Deuxième vague de coups d’État sanitaires

Par Khider Mesloub.

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9.11.2020-mESLOUB-English-Italiano-Spanish

Comment entretenir l’épidémie, pour justifier et légitimer le coup d’État sanitaire moderne accompli avec des moyens de conditionnement psychologique hautement technologique, sinon par une politique médicale moyenâgeuse. Car la crise sanitaire actuelle est avant tout une crise du système de santé, incapable de gérer une simple épidémie grippale faute de moyens médicaux et d’équipements sanitaires, sacrifiés sur l’autel du capital.

 

Comment justifier et légitimer l’accélération de la destruction des infrastructures économiques considérées comme obsolètes du point de vue du Grand capital, sinon par une deuxième vague de propagandes sanitaires virales, appuyées sur un traitement de l’information anxiogène propre à susciter une psychose collective.

Aujourd’hui, au couvre-feu, qui a embrasé toutes les libertés individuelles, sur fond de bruits de bottes, vient de succéder un nouveau confinement pénitentiaire, cette politique d’assignation à résidence forcée que n’aurait jamais imaginé le pire des dictateurs.

La politique de confinement est l’ultime tentative désespérée d’un système capitaliste en récession, accélérée par l’irruption du coronavirus qu’il rend mensongèrement responsable de l’effondrement de l’économie, pour tenter de résoudre les contradictions du capital au moyen d’une opération de destruction d’infrastructures « archaïques », devenues inopérantes pour la valorisation du capital, dans la perspective d’une refondation d’un nouvel ordre mondial fondé sur une économie dématérialisée, numérisée, avec un salariat tétanisé, atomisé, disposé à accepter des conditions de travail extrêmement désavantageuses afin d’assurer sa survie.

 

Déjà au début de l’année, pour juguler l’épidémie du Covid-19, dans l’affolement et l’improvisation, de nombreux gouvernements, affligés par ailleurs d’une crise économique plus mortelle que le coronavirus, incapables d’aligner des équipements médicaux et une armée de médecins sacrifiés ces dernières années, pour combattre efficacement et humainement le virus, avaient, de manière machiavélique, décrété d’abattre stratégiquement leur population par le confinement, cette arme de destruction massive psychologique censée anéantir le virus de la contestation populaire mondialement répandu ces récentes dernières années, afin de conjurer l’amorce de soulèvements sociaux dans un contexte de crise économique marquée par la programmation de faillites d’entreprises et d’augmentation exponentielle du chômage.

Aujourd’hui, après une courte période de levée du confinement pénitentiaire, cette assignation à résidence forcée imposée à la moitié de la population mondiale, la liberté conditionnelle, avec mise à l’épreuve accompagnée de mesures d’aménagement des peines privatives de circulation et de rassemblement couplées à un placement sous surveillance policier, prend progressivement fin. Retour à la case prison domiciliaire. En effet, l’État, ce juge d’application des peines (cruelles sociales, économiques et politiques, sur fond de répressions protéiformes), en dictateur compulsif, récidive. Après l’application du couvre-feu, retour en force du confinement, qui s’apparente à un véritable blocus.

En vrai, dans cette crise du Covid-19, faut-il redouter l’invisible virus naturel (maîtrisable avec des moyens sanitaires abondants et efficaces) ou l’ostensible microbe despotique de l’État visiblement destructeur (impossible à contrôler et à neutraliser, sinon par la révolution sociale) ? Une chose est sûre : l’internement des citoyens innocents en bonne santé, décrété au nom de la prétendue protection des personnes âgées et vulnérables, à notre époque hautement technologique censée être équipée d’infrastructures médicales de pointe, interpelle à plus d’un titre.

Sans conteste, le confinement, procédé « moyenâgeux », pour reprendre la formule du professeur Didier Raoult, constitue une mesure qu’aucun dictateur n’aurait désavoué.

D’aucuns s’interrogent, dans une vision complotiste, sur l’auteur étatique mystérieux de l’invention du virus concocté par quelque laboratoire malveillant. La vraie question à poser serait plutôt : les virus ayant toujours existé, connaissant leur taux de létalité (la mortalité du Covid-19 est bien inférieure à 0,5 %essentiellement parmi la population la plus âgée et vulnérable), pourquoi avoir suscité une telle peur panique parmi les populations sinon pour légitimer le confinement pénitentiaire, décrété, lui, pour des desseins initialement inavoués et inavouables. Mais, aujourd’hui, ces desseins s’éclairent au grand jour, à examiner l’incessante activité gouvernementale des différents États de la majorité des pays, illustrée par le nombre incommensurable de lois liberticides promulguées ces deniers mois. 

 

À l’évidence, chaque État, à la faveur de l’épidémie du coronavirus, s’applique à blinder son pouvoir despotique par l’instauration de mesures sécuritaires et attentatoires à la liberté, décrétées sous prétexte de gestion de la crise sanitaire du Covid-19. En réalité, sous couvert de guerre virologique, les classes dominantes mènent une guerre de classe aux classes populaires et aux prolétaires. Les dirigeants profitent de la pandémie pour aggraver les lois antisociales et durcir la dictature « ordinaire » étatique, renforcées par la militarisation de la société. Nous assistons, impuissants, à un véritable « coup d’état sanitaire » permanent perpétré dans de nombreux pays (en particulier dans l’orbite occidentale, pays sous domination de grand capital financier – Italie, Espagne, Portugal, France, Israël, etc.) pour imposer leur nouvel (dés) ordre mondial économique dématérialisé et financiarisé.

Curieusement, presque un an après l’apparition de l’épidémie du Covid-19, alors que nous sommes censés être en guerre contre le coronavirus, en lieu et place d’équipements médicaux et de personnels soignants pour nous protéger, nous avons droit, en guise de médication, toujours à une artillerie de lois répressives et au confinement accompagné du déploiement de militaires (pour nous soigner contre notre virus contestataire létal ?).

Une chose est sûre, paradoxalement mais sans nous surprendre, les premières retombées rentables surgies de cette crise sanitaire ne bénéficient qu’aux classes dominantes, au plans politique et économique, respectivement par le durcissement de leur pouvoir despotique étatique et le renforcement de leur hégémonie financière. En effet, profitant de notre frayeur et de notre tétanisation, suscitées par le traitement médiatique anxiogène de la pandémie du Covid-19, de notre emprisonnement domiciliaire, de l’état de siège, du couvre-feu, et de l’interdiction de rassemblement et de manifestation, les classes possédantes du monde entier ont fait voter par leur État, en l’espace de quelques mois, des centaines de lois de régression sociale et de répression politique qu’aucun tyran n’aurait songé imposer.

Concomitamment, ces classes possédantes ont instauré, pour sauver leurs richesses aux moyens de renflouements des banques, de subventions aux entreprises, d’exemptions fiscales, de nationalisations de certains secteurs, le « socialisme pour les riches », et ont perpétué en l’aggravant le « capitalisme pour les pauvres ». Comme on le relève, la gestion de la crise prétendument « sanitaire » confine davantage à une opération de sauvetage de la santé (momentanément) de l’économie des capitalistes mise sous profusion, alimentée par l’argent public sous forme d’impôts différés payés par les futurs travailleurs, plutôt qu’à une protection de la vie des malades toujours livrés délibérément à eux-mêmes sans soins efficaces.

Avec cynisme, nonobstant la gravité de la crise sanitaire, avec un système de santé aux besoins d’équipements médicaux pourtant vitaux, les États ont débloqué mille fois plus d’argent pour subventionner les trusts, les banques, les bourses que pour secourir financièrement et matériellement les hôpitaux et autres structures sanitaires, toujours aussi dramatiquement sous-équipés. En effet, dans l’ensemble des pays, excepté les discours incantatoires belliqueux, le secteur sanitaire ne bénéficié d’aucune mesure concrète matérialisée par l’acquisition d’équipements médicaux toujours cruellement défaillants dans les établissements de soin, par la construction de nouveaux hôpitaux et le recrutement de personnels soignants.

Quoi qu’il en soit, en dépit des tentatives de neutralisation de la contestation sociale et politique par le confinement et le couvre-feu, les peuples opprimés et le prolétariat ont déjà discerné la source de la crise sanitaire et économique actuelle. Au-delà du mystérieux virus invisible agité comme un épouvantail par les classes dirigeantes pour terroriser les populations, justifier et légitimer la militarisation de la société (matérialisée par les répressions, les arrestations et les incarcérations, dans certains pays affectés depuis longtemps par le virus de la dictature), le mystère de l’origine des crises sanitaires et économiques virales actuelles se dévoilent. Le « patient zéro » a été identifié par l’ensemble des peuples meurtris : il s’agit du capitalisme pathogène. Aujourd’hui, le virus capitaliste a muté en sa version périlleuse dont on observe les premiers symptômes létaux. Le grand capital fait déjà payer l’effondrement économique de son système aux classes populaires (et aux classes moyennes et aux petites couches entrepreneuriales devenues économiquement inutiles), réduites au chômage et à la paupérisation absolue.

Une chose est sûre : le monde entier assiste à la faillite d’un système économique en déclin, à la débâcle de l’ordre social dominant, à l’échec historique d’une classe bourgeoise agonisante, à l’incurie criminelle des États, à la tentative de militarisation de la société impulsée par les classes dominantes aux fins de sauver désespérément leur système en pleine décomposition.

Avec bonheur, cette crise inédite de grande ampleur commence néanmoins à déclencher de profondes mutations dans les consciences, des interrogations sur la pérennité du modèle économique dominant, de réelles aspirations à la transformation de la société. Certes, l’onde de choc initiale, suscitée par l’effondrement brutal de l’économie et par l’amoncellement des cadavres livrés cruellement à la crémation, avait tétanisé les populations. Mais aujourd’hui la colère souterrainement gronde, progressivement fermente, assurément monte, et la volonté de transformation sociale et politique se manifeste.

En tout état de cause, si, historiquement, le capitalisme a constitué originellement une réponse économique progressiste aux limites stérilisantes du féodalisme, aujourd’hui il représente un obstacle, voire un péril, à l’évolution humaine, au développement des forces productives, contraignant les peuples opprimés et le prolétariat, notamment les travailleurs, à devoir à leur tour le dépasser par l’instauration de leur mode de production supérieur fondé sur des rapports sociaux humains égalitaires fondés sur une démocratie autogestionnaire horizontale. Particulièrement en cette période de pandémie du Covid-19, exigeant la mise en commun, à l’échelle mondiale, de toutes les richesses, ressources et connaissances scientifiques, par-delà les intérêts nationaux (souvent liés aux classes possédantes, uniques propriétaires des richesses et de l’Etat) pour œuvrer collectivement au contrôle de l’économie et à la conception rapide d’un vaccin en vue de l’administrer gratuitement à toutes les victimes du monde entier.

Khider Mesloub 

 

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

4 pensées sur “Deuxième vague de coups d’État sanitaires

  • 10 novembre 2020 à 8 h 55 min
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    Ce texte est comme un gros pétard. Ses envolées à tout casser ne sont pas convaincantes. Assez tannée de toutes ces inepties sur le virus, une grippe comme une autre (y’a pas plus faux que ça).
    C’est-tu un scientifique le monsieur? On dirait d’un scénario de film d’Halloween.

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  • Ping : Deuxième vague de coups d’État sanitaires | Raimanet

  • 11 novembre 2020 à 5 h 11 min
    Permalink

    G.Bad – Je vous présente un extrait de Piéce et main d’ ouvre, qui selon moi à le grand mérite de recadrer le problème de la pandémie, via la nécessité du capital d’ entrer dans ce qu’ils appellent la quatriéme révolution industrielle et sa machine à gouverner.

    Coronavirus : « Les géants du numérique n’ont qu’à se féliciter de la pandémie »

    PMO : Historiquement, la société de contrôle, nous l’avons dépassée ; la société de
    surveillance, nous y sommes ; et nous entrons désormais dans la société de contrainte.
    L’épidémie de Covid-19, comparable à la grippe de Hong-Kong (30.000 morts en France
    entre décembre 1968 et janvier 1969), est construite comme un événement exceptionnel
    (au sens médiatico-politique) de manière à justifier les mesures d’exception ensuite
    pérennisées. Elle est l’occasion d’accélérer les processus de rationalisation, au nom du
    primat de l’efficacité. Rien de plus rationnel ni de plus voué à l’efficacité que la technologie.
    « L’état d’urgence sanitaire » a mobilisé les drones, la géolocalisation et le contrôle vidéo des
    contaminés (à Singapour), l’analyse des données numériques et des conversations par
    l’intelligence artificielle pour tracer contacts, déplacements et activités des porteurs de
    virus potentiels (en Israël). En France, Orange a épié les flux de population à partir de
    données de géolocalisation des téléphones, pour le contrôle de l’assignation à résidence.
    Enedis a pu confirmer que des maisons secondaires étaient occupées, grâce à Linky, son compteur espion. Avec les applications de traque numérique, les smartphones échangent leurs données à notre insu, puis nous notifient la conduite à tenir. En Chine, vous êtes contraints d’y obéir.

    Depuis notre enquête sur les puces RFID en 2008, la connexion électronique des humains
    à leur environnement a été réalisée par le smartphone, cyber-prothèse universelle – en
    attendant la puce sous-cutanée. La technocratie traite humains et animaux en troupeau, au
    moyen d’un dispositif électronique qui traque, analyse, anticipe les faits et gestes, au nom
    d’un pilotage cybernétique, rationnel et optimisé. Le plus gros de l’humanité se soumet à ce
    traitement et s’en remet à la Mère Machine pour sa prise en charge. C’est plus pratique. Le
    terrain est favorable à une application de traque des contaminés. Certains détracteurs de
    StopCovid redoutent que la population ne s’habitue à cette cyber-traçabilité. Comme si elle
    ne l’était pas déjà. Mais Thierry Breton, commissaire européen à la politique industrielle et
    au numérique, ancien PDG d’Atos, groupe d’ingénierie informatique, a raison de dire que
    les crises accélèrent les tendances en cours. En l’occurrence, la numérisation de la vie (sa
    machination), dont la surveillance électronique n’est qu’un dommage collatéral. La crise
    offre des fenêtres d’opportunité pour amplifier l’emprise technologique, dont les effets
    cliquet interdisent ensuite tout retour en arrière. Les Chinois ont mis en place durant
    l’épidémie un système de QR code « de santé », indispensable pour accéder aux lieux publics.
    Les habitants de Hangzhou, ville de 13 millions d’habitants, ont appris fin mai qu’ils
    devraient désormais vivre en permanence avec ce passeport électronique, qui prendra en
    compte leur « hygiène de vie ».
    Cet emballement renforce la direction générale, celle du progrès technologique, c’est-à-dire
    d’une dépendance toujours accrue à la Machine. Comme toutes les « applis » et les objets dits
    « intelligents » (connectés), StopCovid est d’abord un dispositif idéologique, propageant
    l’idée d’une incapacité humaine à affronter soucis quotidiens et événements graves. La
    Machine est présentée comme plus efficace, plus fiable et rassurante que l’intelligence
    humaine et l’appréhension sensible de la réalité. Voyez le succès du GPS et des « assistants »
    électroniques (Alexa, Google Home, Siri). Ou l’irruption des smart cities, villes-machines
    pilotées par les algorithmes, sur le même principe que StopCovid : les objets
    communiquent entre eux et organisent notre vie, nous contraignant à adopter les « bonnes
    pratiques », au nom de la santé, de la sécurité et bientôt du rationnement rationnel des
    ressources naturelles. La technocratie évoque déjà les « retours d’expérience » de l’épidémie,
    en vue de la gestion technologique et politico-policière de la crise climatique.Nous avons d’abord rappelé cette évidence : les maladies émergentes, dont les zoonoses
    (transmises à l’homme par les animaux), en constante augmentation depuis 50 ans, sont
    des maladies de la société industrielle et de sa guerre au vivant. La déforestation, l’agroindustrie,
    le tourisme de masse, l’urbanisation, envahissent l’habitat de la faune sauvage, et
    favorisent le contact avec celle-ci. Ajoutez au saccage des milieux naturels et à
    l’effondrement de la biodiversité, la mondialisation des échanges et la promiscuité des
    concentrations urbaines, vous obtenez les conditions d’une pandémie zoonotique. Le
    réchauffement climatique et le dégel de pathogènes enfermés dans le permafrost sibérien
    en promettent d’ailleurs de prochaines.
    Puis nous, Pièces et main d’oeuvre, avons été alertés par des spécialistes des coronavirus
    sur la possibilité d’une fuite hors d’un laboratoire chinois. Il est faux de parler
    de »consensus scientifique  » sur l’origine du virus. Certes, l’hypothèse de l’accident est
    rejetée avec dédain par la presse officielles et les autorités – pas de complotisme – mais de
    plus en plus de chercheurs examinent l’hypothèse de la fuite d’un virus modifié en
    laboratoire. Nous avons donc vérifié les faits que ces scientifiques nous signalaient et mené
    notre enquête.
    Le récit officiel de la pandémie repose sur les publications des chercheurs de Wuhan,
    notamment de Shi Zhengli, une spécialiste des coronavirus. D’après elle, le virus qui nous
    frappe (le SARS-Cov-2) vient d’un virus de chauve-souris similaire à 96 %, le RaTG13,
    adapté à l’homme en passant par le pangolin. L’écueil, c’est que personne d’autre n’a jamais
    vu ni séquencé ce RaTG13, dont nul échantillon n’est disponible. Shi Zhengli assure l’avoir
    collecté en 2013 dans des grottes du Yunnan (à 1.500 km du départ de l’épidémie). Mais
    elle n’a communiqué son génome qu’en janvier 2020, soit sept ans plus tard, en pleine
    épidémie, alors qu’elle a publié entretemps de nombreux articles sur les liens entre

    coronavirus et chauve-souris, sans jamais l’évoquer. Des chercheurs ont analysé son étude
    du RaTG13 et n’ont trouvé aucun des détails d’ordinaire fournis avec un tel séquençage :
    types de tissus prélevés, présence d’autres virus, etc. Bref, il y a des doutes sur l’existence de
    ce virus « originel ».
    Nombre de scientifiques notent par ailleurs les étrangetés du SARS-Cov-2, qui le rendent
    exceptionnellement adapté à l’humain, sans mutations préalables à cette adaptation. Nos
    interlocuteurs décrivent des anomalies génétiques difficilement explicables par des
    mutations naturelles. Elles ressemblent plutôt aux « gains de fonction », ces modifications
    controversées pour rendre des virus plus contagieux. Manipulations que le laboratoire de
    Wuhan réalise depuis au moins 2015, en partie grâce à des financements américains. Enfin, la négation d’une fuite de laboratoire repose sur un article paru dans la revue Nature
    le 17 mars, qui semblait clore le débat et qui nous avait alors convaincus. Mais des
    chercheurs ont depuis contesté les conclusions de cette étude – au point que Nature
    reconnaît désormais que la question reste ouverte. Ce que nous avons découvert de notre
    côté, ce sont les liens des cinq auteurs de cet article de Nature avec des organismes
    politiques, académiques et industriels chinoises. Leurs carrières, leurs financements et
    leurs distinctions dépendent de la Chine. Cela jette d’autant plus le doute sur leurs
    conclusions qu’ils n’ont par ailleurs jamais dénoncé le sort réservé par le gouvernement
    chinois aux chercheurs et lanceurs d’alerte dissidents, dont certains ont disparu.
    A l’heure où nous vous répondons, des scientifiques s’emploient à documenter ces
    soupçons, mais cela demande du temps et des données qui ont parfois été supprimées des
    bases de données chinoises. Peut-être n’arrivera-t-on jamais à prouver quoi que ce soit.
    Mais nul ne peut dire avec certitude comment a démarré l’épidémie de Covid-19 – surtout
    pas l’OMS.
    Nul ne peut dire avec certitude comment a démarré l’épidémie de
    Covid-19 – surtout pas l’OMS
    Qu’il s’agisse d’une zoonose ou d’une fuite de laboratoire, cette épidémie est un produit
    industriel.On n’a probablement jamais vu, à part peut-être lors de certaines séquences des
    états dits « socialistes », une société se reposer à ce point sur l’Etat pour survivre. Il
    est probable que l’impact d’un confinement imposé aurait été beaucoup plus
    grand sur la qualité de vie des gens, et à fortiori des plus modestes, s’il n’y avait pas
    eu toutes les aides étatiques (chômage partiel et autres aides aux entreprises).
    Comment voyez-vous ce retour de l’Etat social et de la puissance publique ?
    La majorité des Etats ont pris des mesures d’ »économie de guerre », de façon à préserver
    leurs industries dans la guerre économique. L’intervention de l’Etat social s’imposait pour
    compenser l’impréparation d’un désastre pandémique, pourtant annoncé. D’où les sommes
    colossales déversées pour l’urgence sanitaire et pour absorber les conséquences
    économiques et sociales de la réclusion à domicile. Le chômage partiel a éteint le risque
    d’explosion sociale due aux inégalités et a fait accepter des restrictions de liberté
    exceptionnelles. Prise en charge, paix sociale et contrainte ont été mobilisées au nom de la
    survie. L’Etat attend maintenant que les citoyens dépensent cet argent, fassent acte de
    consommation patriotique, voire qu’ils « travaillent plus ».
    Quant à l’économie, la priorité était de préserver les compétences des entreprises et leur
    capacité de production dès la reprise de l’activité. Voilà qui rappelle que toutes les
    économies, y compris les économies de marché, sont des systèmes administrés. Les Etats-
    Unis ont dépensé 2000 milliards pour soutenir leur économie. Le gouvernement français
    conditionne ses aides à des changements de stratégie industrielle : l’automobile doit se
    convertir à l’électrique et digitaliser massivement ses usines – c’est-à-dire réduire sa masse
    salariale. Rien de neuf : les plans d’investissement de l’Union européenne et des Etats
    ciblent des secteurs prioritaires (les technologies de pointe, les « green technologies » entre
    Le virus élimine les plus faibles, humains fragiles et entreprises de la
    vieille économie.
    ————
    Nous en savons quelque chose dans la technopole grenobloise, où les start-ups et les multinationales high-tech, comme
    STMicroelectronics, se développent sous perfusion de fonds publics.
    Mais, à nouveau, la crise permet d’accélérer les tendances principales. Des habitudes ont
    été prises durant le confinement : télétravail, cyber-enseignement, achats en ligne,
    téléconsultations, etc. Les géants du numérique n’ont qu’à se féliciter du Covid-19. A
    l’inverse, les « inutiles », comme dit l’économiste Daniel Cohen – intérimaires, fonctions
    support, secteurs et emplois détruits par la digitalisation – disparaissent, remplacés par des
    machines (robots, logiciels, etc). Le virus élimine les plus faibles, humains fragiles et
    entreprises de la vieille économie – le vieux monde. Les prévisionnistes de Wall Street
    l’ont compris : ils misent sur la Silicon Valley et les oligopoles de la grande distribution qui
    se « virtualisent » (Walmart). L’invention de l’Etat social remonte à Bismarck. Il n’a jamais
    servi qu’à pacifier les masses rétives en attendant leur élimination au moyen de nouveaux
    instruments de production – hier le machinisme, aujourd’hui le numérique.

    Répondre
    • 11 novembre 2020 à 10 h 18 min
      Permalink

      @ Oeil de faucon

      MERCI pour cet excellent texte que nous allons publié et commenté

      Robert Bibeau

      Répondre

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