Coronavirus: «Les géants du numérique n’ont qu’à se féliciter de la pandémie opportune»

Extrait d’un article de la revue «Pièce et main d’œuvre», qui a le mérite de recadrer le problème de la pandémie via la nécessité du capital d’entrer dans ce qu’ils appellent la quatrième révolution industrielle et sa machine de gouvernance. Œil de faucon.

 

La société de contrôle et de surveillance

 

PMO : Historiquement, la société de contrôle, nous l’avons dépassée; la société de surveillance, nous y sommes; et nous entrons désormais dans la société de contrainte.

 

L’épidémie de Covid-19, comparable à la grippe de Hong-kong (30.000 morts en France entre décembre 1968 et janvier 1969), est construite comme un événement exceptionnel  (au sens médiatico-politique) de manière à justifier les mesures d’exception qui seront ensuite pérennisées (en tant que forme d’entraînement populaire en préparation d’une guerre virale potentielle. NDLR). Elle est l’occasion d’accélérer les processus de rationalisation, au nom du primat de l’efficacité. Rien de plus rationnel ni de plus voué à l’efficacité que la technologie.

 

«L’état d’urgence sanitaire» a mobilisé les drones, la géolocalisation et le contrôle vidéo des contaminés (à Singapour), l’analyse des données numériques et des conversations par l’intelligence artificielle pour tracer contacts, déplacements et activités des porteurs de virus potentiels (en Israël). En France, Orange a épié les flux de population à partir de données de géolocalisation des téléphones, pour le contrôle de l’assignation à résidence. Enedis a pu confirmer que des maisons secondaires étaient occupées, grâce à Linky, son compteur-espion. Avec les applications de traque numérique, les smartphones échangent leurs données à notre insu, puis nous notifient la conduite à tenir. En Chine, vous êtes contraints d’y obéir.

 

Depuis notre enquête sur les puces RFID en 2008, la connexion électronique des humains à leur environnement a été réalisée par le smartphone, cyberprothèse universelle – en attendant la puce sous-cutanée. La technocratie traite humains et animaux en troupeau, au moyen d’un dispositif électronique qui traque, analyse, anticipe les faits et gestes, au nom d’un pilotage cybernétique, rationnel et optimisé. Le plus gros de l’humanité se soumet à ce traitement et s’en remet à la Mère Machine pour sa prise en charge. C’est plus pratique. Le terrain est favorable à une application de traque des contaminés. Certains détracteurs de StopCovid redoutent que la population ne s’habitue à cette cybertraçabilité. Comme si elle ne l’était pas déjà. Mais Thierry Breton, commissaire européen à la politique industrielle et au numérique, ancien PDG d’Atos, groupe d’ingénierie informatique, a raison de dire que les crises accélèrent les tendances en cours.

 

La révolution numérique

En l’occurrence, la numérisation de la vie (sa machination), dont la surveillance électronique n’est qu’un dommage collatéral. La crise offre des fenêtres d’opportunité pour amplifier l’emprise technologique, dont les effets interdisent ensuite tout retour en arrière. Les Chinois ont mis en place durant l’épidémie un système de QR code « de santé », indispensable pour accéder aux lieux publics.

 

Les habitants de Hangzhou, ville de 13 millions d’habitants, ont appris fin mai qu’ils devraient désormais vivre en permanence avec ce passeport électronique, qui prendra en compte leur « hygiène de vie ».

 

Cet emballement renforce la direction générale, celle du progrès technologique, c’est-à-dire d’une dépendance toujours accrue à la Machine. Comme toutes les « applis » et les objets dits «intelligents» (connectés), StopCovid est d’abord un dispositif idéologique, propageant l’idée d’une incapacité humaine à affronter soucis quotidiens et événements graves. La Machine est présentée comme plus efficace, plus fiable et rassurante que l’intelligence humaine et l’appréhension sensible de la réalité. Voyez le succès du GPS et des «assistants» électroniques (Alexa, Google Home, Siri). Ou l’irruption des smart cities, villes mécanisées pilotées par les algorithmes, sur le même principe que StopCovid.  Les objets communiquent entre eux et organisent notre vie, nous contraignant à adopter les bonnes pratiques, au nom de la santé, de la sécurité et bientôt du rationnement rationnel des ressources naturelles.

 

La technocratie et la bureaucratie au service du système en péril

 

La technocratie évoque déjà les «retours d’expérience» de l’épidémie, en vue de la gestion technologique et politico-policière de la crise climatique. Nous avons d’abord rappelé cette évidence; les maladies émergentes, dont les zoonoses (transmises à l’homme par les animaux), en constante augmentation depuis 50 ans, sont des maladies de la société industrielle et de sa guerre au vivant. La déforestation, l’agro-industrie, le tourisme de masse, l’urbanisation envahissent l’habitat de la faune sauvage, et favorisent le contact avec celle-ci. Ajoutez au saccage des milieux naturels et à l’effondrement de la biodiversité, la mondialisation des échanges et la promiscuité des concentrations urbaines, vous obtenez les conditions d’une pandémie zoonotique permanente.

 

Le réchauffement climatique et le dégel de pathogènes enfermés dans le pergélisol sibérien et canadien en promettent d’ailleurs de prochaines nouvelles pandémies zoonotiques. (Ne pas oublier que les grandes puissances économiques se font les relais de ces virus naturels via leurs laboratoires de recherche militaires de niveau P4, toujours à l’affût de nouvelles armes létales. NDLR).

 

Puis nous, Pièces et main-d’œuvre, avons été alertés par des spécialistes des coronavirus sur la possibilité d’une fuite hors d’un laboratoire chinois de type P4. Il est faux de parler de «consensus scientifique» sur l’origine du virus. Certes, l’hypothèse de l’accident est rejetée avec dédain par la presse officielle et les autorités – pas de complotisme svp (sic) – mais de plus en plus de chercheurs examinent l’hypothèse de la fuite d’un virus modifié en laboratoire P4. Nous avons donc vérifié les faits que ces scientifiques nous signalaient et mené notre enquête.

 

Le récit officiel de la pandémie repose sur les publications des chercheurs de Wuhan, notamment de Shi Zhengli, une spécialiste des coronavirus. D’après elle, le virus qui nous frappe (le SARS-Cov-2) vient d’un virus de chauve-souris similaire à 96 %, le RaTG13, adapté à l’homme en passant par le pangolin. L’écueil, c’est que personne d’autre n’a jamais vu ni séquencé ce RaTG13, dont nul échantillon n’est disponible. Shi Zhengli assure l’avoir collecté en 2013 dans des grottes du Yunnan (à 1.500 km du départ de l’épidémie). Mais elle n’a communiqué son génome qu’en janvier 2020, soit sept ans plus tard, en pleine épidémie, alors qu’elle a publié entretemps de nombreux articles sur les liens entre coronavirus et chauve-souris, sans jamais l’évoquer. Des chercheurs ont analysé son étude du RaTG13 et n’ont trouvé aucun des détails d’ordinaire fournis avec un tel séquençage: types de tissus prélevés, présence d’autres virus, etc. Bref, il y a des doutes sur l’existence de ce virus «originel».

 

Nombre de scientifiques notent par ailleurs les étrangetés du SARS-Cov-2, qui le rendent exceptionnellement adapté à l’humain, sans mutations préalables à cette adaptation. Nos interlocuteurs décrivent des anomalies génétiques difficilement explicables par des mutations naturelles. Elles ressemblent plutôt aux «gains de fonction», ces modifications controversées (patentées dans les laboratoires militaires P4 chargés de forger de nouvelles armes meurtrières contre les populations. NDLR) pour rendre des virus plus contagieux. Manipulations que le laboratoire de Wuhan réalise depuis au moins 2015, en partie grâce à des financements américains et français. Enfin, la négation d’une fuite de laboratoire repose sur un article paru dans la revue Nature le 17 mars, qui semblait clore le débat et qui nous avait alors convaincus. Mais des chercheurs ont depuis contesté les conclusions de cette étude – au point que Nature reconnaît désormais que la question reste ouverte.

 

Ce que nous avons découvert de notre côté, ce sont les liens des cinq auteurs de cet article de Nature avec des organismes politiques, académiques et industriels chinois. Leurs carrières, leurs financements et leurs distinctions dépendent de la Chine. Cela jette d’autant plus le doute sur leurs conclusions qu’ils n’ont par ailleurs jamais dénoncé le sort réservé par le gouvernement chinois aux chercheurs et lanceurs d’alerte dissidents, dont certains ont disparu.

 

À l’heure où nous écrivons, des scientifiques s’emploient à documenter ces soupçons, mais cela demande du temps et des données qui ont parfois été supprimées des bases de données chinoises. Peut-être n’arrivera-t-on jamais à prouver quoi que ce soit. Mais nul ne peut dire avec certitude comment a démarré l’épidémie de Covid-19 – surtout pas l’OMS.

 

Qu’il s’agisse d’une zoonose ou d’une fuite de laboratoire, cette épidémie est un produit industriel. (militaire NDLR). On n’a probablement jamais vu, à part peut-être lors de certaines séquences des états dits «socialistes», une société se reposer à ce point sur l’État pour survivre. Il est probable que l’impact d’un confinement imposé aurait été beaucoup plus grand sur la qualité de vie des gens, et a fortiori des plus modestes, s’il n’y avait pas eu toutes les aides étatiques (chômage partiel et autres aides aux entreprises). (Prenez note de cette remarque très pertinente de PMO. L’avenir du capital repose sur la dictature de son État fétiche – gestionnaire totalitaire – de la société numérisée enrégimentée – pour sa sécurité diront-ils – que les prolétaires doivent opposer n’en déplaise à la gauche et à la droite quémandant sans cesse la gérance et l’assistance de l’État des riches exploiteurs. NDLR).

 

Comment voyez-vous ce retour de l’État social et de la puissance publique ?

 

La majorité des États ont pris des mesures d’ «économie de guerre», de façon à préserver leurs industries dans la guerre économique contre leurs concurrents. L’intervention de l’État social (social-démocrate, socialiste, sinon communiste. NDLR) s’imposait pour compenser l’impréparation d’un désastre pandémique, pourtant annoncé (sinon préparé dans les laboratoires militaires. NDLR). D’où les sommes colossales déversées pour l’urgence sanitaire et pour absorber les conséquences économiques et sociales de la réclusion à domicile.

 

Le chômage partiel (souvent payer) a éteint le risque d’explosion sociale due aux inégalités et a fait accepter des restrictions de liberté exceptionnelles. Prise en charge, paix sociale et contrainte ont été mobilisées au nom de la survie. L’État attend maintenant que les citoyens dépensent cet argent, fassent acte de consommation patriotique, voire qu’ils «travaillent plus» (pour gagner moins – il faut bien rembourser les dettes de l’État providence en faillite. NDLR)

Quant à l’économie, la priorité était de préserver les compétences des entreprises et leur capacité de production (de plus-value) dès la reprise de l’activité. Voilà qui rappelle que toutes les économies, y compris les économies de marché, sont des systèmes administrés. Les États-Unis ont dépensé 2000 milliards pour soutenir leur économie. Le gouvernement français conditionne ses aides à des changements de stratégie industrielle : l’automobile doit se convertir à l’électrique et numériser massivement ses usines – c’est-à-dire réduire sa masse salariale (et saquer des milliers d’ouvriers pour la sécurité de la société. NDLR). Rien de neuf : les plans d’investissement de l’Union européenne et des États  ciblent des secteurs prioritaires (les technologies de pointe, les «green technologies». Le virus élimine les plus faibles, humains fragiles et entreprises de la vieille économie.

 

Nous en savons quelque chose dans la technopole grenobloise, où les start-ups et les multinationales high-tech, comme STMicroelectronics, se développent sous perfusion de fonds publics.

 

Mais, à nouveau, la crise permet d’accélérer les tendances principales. Des habitudes ont été prises durant le confinement : télétravail, cyber-enseignement, achats en ligne, téléconsultations, etc. Les géants du numérique n’ont qu’à se féliciter du Covid-19. À l’inverse, les «inutiles» (les non profitables) comme dit l’économiste Daniel Cohen intérimaire, fonctions support, secteurs et emplois détruits par la numérisation disparaissent, remplacés par des machines (robots, logiciels, etc.). Le virus élimine les plus faibles, humains fragiles et entreprises de la vieille économie – le vieux monde (celui qui a été bouté dehors avec le trumpisme aux USA récemment. NDLR).

 

Les prévisionnistes de Wall Street l’ont compris : ils misent sur la Silicon Valley et les oligopoles de la grande distribution qui se «virtualisent» (Walmart). L’invention de l’État social remonte à Bismarck. Il n’a jamais servi qu’à pacifier les masses rétives en attendant leur élimination au moyen de nouveaux instruments de production – hier le machinisme, aujourd’hui le numérique.

 

 

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

5 pensées sur “Coronavirus: «Les géants du numérique n’ont qu’à se féliciter de la pandémie opportune»

  • 12 novembre 2020 à 6 h 23 min
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    Robert,

    Les trois plus grands groupes de compagnies aériennes, Skyteam – One world et Star alliance, poussent les gouvernements à instaurer un passeport de santé électronique via le téléphone mobil, pour soi-disant éliminer la quarantaine, le vaccin devra apparaître dessus évidemment !

    L’application en question s’appelle « CommonPass » et a été initiée en juillet 2020 par le projet Commons, le Forum Economique Mondial et la Fondation Rockefeller en partenariat avec «350 dirigeants des secteurs publics et privés de 52 pays», selon son site Web, lequel donne peu d’informations précises sur les origines autres que celle fondée avec l’argent de la Fondation Rockefeller….

    Voilà pourquoi les États bloquent l’aviation afin de contraindre les passagers à ne plus avoir d’autre choix que celui d’être fichés, même médicalement !

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  • 13 novembre 2020 à 9 h 42 min
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    Pfizer et Biontech ont annoncés un vaccin contre l covid efficace à 90% ce qui veut dire que parfois ça marche parfois ça marche pas, ça n’a donc rien de scientifique, c’est plutôt de la sorcellerie parce qu’une vraie preuve scientifique c’est de lâcher une pomme 1 millions ou 1 milliard de fois et de constater qu’a chaque fois elle tombe, les vaccins ont toujours étaient une grosse fraude pour cette raison.
    Pour ma part j’ai arrêté de prendre l’avion après le 11 septembre à cause des contrôles trop intrusifs mais je me rends compte qu’aussi longtemps que les consommateurs diront Amen au directives liberticides que le gouvernement imposent rien ne changera. Ce n’est pas seulement le capitalisme qu’il faut réguler, c’est aussi le gouvernement et de tout ceux qui votent des lois liberticides dès qu’ils en ont l’occasion, la démocratie est devenu un moyen pour les gagnants de soumettre ceux qui ont perdu, c’est lamentable.

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    • 13 novembre 2020 à 10 h 26 min
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      « …/…les vaccins ont toujours étaient une grosse fraude pour cette raison… »

      Parallèlement, depuis des dizaines d’années, la vaccination pour tous a aussi sauvé des millions de vie. Je parle des « vaccins souches » bien sûr. En ce qui concerne les vaccins qui relèvent du « génie génétique » entre autres, je reste plus perplexe.

      En revanche, ce qui n’est pas essentiel au pays, c’est 70% de la haute fonction publique et 80% des ONG, fondations, associations gamellardes et autres centrales syndicales parasites.
      L’horreur politique est doublée – et même dominée – par une technostructure conduite par des hauts-fonctionnaires dont le pouvoir de contrôle est démesuré et incontrôlable.

      Sont également en cause tous ces programmes télévisés dégoulinants de vulgarité et de niaiserie bien-pensante, notamment les feuilletons quotidiens attristants de veulerie et de soumission aux poncifs du moment ( plus belle la vie, etc…) si populaires chez les téléspectateurs qui n’ont, hélas, rien compris à ce bourrage de crâne permanent.
      L’ennui et l’inculture crasse de ces gens, habitués à tout supporter et tout tolérer, font le reste.

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