Ne vous laissez pas berner, les entreprises américaines écrasent la classe ouvrière

Par  Robert Reich

 

Le changement le plus spectaculaire du système au cours du dernier demi-siècle a été l’émergence de géants corporatifs comme Amazon et le rétrécissement des syndicats. Le déséquilibre de pouvoir qui en résulte a engendré des inégalités presque record de revenus et de richesse, la corruption de la démocratie par le gros argent et l’abandon de la classe ouvrière.

 

Il y a cinquante ans, General Motors était le plus grand employeur d’Amérique. Le travailleur typique de GM gagnait 35 $ de l’heure en dollars d’aujourd’hui et avait un mot à dire sur les conditions de travail.

 

Les plus grands employeurs d’aujourd’hui sont Amazon et Walmart , chacun payant beaucoup moins à l’heure et exploitant régulièrement ses employés, qui n’ont que peu de recours. Le travailleur GM typique ne «valait» pas tellement plus que le travailleur actuel d’Amazon ou de Walmart et n’avait pas plus d’informations précieuses sur les conditions de travail.

 

La différence est que les travailleurs de GM avaient un syndicat fort. Ils étaient soutenus par le pouvoir de négociation collective de plus d’un tiers de l’ensemble de la main-d’œuvre américaine.

 

Aujourd’hui, la plupart des travailleurs sont seuls. Seuls 6,4% des travailleurs du secteur privé américain sont syndiqués, ce qui exerce peu de pression collective sur Amazon, Walmart ou d’autres grands employeurs pour qu’ils traitent mieux leurs travailleurs. Il y a cinquante ans, le mouvement ouvrier avait suffisamment d’influence politique pour garantir l’application des lois du travail et que le gouvernement poussait des entreprises géantes comme GM à soutenir la classe moyenne. Aujourd’hui, l’influence politique des syndicats est minime en comparaison.

 

Les plus grands acteurs politiques sont des sociétés géantes comme Amazon. Ils ont utilisé ce muscle politique pour soutenir les lois sur le «droit au travail», réduire les protections fédérales du travail et maintenir le Conseil national des relations du travail en sous-effectif et surchargé, ce qui leur permet de se tirer d’affaire avec des tactiques antisyndicales flagrantes.

 

Ils ont également poussé le gouvernement à réduire leurs impôts ; extorqué aux États de leur accorder des allégements fiscaux comme condition pour y implanter des installations; les villes intimidées où ils ont leur siège social ; et des traités commerciaux qui leur permettent d’externaliser tellement d’emplois que les cols bleus en Amérique n’ont guère d’autre choix que d’accepter un travail en  entrepôts et des livraisons peu rémunérés et très stressants.

Oh, et ils ont neutralisé les lois antitrust qui, à une époque antérieure, auraient eu des entreprises comme Amazon dans leur ligne de mire.

 

Ce changement de pouvoir qui dure depuis des décennies – l’ascension des léviathans des entreprises et la disparition des syndicats – a entraîné une redistribution massive à la hausse des revenus et de la richesse. Les 0,1% les plus riches des Américains ont maintenant presque autant de richesse que les 90% les plus pauvres réunis.

 

Le changement de pouvoir peut être inversé – mais seulement avec des lois du travail plus strictes qui se traduiront par un plus grand nombre de syndicats, des accords commerciaux plus durs et un engagement renouvelé en faveur de la concurrence. (illusion évidemment…NdÉ).

 

L’administration Biden et les démocrates du Congrès semblent vouloir cela. (Mensonge évidemment. NdÉ). La Chambre vient d’adopter les réformes du travail les plus dures depuis plus d’une génération. Le nouveau représentant commercial de Biden, promet que les accords commerciaux protégeront les travailleurs américains plutôt que les exportateurs . Et Biden place les trustbusters dans des positions critiques à la Federal Trade Commission et à la Maison Blanche. (Fumisterie évidemment. NdÉ).

 

Et à travers le pays, le militantisme syndical a augmenté – de l’effort syndical d’Amazon aux travailleurs de première ligne qui sortent et font grève pour exiger de meilleurs salaires, avantages sociaux et protections de sécurité.

 

J’aimerais penser que l’Amérique est à un point de basculement similaire à ce qu’elle était il y a 120 ans, lorsque les ravages et les excès de l’âge d’or ont précipité ce qui est devenu connu sous le nom de l’ère progressive (sic). Ensuite, les « réformateurs » ont freiné l’avidité et les inégalités sans entraves de l’époque et ont fait fonctionner le système pour le plus grand nombre plutôt que pour quelques-uns. (Mensonges évidemment. NdÉ).

 

Il n’est pas exagéré de dire que nous vivons maintenant dans un deuxième âge doré. Et les militants progressistes d’aujourd’hui sont peut-être sur le point de nous faire entrer dans une deuxième ère progressiste. (Mystification de réformiste évidemment. NdÉ). Ils ont besoin de tout le soutien que nous pouvons leur apporter. (sic évidemment. NdÉ).

 

Watch on Youtube:

How Corporations Crush the Working Class | Robert Reich

https://www.youtube.com/watch?v=-L7XZfdI3To

 

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

3 réflexions sur “Ne vous laissez pas berner, les entreprises américaines écrasent la classe ouvrière

  • 12 avril 2021 à 12 h 53 min
    Permalien

    Eh oui mon cher Robert ! Amazon a réussi la semaine dernière (il y a 3 jours a peine) à faire avorter une première tentative de syndicalisation historique de ses travailleurs salariés dans l’un de leur entrepôts…  »sur les 5900 employés invités a voter par correspondance, 1798 ont voté contre ! et a peine 738 ont voté pour ! le syndicat en question va porter plainte auprès de l’agence fédérale du droit du travail » ! la raisons d’un tel fiasco peuvent s’expliquer par les pressions exercées par Amazon sur les employés, les rumeurs et la culture anti-syndicale qui règnent et qui soutiennent que les  »syndicats sont des pièges a con »… bref, les américains en général considèrent les syndicats comme rien d’autre que des entités dictatoriales et corrompues qui ne font qu’aggraver la situation des travailleurs en plus de ponctionner leur salaires de cotisations, qui standardisent les mesures anti-travailleurs et s’allient avec le patronat pour mieux les  »niquer »…. et je dois avouer que dans un certain sens ils ont pas tord ! car un Syndicat comme ceux qu’on trouve en Amérique du nord en réalité vous enlève toute possibilité de recours contre votre employeur pour n’importe quel motif, même les plus sérieux et vous renvoie directement vers un tribunal du travail qui lui se chargera de  »te niquer ta mère » et t’envoyer bredouille chercher du travail encore moins payant ailleurs ! tu deviens fiché et quelque part le syndicat ne se battra jamais pour toi ! ce qui est définitivement vrai de l’état des syndicats qu’on a ici ! :))))… en France avec les Prud’hommes ou tribunaux du travail c’est pas mieux de toute façon, même si en France toute la structure syndicale est nettement mieux organisée et rigoureuse qu’ailleurs…

    Quoique, il faut nuancer a ce propos, et ce n’est pas rien ! l’Amérique du nord a trop pris l’habitude de la devise  »tu n’est pas content ici ? alors tu sera malheureux si tu insiste de rester, tu te créera plus de problèmes et tu nous en créera à nous tout autant, mieux vaut aller chercher ton bonheur chez un autre employeur » ! :))) bref, le capitalisme dans toute sa splendeur, et si tu es du genre émotif et  »à cheval sur les principes » tu ne fera qu’aggraver ta situation et t’embourber dans  »le négatif » avec un mindset qui laisse a désirer et tu ira nulle part ! autrement dit, l’Amérique du Nord tend à favoriser une philosophie d’indépendance et de responsabilité des travailleurs au détriment de leurs droits, mais qui va effectivement aiguiser l’esprit et la personnalité d’un travailleur, le rendre plus endurant et plus compétitif, plus indépendant et finalement soit réussir son parcours de travailleur en devenant plus autonome, soit le faire couler dans la depression la plus grave et le faire entrer dans un mur pour le restant de sa vie… contrairement a un système Européen qui maintient les travailleurs syndiqués dans un environnement toxique, avec un gel de ses conditions !

    le problème de fond reste que les employés tagué du qualificatif de  »non qualifiés », ou de  »semi qualifiés » dans le contexte de jobs précaires de toute façon, seront constamment mis face a genre de situations de précarités de conditions de travail surtout a une époque où l’industrialisation massive est bel et bien finie, et que ce modèle social d’hier qui permettait à un employé non qualifié de fonder une famille, s’endetter pour une maison et demeurer dans un job stable toute sa vie est totalement impossible dans le contexte actuel… la solution :  »faites-vous qualifier ! » on vous dira, allez apprendre la soudure spécialisée, ou la méchanique ou la plomberie… et faites vous un nouveau parcours ! ce qui explique pourquoi un travailleur nord américain cumule en moyenne plusieurs jobs dans sa vie, contrairement a son homologue européen… bien que la même tendance se soit imposée aux européens depuis au moins 30 ans maintenant !

    Comme je disais dans mon commentaire réponse a G.Bad dans le billet de la  »stagflation », un travailleur est aujourd’hui mis face a la cherté de la vie en plus d’une culture de consommation effrénée et énorme qui l’écrasent et lui réclament tous les deux des efforts surhumains pour rester debout et ne pas perdre espoir ou la boule totalement… a moins d’avoir une possibilité de se recycler et de se former a un nouveau métier, il frappe contre un mur… d’autant que dans les jobs non qualifiés, un certain nombre de salariés vous diront qu’ils ne font que  »transiter » eux-mêmes par la, sont aux études ou cumulent ce job avec un autre de livreur de pizza pour revenir dans tel secteur qui est le leur et pour lequel ils sont qualifiés… !

    les employeurs de GM ou constructeurs d’autos ne valent pas mieux…. même s’il demeure des  »poches » miraculeuses dans ces secteurs qui continuent d’embaucher, elles le font généralement pour des employés qualifiés et  »pistonnés » recommandés par d’autres… et dans ce genre d’environnement aujourd’hui, la lutte entre employés pour se maintenir en place et garder leur jobs doit certainement constituer une obsession et un traumatisme pour la plupart d’entre eux, même chez un employeur novateurs comme Tesla, ou il règne des cultures innovantes faites de promesses et d’espoirs…. plutôt incertains je dirais !

    Répondre
  • 15 avril 2021 à 20 h 28 min
    Permalien

    Les syndicats sont des bordels et les partis les meilleurs proxénètes des masses!

    Répondre

Répondre à Robert Bibeau Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *