Requiem pour Capharnaüm

Requiem pour Capharnaüm

Entends ton requiem, Capharnaüm grotesque
Au pavé abreuvé de cervelles à képi.
Vers ton corps, fourmillant de noire soldatesque,
Un canon tire sans répit.
Le vent a charrié sur ton front de muraille
Des poudreries brûlantes, des odeurs de sang.
Ton minaret pointu, baïonnette en bataille,
Déchire le soleil levant.

Entends ton requiem, Capharnaüm symbole.
Dans tes rues, des gamins (ils ont la mort au front!)
Comme Gendarme sots, violents comme Guignol
Se chamaillent pour un ballon.
Ta matrice est pourrie, tes seins saignent de guerre.
Quand même ton enfant essuie un vieux couteau.
À quoi bon te l’emplir de finesses cachères
S’il se vide pour un drapeau?

Entends ton requiem, Capharnaüm humaine,
Riche bourg de l’Honneur et bas-fond de la Plaie.
Si, du canon, bientôt s’envolera l’haleine
Au parfum d’éphémères paix,
S’éteint, s’allume, meurt et brûle ton brasier
Où se fondent fusils, où se cuisent chairs blêmes.
Tu ne guériras pas ta peste dédoublée.
Attends ton dernier requiem.

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Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

2 réflexions sur “Requiem pour Capharnaüm

  • Ping : Requiem pour Capharnaüm « Le Carnet d'Ysengrimus

  • 19 mai 2021 à 14 h 51 min
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    Je ne peux même pas dire que ton poème me donne froid dans le dos car il évoque plutôt la chaleur de la chair qui se putréfie. Il est ignoble et grandiose d’horreur à la fois. Je n’ai pas le goût de la relire mais celui de m’en éloigner comme on le fait quand, sans le vouloir, on a trouvé le chemin de l’enfer.

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