Enquête : Le travail de nuit, nouvelle frontière du capitalisme (2 parties)

Depuis la loi du 9 mai 2001, la France est rentrée dans les clous du droit européen en instaurant un régime légal du travail de nuit (définition, modalités de recours, garanties et contreparties…) codifié aux articles L 3122-29 et suite du Code français.

Comme pour les hommes, une nouvelle loi autorise désormais les femmes à travailler entre 21h et 6h du matin, quel que soit leur métier. (Les féministes gauchistes et les petites-bourgeoises  des milices féministes n’en siffle mot. NDLR) Les députés viennent de voter une loi sur l’égalité entre les hommes et les femmes dans leur travail (L’équité sexuelle dans la surexploitation de la main d’oeuvre salariée. NDLR). À cette occasion, ils ont décidé de supprimer l’interdiction faite aux femmes (contrairement aux hommes) de travailler de nuit. Si elles en ont le droit (sic), cela doit rester exceptionnel, selon les députés. En compensation, elles recevront un salaire plus important et une réduction de leur temps de travail. De plus, les femmes pourront également refuser un travail de nuit : en effet, c’est un rythme difficile à prendre. Pourquoi a-t-on voté cette loi ? D’abord, parce que les lois françaises dans ce domaine n’étaient pas en accord avec les lois européennes. Depuis 1976, les lois européennes prévoient en effet que les hommes et les femmes doivent être traités à égalité dans leur travail. (Même conditions d’esclavage salariée quel que soit le sexe…NDLR). Ce n’était alors pas le cas pour le travail de nuit. La Cour de justice européenne a même menacé la France de devoir payer près d’1 million de francs par jour tant qu’elle n’aurait pas modifié ses lois. De plus, même si le travail de nuit des femmes était interdit depuis le 19e siècle, la loi l’autorisait dans certains cas. Mais, dans la réalité, ces cas particuliers sont plutôt nombreux ! 800 000 femmes travaillent déjà de nuit en France, dans le secteur hospitalier par exemple (preuve que ce ne sont pas les lois qui font la loi des conditions de reproduction du capital. NDLR). Ainsi, la nouvelle loi est moins hypocrite en reconnaissant aux femmes le droit de travailler la nuit  (en fait, la loi bourgeoise leur fait  désormais obligation d’accepter les conditions de surexploitation du travail de nuit en leur laissant croire qu’une faveur d’équité leur est accordée au grand plaisir des féministes hystériques. NDLR).

Le texte qui suit fait un bilan des conséquences sur la santé et sur la vie familiale de ces conditions de travail…concédées par le capital.

Sources :https://www.frustrationmagazine.fr/travail-de-nuit/

7 décembre 2020

Gérard Bad.


En France, le nombre de salariés pratiquant le travail de nuit a doublé en trente ans, dans l’indifférence générale. Cette évolution a été rendue possible par une intensification du travail et des évolutions juridiques qui ont banalisé des horaires de travail pourtant catastrophiques pour la santé des travailleurs. Enquête sur une bombe à retardement sanitaire et sociale (Partie 1).

Nathalie se lève chaque jour de la semaine à 3h30 du matin. Elle se prépare sans bruit pour ne pas réveiller son mari, dégivre le pare-brise de sa voiture et roule pendant une heure jusqu’à l’hypermarché Auchan dans la périphérie de Boulogne-sur-Mer où son planning l’amène aujourd’hui. Il est 5h et des dizaines de salariés, dont Nathalie, s’activent : certains sont spécialisés dans la mise en rayon et d’autres sont promoteurs et promotrices des ventes, comme Nathalie : ils ont quelques heures pour monter des présentoirs, agencer correctement les produits et installer les « publicités sur le lieu de vente » (PLV) qui vous donnent envie d’acheter cette marque de pâtes ou de chocolat plutôt qu’une autre. Vers 10-11h, c’est le moment de quitter l’hypermarché : les clients arrivent en masse. Parmi cette fourmilière d’employé(e)s, il ne reste plus que sa partie émergée à la lumière du jour : les caissières et des agents de sécurité.

De retour chez elle pour le déjeuner, Nathalie n’en a pas encore terminé avec son travail. Elle doit encore effectuer un compte rendu de son activité, remplir un tableau de reporting (décrire ses tâches en cochant des cases sur un logiciel d’entreprise dédié) et répondre aux mails qu’elle reçoit du siège de son groupe avec les nouvelles recommandations et consignes pour la semaine à venir. Comme des millions de travailleurs/euses de nuit en France, Nathalie ne parvient pas à dormir sur commande. Elle attend le soir pour se coucher, espère passer du temps avec ses deux enfants ainsi que son mari. A 20h, elle est couchée, car son planning l’amène le lendemain encore plus loin, à deux heures de chez elle.

Au moment des congés, il lui faudra près de deux semaines pour parvenir à retrouver un rythme normal, comme celui des travailleurs du jour. Réveillée aux aurores, la grasse matinée est impossible pour elle. C’est pourquoi elle prend quatre semaines de suite. Sinon, comment profiter de tout son temps avec sa famille ?

Les dégâts sanitaires du travail de nuit

Comme Nathalie, environ 4,5 millions de salariés travaillent régulièrement de nuit, en France. C’est deux fois plus qu’au début des années 1990, alors que le code du travail prévoit toujours que « le recours au travail de nuit est exceptionnel » et qu’il doit être « justifié par la nécessité d’assurer la continuité de l’activité économique ou des services d’utilité sociale. » En 2012, près de 15% des salariés étaient concernés. Selon l’ Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, de l’Alimentation et du Travail (ANSES), qui a publié un rapport très alarmiste sur la question en 2016, ce chiffre continue d’augmenter rapidement. Travailler de nuit n’est pas sans conséquence sur la santé des personnes : l’obésité, la dépression ou encore les maladies cardio-vasculaires sont le prix à payer.

“Lors du travail de nuit, explique les experts de l’ANSES, il se produit une désynchronisation entre les rythmes circadiens calés sur un horaire de jour et le nouveau cycle activité-repos/veille-sommeil imposé par le travail de nuit. Cette désynchronisation est aussi favorisée par des conditions environnementales peu propices au sommeil : lumière du jour pendant le repos, température en journée plus élevée qu’habituellement la nuit, niveau de bruit plus élevé dans la journée, rythme social et obligations familiales.” Notre corps reste soumis à des paramètres extérieurs et c’est pour cela qu’aller à l’encontre du rythme biologique perturbe tant notre santé. Le rapport de 2016 établit un lien entre travail de nuit et maladies cardio-vasculaire, mais aussi cancer du sein chez les femmes. Le code du travail précise donc que le travail de nuit doit “prendre en compte les impératifs de protection de la sécurité et de la santé des travailleurs”. En revanche, la loi ne dit rien et il n’existe aucune étude officielle portant sur les dégâts psychologiques et sociaux du travail de nuit. 

Jonathan* travaille pour le même groupe que Nathalie mais intervient dans tout le département du Lot-et-Garonne. Lui aussi enchaîne depuis dix ans les levées à 3h ou 4h du matin. Il adore son travail mais commence à trouver que les conséquences néfastes sont trop élevées : ”Il y a des périodes où chaque jour en rentrant je m’engueule avec ma femme. J’arrive stressé et fatigué, le moindre truc me fait monter en pression ». Lutter contre le sommeil permanent s’avère particulièrement compliqué. Par exemple, Jonathan est incapable de regarder un film jusqu’au bout et pique du nez avant. Sa vie sociale en a pris également un coup : « Le vendredi soir c’est simple, je ne fais rien, je ne tiens pas. Au début, je m’endormais carrément chez les gens. ». Pour Mustapha, qui travaille de nuit comme brancardier dans un hôpital public, le problème est le même : « Au niveau des loisirs, t’en fais moins, t’as moins d’envie. La vie familiale est perturbée aussi : plein de choses que t’as pas envie de faire. Ce n’est pas catastrophique, c’est des petites choses qui s’accumulent. »

Le travail de nuit, une liberté pour certains et une nécessité financière pour beaucoup

Dans un immense entrepôt de logistique express de la région parisienne, le balai des poids-lourds, des tapis roulants et des colis amenés d’un camion à un autre ne s’interrompt pas la nuit. Pour que votre colis Amazon puisse arriver sur votre palier en 24h, alors qu’il contient un objet stocké en Allemagne ou en Belgique, il faut que des salariés déchargent chaque nuit des camions, passent tous les colis à la douchette et les amènent dans des camionnettes qui partiront vous livrer sur les chapeaux de roue. Le code du travail parle bien de « continuité de l’activité économique » qui justifierait le travail de nuit et non d’un coup de cœur shopping. Mais aucune autorité ne semble s’être penchée sur la différence. 

Ça ne semble pas poser de problème à la trentaine de manutentionnaires, tous récemment immigrés en France, qui se réjouissent de pouvoir, grâce au travail de nuit, subvenir aux besoins de leurs proches et soutenir financièrement les membres de leurs familles restés dans leur pays d’origine. Qu’importe si certains n’arrivent plus du tout à vivre le jour pendant leurs vacances. Ils sont mieux payés que leurs collègues et nettement plus unis. A minuit et demi, la pause café-cigarette traîne en longueur, on parle famille, vacances mais aussi lutte sociale. La CGT locale a syndiqué toute une partie des travailleurs de nuit, qui sont devenus en quelques années la terreur de la direction. Ils sont parvenus à obtenir des améliorations de leurs conditions de travail à l’issue d’un mouvement de grève, rendu possible par un rapport de force et une solidarité dont peu de travailleurs bénéficient encore. La direction de l’entreprise est si embarrassée par ce groupe soudé qu’elle envisage de mettre fin aux activités de nuit en les détournant vers un autre entrepôt.

Comme de nombreux salariés qui travaillent de nuit, Mustapha l’a lui aussi choisi. D’abord pour l’amélioration financière que cela lui a apportée. Car quand on gagne un salaire modeste, l’indemnité du travail de nuit permet un petit plus à la fin du mois. Ce n’est pas Byzance : on parle de 200€. Mais en proportion de revenus proches du SMIC, c’est beaucoup. C’est l’explication principale de la facilité qu’ont les entreprises à trouver du travail de nuit. Le SMIC est tellement bas que pour améliorer son quotidien et sortir (un peu) de la galère, travailler de nuit est pour beaucoup un sacrifice nécessaire.

Mustapha souligne ensuite que l’ambiance de travail la nuit était longtemps, dans son CHU, bien meilleure que le jour. Et quand on travaille dans une institution qui subit depuis une quinzaine d’années une mise sous pression permanente de l’Etat, ça fait une grosse différence. La hiérarchie est moins présente, le public accueilli est différent – des fêtards, des personnes sans domicile… -, et l’on se soutient davantage entre collègues. La solidarité des travailleuses et travailleurs de nuit n’est pas un vain mot : Jonathan et Nathalie, quand ils arrivent à 5h dans les hypermarchés de leur secteur, retrouvent cette ambiance de « la France qui se lève très tôt » qui, bien loin d’un slogan sarkozyste, compense la dureté nocturne par une chaleur humaine que tout le monde entretient.

Le capitalisme à l’assaut du sommeil

Le travail de nuit rend-il plus libre ? Une hypothèse qui ferait hurler Jonathan Cary, auteur du livre “24/7, le capitalisme à l’assaut du sommeil”. Ce court essai avance l’idée que le sommeil est un bastion qui résiste encore à la transformation capitaliste du monde, au grand désarroi de ses partisans. Pour lui, « le sommeil est un interruption sans concession du vol de temps que le capitalisme commet à nos dépens », et il « impose l’idée d’un besoin humain et d’un intervalle de temps qui ne peuvent ni être colonisés ni soumis à une opération de profitabilité massive. » Face à cette exception intolérable au règne du profit sur nos vies, un régime « 24h/24h et 7 jours sur 7 » s’impose peu à peu dans nos vies et avec succès. Non pas pour éliminer la nécessité biologique du sommeil, mais pour faire en sorte qu’elle prenne de moins en moins de place et qu’elle ne soit plus un obstacle à l’exploitation continue des ressources et des hommes…

Le capitalisme veut-il la fin du sommeil ? Enquête sur le travail de nuit (Partie 2).

7 décembre 2020

En France, le nombre de salariés pratiquant le travail de nuit a doublé en trente ans, dans l’indifférence générale. Ce sacrifice de leur sommeil semble lié au devenir du capitalisme. Cette évolution a été rendue possible par une intensification du travail et des évolutions juridiques qui ont banalisé des horaires de travail pourtant catastrophiques pour la santé. Suite de notre enquête sur une bombe à retardement sanitaire et sociale. Première partie à lire ici.

En France comme aux Etats-Unis, on dort en moyenne moins que nos aînés, ce qui donne raison à Jonathan Cary, auteur du livre, « 24/7, le capitalisme à l’assaut du sommeil ». Nous dormons entre 1h et 1h30 de moins qu’il y a 50 ans, avec une durée moyenne de 6h42 minutes. Évidemment, c’est une durée moyenne, certains dorment plus, et certains… beaucoup moins : c’est le cas des travailleurs de nuit. En 2012, l’INSEE montrait que les personnes travaillant de nuit dormaient 1h40 en moyenne de moins que les autres et que leur sommeil est beaucoup plus haché. Le travail de nuit constitue donc l’avant-garde du mouvement de destruction du sommeil décrit par Jonathan Cary, suivi de près par les insomniaques et les usagers de smartphones. « Face à une accélération des rythmes où chacun se veut présent au monde et connecté à tout moment, le sommeil peut apparaître comme un temps facultatif, et il est bien malmené dans la compétition quotidienne qu’il mène face aux loisirs et au travail », déclarait au journal Le Monde François Bourdillon, directeur de Santé Publique France, en 2019.  Les cadres hyperconnectés deviendraient-ils inconsciemment des travailleurs de nuit ?

La logique rentable et “flexible” également à l’assaut du sommeil des fonctionnaires

Ce qui est sûr, c’est que dans de nombreux secteurs, ce sont bien les cadres spécialistes de la « gestion des ressources humaines » qui ont rendu le travail de nuit plus difficile pour celles et ceux qui les pratiquaient, parfois non sans une certaine joie, en dépit de la fatigue. C’est ce sur quoi insiste le brancardier Mustapha. Selon lui, les choses ont basculé quand les cadres de son CHU ont décidé de changer le rythme du travail de nuit. Des quatre nuits travaillées pour quatre nuits de repos, qui permettaient d’avoir du temps libre et, surtout, de reprendre pied, l’hôpital est passé au « 3-2-2-3 » : trois nuits travaillées, deux nuits de repos, deux nuits travaillées, trois nuits de repos… et rebelote. 

Ce qui a séduit le personnel au premier abord, c’est que ce système donne la certitude d’avoir au moins un week-end de repos d’assuré sur deux. Le système en « 4-4 » ne permettait pas cette certitude, et les week-ends étaient souvent hachés. Mais ce que les salariés n’avaient pas anticipé, c’est qu’un tel système ne permet pas de véritable récupération. Les choses ont donc sérieusement commencé à se compliquer pour Mustapha et ses collègues.  D’après lui, l’objectif de ce nouveau système est clair : assurer plus de « flexibilité » salariale, en ayant davantage de personnels à portée de main pour pallier plus facilement aux arrêts de travail. Car ce qui a également changé c’est que le CHU n’a plus, par souci d’économies, de pôle de remplacement. Ainsi, pour continuer à faire tourner les services en cas d’arrêt maladie, un collègue doit « se sacrifier » pour renoncer à des jours de repos. A cause de ce système, « les infirmières et les aides-soignantes ont parfois trop de jours de repos à récupérer : on leur demande de les mettre dans leur « compte épargne-temps ! », s’amuse Mustapha. Il a toujours refusé ce système, où l’on peut transformer ses jours de repos en rémunération. On a fini par lui imposer.

La gestion des plannings, un jeu d’échec pour DRH

A rebours des préconisations du code du travail, les employeurs s’affranchissent peu à peu des obligations sanitaires qui leur incombent vis-à-vis du travail de nuit. C’est le cas du CHU, qui encourage ses salariés à renoncer à leurs jours de repos (transformés en « compte-épargne ») ou encore de la marque d’hypermarché, qui ne s’enquiert jamais de la santé de ses promoteurs de vente… Les manutentionnaires de l’entrepôt de logistique express ne bénéficient de guère plus de bienveillance de la part de leur direction. 

A mesure que la pratique se banalise, les effets néfastes et avérés sur la santé sont de moins en moins pris en compte. Mustapha n’a par exemple pas eu de visite médicale depuis quatre ans, alors que la loi impose une visite tous les deux ans pour les travailleuses et travailleurs de nuit. Chacun doit « gérer » ses problèmes de sommeil et de santé de son côté, les employeurs s’en lavent globalement les mains et la loi est de plus en plus souple. 

En 2017, les « ordonnances Macron »  ont facilité la signature d’accord d’entreprise qui permettent d’aménager les règles du travail de nuit en s’affranchissant des règles du code du travail. C’était une mesure initiée par les socialistes avec la loi El Khomri. Les macronistes se sont assurés qu’elle puisse se faire sans encombre : leurs ordonnances ont fait en sorte que ces accords soient « présumés conformes ». Ainsi, l’Etat ne vient plus vérifier qu’ils soient corrects et que la justification du travail de nuit soit pertinente. Il fait désormais confiance au « dialogue social », même dans des entreprises sans syndicat. Qu’importe si ces accords concernent une mesure lourde de conséquences sanitaires. Le MEDEF, qui milite depuis longtemps pour un allègement des normes juridiques autour du travail de nuit, est satisfait et c’est cela qui compte.

Renoncer au sommeil n’est pas indispensable à la société… seulement au capitalisme

Le travail de nuit est pourtant un fléau sanitaire et social. Sanitaire, parce qu’en réduisant le temps de sommeil et en le fracturant, il expose de plus en plus de personnes aux maladies chroniques, aux troubles cardio-vasculaires et à l’obésité. Quand on parle de ces problèmes, tout le monde a sa petite idée sur les écrans, sur la charcuterie industrielle ou le manque d’activité physique, mais personne n’évoque le travail de nuit. 

C’est aussi une catastrophe sociale, car il accomplit l’utopie capitaliste du 24h sur 24 7 jours sur 7 et détruit les collectifs. Le temps de repos et les congés sont devenus la planche de salut pour toute une partie des salariés de l’hôpital où travaille Mustapha et deviennent des sujets de tensions permanents entre collègues. Qui partira en juillet ? Qui partira en septembre ? Qui aura ses quatre semaines pour décompresser ? Les querelles de planning sont devenues le lot de toutes les travailleuses et travailleurs qui fonctionnent dans ces organisations, où la fatigue chronique entrave la solidarité. 

 

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