, toujours quadrillées par ses services de sécurité et toujours interdisant toute formation politique autre que celle de son parti, et lui à sa tête…en même temps de filer une lune de miel avec les monarchies arabes qui allongent le fric ou les petrodollars auxquels il a largement goûté, et en même temps de permettre à sa famille et à son cousin rami Makhlouf de s’approprier les fleurons de l’économie, sans oublier de permettre aux clans sunnites, aux chefs militaires sunnites aussi de tirer leur épingle honorablement du juteux business, un peu comme font les autres dirigeants arabes de toute façon…il n’y a ici rien d’extraordinaire on dira… et bien que ce soit assez grave et assez suicidaire pour les données macroéconomiques et politiques d’un pays quel qu’il soit !

    Bref, devant un tel accaparament, accumulation et rafle exclusive de la totalité du pouvoir politique et économique sans que cela ait quoique ce soit avoir avec l’agenda  »anti-israelien » ou  »anti-colonial » ou  »de lutte pour la justice contre les forces impérialistes »…, Bachar al Assad pouvait effectivement comme n’importe quel petit dictateur sympathique et bien éduqué, continuer à mener son pouvoir sans partage, ses petites affaires avec son clan, sa femme qui se sape chez les plus grands couturiers et joailliers de Londres ou de Rome, tout en se maintenant dans l’axe Téheran – Moscou, et ne pas devoir s’inquiéter outre mesure des lendemains surprises… Or que ce qu’il ignorait, c’est qu’on ne peut pas gouverner éternellement dans cette posture et espérer terroriser tout le monde sans déléguer et partager les rentes de manière conséquente avec les officiers de l’armée autres que ses cousins, ses oncles et son clan, ainsi que les autres parties qui ne se contentaient plus de miettes… de même que ce qu’il ignorait encore plus, c’est que pour ses alliés Iraniens auxquels l’importance de la Syrie est capitale pour y renforcer leur influence et leadership chiite dont il était le garant en quelques sortes déjà à l’époque, équivalait à l’importance et l’évolution des visées saoudiennes pour y multiplier l’influence sunnite à une époque ou l’Irak voisin était déjà devenu le théâtre dMune guerre confessionnelle déclenchée par les américains ou leur erreur (celle de Bremer et Bush) de confier l’irak à l’iran sur un plateau en argent ! et donc lorsque le clash des soulèvements populaires authentique celui-là et pas nécessairement confessionnel mais forcément sunnite car étant la majorité de la population, en plus des kurdes, il deviendrait inévitable avec sa gestion catastrophique en plus de la repression sanglante des manifs ! il aura fallu à peine quelques mois pour que lui d’un côté emploie les milices chiites alaouites de son bord et que les sunnites déjà contaminés par le confessionalisme de l’Irak s’organisent et lui répondent de la manière la plus brutale à laquelle il ne s’attendait pas !

    Le reste de l’histoire c’est un véritable film d’horreur que tout le monde connait ! mais il faudrait rajouter quelques points brièvement et quelques faits pour ne pas totalement perdre pied dans ce conflit sans tête ni queue !
    – l’opposition corrompue ou pas établie en Turquie ou au Qatar et ailleurs ne comptait pas que des parachutés ou des inféodés à ses ennemis, elle comptait toutes sortes d’opportunistes dont son oncle Rifaat Al Assad établi en Europe qui roulait dans les milliards et le luxe dont la fortune provient principalement de la sueur des syriens et qui lui a été faite cadeau par Hafez le père de Bachar suite à l’intervention russe entre les deux dans les années 80
    – cette opposition ne fut jamais élue ou reconnue de toute façon par les Syriens toutes confessions confondues, mais à peine légitimée par les rapports des chancelleries occidentales…qui lui ont remis le flambeau plus tard !
    – Les iraniens et le Hezbollah se mêlant à la guerre comme réponse aux factions sunnites, ne lésinent pas sur les moyens de la guerre confessionnelles, les milices avec tous les noms sectaires possibles et imaginables version Chiite sont acheminées d’Iran, d’Irak, et d’Afghanistan en plus du Hezbollah !
    – la mascarade des elections organisées en pleine guerre en juin 2014 par Bachar pour qu’il soit reconduit pour un troisième mandat fut un autre fiasco d’une méprise incroyable pour un président qui voudrait le bien pour son pays déjà détruit à moitié en cette année !
    – l’entêtement de Assad et son refus de  »discuter paix » ou règlement politique, téléguidé aussi par son clan en entier et les Iraniens de peur de voir la Syrie basculer dans le camps ennemi trouve un dénouement subite dans l’apparition de Daech !!! cette fois-ci on dirait que les terroristes sont apparu au moment ou il en avait le plus besoin, et non pas le contraire (on saura probablement jamais)
    – Poutine entre dans la danse en 2015 et depuis 2015, il se sert de lui (de Bachar) pour rebondir sur la scène international, et conscient qu’il lui a sauvé la vie et le pouvoir, montre les signes de mépris à son égard qu’on verra évoluer avec le temps
    – En même temps, les Iraniens comme le Hezbollah ne se battent plus pour Bachar aussi, ils le méprisent et lui imputent leurs pertes en hommes, les erreurs de son armée ou sa corruption endémique comme toute bonne armée arabe qui se respecte 1…
    – ensuite la guerre prend une dimension tellement surréaliste que chacun tire les ficelles de son côté, occidentaux, américains, Iraniens, saoudiens, turques, qataris, etc… mais pour les Iraniens qui se félicitent d’ouvrir un front au Yemen ce qui leur semble comme une pièce maitresse et une porte de sortie depuis la fin du mandat de Obama et le début du mandat d’un trump 100% pro israel, Bachar n’est plus qu’une marionette, d’ailleurs tout le monde le sait en Syrie à commencer par ses propres soldats, ses généraux loyaux mais devenus des stars et des roitelets sur place ! les russes iront jusqu’à faire des négotiations avec les saoudiens ou les américains sans le consulter, les rumeurs disent qu’ils se partagent déjà la rente du pétrole repris à Daech suite à sa défaite…et en pleine guerre, Poutine joue aussi au donneur d’ordre aux Iraniens dans leur confrontation à Israel. il leur interdit de provoquer un conflit direct ou risquer de le faire avec Israel, pendant que les milices chiites iraniennes et le hezbollah accusent l’armée régulière syrienne et ses factions sunnites de vendre et trahir leur positions leur occasionner des pertes, et de collaborer avec l’ennemi ! bref, notons que Bachar se gardera justement d’utiliser le plus gros du contingent sunnite de son armée régulière autant qu’il a pu de peur de sa défection aussi !

    Aux dernières nouvelles, le clan Assad est en guerre interne cette fois, le cousin archi-milliardaire Rami makhlouf se voit confisquer une grosse partie de ses biens sous prétexte de corruption ou d,entraves à chest pas quoi…une rumeur circule que le retour en scène de sa femme de Bachar Asmaa al assad après avoir vaincu le cancel a recu en cadeau une toile qui vaut des millions de dollars, mais en tous cas Moscou surveille le tout de loin, et comme disent les analystes, Poutine qui n’en a rien à cirer de Bachar à besoin de lui, tout comme les Iraniens en ont encore besoin de lui, et il le sait, mais le jour ou ils n’en auront plus besoin, ils pourraient lui demander de se tirer une balle, ou qu’il lui arrive un accident fatal qu’il s’exécutera probablement sans poser la moindre résistance ! tout comme le coiffeur syrien chez qui je vais (avant le confinement) me disait qu’il ne contrôlait plus rien, et que le pays est vendu et morcelée par toutes les parties prenantes y compris l’armée régulière, les chiites, les sunnites, les kurdes, les russes, les américains, les saoudiens et les islamistes…bref

    morale de l’histoire : si Bachar ou son clan avaient à cœur la sauvegarde ou l’emergence d’un pouvoir laïc, pluraliste ne serait-ce qu’en apparence, et continuer à gouverner en paix, sans que rien de tout ceci n’arrive probablement, il aurait anticipé au moins une fausse ouverture qu’ont appliqué les autres despotes arabes, une vitrine démocratique comme on dit, un semblant d’ouverture, de pluralisme et de poudre aux yeux, mais décidément, il faut croire qu’il avait pas l’envergure pour, il aurait pu rallier une partie du monde sunnite à ses discours et slogans anti israel etc, et cela n’aurait rien changé à l’attitude de l’iran ou de la russie à son égard…au contraire, ils l’auraient respecté pour cela !

    morale de l’histoire pour les peuples cette fois : Non seulement chers peuples arabes vous resterez tributaires, soumis, méprisé, écrasé et dépendants des camps impérialistes occidentaux ou russe, et de toutes les puissances régionales et leur régimes allumés de votre pourtour géographique, et de vos dirigeants corrompus et totalitaires, mais si vous avez la malchance d’être gouverné par un totalitaire qui soit con et non qualifié en plus, attendez vous au pire, à ce que vous n’avez jamais imaginé, comme être rasé à moitié et vos villes avec… et les plaidoiries pour un camps ou un autre aujourd’hui ne servent strictement à rien ! la trahison est le propre des régimes arabes, leurs dirigeants comme leur suppléants, leurs généraux et leurs super ministres quelque soient leurs camps !

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    • 19 mai 2020 à 12 h 39 min
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      Monsieur,
      Vos post répétitifs sont longs trop longs pour justifier une réponse circonstanciée. Il est plus instructif pour le lecteur de rédiger un papier qui réflète complètement votre pensée; Sans vouloir vous offenser, certains fait que vous mentionnez traduisent une ignorance crasse de la réalité syrienne..

      Primo; Le printemps de Damas. Celui qui a fait capoter l’ouverture n’est pas Bachar, mais Bien Abdel Halim Khaddam, le vice président de l’époque, qui redoutait une évolution à la Boris Eltsine. Le printemps de Damas sera ainsi de courte durée. Moins qu’une période normale de gestation. Huit mois. Par le fait du prince. La fin de la partie sera en effet, paradoxalement, sifflée par celui qui était à l’époque vice-président de la République Abdel Halim Khaddam, lequel, se vivant en gardien du temple baasiste, redoutait une Perestroïka à la Boris Eltsine, hyper-capitaliste, ultra libérale, qui aurait menacé les privilèges de la caste dominante. Le coup d’arrêt avait été expliqué alors par la crainte d’un débordement, une dérive selon le schéma algérien, une «Algérisation» (Jazzara, selon le terme de Khaddam), dans une zone ployant sous l’arbitraire bureaucratique, alors que la Syrie était prise en tenaille, entre Israël et la Turquie, par une alliance de revers entre ses deux partenaires stratégiques des Etats Unis, de surcroît en butte à l’hostilité du régime rival baasiste irakien. L’invasion américaine de l’Irak et l’adoption de la Syrian Accountability Act, en 2002, constitueront a posteriori une justification complémentaire de la neutralisation du «printemps de Damas».

      Voir à ce propos https://www.madaniya.info/2019/02/22/de-la-regression-de-lidee-de-la-democratie-dans-le-monde-arabe-huit-ans-apres-le-printemps-arabe/

      Deuxio; Or que ce qu’il ignorait, c’est qu’on ne peut pas gouverner éternellement dans cette posture et espérer terroriser tout le monde sans déléguer et partager les rentes de manière conséquente avec les officiers de l’armée autres que ses cousins

      Vous focalisez trop sur la syrie dans une lecture hémiplégique. Franchement, vous ne pensez pas que cette situation s’applique aussi bien à l’Arabie saoudite, qu’à Omar Bongo (Gabon) qu’à Eyadema (Togo) , qu’à Moubarak qui voulait opérer une transmission héréditaire de son pouvoir au profit de son fils. Procédez à une lecture fractale de l’actualité et vous gagnerez en crédibilité

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      • 19 mai 2020 à 22 h 22 min
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        Tout à fait d’accord avec toi. Perso, les commentaires de Sam, je les ignore!

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        • 19 mai 2020 à 23 h 41 min
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          Bien dit Pablo ! moi aussi les commentaires de Sam je les ignore… par contre ceux de Pablo, je les imprime, je les encadre et je les accroche au mur de mon salon :))))

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  • Ping : Syrie: Abdel Halim Khaddam, le premier dans l’ordre de la trahison | Boycott

  • 19 mai 2020 à 19 h 56 min
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    Monsieur Naba,

    Je vous rassure que mon but n’a jamais été d’établir ma crédibilité ou ma prétention à détenir la vérité, ni taper dans la crédibilité de quiconque, autant que vouloir surtout me distancier de ce débat tranché pour les uns et les autres depuis un certain temps maintenant, ne manquant pas de déchaîner les passions, la haine et un certain sectarisme de terreur dans un camps comme dans l’autre…ou entretenir les illusions pour ma part. J’apprécie la totalité de vos billets, leur qualité aussi, pour ce qu’ils ont de tangible et crédible…mais pas au delà d’une certaine limite en ce qui concerne la Syrie uniquement, je vous le dis très honnêtement et j’espère que vous ne voyez pas d’inconvénient à ce que chacun puisse avoir droit à ses opinions sur ce point. Ceci dit, j’ai des amis qui défendent la même thèse que vous jusqu’au bout, occidentaux, sunnites ou chiites, et pas du tout religieux et d’autres de même qui soient surtout sunnites et parfois chiites ou libanais chrétiens, ou occidentaux qui s’y opposent totalement, et cela ne diminue en rien le respect que nous avons les uns pour les autres…ou de continuer à nous poser les questions sur ce sujet.

    Par contre ce que je trouve déplorable depuis le début est que ce débat sur la Syrie ne manque pas diviser de manière violente la majorité des gens ! idéologiquement bien entendu. comme je déplore le climat de peur qu’il a instauré parmi les syriens et les non syriens arabes même établis en occident jusqu’à ce jour ! surtout ceux qui ont encore leurs familles dans ces pays, et qui n’ignorent pas la surveillance, le flicage et les menaces qui pèsent sur leurs proches qu’ils soient en Arabie saoudite, dans les pays du Golf, en Irak ou en Syrie ! Je crois que jamais dans l’histoire des conflits du monde arabe, on a réussi à exporter autant notre terreur, notre sectarisme et notre confessionnalisme aussi !

    Par ailleurs, je ne sais effectivement pas comment les choses ont pu en arriver là sur le plan de la guerre en Syrie, au point que certains puissent associer tous les sunnites avec les terroristes, et d’autres les chiites avec les terroristes, alors que l’idée de mon commentaire justement était de vouloir dire que si Bachar s’était employé à mener une ouverture au pluralisme, les peuples arabes ne demandent que ça ! la Syrie pays de 30 millions d’habitants n’étant pas comparable aux monarchies du golf autocratiques et religieuses, ou baignant dans les petrodollars, et disposant d’une intelligentsia laïque de toutes origines et confessions à la base aurait pu se contenter d’un pluralisme de façade dans un premier temps…comme celui de toutes les républiques arabes et même celui de certaines monarchies! et je crois au final que les relations Syriennes avec l’Iran ou l’Arabie Saoudite (Coupées depuis l’assassinat de Hariri, reprises sous Obama avec les multiples rencontres du Roi Abdallah et de Bachar) sont celles qui ont finalement déterminé la suite des choses lorsque le printemps arabe à surpris tout ce beau monde ! Mais de là à ce que certains nient totalement qu’il pouvait y avoir de printemps arabe en Syrie, que la Syrie ne pouvait pas être concernée…etc, et que le printemps arabe en soi ait été dans sa totalité une machination Israélienne ou atlantiste ou sakozyste ou de BHL…etc, je crois que c’est mal connaître ou carrément mépriser ces peuples de la part de ces personnes et ça a été un très mauvais départ pour solutionner quoique ce soit !

    Bref, je vous remercie pour votre réponse, je me contente de livrer mon opinion sous cet angle et j’y mets fin aussi.

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