Inflation, déflation ou stagflation, les banques préparent l’effondrement post-Covid

Par Robert Bibeau

 

La présente réaction inflationniste des économies capitalistes constitue une soupape financière à la trop grande profusion de monnaie-crédit bidon ne correspondant en rien aux capacités de production de l’économie globale, flouée par le chômage endémique, aggravée par la baisse de la demande sur les marchés paralysés par les gouvernements.  Les banques centrales sont confrontées au dilemme suivant : poursuivre leur politique suicidaire d’émission de monnaie-crédit sous forme d’achat d’obligations gouvernementales non solvables, soutenant ainsi la hausse des prix (inflation), et retardant d’autant l’effondrement inéluctable de l’économie mondiale. (1)

 

Ou bien, les banques centrales réduisent petit à petit l’achat d’obligations gouvernementales non solvables réduisant ainsi l’émission de monnaie-crédit bidon (ne reposant nullement sur la croissance de la production) et elles précipitent ainsi la stagflation, elles plombent l’hyper spéculation financière et elles accélèrent l’effondrement inéluctable de l’économie «zombie» mondialisée, post-confinement dément. https://les7duquebec.net/archives/264440

 

Après dix-huit mois de mascarades pandémiques et de mesures de confinements déments, de lockouts, de couvre-feux, et autres mesures économiques et sociales liberticides et régressives, imposées par les gouvernements et les larbins politiques sous prétextes sanitaires, s’avèrent autant de tactiques étatiques visant à protéger le grand capital mondial des retombées de l’hystérie pandémique et à «faire payer le peuple» (prolétariat, petite et moyenne bourgeoisie) pour la crise systémique de l’économie zombie. La bulle boursière devient la norme du système – les 7 du quebec.

 

Bref, depuis la récession de 2008, avec ou sans hystérie pandémique du Covid-19,  l’économie mondiale se dirige vers la stagflation (2) et l’effondrement inévitable. Dans le texte qui suit, Nick Beams présente la façon que l’oligarchie bancaire et financière mondialisée suppute les avantages et les inconvénients de ces deux solutions catastrophiques (inflation ou stagflation ?). (3) L’inflation, la «bombe à retardement» d’une grave crise mondiale selon la Deutsche Bank | korii. (slate.fr)  https://korii.slate.fr/biz/economie-inflation-bombe-retardement-crise-mondiale-deutsche-bank

 


 

Par Nick Beams

 

Les signes de hausse de l’inflation en Europe et aux États-Unis ont suscité des délibérations, tant dans les cercles officiels que dans les médias, sur la manière dont les deux principales banques centrales du monde, la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale pourraient commencer à réduire les niveaux extraordinaires de soutien qu’elles ont fournis aux marchés financiers.

 

Les deux banques centrales sont confrontées à un dilemme. D’une part, elles craignent qu’un retrait même limité de leur soutien ne déclenche des turbulences financières majeures. D’autre part, si la politique monétaire ultra-libre se poursuit, dans des conditions où les pressions inflationnistes s’enracinent, elles pourraient être obligées de sévir, ce qui entraînerait des problèmes encore plus graves.

 

Jusqu’à présent, le point de vue officiel de la Fed et de la BCE est que la récente hausse de l’inflation est transitoire et que les niveaux actuels de soutien devraient être maintenus.

 

Mais certains craignent que la hausse de l’inflation ne soit le début d’une tendance à plus long terme. Cette semaine, le Financial Times a publié un article important intitulé « Une nouvelle ère économique : l’inflation revient-elle pour de bon ?« .

 

Il commençait par noter qu’en décembre 1964, le comité de politique de la Fed avait convenu que l’économie américaine pouvait faire face à des niveaux de dépenses croissantes « sans forte pression à la hausse sur les prix. »  Cette évaluation a été faite pour ce qui s’est avéré être le début d’une période de 17 ans, au cours de laquelle l’inflation a parfois dépassé un taux annuel de 10 %. Cette période n’a pris fin qu’avec les politiques déflationnistes lancées sous la direction de Paul Volcker, président de la Fed, qui ont entraîné deux des plus graves récessions de l’après-guerre au début des années 1980.

 

L’ancien secrétaire au Trésor Lawrence Summers est l’un de ceux qui ont averti que les politiques de dépenses de l’administration Biden, associées aux paramètres monétaires de la Fed – taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas et achats d’actifs de plus de 1 400 milliards de dollars par an – pourraient entraîner un retour des niveaux d’inflation observés pour la dernière fois dans les années 1970.

 

La perspective d’une inflation endémique a été renforcée par les données publiées par le département du commerce le mois dernier.

 

L’indice de base des dépenses de consommation personnelle (PCE), qui exclut les coûts volatils de l’alimentation et de l’énergie, a enregistré une hausse de 3,1 % par rapport à l’année dernière. L’augmentation en mars était de 1,9 %. Si les coûts de l’alimentation et de l’énergie étaient inclus, la hausse était de 3,6 %.

 

Les responsables de la Fed continuent d’affirmer que les hausses de prix sont transitoires, qu’elles résultent de goulots d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement et d’autres facteurs temporaires, et que l’inflation commencera à diminuer plus tard dans l’année. La Fed a maintenu qu’elle ne commencera pas à resserrer sa politique monétaire tant que l’inflation ne sera pas constamment supérieure à 2 % et que le marché du travail – et l’économie en général – ne montrera pas une « amélioration substantielle ».

 

Mais on craint de plus en plus que cette politique ne conduise à des « marchés sauvages », si la Fed est obligée d’intervenir pour contenir la hausse des prix et que l’on parle d’un changement de paradigme en cours. C’était le sujet d’un article paru mardi dans le Wall Street Journal.

 

Il y est noté qu’au cours des trois dernières décennies, un cercle vertueux a fonctionné. Chaque fois que les marchés financiers ont connu des problèmes et des crises majeures, la Fed a pu intervenir en apportant un soutien accru, dans des conditions de taux d’inflation faibles et en baisse.

 

Après la crise de 2008, la Fed a procédé à d’importants achats d’actifs dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif et a fait baisser les taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas. La justification de ce programme était que la baisse des taux d’intérêt pousserait les investisseurs vers des actifs plus risqués et entraînerait une hausse de la croissance économique.

 

Or, rien de tout cela ne s’est produit. Au contraire, les investisseurs ont utilisé l’argent essentiellement gratuit mis à leur disposition pour concevoir des opérations spéculatives  toujours plus complexes et à fort effet de levier sur les marchés financiers afin de réaliser des bénéfices factices.

 

Ainsi, lorsque la pandémie (les mesures de confinement, de restrictions, de couvre-feux, et de lock-out. NDÉ),  à frapper en mars 2020, le château de cartes financier, construit au cours de la décennie précédente, était sur le point de s’effondrer. Le marché des 21 000 milliards de dollars du Trésor américain s’est figé. La Fed a été contrainte d’intervenir pour protéger l’ensemble du système, en doublant ses avoirs en actifs financiers (malsains et surévalués  NDÉ), qui sont passés de 4 000 à 8 000 milliards de dollars en moins d’un an.

 

Aujourd’hui, on craint que ce cercle vertueux ne devienne vicieux. L’article du WSJ cite les remarques de Christopher Cole, directeur des investissements d’Artémis Capital Management, qui a souligné les implications des garanties de la Fed selon lesquelles elle ne resserrera pas sa politique monétaire tant que l’inflation n’aura pas augmenté pendant une période considérable.

 

Selon Cole, cela signifie que la Fed restreindra le crédit, alors qu’une inflation plus élevée pose déjà des problèmes aux marchés financiers, ce qui alimentera la volatilité, aggravant ainsi la situation.

 

« Le problème ici est que si nous avons de l’inflation – une inflation réelle – cela supprime la capacité monétaire de la Fed à soutenir le crédit« , a-t-il déclaré.

 

L’orientation future de la politique monétaire fait l’objet de discussions au sein des instances dirigeantes de la Fed, le procès-verbal de la réunion des 27 et 28 avril notant qu’un certain nombre de participants ont jugé « approprié, à un moment donné au cours des prochaines réunions, de commencer à discuter d’un plan d’ajustement du rythme des achats d’actifs ».

 

Compte tenu de la hausse de l’inflation depuis lors et des signes de resserrement du marché du travail, il est pratiquement certain que cette question sera mise à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Comité fédéral de l’open market (FOMC), qui a le pouvoir de décision, prévue les 15 et 16 juin.

 

Dans une interview accordée au Financial Times cette semaine, James Bullard, président de la Fed de Saint-Louis, a déclaré qu’il existait des preuves d’un resserrement du marché du travail, malgré des données montrant que le nombre d’emplois était toujours inférieur de huit millions aux niveaux prépandémiques.

 

Bien qu’il n’ait pas le droit de vote au sein du FOMC cette année, l’opinion de Bullard est révélatrice de celle des autres. Il a déclaré que lorsque l’on considère que la pandémie est suffisamment sous contrôle, « on peut commencer à parler de changer les paramètres de la politique monétaire. Il semble bien que nous nous rapprochions de ce stade. »

 

Les mêmes problèmes se posent en Europe, mais pas dans la même mesure qu’aux États-Unis.

 

L’inflation dans la zone euro a atteint 2 % en mai, la première fois qu’elle a atteint l’objectif de la BCE depuis plus de deux ans. Le conseil des gouverneurs de la BCE se réunira le 10 juin et devra décider de la poursuite ou de la réduction de ses achats d’actifs de 80 milliards d’euros par mois. La position officielle de la BCE, exprimée par sa présidente Christine Lagarde, est que la hausse des prix est temporaire.

 

Dans une réponse quelque peu irritée à une question posée vendredi dernier, à savoir si la BCE allait ralentir ses achats d’obligations, Mme Lagarde a déclaré qu’il était « beaucoup trop tôt, et qu’il était en fait inutile de débattre de questions à long terme ».

 

« J’ai dit à plusieurs reprises que les décideurs politiques fournissent le bon pont à travers la pandémie, pour la reprise, afin que nous puissions effectivement remplir notre mandat, et c’est ce que nous ferons. »

 

Mme Lagarde est soumise à une pression constante de la part de ceux que l’on appelle les « faucons » des économies d’Europe du Nord, qui préconisent depuis quelques semaines un assouplissement des achats d’obligations, sur la base de l’amélioration des perspectives d’inflation et de croissance économique.

 

Mais la BCE est confrontée à une complication : tout ralentissement des achats d’obligations, et la hausse des taux d’intérêt qui en découle aura un impact significatif sur les membres les plus endettés de la zone euro, comme l’Italie, la France et d’autres pays de la périphérie qui ne parviendront plus à rembourser leur dette souveraine…ce que nous savons tous depuis belle lurette (NDÉ).


 

NOTES

 

 

  1. Inflation: accroissement excessif des instruments de paiement (billets de banque, capitaux) entraînant une hausse des prix et une dépréciation de la monnaie (s’oppose à déflation).
  2. Déflation: la déflation se définit comme l’opposé de l’inflation. Elle se caractérise par une baisse continue du niveau général des prix.
  3. Stagflation: situation économique caractérisée par la stagnation de l’activité économique, de la production, et par l’inflation des prix. http://www.msrblog.com/business/economics/stagflation-definition.html
  4. Lockoutgrève patronale, est la fermeture provisoire d’entreprises, décidée par l’employeur pour faire pression sur les travailleurs.

 

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

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