Guerre Russie-OTAN-Ukraine: les pauvres d’Afrique en sont victimes

Source:  France – Irak – Actualité.

Par Öznur Sirene (revue de presse : TRT en français – 1/4/22)*

L’offensive russe en Ukraine a changé tous les équilibres géopolitiques, soulevant des inquiétudes majeures liées à la défense mais aussi à la sécurité alimentaire mondiale. A tout cela s’ajoutent des difficultés sanitaires provenant de la pandémie de Covid-19.

L’implication directe ou indirecte des plus grandes économies mondiales dans le conflit russo-ukrainien fait également naître des préoccupations quant à l’avenir de l’économie mondiale.

« L’économie mondiale entière en sentira les effets à travers une croissance plus lente et des perturbations des échanges commerciaux. Les populations plus pauvres et vulnérables seront les plus touchées », ont averti les grandes organisations économiques internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale dans un communiqué commun. Selon certaines estimations, le conflit pourrait amputer l’économie mondiale de 800 milliards de dollars, un chiffre qui peut même être plus important en fonction de la durée de l’offensive.

La contraction économique mondiale pourrait essentiellement provenir d’un éventuel choc pétrolier et de l’augmentation des prix des matières premières. Rappelons que la Russie est l’un des plus gros producteurs et exportateurs de pétrole. L’Europe est aussi extrêmement dépendante du gaz russe avec environ 45% de ses importations de gaz, provenant de Russie.

Une autre menace qui plane sur le monde est l’éventualité d’une crise alimentaire mondiale. La Russie et l’Ukraine représentent au moins un quart des exportations mondiales de céréales.

Risque d’une pénurie alimentaire majeure en Afrique

En raison de la dépendance énergétique des pays européens vis-à-vis de Moscou et de leur proximité géographique avec la Russie et l’Ukraine, toute l’attention est concentrée sur le continent européen depuis le début du conflit. Or le continent africain est dans une situation beaucoup plus critique. « Selon des données de l’ONU, 25 pays africains ont importé plus de 33% de leur blé depuis l’Ukraine et la Russie en 2018 et en 2020. Parmi les pays les plus touchés, le Bénin (100%), la Somalie (100%), l’Egypte (81%) ou le Soudan (75%) », souligne BFM.

Dépendance des pays africains au blé russe et ukrainien (Others)

Sur le continent, la flambée des prix des denrées alimentaires de première nécessité crée une situation critique pour de nombreux pays africains tels que le Sénégal, faisant aussi face au défi de l’approvisionnement en eau.

En accord avec les pays du G7, le président français Emmanuel Macron a proposé jeudi 24 mars un plan d’urgence pour la sécurité alimentaire afin de prévenir le risque de « famine » dans de nombreux pays dont notamment en Afrique.

En réalisant d’intenses échanges commerciaux et des investissements directs sur le continent, l’Union européenne entretient des relations solides avec l’Afrique. Elle offre aussi des subventions et prêts aux gouvernements dans le cadre d’un soutien financier direct. Or ces aides risquent de se réduire drastiquement en raison des impacts économiques de l’offensive russe en Ukraine.

Relations privilégiées de la Russie avec l’Afrique

Un autre sujet important à souligner est l’influence grandissante de la Russie en Afrique. Profitant de la vague anti-impérialiste en évolution sur le continent, la Russie a de plus en plus renforcé sa position sur le continent. En 2019, un premier sommet Russie-Afrique a été organisé en 2019 avec la participation de 43 dirigeants africains. L’Afrique représente désormais plus qu’un marché à conquérir, une sphère d’influence clé pour la Russie.

C’est ce qui explique d’ailleurs que lors du vote d’une résolution de l’ONU du 2 mars, condamnant l’intervention russe en Ukraine, près de la moitié des pays qui se sont abstenus sont africains.

Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la Russie représente 49% du total des exportations d’armes vers l’Afrique. En outre, la Russie a consolidé ses relations avec de nombreux pays africains par la signature d’accords sur la formation militaire, l’exploitation des ressources naturelles et la lutte contre le terrorisme. La société privée de sécurité russe Wagner serait aussi présente dans de nombreux pays africains tels que le Mali, la Mozambique et la République centrafricaine.

L’avenir de la présence russe en Afrique dépendra directement du résultat de l’offensive en Ukraine. Si la Russie en sort vainqueur, elle s’implantera davantage sur le continent africain. Cela fera aussi le bonheur des alliés africains de la Russie. Si la Russie en sort perdante, les conséquences seront encore plus lourdes pour les pays africains qui sont ses alliés privilégiés.

*Source : TRT (en français)

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

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