Journaliste militant bénévole

OLIVIER CABANEL — Etre journaliste militant, c’est faire non seulement de l’investigation, mais surtout s’employer pour que ces informations soient connues du plus grand nombre.

Comme chacun sait, on a tenté en vain de nous faire croire que la pollution de Tchernobyl n’avait pas passé la frontière française.

Peu de temps après l’accident, Michele Rivasi avec une trentaine d’autres scientifiques avait réuni une somme d’argent importante afin de créer un laboratoire d’analyse indépendant capable de mesurer la radioactivité contenue dans les aliments.

Ce groupement, sous l’appellation de CRIIRAD avait commencé les expertises en 1986 et, comme à l’époque, leur siège était à Montélimar, les produits analysés venaient surtout de la Drôme.

Les analyses démontrant, que le césium 134 et 137 de Tchernobyl avait contaminé les aliments, furent envoyées à la presse qui s’en fit bien sûr l’écho.

Seulement ce que retenaient les journalistes, c’est que la Drôme était polluée, sans évoquer tous les autres départements.

J’avais rencontré Michelle Rivasi peu après l’accident de Tchernobyl, l’ayant invitée à commenter un film, Le Tocsin de Tchernobyl, que nous avions présenté en Isère.

Elle me demanda si je pouvais l’aider afin de prouver que cette radioactivité ne s’était pas limitée à la Drôme.

Je m’en fus ramasser des champignons, choisissant à dessein des trompettes de la mort, puisque y figurait le mot mort, et que le champignon évoquait aussi celui des bombes nucléaires.

Ces champignons étaient connus pour leur capacité à concentrer la radioactivité.

J’envoyais ces champignons à la CRIIRAD à fins d’analyses et, peu de temps après, je recevais le verdict :

Ils avaient 1 841 becquerels au kilo, alors que la norme préconisait de ne pas dépasser 600 bcq pour les adultes et 340 pour les enfants.

Je contactais alors l’agence locale du Dauphiné libéré, et informais le rédacteur en chef de cette information, leur réservant le scoop pendant 48 heures.

Dans l’après-midi, un journaliste m’appela de Lyon afin de prendre rendez-vous.

Lorsqu’il fut en possession de toutes les preuves, fiche de laboratoire en main, il prit une photo des champignons et publia l’information en première page de toutes les éditions rhône-alpines de ce journal.

Le titre de l’article était : « Trompettes de la mort, prudence ».

J’avais posé comme seule condition que le nom et le téléphone du laboratoire de la CRIIRAD soient indiqués à la fin de l’article.

Le résultat dépassa toutes mes espérances, puisqu’une équipe de télévision régionale vint même filmer ces fameuses trompettes.

Cela fit boule de neige, et toute la presse s’en fit l’écho.

Les demandes d’expertises affluèrent à la CRIIRAD.

Bientôt les preuves de la contamination de tous les départements rhône-alpins furent apportées.

Peu après, j’étais contacté par Que choisir qui me demanda de l’aider à faire un numéro spécial sur les conséquences de Tchernobyl sur nos produits alimentaires.

Ce magazine commanda donc de multiples expertises sur des aliments de toutes les régions françaises et, lorsque le numéro sorti, chacun put enfin connaître la complète vérité.

Certes, j’ai eu de la chance, car Le Dauphiné aurait très bien pu ne pas publier l’information que j’avais donnée, et rien ne dit que d’autres journaux l’auraient fait.

Aujourd’hui, grâce à internet, ce genre d’action est plus facile, même si parfois, comme c’est le cas pour l’huile contaminée (voir mon article « Mets de l’huile ? surtout pas ! »), on éprouve des difficultés à sensibiliser les citoyens.

Car comme disait un vieil ami africain :

« Quiconque taquine un nid de guêpes doit savoir courir ».

Journaliste militant bénévole

5 réflexions sur “Journaliste militant bénévole

  • 14 novembre 2022 à 17 h 54 min
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    Tout ce qui tue des humains est écologique.

    Contrairement aux écolos qui rêvent de bétonner leur UE-hijab avec la surponte africaine importée (la surface d’un département tous les 15 ans).

    Gouroutasse mongolienne sortie de maternelle norvégienne… et Sardine Ruisseau avec ses puces colocataires où ses arbres vivisectionnés… la pseudo écologie = le niveau 0 de la pensée.

    MARADI,  8,4 ENFANTS PAR «FEMME» RECORD MONDIAL DE SURPONTE
     
    NIGER (7,6 en moyenne),

    « Vive le béton! Vive la traite négrière! » Officine Négrière Gavée par Soros

    «L’IMMIGRATION fait baisser ainsi les salaires, et dégrade la condition morale et matérielle de la classe ouvrière […] une classe ouvrière divisée en deux camps hostiles, les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais [imaginez avec musulmans/chrétiens] Le SECRET de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise [souchienne], en dépit de son organisation […] grâce auquel la classe CAPITALISTE maintient son pouvoir. Et cette classe [Soros] en est parfaitement consciente »

    MARX, lettre à Meyer et Vogt, 1870

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  • 15 novembre 2022 à 22 h 42 min
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    Bravo ! je ne sais d’ailleurs pas ou vous deviez écrire auparavant Monsieur Cabanel car je me souviens vaguement avoir lu votre nom qq part dans la presse française il y a bien longtemps… si vous écriviez dans des journaux ou collaboriez a des magazines connu, il serait bon de le partager que je puisse m’en rappeler ! …

    Nous vivons dans un mode pourri, et il en a toujours été ainsi…et il en sera toujours ainsi hélas…peu importe ce que disent les manuels pseudo éthiques, peu importe ce qu’on enseigne dans les écoles et les universités, nous n’avons juste pas le courage d’admettre que nous sommes programmés pour être malhonnêtes, ou en tous cas ceux qui sont destiné a prendre en charge le destin des autres et des majorités ! il n’y a pas une profession qui y échappe, pas un seul secteur, pas un seul métier…

    les humains ont des rites d’initiation a la malhonnêteté dans tous les métiers et dans la vie en général, car ils ont compris probablement que leur biologie a la base en est une de voracité et de  »selection naturelle », une de  »chaine alimentaire » ou le fort doit bouffer le faible de toute façon, de la même manière et bien pire que les espèces animales, et puisqu’au fond, l’humaisme n’est rien d’autre qu’une utopie et philosophie positive, un idéalisme qui n’a jamais existé que dans les bouquins et les discours, et jamais dans la vie et la réalité !

    Dans ce monde cannibale, les gens ne se soucient pas du sort des autres, de même pour ces histoires de  »peuple » et de droits ou de révolution ! tout cela n’est que foutaises et hasards de l’histoire, l’humanisme tout autant … même si beaucoup de gens heureusement continuent d’y croire un peu encore et venir et aide a leur proches ou a des étrangers lorsque ces derniers sont chanceux de les trouver !

    Merci pour le billet !

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    • 16 novembre 2022 à 5 h 21 min
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      « Bravo ! je ne sais d’ailleurs pas ou vous deviez écrire auparavant Monsieur Cabanel … ».

      AGORAVOX par exemple (s’il y est toujours ?)

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  • 16 novembre 2022 à 14 h 41 min
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    @ Olivier Cabanel.

    La responsabilité de cette catastrophe (avril 1986) a (avait) aussitôt et unanimement été attribuée à l’Union Soviétique.
    La cause retenue a été « de graves défauts de construction du réacteur soviétique du type RBMK et par des déficits évidents dans la culture de sécurité ».

    Fort bien.
    Toutefois, la centrale nucléaire de Tchernobyl étant située en Ukraine, il avait été révélé, mais aussitôt fermement jugulé, que ce sont les Ukrainiens qui avaient acheté de la matière fissile aux USA. Or, ce matériau n’était pas adaptée aux centrales nucléaires russes et le résultat ne s’était pas fait attendre.

    Quelle est votre position sur ce « détail » de l’Histoire ?

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