PÉNURIES INDUSTRIELLES – TRAVAILLEURS ET EXERCICE PANDÉMIQUE

Octobre 2021. Traduction et commentaires:

 

pénuries industrielles
Pénuries industrielles. Photo dans un entrepôt de matériaux en Espagne.

 

Les pénuries industrielles ne sont pas seulement un problème britannique. En Espagne, la production industrielle diminue et la « reprise » est plombée malgré l’augmentation de la demande. En Allemagne, toute la production industrielle est perturbée. Le chaos atteint un tel point que les industriels américains appellent à une trêve dans la guerre commerciale contre la Chine et que la Chine déverrouille le charbon australien. Mais ne vous y trompez pas, ils font partie de ce que  l’UE appelle « un effort de guerre ». Les chaînes d’approvisionnement mondiales sont au bord de l’effondrement.


Table des matières


Les « plans de relance » et le Green Deal ne résolvent pas la crise économique, ils aggravent et mondialisent les mêmes contradictions qui l’ont créée.

 

Biden et Yellen expliquent aux chefs d’entreprise cette semaine les politiques d’augmentation des dépenses et de Green Deal. Des problèmes de pénuries industrielles sont inévitablement apparus lors de la réunion.
Biden et Yellen expliquent aux chefs d’entreprise cette semaine les politiques d’augmentation des dépenses et de Green Deal. Des problèmes de pénuries industrielles sont inévitablement apparus lors de la réunion.

Les premières vagues de pénuries industrielles ont été le résultat de la fermeture d’usines de fournisseurs en Chine. Loin d’être résolues, les vagues suivantes de Covid ont accru le problème en raison de l’incapacité du système à faire face à la pandémie à l’échelle mondiale… et les « sorties de crise » menacent de se multiplier et de l’aggraver encore plus. (Ici, nous différons d’opinion avec nos camarades espagnoles. Dans la mesure ou l’ensemble du Grand capital mondialisé s’est laissé piéger et coincer par ses factions Big pharma et GAFAM et leur exercice de terrorisme pandémique bidon, peut-on dire que le « système » n’a pas su « faire face à la pandémie » dans laquelle il s’est laissé entraîner? De fait, il nous parait que la véritable tâche qui s’impose est de faire le bilan de cet exercice paramilitaire mondial = réussite ou échec pour la classe du Grand capital mondial (2000 milliardaires et leurs exécutifs corporatifs)? NDÉ) 

Tant l’UE avec ses « plans de relance » que, à une échelle encore plus grande, la Chine et les États-Unis – qui discutent maintenant d’un nouveau macro-budget de 2 300 milliards de dollars– fondent leur politique anti-crise sur l’augmentation de la demande par le biais d’injections de dépenses et d’investissements. L’investissement qui est massivement concentré dans le Green Deal, une façon choisie d’organiserun transfert massif de revenus du travail vers le capital qui donne une bouffée d’oxygène à l’accumulation.

Le résultat, cependant, est un chaos accru du système d’approvisionnement et une crise énergétique mondiale.

 

La Chine, le charbon et sa crise énergétique

Les navires charbonniers australiens attendent avec leur cargaison bloquée devant les ports chinois. C’était l’un des premiers signes de pénuries industrielles générales à venir.
Les navires charbonniers australiens attendent avec leur cargaison bloquée devant les ports chinois. C’était l’un des premiers signes de pénuries industrielles générales à venir.

 

L’exemple chinois est très clair. En décembre dernier, la Chine a bloqué les importations de charbon australien dans le cadre de l’escalade impérialiste entre les deux pays. Comme effet immédiat, les pannes d’électricité et le rationnement de l’électricité ont commencé. Aussi une augmentation des importations aux États-Unis et au Canada malgré la guerre commerciale. (Prendre note que ce blocage du charbon australien – et ce report vers le charbon canadien fait partie intégrante du vaste exercice paramilitaire « pandémique » indiquant à chaque belligérant ses dépendances en approvisionnement en ressources essentielles. De ce point de vue, il est évident que le plus puissant producteur industriel de la planète affiche ses faiblesses en énergie et en minerais de base. Les économies désindustrialisées afficheront leurs dépendances en produits manufacturés. NDÉ)

Mais entre-temps, d’énormes investissements et dépenses publiques ont accéléré la demande d’électricité et le gouvernement a choisi des réductions et des quotas d’électricité plutôt que de violer ses propres objectifs d’émissions et «l’intensité énergétique» de la production. La raison : les mécanismes de «paiement des quotas d’émission à la frontière» mis en place par l’UE et les États-Unis, la nouvelle barrière tarifaire du Green Deal. La réflexion sur le PIB a déjà commencé à se matérialiser et menace d’affecter toute l’Asie.(Avant d’affecter les clients occidentaux de ces usines asiatiques. Ceci aussi fait partie des préparatifs de guerre. Il s’agit pour les économies occidentales d’habituer les populaces aux pénuries de produits manufacturés en Asie et de forcer l’industrie occidentale à développer des productions locales (chauvinisme et nationalisme économique de pacotille) quitte à détruire la faune et la flore régionale et à faire grimper les prix pour la classe ouvrière (l’hyperinflation guette l’économie nationale et mondiale). NDÉ).

 

Le tableau, qui exprime déjà de graves contradictions sur le fond, est complété par la hausse générale des prix du charbon, due en partie à la demande chinoise, mais aussi à l’augmentation des coûts du fret maritime.

 

Hausse des coûts de fret et effondrement du port

Navires attendant d’entrer dans le port de Los Angeles le 26 août. L’effondrement des ports asiatiques et américains est en partie à l’origine de la pénurie industrielle actuelle.
Navires attendant d’entrer dans le port de Los Angeles le 26 août. L’effondrement des ports asiatiques et américains est en partie à l’origine de la pénurie industrielle actuelle. (Le Grand capital mondial valide ainsi tous les paramètres d’un conflit éventuel entre la puissance déclinante et la puissance émergente pour l’hégémonie mondiale. NDÉ) 

 

La demande que génèrent les politiques expansionnistes et les investissements dans le Green Deal a une structure caractéristique. Les entreprises achètent plus de biens d’investissement – machines, générateurs renouvelables, etc. – et d’équipements de travail – ordinateurs – robots – et produits électroniques -. Les particuliers en profitent pour renouveler des biens de consommation durables – appareils électroménagers, ordinateurs et voitures – encouragés entre autres par le nouveau boom immobilier aux États-Unis. (Boom immobilier artificiel – parce que reposant essentiellement sur le crédit non solvable – qui recèle l’immense danger d’un colossal crash boursier. Se souvenir du crash de 2008. Déjà quelques agences de crédit immobilier en Chine montrent des signes d’effondrement. NDÉ)

C’est-à-dire que la demande de biens physiques produits en Asie augmente. Le résultat est une augmentation de 10% du fret international. Cela ne semble pas dramatique, mais avec des systèmes de stockage insuffisants et des structures à l’échelle pour la demande avec une croissance prévisible, il en a résulté de longues files d’attente de navires ancrés dans le port en attente d’estiva. Retards et temps supplémentaires payés.

En outre, le transport maritime est l’un des secteurs dont la structure des coûts est la plus rapidement affectée par le Green Deal. Les États-Unis ont fait un drapeau pour avancer la transition vers zéro émission à 2050 et l’UE est déterminée à facturer des droits d’émission aux compagnies maritimes européennes… et les compenser en facturant des «ajustements CO»2 à la frontière» aux compagnies maritimes extérieures à l’Union lorsqu’elles arrivent au port.

Ajoutez aux premiers efforts de substitution de carburant des compagnies maritimes, les coûts accumulés pendant les confinements, le manque d’entrepôts suffisants et les embouteillages logistiques dans les ports, de Shanghai à Oakland : le prix du fret s’est multiplié par 10 au cours de la dernière année et demie. (Hausses de prix inflationnistes qui seront refilées aux prolétaires -chinois-américains-européens-canadiens- qui seront encore une fois taxer pour les guerres (sanitaires – commerciales – monétaires – manufacturières)… Voilà le processus concret par lequel le capital salarié est transféré au Grand capital financier mondialisé. NDÉ)

La question, cependant, reste dans l’air: comment se fait-il qu’une augmentation de 10% de la demande multiplie par 10 le prix du fret et qu’il y ait encore des pénuries industrielles. Les marchés ne fonctionnent-ils pas et ne s’équilibrent-ils pas sur la base de l’offre et de la demande?

 

Le chaos capitaliste est la véritable cause des pénuries industrielles

Conteneurs en attente dans le port de Hambourg.
Conteneurs en attente dans le port de Hambourg.

 

Lorsqu’on interroge les analystes ou les dirigeants industriels, la réponse est apparemment simple : le système logistique mondial, basé sur le «juste à temps» et les économies de stockage, n’a pas subi une forte augmentation de la demande et a généré des pénuries industrielles parce qu’il n’y était pas préparé.

 

Dans un monde où tout est planifié, et où les chaînes logistiques fonctionnent sur le « juste à temps », le moindre imprévu peut semer le chaos comme dans un orchestre où un musicien prend le mauvais rythme.

SÉBASTIEN JEAN, DIRECTEUR DU CENTRE DE PROSPECTIVE ET D’INFORMATION INTERNATIONALE, AU MONDE

 

(En d’autres termes, et comme il est écrit ci-dessous, la variable transport est devenue une variable d’ajustement très importante dans la production de PLUS VALUE. Cette évolution est la conséquence des transformations des technologies du transport et de la nouvelle division internationale des moyens de production – localisation industrielle – migration de la force de travail – reclassification de la force de travail  et  développement de nouveaux marchés (Asie – Afrique)… transformations qui complètent la propagation mondiale de l’économie capitaliste globalisée. NDÉ)

 

Mais le « juste à temps » n’est pas un produit de la Nature, c’est une création très récente qui est inextricablement liée à la division internationale du travail qui s’est articulée dans les années quatre-vingt-dix… et les politiques précaires subies par les travailleurs.

Pour maximiser les résultats de ce jeu, il a fallu aplatir les différences tarifaires et fiscales pour renforcer la fluidité de la libre circulation des capitaux et des marchandises. […]

Mais le monde de la production et de la vente de marchandises, le cœur matériel du capitalisme, a eu d’autres temps. Il faut du temps pour prendre un bien d’un endroit à un autre et, ce faisant, les coûts logistiques sont intégrés. La solution de maximisation consistait en partie à réduire ces coûts et ces délais, au moins autant qu’ils devaient aux contrôles de l’État. Mais surtout en réduisant les temps d’adaptation des fournisseurs périphériques à l’évolution des besoins de production des chaînes de montage final à l’intérieur ou aux frontières de leurs principaux marchés.

La prévisibilité et la rapidité des flux de composants et de produits semi-transformés ont permis aux grandes entreprises automobiles, électroniques et même agroalimentaires de mettre en place un nouveau système de gestion des stocks, juste à temps.

Juste à temps, les coûts de stockage ont éliminé les coûts de stockage en libérant du capital pour la spéculation, ont alourdi les risques de marché sur les épaules des fournisseurs et ont rendu la surproduction invisible dans le capital central qui ne serait plus submergé par des masses de stocks stockés invendus.

Les nouvelles formes archétypales de surproduction en Europe et aux États-Unis seraient donc alors des pauses et des ERT, et en Chine le chômage des travailleurs migrants dans les villes. La nouvelle division internationale du travail impliquait également de plus en plus de nouvelles formes de précarité des travailleurs.

LA NOUVELLE DIVISION INTERNATIONALE DU TRAVAIL ET LE CANAL DE SUEZ,19/3/2021

 

C’est-à-dire que le risque de pénuries industrielles et la fragilité du système ont été amortis par la précarité des travailleurs tout au long de la chaîne industrielle internationale: des usines électroniques chinoises aux constructeurs automobiles européens. C’est ce «matelas», construit à nos frais, qui maintenant ne donne plus suffisamment de profits. Et ceci, parce que les deux solutions capitalistes qui sont mises en œuvre ne peuvent que multiplier le chaos qu’elles prétendent vouloir résoudre.

Lee también: La nueva división internacional del trabajo y el Canal de Suez, 19/3/2021

Concentration du capital et pénuries industrielles

Impression de puces sur des biscuits au silicium. La pénurie industrielle de composants électroniques a provoqué une nouvelle impulsion vers la concentration de la production et du capital en réponse qui ne fera qu’accroître le chaos et les contradictions.
Impression de puces sur des biscuits au silicium. La pénurie industrielle de composants électroniques a provoqué une nouvelle impulsion vers la concentration de la production et du capital, une réponse qui ne fera qu’accroître le chaos et les contradictions. (Un autre secteur sensible – stratégique – de la dépendance des économies occidentales en déclin vis-à-vis des économies asiatiques émergentes. Nous comprenons mieux l’intérêt des concurrents chinois et américain pour l’ile de Taïwan 2e producteur mondial de semiconducteurs. NDÉ) 

 

La première réaction stratégique aux pénuries industrielles a été le lancement de capitaux massifs pour créer de nouvelles usines de puces en Europe, aux États-Unis et en Corée du Sud.

C’est important parce que les puces, en particulier, expriment bien les déformations imposées à la technologie elle-même par la nécessité de céder la place à de grandes masses de capital sans placement productif rentable. Et pourtant, il n’est pas utilisé pour changer une forme de production de plus en plus inefficace et ralentit l’innovation tout au long de la chaîne en aval, précisément pour la même raison : la nécessité de donner des capitaux gigantesques exige plus d’échelles, aussi dysfonctionnel et anti-humain que le résultat puisse être.

Lee también: La guerra de los chips y las contradicciones del capitalismo, 14/6/2021

 

Les conséquences de tels mouvements sur les travailleurs, même si elles sont argumentées comme une stratégie contre les pénuries industrielles, sont nécessairement anti-humaines.  Nous le voyons dans ce qui se passe avec les vaccins et ce qui se passe avec d’autres productions pharmaceutiques telles que l’insuline :  des monopoles mondiaux et des refuges de capitaux qui coupent toute alternative mais qui restreignent de facto l’accès aux produits vitaux à la majeure partie du monde. (C’est cela le mode de production capitaliste. NDÉ)

Le résultat global n’est cependant pas plus de la même chose, mais une transformation de la division internationale du travail dont les conséquences alimenteront davantage le chaos et les sacrifices exigés des travailleurs.

 

La nouvelle division internationale du travail, les pénuries industrielles et la guerre

Macron promet à Douai aux syndicalistes de Renault que la chaîne de production automobile sera 100% made in France. La renationalisation – et la précarité du travail – comme fausse solution aux pénuries industrielles.
Macron promet à Douai aux syndicalistes de Renault que la chaîne de production automobile sera 100% made in France. La renationalisation – et la précarité du travail – comme fausse solution aux pénuries industrielles(que la gauche – altermondialiste – démondialiste – et la droite et les syndicats réformistes applaudissent à tout rompre. NDÉ) 

 

Avec la double accélération du mouvement des capitaux qu’implique le chevauchement du Green Deal et la réorganisation des chaînes productives autour des blocs commerciaux – et de plus en plus militaires– en formation, la concurrence pour attirer les capitaux s’accélère.

La stratégie des États-Unis et de l’UE est double, d’une part en essayant d’organiser de nouveaux pôles industriels fortement concentrés autour d’industries clés. En eux, la promesse de nouveaux emplois et la fin des pénuries industrielles avec leurs suppressions d’emplois plus ou moins temporaires est toutefois utilisée pour exiger des travailleurs de la « flexibilité » et de nouvelles formes de précarité.

Trump et Biden ont ouvert la voie, et maintenant Macron, Sanchez et Draghi et Trudeau ont chacun pris le train en marche en fonction des possibilités de leur capital nationale.

Depuis juin, Macron fait campagne pour lever des capitaux et vendre aux travailleurs une solution à la  Trump: la renationalisation de la production comme promesse d’un arrêt de la précarité, au prix de… « flexibilité » et « modération des salaires». Dans son dernier discours à la télévision nationale, le paquet était explicite : les deux grands objectifs industriels du parcours politique qui débutera en septembre seront de rapatrier l’ensemble de la chaîne de production automobile et une partie substantielle de l’industrie pharmaceutique. (Ce que l’expérience de la crise pandémique bidon leur a appris comme dangereuse vulnérabilité impérialiste vis-à-vis le camp ennemi. NDÉ)

Ce n’est pas un hasard si, dans le même paquet, la formation professionnelle en alternance – la gratuité du travail des jeunes en échange d’une promesse de placement – et les premières esquisses d’une nouvelle réforme des retraites qui cherche à reproduire ce qui se passe avec les salaires: augmenter la pension minimale, réduire les moyennes et finir par payer moins les travailleurs avec un discours hypocritement social… (sans oublier le « revenu social minimal »… assurant la pauvreté du plus grand nombre. NDÉ)

PÉNURIES INDUSTRIELLES ET CINQUIÈME VAGUE : PRÉLUDE À UN REBOND DE LA CRISE ET EXACERBATION DU NATIONALISME ÉCONOMIQUE,25/7/2021

 

D’autre part, la production industrielle stratégique, mais avec moins de concentration de capitaux, se déplace vers des pays semi-coloniaux à bas salaires dans des zones politiquement et stratégiquement «plus sûres» que les régions asiatiques. Il est clair que le danger de pénuries industrielles fait partie de ses motivations, même si ce n’est pas la seule.

Bruxelles veut raccourcir les chaînes de production et placer les segments à faible valeur ajoutée, c’est-à-dire la production industrielle à bas salaires dans les régions à portée de transport décarboné (règles du Green Deal) des grandes usines du croissant fertile qui relie le Nord italien à la Belgique et à la Hollande en passant par la France et l’Allemagne.

Les contraintes énergétiques réduisent les régions possibles à convertir en Chine européenne à deux : le Maghreb et les Balkans occidentaux. C’est-à-dire que l’objectif impérialiste, comme presque toujours, n’est pas réduit aux marchés et aux contrats, mais à la possibilité de faire des investissements subalternes dans leur propre production et leurs marchés intérieurs dans une zone de sécurité avec de bas salaires qui assurent leur rentabilité.

LA BATAILLE POUR LES BALKANS OCCIDENTAUX, L’EUROPE DE L’EST ET L’AVENIR DE L’UE, 05/07/2021

 

Le sommet européen d’hier à Brdo n’est ni un accident ni, pour une fois, un nouveau fiasco. Elle s’inscrit dans le processus de «raccourcissement» des chaînes d’approvisionnement et de renforcement du contrôle du capital européen sur tous les processus de production dont il fait partie. (De quoi assurer « l’indépendance » et la sécurité de la production européenne de plus value – sécurité vis-à-vis l’Amérique déclinante et la Chine montante. NDÉ) 

Cette nouvelle carte de la division internationale du travail, loin d’apaiser les tensions impérialistes mondiales, ne peut qu’aggraver celles-ci. Avec l’émergence de nouvelles alliances militaires telles que AUKUS et la résurrection de « l’armée européenne », c’est le premier pas matériel vers une économie de guerre. https://les7duquebec.net/archives/267549 

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

3 réflexions sur “PÉNURIES INDUSTRIELLES – TRAVAILLEURS ET EXERCICE PANDÉMIQUE

  • 16 octobre 2021 à 0 h 38 min
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    Économie de guerre ou pas, cet excellent article a le mérite surtout d’expliquer les graves et sérieux problèmes qui affectent le bris de la chaîne d’approvisionnement mondiale… en alimentation essentielle surtout et secondairement en composés industriels comme les circuits intégrés et qui ont paralysé un constructeur comme Ford par exemple à ne plus pouvoir livrer des autos et des pick-ups, qu’ils soient a moteur normal ou électrique… avant des délais qui peuvent avoisiner les 8 a 10 mois, a leur clients frustrés par le phénomène ! alors qu’il y a a peine deux ans, une commande d’un pick up aussi complexe soit-elle, était traitée en une semaine et livrée aussitôt !

    le fret maritime est un autre bordel lui, dominé par des cartels et des puissants dans tous les pays du monde et dont l’essentiel des flottes de porte-conteneurs et navires de transport de grains en vrac ou de minerais, ou encore de pétroliers et gaziers, sont plus la plupart domiciliés à Chypre et à Malte, deux états voyous de la méditerranée et quartiers généraux de la pègre, des trafiquants en tous genre dont la drogue et de la prostitution mondiale, et un véritable nid d’espions et de services de renseignements aussi, qui se sont enrichi depuis des décennies grâce au subterfuge des immatriculations du plus gros de la flotte mondiale de transport maritime…et qui représente a peu près avec le tourisme, leur seul business qui soit  »en règle », car le reste de leur capitaux, la majorité, sont tous issus des activités mafieuses.

    Comme le relate l’article, il suffit d’un rien pour que le transport maritime s’écroule…avec cette histoire de  »juste a temps »…. et surtout avec les fluctuations du prix du gasoil pour ces bateaux cargo dont ils consomment des quantités phénoménales…, en plus des changements dans l’offre et la demande trop subites sur les marchés… qui fait que ces transporteurs sont devenu comme des  »détaillants » du transport maritime via ce qu’on appelle le  »groupage »… c’est a dire permettre a plusieurs importateurs – exportateurs de se partager les conteneurs et au volume au mètre cube… pour tenter de rentabiliser leur business, et devoir faire des escales de port en port et des détours…tout le temps… un secteur a la base qui n’emploie que quelques travailleurs paumés, très mal payés et parfois non payés pendant des mois, et issus généralement des pays les plus pauvres et paumés de l’asie du sud et de l’Afrique ou de l’Amérique latine … des Sri lankais, des malgaches, des philipins, des africains de la corne de l’afrique, des latinos… etc qui ne dépassent jamais la douzaine et au meilleure une vingtaine a bord, mécaniciens et officiers inclus, pour faire tourner des bateaux gigantesques qui peuvent transporter jusqu’à des milliards de dollars en marchandises… alors qu’on les paie généralement en dessous de $400 ou $500 par mois dans le meilleur des cas via des contrats ou ils n’ont pas les moindres  »avantages sociaux’, et encore moins des retraites, s’ils ne cotisent pas eux mêmes… (certains acceptent des salaires de $200 très souvent et moins, pour travailler tout un mois dans des conditions cauchemardesques) ….la majorité d’ailleurs ne dépassent jamais 10 ans dans ce secteur, ils finissent complètement cassé, malades et insoignables sur terre dans leur bercail ou quelque part… !

    Cette explosion des prix du transport maritime par dix dans cet article, ou par quatre selon d’autres sources et selon les endroits et les filières, est directement responsable d’affamer a l’heure ou on parle ici, des centaines de millions de gens à travers la planète, principalement dans l’hémisphère sud, et elle est conjuguée a une pénurie de production agricole aussi, et une raréfaction de la production de plusieurs produits… ! des augmentations du prix final au consommateur de l’huile de cuisson, des farines, du sucre, du café et de plusieurs matières essentielles, ne peut effectivement pas être absorbée par les états du tiers-monde, engagé pour leur part dans des processus de  »levée et démantèlement de la compensation aux produits subventionnés »… c’est a dire, que ces états qui payaient et absorbaient jusqu’a 75% des coûts réels de ces produits pour les rendre disponibles a leur populations a des prix raisonnables locaux… se désengagent progressivement et depuis 10 ans de ces politiques de compensation car grugeant sérieusement leur finances. Un pays comme le Maroc et beaucoup de pays en Afrique par exemple, qui doivent par exemple subventionner le prix des aliments importés comme le blé Russe ou Canadien, et celui du propane pour remplir les bouteilles de gaz de la ménagère, ont coupé net dans ces politiques… et le propane est le prochain sur la liste depuis qu’ils arrêtent pas de dire que  »ce sont les riches qui en profitent les plus comme les usines, les restaurants et les hotels et consomment le plus gros du propane »… alors que la population en millions ne peut en effet s’acquitter d’un prix du propane de cuisson, subventionné et dépassant son $4 la bouteille encore aujourd’hui ! Par ailleurs, des pays comme l’Égypte ou l’Algérie ou les systèmes de  »compensation » et de subvention des denrées importées de bases subsistent toujours et sont essentiels, verraient leur pays et populations s’effondrer totalement si les états s’amusaient a démanteler ces systèmes… ! et c’est pour ça qu’ils ne jouent pas avec ça… encore moins en Algérie ou les importations sont quasi totales et le pays ne produit que très peu encore… même si c’est entrain de changer progressivement…

    Les spéculateurs sont le dernier chaînon qu’il faut combattre en fait, car sont ceux qui, quelque soient les conditions catastrophiques des marchés et des prix, s’incrustent et disposent de capitaux et reins solides tout le temps, pour rendre la situation encore plus dramatique ! cette race de requins mangeurs d’hommes se trouvent dans tous les pays du sud et sont souvent encouragé ou ont des accointances avec les politiciens et les pouvoirs en place qui leur permettent de faire rouler leur business en tous temps et ferment les yeux sur leur pratiques moyennant gros bakchichs…., cette race la de requins, les spéculateurs, il faudrait leur construire des cages et les y enfermer vivants et les descendre par 2000 m de fond dans les océans…c’est le seul moyen de remédier a leur mal…:))) avec leurs copains politiciens ! et dans tout le tiers monde ce sont eux qui se soient enrichi comme crésus durant les vingt dernières années ! Villas, voitures de grand luxe, possessions immobilières et investissements dans le tourisme… leur rejetons se la pètent comme la jeunesse dore du tiers-monde partout sur la planète et organisent des  »mariages aux maldives » en plus ! … alors que tous, n’étaient encore que d’indécrottables blédards hier et encore aujourd’hui…. des semi analphabètes pour la plus part ou même diplômés de commerce dangereux et sans aucune conscience… encore pire que les boursicoteurs de mes deux…mais qui maîtrisent a merveille l’art de la spéculation… et ceux de manipuler les stocks, les prix et jouer avec les les taux de change!

    Ce qui se passe maintenant sur les marchés est une phase qui fait peur car très instable, et il suffirait de quelques erreurs de plus, et continuer à voir les états négliger et vouloir maquiller ces phénomènes macroéconomiques graves… que tout en effet peut s’écrouler… et on aura plus qu’à nous barricader dans les sous-sols… en tous cas ceux qui en ont accès…. car je serais pas étonné si demain une rupture alimentaire majeure arrivait…que certains ne recourent pas au cannibalisme te commencent a bouffer leur voisin…. en commençant par les chiens et les chats de compagnie…:)))

    On touche du bois … !

    Excellent article ! Merci Robert !

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