Israël-États-Unis 3/4 : De la guerre sémantique

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

Ce texte est disponible en anglais, en italien et en espagnole ici : Articles du 21 mars[25097]

La partie 1 de ce texte se trouve ici :
Le coût pour les États Unis du soutien inconditionnel à Israël 1/4 – les 7 du quebec

La partie 2 de ce texte se trouve ici :
Israël-États-Unis 2/4: La sanctuarisation d’Israël: objectif constant de l’OTAN – les 7 du quebec

.

Les États-Unis et l´Union européenne, c’est à dire le bloc atlantiste, contrôlent 90% de l’information de la planète et sur les 300 principales agences de presse, 144 ont leur siège aux États-Unis, 80 en Europe et 49 au Japon. Les pays pauvres, où vit 75% de l’humanité, possèdent 30% des médias du monde.

Israël représente le 3 ème pays par ordre d’importance en termes de couverture médiatique, en unité de bruit médiatique (UBM), derrière les États-Unis (300 millions d’habitants) et la Chine (1,5 milliards d’habitants). Malgré les conditions de sa naissance controversée, Israël a réussi à occuper le devant de la scène médiatique, captant constamment l’attention de l’opinion occidentale, réussissant le tour de force de placer sur la défensive tous ses contradicteurs.

Les Européens, naturellement, assignés à un complexe de culpabilité éternel du fait du génocide hitlérien; Les Américains, par instrumentalisation d’un important groupe de pression pro israélien animé d’une volonté de domination hégémonique sur la zone pétrolifère du Moyen orient.

Le Monde arabe, enfin, par son indigence à maîtriser les techniques de communication de la guerre psychologique moderne, doublée d’un défaut d’un argumentaire accessible à l‘opinion occidentale.

Toutes les grandes chaînes transfrontières arabes sont, toutes, adossées à des bases militaires atlantistes: Al Jazeera à la base du Centcom à Doha, la saoudienne Al Arabiya longtemps adossée à Doubaï, à la base aéronavale française d’Abou Dhabi, enfin l’éphémère chaîne du Prince al Walid Ben Talal, «Al-Arab», à la base navale américaine de Manama (Bahreïn).


Les médias « contestataires » de l’ordre hégémonique occidental, Press Tv (Iran), Russia Today et Al-Mayadeen de Ghassane Ben Jeddo, un ancien d’Al Jazeera, sont de peu de poids face à ces mastodontes.

Sauf à s’incliner devant le diktat occidental, aucun opposant, si prestigieux soit-il, ne saurait être audible encore moins crédible. Dans leur bataille idéologique pour la conquête de l’imaginaire des peuples, gage essentiel de la pérennité d’une nation, les États-Unis ont développé un argumentaire reposant sur une double articulation:

  • Un argument intellectuel, le principe de la liberté de la circulation de l’information et des ressources.
  • Un argument pratique, le fait que les États-Unis soient la seule grande démocratie au monde à ne disposer ni d’un ministère de la culture, ni d’un ministère de la communication, preuve irréfutable, selon eux, d’un régime de liberté.

Présenté comme l’antidote absolu au fascisme et au totalitarisme, le principe de la liberté de l’information a constitué un des grands dogmes de la politique des États-Unis de l’après-guerre, son principal thème de propagande.

Certes il n’y a ni ministère de la culture ni ministère de la communication dans le gouvernement des États-Unis, mais, dans cette bataille idéologique, les États-Unis ont pratiqué, non l’attaque frontale mais l’entrisme, une stratégie de contournement périphérique.

Une diplomatie multilatérale instrumentalisant les organisations internationales à vocation universelle ou spécifique, doublée d’une diplomatie parallèle de ses agences spécialisées: la CIA (agence centrale du renseignement) et les Fondations philanthropiques pour le blanchiment des fonds.

Que ce soit l’ONU, L’UNESCO, le Conseil Économique et Social de l’ONU ou l’Organisation inter-américaine, toutes auront inscrit dans leur charte « le principe de la liberté de l’information».

Toutes, peu ou prou, auront fait office de tribune pour la propagation de la doctrine américaine de la libre circulation de l’information.

En deux ans, la structure de la diplomatie multilatérale de l’après-guerre est verrouillée par ce principe. Les États-Unis réussissent à le faire figurer dans la charte des cinq grandes organisations internationales (ONU, UNESCO, ECOSOC (Conseil Économique et Social), Organisation inter américaine et l’Assemblée générale de l’ONU).

L’ONU comptait à l’époque cinquante-cinq membres, le quart du nombre actuel avec une majorité automatique pro-occidentale composée de pays européens et latino-américains sous la férule états-unienne. Tous les grands États du tiers-monde en sont absents. La Chine continentale est boycottée au profit de Taïwan; l’Inde et le Pakistan, les deux nouvelles puissances nucléaires d’Asie sont sous domination anglaise de même que le Nigeria et l’Afrique du Sud, les deux géants de l’Afrique, tandis que le Maghreb et l’Afrique occidentale se trouvent, eux, sous contrôle français.

.

La Global Connection et les prédicateurs électroniques

Le dispositif médiatique mis en place pour mener de pair le combat contre le communisme, sur le plan international, et le combat contre l’athéisme, sur le plan arabo-musulman, a répondu à un objectif qui relève dans la terminologie militaire du «tir de saturation tous azimuts», dans une stratégie dite de «Global Connection», visant à enserrer la planète dans un maillage global de vecteurs multimédias à la périodicité variable.
Aux radios profanes de l’époque de la guerre froide, -Radio Free Europe, soutenue intellectuellement et matériellement par la puissante Freedom House, et Voice of America, se sont ajoutés les nouveaux vecteurs créés à l’occasion de la Deuxième Guerre contre l’Irak en 2005, Radio Sawa (Ensemble), la chaîne de télévision Hurra (Libre), avec en superposition une vingtaine de grandes corporations radiophoniques religieuses, notamment Trans World Radio (TWR), Adventiste World Radio (AWR), FEBA Radio, IBRA Radio.
Ces «prédicateurs électroniques ont disposé de moyens financiers et techniques sans équivalent dans les deux tiers des pays de la planète, qui sont autant d’instruments d’accompagnement de la diplomatie souterraine américaine.

.

Le langage comme marqueur d’identité culturelle: contrôle du contenant et du contenu

Le bloc occidental maîtrise non seulement le contenant (les vecteurs) mais également le contenu (le langage) de sorte que la liberté d’information, un des fondements de la démocratie, existe, mais uniquement pour ceux qui en maîtrisent les codes. La bataille de Syrie en a apporté quotidiennement la preuve.
L’individu n’est pas un moulin à paroles. Les mots ont un sens et ne constituent pas une enfilade de paroles verbales. Les mots ne sont pas neutres, ni innocents. Les mots tuent parfois. Cela est encore plus vrai pour les États, particulièrement en période de guerre.

Guerre psychologique autant que guerre sémantique, la guerre médiatique vise à soumettre l’auditeur récepteur à la propre dialectique de l’émetteur, en l’occurrence la puissance émettrice en lui imposant son propre vocabulaire, et, au-delà, sa propre conception du monde.

Dans ce contexte, le langage est un marqueur d’identité culturelle de la même manière que les empreintes digitales, le code génétique, les mesures anthropométriques sont des marqueurs biologiques et physiques.

L’accent, l’usage des termes, le ton révèlent l’identité culturelle de l’être. Sous une apparence trompeuse, des termes généraux, lisses et impersonnels, le langage est codifié et pacifié. Il devient alors un redoutable instrument de sélection et de discrimination. Un Plan social renvoie à une réalité immatérielle contrairement au terme douloureux de licenciement massif. De même “qu’externalisation et sous-traitance” à des opérateurs fonctionnant en dehors des normes de la législation sociale.

«Délocalisation» masque une opération visant à optimiser le rendement en exploitant une main d’œuvre bon marché et surexploitée des pays pauvres et souvent dictatoriaux, sans la moindre protection sociale.

«Privatisation», une opération qui consiste souvent à transférer à des capitalistes des entreprises du service public souvent renflouées par les deniers publics, c’est-à-dire les contribuables.

Même au niveau du discours politique, le langage est aseptisé au point que l’ancien premier ministre socialiste Pierre Mauroy avait reproché au candidat socialiste aux présidentielles de 2002, Lionel Jospin, d’avoir gommé dans son discours le terme de «travailleurs». Dans le langage convenu, l’on préfère le terme pudique de «Gens de condition modeste» à celui plus parlant de «pauvres» de même pour le tandem «Exclus et «exploités». Ou encore «Classes» (qui suggère idée de lutte) et couches sociales. Couches comme couches de peinture.

Le langage est connoté. A l’instar du Syllabus papal du XIX me siècle, qui prohibait l’usage de certains termes tels laïcité ou séparation Église États, le seul langage licite à l’époque contemporaine est le LQR «Lingua Quintae Respublicae», le langage en vogue sous la V me République Française, homologué, estampillé. En raison sans doute du rôle moteur de la France dans les «guerres de libération» du Monde arabe.

((NDLR: Le Syllabus es une compilation des idées condamnées par le Pape Pie IX en 1864. Par analogie, l’ensemble des idées que l’idéologie dominante interdit d’exprimer..Cf. A ce propos Eric Hazan: LQR: La propagande du quotidien (Raisons d’agir éditions)

Gare à quiconque recourt à un langage personnalisé, forgé dans un vocabulaire qui lui est propre. L’homme risque l’ostracisme, aussitôt mis à l’index, affublé d’une tare absolue, irrémédiable: «ringard», «tricard», etc.

La Langue substitue aux mots de l’émancipation et de la subversion, ceux de la conformité et de la soumission. L’on prône la flexibilité au lieu de la précarité, dans un pays qui a érigé la rente de situation en un privilège à vie, notamment au sein de la haute fonction publique. Les Énarques ont une rente de situation à vie, mais quiconque ose relever cette incongruité est accusé de faire le lit du «populisme».

Il en est de même au niveau diplomatique: Problème du Moyen Orient ou Question d’Orient?. Pour un problème, la réponse est unique, le problème ouvre la voie à des experts qui doivent techniquement apporter la solution. Mais la question d’Orient est plus floue. Une question suggère des réponses multiples, et induit l’absence de solution immédiate. Selon que vous utilisez un terme ou l’autre vous serez classé «moderne et dynamique» ou «ringard».

Un exemple «Le Figaro» du 28 Août 2004 titre en manchettes: «L’aveu du président Bush», sans que le journal ne précise en quoi consistait cet aveu, à propos de quoi. Dix ans auparavant, tout autre journal complaisant aurait titré: «Le président Bush admet son échec dans ses prévision sur l’Irak». Mais si par malheur un journaliste audacieux avait titré la stricte vérité «Bush, le grand perdant de la guerre d’Irak», il aurait été aussitôt accusé d’«anti-américanisme primaire».

La «Novlangue» résulte de la présence de plus en plus manifeste de décideurs- économistes et publicitaires- dans le circuit de la communication, assurant une installation en douceur de la pensée néolibérale. Si la diffusion hertzienne est la moins polluante des armes sur le plan de l’écologie, elle est, en revanche, la plus corrosive sur le plan de l’esprit. Son effet est à long terme. Le phénomène d’interférence opère un lent conditionnement pour finir par subvertir et façonner le mode de vie et l’imaginaire créatif de la collectivité humaine ciblée. Nulle trace d’un dégât immédiat ou d’un dommage collatéral. Point besoin d’une frappe chirurgicale ou d’un choc frontal.

Dans la guerre des ondes règne le domaine de l’imperceptible, de l’insidieux, du captieux et du subliminal. Qui se souvient encore de « Tall Ar-Rabih » (La colline du printemps)? Près d’un siècle d’émissions successives et répétitives a dissipé ce nom mélodieux, synonyme de douceur de vivre, pour lui substituer dans la mémoire collective une réalité nouvelle. « Tal AR-Rabih » est désormais mondialement connu, y compris au sein des nouvelles générations arabes, par sa nouvelle désignation hébraïque, Tel-Aviv, la grande métropole israélienne. Le travail de sape est permanent et le combat inégal. Il en est de même des expressions connotées.

.

4 – Génocide et Shoah

L’extermination d’une population en raison de ses origines s’appelle en français «génocide». Il en est ainsi du génocide arménien en Turquie, comme du génocide des Tutsis au Rwanda. Lui préférer l’expression hébraïque du terme biblique de «Shoah» (holocauste) signe son appartenance au camp pro-israélien.

Israël n’a jamais reconnu le caractère de «génocide» aux massacres des Arméniens en Turquie au début du XX me siècle, sans doute pour marquer le caractère unique des persécutions dont les Juifs ont été victimes en Europe. D’abord en Russie, les «pogroms» de la fin du XIX me siècle, puis en Allemagne et en France durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

Il en est aussi des termes antisémitisme et antiracisme. Arabes et Juifs sont des sémites, mais l’antisémitisme ne concerne que les Juifs, pour se distinguer des autres, alors que l’antiracisme englobe Arabes, Noirs, Musulmans, Asiatiques etc.
Le Président Jacques Chirac, lui-même, en fustigeant «l’antisémitisme et le racisme» dans son discours d’adieu, le 27 mars 2006, a consacré dans l’ordre subliminal un racisme institutionnel.

Jusqu’à présent, les pays occidentaux en général, les États-Unis en particulier, auront exercé le monopole du récit médiatique, un monopole considérablement propice aux manipulations de l’esprit, qui sera toutefois brisé à deux reprises avec fracas avec des conséquences dommageables pour la politique occidentale:

  • La première fois en Iran, en 1978-1979, lors de la «Révolution des cassettes» du nom de ces bandes enregistrées des sermons de l’Imam Ruhollah Khomeiny du temps de son exil en France et commercialisées depuis l’Allemagne pour soulever la population iranienne contre le Chah d’Iran,
  • La deuxième fois à l’occasion de l’Irangate en 1986, le scandale des ventes d’armes américaines à l’Iran pour le financement de la subversion contre le Nicaragua, qui a éclaté au grand jour par suite d’une fuite dans un quotidien de Beyrouth «As-Shirah», mettant sérieusement à mal l’administration républicaine du président Ronald Reagan.
.
Les analphabètes secondaires

Hormis ces deux cas, les États-Unis auront constamment cherché à rendre leurs ennemis inaudibles, au besoin en les discréditant avec des puissants relais locaux ou internationaux, tout en amplifiant leur offensive médiatique, noyant les auditeurs sous un flot d’informations, pratiquant la désinformation par une perte de repères due à la surinformation en vue de faire des auditeurs lecteurs de parfaits «analphabètes secondaires», pour reprendre l’expression de l’allemand Hans Magnus Einsenberger.

CF à ce propos «Analphabètes secondaires», l’expression est de l’allemand Hans Magnus Eisenberger, auteur de «Médiocrité et Folie» Éditions Gallimard 1991. Cf. aussi à ce propos «Aux ordres du Nord, l’ordre de l’information» de Jacques Decornoy, dans le bimestriel du journal Le Monde «Manière de voir» N° 74 «Les 50 ans qui ont changé notre monde»? Non des illettrés, ou des incultes, mais des êtres étymologiquement en phase de processus de «désorientation», psychologiquement conditionné et réorienté dans le sens souhaité.

Pur produit de la phase de l’industrialisation, de l’hégémonie culturelle du Nord sur le Sud, de l’imposition culturelle comme un préalable à l’envahissement et à l’enrichissement des marchés, «l’analphabète secondaire” n’est pas à plaindre.

La perte de mémoire dont il est affligé ne le fait point souffrir. Son manque d’obstination lui rend les choses faciles.

Une inversion radicale du schéma économique se produit et la loi de l’offre et de la demande se décline désormais selon un mode radicalement différent: la fabrication du désir de consommation détermine désormais l’activité d’une entreprise. Ce n’est plus le consommateur qui commande le rythme de la production mais le producteur qui orchestre désormais le désir de consommation. Le contrôle de l’appareil de production parait compter désormais moins que la maîtrise de la demande de consommation. Le citoyen actif cède ainsi le pas au consommateur passif, l’aventurier de l’esprit au téléphage, le journaliste à l’animateur de divertissement, le patron de presse au capitaliste, entraînant du coup le glissement du journalisme vers le règne de l’«infotainement» néologisme provenant de la contraction de l’information et de l’Entertainment (terme américain de divertissement).

La mondialisation des flux d’information permet ainsi la mise sous perfusion éditoriale d’un organe de presse et par voie de conséquence la sédentarisation professionnelle de l’information, stade ultime de l’analphabétisme secondaire. Toutefois ce viol du monde par la publicité et la propagande par la profusion des sons et des images, dans le paysage urbain, sur les écrans dans la presse, au sein même des foyers, se heurte à des résistances éparses mais fermes.

De même que le monopole du savoir par la technocratie a été battu en brèche, sur le plan international, par des contre-pouvoirs notamment les acteurs paraétatiques (Greenpeace, Amnesty International, Human Right Watch, Médecins sans frontières, ATTAC), démultipliant les sources d’information non contrôlées, de même l’informatique a développé au niveau de l’information une sphère d’autonomie contestataire à l’ordre mondial américain. Chaque percée technologique s’est accompagnée d’une parade.

A la cassette du temps de la révolution khomeyniste a succédé le fax puis les sites Internet enfin le blog, le journal électronique en ligne, le tweet, dont le développement s’est accéléré depuis la guerre d’Irak et la dernière campagne présidentielle de George Bush jr (2004), des parades qui retentissent comme la marque d’une revanche de l’esprit contestataire et de la sphère de la liberté individuelle, en réaction au matraquage de la propagande et la concentration capitalistique des médias.

.

L’invasion de l’Irak en 2003 et le journalisme embedded

Forme la plus achevée de l’imbrication du journalisme au pouvoir politique, l’«embedded» a fait son apparition lors de l’invasion américaine de l’Irak, en mars 2003.

L’embedded est littéralement celui qui partage le même lit que le sujet de son reportage. Cette technique de couverture journalistique d’invention américaine a été conçue pour des «raisons de sécurité et d’efficacité». Elle consiste à arrimer le journaliste au groupe de combat dont il est censé couvrir l’activité de manière à lui faire partager et son existence et les risques inhérents aux situations de guerre.

Elle tend à établir ainsi, d’une manière subséquente, et sous couvert d’une solidarité de fait entre le guerrier et le journaliste, une censure induite entre l’acteur et son observateur.

En immersion totale avec son sujet et le combat de son colocataire du char, la capacité d’appréciation du journaliste est, de ce fait, immanquablement biaisée. Cette technique a réussi à retarder, sans totalement l’annuler, l’appréciation objective d’une politique, comme ce fut le cas lors de l’invasion américaine de l’Irak, en mars 2003.

Toutefois, l’embedded a pris en France une tournure particulière, fidèle en cela à la fameuse «exception française», revendiquée haut et fort par tous les gouvernants, sous tous les régimes, sous tous les cieux.

.

Le syndrome de la proximité

D’illustres personnages avaient ouvert la voie déblayant le passage entre journalisme et politique: Georges Clemenceau a été longtemps patron de presse avant d’embrasser la carrière politique, de même que Jean Jaurès a fondé en 1904 le journal l’Humanité avant de diriger le Parti Socialiste, ainsi que Jean Jacques Servan Schreiber et Françoise Giroud furent les cofondateurs de l’hebdomadaire «l’Express» avant d’emprunter une brève carrière ministérielle.

Le syndrome de la proximité joue à plein entre ces deux métiers jumeaux, le journalisme et le politique, car à force d’observer la politique, les journalistes finissent par succomber à la tentation de s’engager dans le combat politique.

Mais l’endogamie à l’entame du XXI me siècle a pris une tournure nouvelle, une ampleur telle que le syndrome de proximité se décline selon un autre mode. A force de suivre au plus près les hommes politiques, les journalistes commencent par épouser leurs idées et finissent, parfois, par épouser le porteur de ses idées.

.

7- Le couplage

La scène médiatico-politique contemporaine française abonde d’ailleurs de ces couples célèbres dont les plus visibles sont Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et Christine Ockrent (France 3), Jean Louis Borloo, ministre d’État et ministre du développement durable et Béatrice Schönberg (France 2);, Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre des Finances et ancien directeur du Fonds Monétaire International, et Anne Sinclair (RTL-TF1); François Baroin, ancien ministre de l’Outre mer et de l’Intérieur et Marie Drucker (France 3); auparavant, Alain Juppé (à l’époque ministre des Affaires étrangères) et Isabelle Juppé (La Croix); sans oublier les idylles des deux anciens présidents de la République: Nicolas Sarkozy du temps de l’escapade new yorkaise de son épouse Cécilia Sarkozy, avec Anne Fulda – Le Figaro) ainsi que celle de François Hollande avec Valérie Trierweiler- Paris Match.

La mutation professionnelle a cédé la place à l’accouplement. Dans le nouveau cas de figure, l’activité ne change pas, mais se couple tant au niveau de la vie professionnelle que conjugale avec un partenaire qui représente l’autre pôle du pouvoir, nourrissant par là même le procès d’une confusion des genres préjudiciable à la démocratie.

Là où Clemenceau et Jaurès changeaient la forme de leur combat dans la fidélité à leur engagement antérieur, la nouvelle génération paraît avoir emprunté un chemin différent privilégiant le plan de carrière à la fidélité aux engagements antérieurs. Le journaliste cesse d’être un observateur critique de la vie politique pour se muer par synergie, sinon en amplificateur des idées de son partenaire politique, à tout le moins en un facteur de surexposition médiatique de son compagnon de vie.

Enfin, dernier et non le moindre des facteurs, la surcharge d’information aboutit à la désinformation. La désorientation est propice aux rumeurs, à l’intoxication, et, faute d’éducation civique, à une perte de repères.

.

La guerre de Syrie et la guerre 5 G (5ème génération) dans le domaine de la communication

La bataille de Syrie a constitué un tournant majeur dans la guerre médiatique moderne, par son ampleur, sa durée et sa violence, de même que par la démultiplication des outils de communication individuels (blogs, Facebook, twitter). En superposition aux médias traditionnels, cette déclinaison médiatique a entraîné une surexposition de l’information et mis en œuvre de nouveaux intervenants sur la scène médiatique, de nouveaux prescripteurs d’opinion, recyclés via la notoriété du micro blogging en autant d’amplificateurs organiques de la doxa officielle. Les drones tueurs de toute pensée dissidente.

Des islamophilistes faisant office de véritables prédicateurs des temps modernes, rompant avec la traditionnelle retenue des universitaires, à coups d’anathèmes et d’invectives, pour l’intimidation et la criminalisation de leurs contradicteurs.

Une évolution amorcée aux États-Unis par les néoconservateurs, en 2003, lors de l’invasion américaine de l’Irak et définitivement consacrée par les intellectuels organiques français, lors de la bataille de Syrie, dix ans plus tard.

La chaîne transfrontière qatarie Al Jazeera, dans le Monde arabe, s’est particulièrement distinguée dans ce domaine, en raison du rôle aiguillon du Qatar dans les soulèvements arabes et du rôle mobilisateur de ce vecteur dans le conditionnement de l’opinion. https://www.renenaba.com/le-qatar-une-metaphore-de-la-france-en-phase-de-collapsus/

La France, dans le Monde occidentale, se détachera aussi du lot en raison de son double statut d’ancienne puissance mandataire, artisan du démembrement de la Syrie, et de parrain de l’opposition off-shore syrienne.

.

A- Le dispositif français
Pour la bataille de Syrie, la «Mère de toutes les batailles» des stratèges français, celle qui devait permettre tout à la fois d’assurer la réélection de Nicolas Sarkozy, de restaurer le prestige terni d’Alain Juppé évincé de son rôle diplomatique en Libye au profit de Bernard Henry Lévy, de compenser le déclassement de la France par la prédation des économies énergétiques arabes (Libye, Syrie, Sud Soudan) et de confirmer enfin les qualités de chef de guerre du nouveau président socialiste François Hollande, le dispositif politico-médiatique français présentait la configuration suivante:

Trois franco syriens aux avants postes: Bourhane Ghalioune, premier président de l’opposition offshore, sa porte-parole, Basma Kodmani, ainsi que la sœur de cette dernière, Hala, animatrice d’une structure oppositionnelle à Paris, l’association «Sourya Houryia» (Syrie Liberté), fondée en Mai 2011, c’est-à-dire au déclenchement des premiers troubles, un poste qu’elle a cumulé avec ses fonctions journalistiques à Libération.

Cet attelage claudicant a d’emblée frappé de suspicions les intentions françaises en ce que le profil de ces trois binationaux a renvoyé au précédent géorgien de Salomé Zourabichvili, binationale franco-géorgienne, ministre des Affaires étrangères de Géorgie après avoir été ambassadeur de France .
Cette dualité a pointé sa nature hybride et joué en sa défaveur, posant le problème du bien-fondé d’une décision visant à confier la direction de l’opposition syrienne à des membres de la fonction publique française, c’est-à-dire à des salariés de l’ancien pouvoir colonial.

Quatre autres français émargeant sur le budget de l’état français ont complété cette force de frappe médiatique: L’universitaire François Burgat, en tandem avec Ignace Leverrier de son vrai nom Wladimir Glasman, bibliothécaire, puis archiviste à l’ambassade de France à Damas dans la décennie 2000; Mathieu Guidère, ancien interface du prince Jouhane du Qatar à Saint Cyr et professeur d’Islamologie à Toulouse; Jean Pierre Filiu, ancien diplomate recyclé dans l’enseignement, blogueur au journal en ligne Rue 89; Enfin, dernier et non des moindres, l’universitaire Thomas Pierret dans le site en ligne Médiapart, ancien disciple du politologue Gilles Kepel, rallié à l’islamologie de François Burgat.

Soit au total six faux nez de l’administration française. https://www.renenaba.com/lhomme-de-lannee-2011/

Au sommet de l’édifice, une instance de légitimation codirigée par François Burgat, patron de thèse du pré-doctorant Nabil Ennasri, et par Pascal Boniface, directeur de l’IRIS, et éditeur du qatarologue. Un tandem à l’effet de conférer sans doute de la consistance au thésard et de l’oindre de l’onction scientifique de leur magistère moral. Rare cas de fusion intellectuelle entre un auteur et son éditeur, leur osmose éditoriale s’est matérialisée par cette interview qui s’est apparentée par moments à un exercice d’auto célébration auto promotionnelle.

http://www.iris france.org/informezvous/blog_pascal_boniface_article.php?numero=229

.

B- Les islamophilistes, un fonctionnement réticulaire fondé sur un discours diffluent et un argumentaire en forme de palindromes.
Pour une guerre éclair, qui devait faire «chuter Bachar Al Assad tous les deux mois», le plan de bataille se voulait parfait dans l’esprit de ses promoteurs. Il se révélera cacophonique et inopérant, voire même contre productif du fait de la morgue intellectuelle.

.

C- Un fonctionnement réticulaire ou le syndrome Ahmad Chalabi
Réédition d’un scénario éculé, le dispositif en vigueur à l’encontre de la Syrie a été identique à celui mis en place à propos de l’Irak, justifiant une fois de plus le constat de Pierre Bourdieu sur «la circulation circulaire de l’information», tant au Qatar, à travers Al Jazira, qu’en France, via le quotidien Libération. Ainsi Ahmad Ibrahim Hilal, responsable de l’information sur la chaîne transfrontière qatariote, a agi depuis les combats de Syrie, il y a trois ans, en couple et en boucle avec son propre frère Anas Al Abda, proche du courant islamiste syrien et membre du CNT, au diapason du tandem parisien formé par Basma Kodmani, premier porte-parole du CNT et sa sœur Hala Kodmani.

Cette proximité a posé le problème de la conformité déontologique de l’attelage. Amplifié en France au niveau arabophone par Radio Orient, la radio du chef de l’opposition libanaise, Saad Hariri, partie prenante au conflit de Syrie, -du jamais vu dans les annales de la communication internationale-, ce dispositif a frappé de caducité le discours médiatique occidental au même titre que le discours officiel syrien, en ce qu’il a été obéré par «le syndrome Ahmad Chalabi».

Un Syndrome du nom de ce transfuge irakien qui avait alimenté la presse américaine des informations fallacieuses sur l’arsenal irakien, via sa nièce journaliste en poste dans l’une des principautés du golfe, implosant la crédibilité de l’employeur de la journaliste vedette du New York Times, Judith Miller, passée à la postérité comme étant «l’arme de destruction massive de la crédibilité du New York Times dans la guerre d’Irak».

Ce dispositif a créé une fâcheuse confusion de genre entre pouvoir et contre pouvoir. Il explique partiellement le désastre diplomatique de la France en Syrie, au-delà des pays occidentaux. révélant la vulnérabilité de la presse occidentale, particulièrement française, à l’égard du pouvoir.

Pour aller plus loin sur ce thème,notamment le dispositif israélien en matière de propagande et l’usage des «Sayanim», les juifs de la diaspora porteurs de la nationalité de pays occidentaux, pour la collecte de renseignements, cf ce lien: https://www.renenaba.com/israel-de-la-propagande-3/

5 réflexions sur “Israël-États-Unis 3/4 : De la guerre sémantique

  • 21 mars 2023 à 15 h 11 min
    Permalien

    Ouf ! Excellentissime, Admirable, Fabuleux ! Cette fois Monsieur Naba a travers ce troisième volet intitulé  »De la Guerre sémantique », je dois admettre que vous avez livré une analyse qu’on peut qualifier aisément de  »magistrale » et de sublime ! :))) Vous venez tout juste de percer enfin la dalle de béton de  »Jupiter » et pénétrer la dimension  »interdite » et prohibée ou se construisent les mythes des Dieux sans mérite et ceux de la médiocrité ! nous voici donc enfin dans le vif du sujet !

    Il y a de cela une quinzaine d’années, croyez-le ou pas, j’avais abordé la question chez un ami blogueur (excellent lui aussi) en parlant et en développant le concept que j’ai qualifié a l’époque de  »Domination Hertzienne, et de Révolution Hertzienne » quelques années avant le  »printemps Arabe » ! je visais par la ce que vous venez d’expliquer dans ce billet…et j’avais raison… même si, cela m’avait valu a l’époque critiques ou moqueries de la part de certains radicaux ! et par  »Révolution Hertzienne », je sous-entendait ni plus ni moins que l’on a réussi a faire croire a la plèbe qu’elle faisait enfin sa révolution, et qu’elle détenait enfin aussi les rennes de sa destinée ! :))) foutaises bin entendu ! car le quadrillage sans pitié et qui ne laisse rien au hasard fut total, a la fois médiatique, psychologique, idéologique, culturel, et social bien entendu…, et il usait de mondialisation et d’Internet en même temps afin de faire croire a une réappropriation chez le peuple de son  »indépendance » et sa souveraineté lui permettant de  »redémarrer a zéro », relancer et parfaire son projet identitaire et culturel  »indépendamment de l’occident et ses valeurs »…comprendre par la, le projet néo-conservateur pro-islamiste supposé moderne, modéré, gauchisant et démocratique… en ce qui est du monde Arabe…, et tout aussi conservateur et religieux e ce qui est des autres peuples, et tout ceci ou cette manœuvre se faisait a travers la domination via les ondes largement manipulées et surveillées, débouchant donc sur des espèces de « Révolutions Hertziennes » tout autant chez ces peuples arriérés…. car pseudo révolutions basées plus sur la rumeur, le tapage médiatique, la confusion et la perte de repères qui n’ont de révolution que le nom et la prétention !

    Je disais aussi récemment ici même sur ce blog, que les peuples ont désormais pris le pouvoir et que ceci a coïncidé avec la mondialisation ! pour dire qu’ils ont cru le prendre ce pouvoir justement a travers la nouvelles culture libérale et consumériste, et se sont désormais prononcé pour le capitalisme cette fois ! et qu’ils ont délibérément fait ce choix en possession de toutes leur capacités mentales et intellectuelles ! bien entendu, en me basant sur les nouvelles réalités sociales encore plus tragiques et les nouveaux rapports de classes criminels et insouciants, la démission et la corruption des acteurs sociaux et politiques de gauche, l’interdiction et le silence des intellectuels, la faillite des institutions et la soumission des états a cette même logique qui les détruit de l’intérieur, et dans laquelle, la notion de Droit n’est plus elle aussi qu’un vaste champs de spéculations, d’abus et de crimes déguisés, a voir juste ce qu’ont font certains législateurs, juristes, juges et Avocats aujourd’hui partout dans le monde…et qui ont réussi a anéantir toutes les aspirations a la justice et remplacer la notion de Droit par celle de Non Droit, et par la corruption ! …. la Révolution en marche aujourd’hui donc est celle-ci et rien d’autre…et quiconque osera me contredire recevra mon coup de pied bien senti dans le derrière a défaut de devoir lui enfiler mon sac a ordures en guise de djellaba et habit de piété et d’humilité du peuple a la con ! :)))

    Morale de l’histoire, s’il y a une révolution a faire pour les peuples afin de se libérer enfin des tentacules de la pieuvre maléfique occidentale, (et Russe aussi aujourd’hui), c’est a ce niveau qu’il faut la faire d’abord pour espérer que cette fois elle aboutisse ! nous avons affaire ici a une stratégie strictement militaire a la base qui soit a l’origine du déploiement de sous stratégies civiles, médiatiques, académiques et culturelles qui relèvent de colonialisme en second lieu ! et toute autre pseudo révolution qui ne tienne pas compte de cette domination militaire hertzienne, culturelle, psychologique et idéologique en premier lieu ne peut être que chimérique, fantaisiste et trompeuse et vouée a l’echec et la défaite totale ! En d’autre termes, ce ne sont pas les pantins de régimes totalitaires, leur polices et leur armées qu’il faudrait viser en premier lieu, mais ce sont ces réseaux militaristes et relais politiques, intellectuels, faussement académiques, et médiatiques, radiophoniques, télévisuelles et culturels qui relèvent d’establishment US (et Russe aussi aujourd’hui) qu’il faudrait démanteler et combattre a tous prix ! viendront en second lieu les régimes politiques corrompu lorsqu’on en aura fini avec cette matrice atlantiste de merde ! ….

    Et pour une fois sur la Syrie, je suis d’accord avec vous, non pas sur le fait de vouloir blanchir Bachar el Assad et son régime oh que non ! mais sur le fait que la révolution Syrienne fut confisquée au peuple Syrien et spoliée dès le départ par ces salopards et carriéristes des médias et de la politique et l’admiistration a la fois en France et partout en occident et même en Turquie ! car en réalité, ce pauvre peuple Syrien n’a même pas eu le temps de la commencer avant que d’une part Bachar lui envoie les snipers et les  »chabiha », et d’autre part et face a lui, les agendas occidentaux et islamistes ne s’approprient ce soulèvement et l’exploitent a fond ou l’orientent dans la direction qu’on sait, quit a recruter les pires énergumènes et les associer a cette opposition Syrienne ou encore pire les désigner a sa tête ! A partir de fin 2011 déjà, la révolution authentique du peuple Syrien se transigeait partout ailleurs sauf en Syrie ! et le peuple Syrien lui, a plutôt vécu le pire déracinement, exode, génocide, dépeuplement et destruction qu’aucun peuple au monde et a travers l’histoire et même sous les mongols et les tatars n’a vraiment connu ! Qui aurait cru un jour que lorsque je me rends au Maroc en vacances, pays a plus de 6000 km de la Syrie, on puisse trouver des réfugiés Syriens presque a tous les feu rouges et dans toutes les villes du pays, entrain de mendier des automobilistes avec des hordes de pauvres réfugiés Subsahariens d’Afrique ?!! et le Maroc ici n’est qu’un exemple parmi de nombreux autres !

    Enfin, sur l’Embedded, ce concept il me semble est né depuis plus longtemps et depuis au moins la seconde guerre mondiale, ou alors la guerre du Vietnam, lorsque les journalistes étaient convoyés avec l’US army sur les tanks et les jeeps en plein champs de bataille… avec aussi des militaires photographes et cameramen, en charge de filmer et compiler les films a des fins de propagande… bref, Vladimir Poutine dont les services de documentation, d’études et Académiciens de l’armée ont parfaitement compris cette stratégie occidentale, ont tenu depuis a appliquer la même médecine a les mêmes concepts, que ce soit a travers la multiplication de chaines TV a travers le monde comme RT et sputnik dans une trentaine de langues avec des moyens financiers colossaux pour la cause, ou alors font de l’Embedded avec les journalistes pro russes de toute l’extrême gauche et l’extrême droite Européenne dont certains français et françaises notamment ont pu faire carrière la dedans en Ukraine depuis le lendemain de l’invasion de la Crimée et se sont installé dans les républiques séparatistes de l’Est Ukrainien et grâce a qui un flux interminable de contre-information au contenu très partiellement véridique face a ce qui se répétait en occident…., parvenait aux quatre coins du globe pour  »résumer » la situation vue du côté Russe, et souvent encore ne se gênaient pas pour aborder la Syrie afin de consolider le  »story telling » officiel Russe globalement !

    Merci pour ce billet Monsieur Naba, et pour lequel vous méritez très largement un prix mondial et prestigieux en journalisme professionnel de haute voltige ! :)))…. Vous m’avez remonté le moral et vous avez crevé l’abcès cette fois en allant directement au vif du sujet…. en espérant que vous puissiez garder cette hauteur et cette pertinence au dessus de tout soupçons et qui sied bien mieux a un vieux routard de votre calibre mon cher ! :)))) je vous aurais même fait une grosse accolade et fait un gros bisou sur la tête cette fois, ou alors un baise-main tout en courbettes un peu comme un disciple ferait a son maître dans la Zaouiya Kadiriya qui étend son influence d’Iran jusqu’au Sénégal ! :))))

    Répondre
  • 21 mars 2023 à 16 h 14 min
    Permalien

    Bon juste pour vous donner une idée sur la Zaouia Kadiriya, issue du mouvement soufi de la  »Tariqa Qadiriya » est originellement née avec le maître Sufi  »Abdul Qadir Gilani » (voir le nom sur Wikipédia https://en.wikipedia.org/wiki/Abdul_Qadir_Gilani ) qui a vécu au 10 et 11ème siècle, originaire de Gilan en Iran et mort a Bagdad, ses enseignements traverseront les siècles et se répandront partout et trouveront même leur apôgées et consécration des siècles plus tard que ce soit chez les Ottomans en Turquie, ou en Perse et en Irak, et bien entendu au Maghreb, dont les adeptes se serviront pour islamiser d’un islam sufi l’Afrique subsaharienne, de l’Ouest et centrale et jusqu’à aujourd’hui, vous trouverez des  »Qadiri » ou  »Kadiri » un peu partout dans toutes ces contrées, faisant partie de noblesses maraboutiques très respectées encore…et rien qu’a Fes au Maroc, cette ville abrite depuis plusieurs siècles un pèlerinage annuel au mausolée ou  »Zaouiya » lui étant dédié … avec des armées de  »savants sufi » du Ghana, de Ghinée, du Sénégal etc…qui font le trajet par centaines et milliers chaque année vers Fes pour célébrer pendant quelques jours la  »tariqua » en question, on parle d’une économie de centaines de millions de dollars rie qu’au Maroc, sans même parler des autres Zaouiya et autres marabouts incalculables du bled :)))) et pour comprendre aussi comment les monarques Alaouites du Maroc ont pu régner aussi longtemps, même Hassa II et son fils aujourd’hui, c’est en allouant des budgets et des dons considérables a toutes ces zaouiya et marabouts en milliards chaque année, qui leur a valu  »L’allegeance » et la reconnaissance des tribus et celles des plus révoltés ! :))))

    Bref, c’est l’essence même de la gouvernance religieuse au Maroc et un peu ailleurs dans le monde arabe, la culture  »du Maitre et du disciple » qui a dominé pendant tous ces siècles !

    Et donc, Monsieur Naba, si jamais vous ressentez que vous êtes habité par de mauvais Djinns, ou que les esprits tordus du monde parallèle vous harcèlent ou vous terrassent…., rien de mieux qu’une virée dans l’un de ces marabouts pour exorciser les Jnouns ou Djinns, a travers des  »hadra » ou veillées sufi avec percussions jusqu’à la transe, et si vous êtes chanceux, on pourra non seulement extirper ce mauvais Djinn qui vous habite devant vous, mais on le battra a mort et on le brûlera vif avec l’eau bouillante des bouilloires qui sont tout le temps sur les braséro de charbon de bois en terre cuite, et pendant que des femmes lâcheront leur cheveux et en transe pourront tomber dans les pommes devant vous, le chef de la Zaouiya vous serrera la tête dans un turban imbibé sur lequel on a récité le Coran en entier…. autrement dit, le Djinn est cuit et il est condamné a l’enfer eternel, non seulement il quitter votre corps, mais vous retrouverez une santé neuve d’un étalon de 20 ans ! :))))) …libre a vous ensuite de vous remarier sur place et prendre pour épouse une Jeunette qui soit venue a la base pour implorer le marabout pour lui trouver un mari, en accrochant son slip G-String et ses soutiens-gorge a l’entrée du mausolée ! :)))))

    Bon c’était un petit clin d’oeil a notre culture arriérée par ces aspects….et pour tirer un petit sourire en coin bien mérité car vous m’avez plu aujourd’hui ! :))))

    Répondre
  • 21 mars 2023 à 16 h 46 min
    Permalien

    Et a propos de religion, j’imagine que vous avez vu vous aussi depuis tout récemment comment régime Saoudien et Iranien couchent désormais dans le même lit pour conserver le pouvoir théocratique….au point de marquer une rupture pour la première fois entre Arabie Saoudite et sa complice de toujours les Émirats Arabes Unis ! les deux étant largement de mèche avec Israel et a l’origine de la vague de normalisations ouvertes dans le mode arabe…. bref, les EAU dont les sheikhs sont allé aussi loin depuis la visite du Pape chez eux jusqu’à vouloir inventer une nouvelle religion qu’ils ont appelé  »religion Abrahamique » et inauguré un edifice qui célèbre cette visite du pape et cette nouvelle religion, supposément pour promouvoir une entente cordiale entre les trois religions Abrahamiques, et au point de charger des architectes de concevoir un ensemble Mosquée-Église-Synagoguesur un même lieu, cette fois, et depuis la lune de miel entre Ryad et Téhéran, l’Arabie Saoudite a fait une sortie inattendue contre son alliée les ÉAU pour condamner cette  »Bid’aa » ou nouvelle religion  »hérétique » a travers un communiqué de sa plus haute autorité religieuse qui a très ouvertement et très sévèrement condamné les dirigeants des EAU d’ëtre derrière cette  »hérésie » et a travers aussi un ton Wahhabite inattendu des plus rigoureux qu’on croyait révolu avec la nouvelle approche du Jeune MBS au pouvoir, et ça ne s’est pas arrêté la, ils ont exigé de l’Égypte de faire de même a travers la prestigieuse institution Al Azhar (la plus haute autorité religieuse en Égypte) et ils ont fini eux aussi par se fendre d’un communiqué du même acabit et désigner ou qualifier cette religion Abrahamique de  »Shirk » ou  »association a Allah » autrement dit hérésie et infidélité a Allah, l’Égypte et Al Azhar recevant généralement plus de dons de pétrodollars de l’Arabie Saoudite que des Émirats ! :))))

    Et Pendant ce temps, Allah, lui, il prépare le Ramadan et fait des allers-retours entre Washington DC, Moscou chez Poutine aussi, et Téhéran, sur ordre de MBS, car Allah est tanné de cet ordre mondial pourri et voudrait donner sa chance a MBS, Poutine et Xi en espérant empêcher un coup d’état en Arabie Saoudite contre MBS que la CIA pourrait finaliser enfin depuis que ce dernier a éloigné ses cousins prétendants  »légitimes » au trône selon le model monarchique Saoudien classique, et pèse d’une chappe de plomb sur le pays, tout en décevant de plus en plus Washington !

    et qui vivra verra inchallah :)))

    Répondre
  • 23 mars 2023 à 14 h 38 min
    Permalien

    Il est évident que depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, Israel souffle le chaud et le froid sur ses relations avec a la fois Washington et Poutine ! l’enjeu est immense en effet pour Israel et relève au plus haut point de sa sécurité stratégique et d’autres questions de survie….! tout d’abord, Poutine qui réclame son appuis inconditionnel et la menace en permanence sinon d’entraver sa liberté en Syrie et de ne plus l’autoriser a y effectuer des opérations clandestines ou des raids que ce soit contre les activistes  »fedayeens » Palestiniens qui se réfugient en Syrie, mais principalement contre ses cibles Iraniennes stratégiques habituelles en permanence, cette dernière question est  »vitale » d’un point de vue militaire, car si la Russie de Poutine décidait de fermer la Syrie et son espace terrestre et aérien a Israel, ceci équivaudrait a un passeport pour l’Iran d’accélerer en un temps record un déploiement sans précèdent de moyens militaires basés en Syrie contre Israel ! Mais il n’y a pas que ça, Poutine a menacé Israel de coupure de flux d’immigrants indirectement en soumettant l’Agence juive de Russie a un projet de loi qui interdit d’autoriser plus de juifs Russes a immigrer en Israel depuis Juillet 2022, et si la question traine devant les tribunaux Russes depuis cette date en étant reportée a ce jour devant les tribunaux, il a tenu aussi a très clairement menacer autant l’ancien premier ministre Naftali Bennett que le nouvel élu Netanyahu, qu’en cas de livraison d’israel du dôme de fer a l’Ukraine ou de toute autre coopération militaire avec l’Otan, il couperait toutes ses aides et collaborations avec Israel, que ce soit sur le Pétrole Russe, sur la liberté d’israel en Syrie et contre l’Iran ou sur cette histoire d’immigration de juifs Russes vers Israel !

    Poutine en fait, considère les Juifs de Russie comme faisant partie de son eco-système, car non seulement le soutiennent a fond sur l’Ukraine, mais critiquent également le rapprochement de Tel-Aviv avec l’occident et les USA ! Poutine par ailleurs n’est pas du tout intéressé par une quelconque montée ou renforcement de l’Iran en Syrie, et encore moins par l’accès de l’Iran a la Bombe nucléaire, même s’il dépend militairement et en partie de l’armement Iranien en drones notamment en Ukraine ! Ce qu’il fait donc depuis 2015 a ce jour est qu’il autorise Israel a intervenir tous les jours en Syrie, avec tous les moyens militaires ou de renseignements clandestins ou d’assassinats ciblés a Damas, et certains affirment qu’il va jusqu’à fournir des renseignements indirectement a Israel dans ce sens contre l’Iran ! Bien entendu, le régime Iranien lui a aussi pris l’habitude d’opérer sous ces contraintes extrêmes et en sachant parfaitement qu’il ne peut en aucun cas faire confiance a Poutine, continue pourtant et par non choix de lui fournir armements et collaboration militaire au plus haut point ! Par ailleurs, Poutine a mis un mois pour prendre son téléphone cette fois pour féliciter Netanyahu sur son élection, et ceci a bien entedu pu être interprété par Israel comme une mise en garde très sérieuse qui l’a refroidi totalement en ce qui de reconsidérer ses rapports avec l’Ukraine et l’occident ! Netanyahu, et dans son interview donnée a CNN au début février de cette année, a tenu a rassurer Poutine indirectement, en disant qu’il va maintenir ses relations avec la Russie et Poutine pour les intérêts de son pays, et a exclus une quelconque livraison d’armes de toute nature a l’Ukraine depuis la fourniture de systèmes aériens par les USA et l’occident a l’Ukraine jugeant qu’elle ‘a pas besoin d’armement Israélien et proposant de l’aider  »autrement » sous forme d’aides…. car il faut la aussi savoir que la communauté Juive Ukrainienne Anti Poutine elle aussi et Pro-Ouest, continue elle aussi d’affluer en Israel et continue de représenter pour cette dernière un enjeux de poids en Ukraine et depuis toujours !

    Israel donc, que ce soit du point de vue politique explosif a l’interne, ou encore de la fronde Palestinienne, ou alors de la menace du déclenchement d’autres Intifadas, et de celles de voir Hezbollah + Hamas + Jihad Islamique + Iran fomenter une guerre ou des offensives nouvelles de toute nature, n’a d’autre choix que de s’allier a Poutine et tenter de maintenir son alliance coûte que coûte avec Washington en dépit de profondes mésententes et conflits sous-terrains avec l’administration Biden qui la presse de non seulement lâcher Poutine, mais également d’accépter un nouveau  »deal » que Washington cherche a établir sur le nucléaire Iranien, ou encore l’enjoint indirectement et via quelques groupes de pression de faire marche arrière un peu en ce qui est de ses réponses violentes dans les territoires Palestiniens …et c’est pour cette dernière, c’est dans ce sens que le présent ministre des affaires étrangères de Biden ne cesse de vouloir calmer le jeux et exiger une intermédiation de l’Égypte afin de calmer les Palestiniens enragés et faire pression sur le gouvernement d’Abbas pour contenir les milices ou factions armées Palestiniennes !

    J’ajouterais aussi par ailleurs sur la question Saoudienne cette fois, que Washington et Tel Aviv qui n’étaient pas d’accord même s’ils ne le montraient pas sur la question de la succession assurée du Roi Salmane par son fils MBS officialisée désormais depuis des années maintenant au Royaume et par décret Royal… MBS qui depuis le départ de Trump n’a cessé d’encenser et se rapprocher avec Poutine, la Chine aussi…et de manière surprenante aujourd’hui Téhéran suite a la médiation de la Chine et de Xi…tout en tentant de contrôler et  »coopter » Israel depuis l’ère Trump-Kushner afin de le servir et tenter de l’utiliser contre Washington…. donc tout ceci risque de se retourner contre lui maintenant qu’il a choisi de renouer avec Teheran, et donc Israel pourrait en effet changer d’avis et le laisser tomber et renouer avec Washington sur cette question si elle le juge nécessaire et dépendamment de l’évolution de cette normalisation!

    Il est évident que Washington a travers la CIA depuis l’arrivée de Biden cherche a remettre en cause et empêcher la succession effective de MBS a la mort très prochaine de son père âgé de 87 ans aujourd’hui, mais se heurte a plusieurs difficultés dont pour commencer l’inaccessibilité des ennemis de MBS au sein du clan Al Saoud et prétendants légitimes au trône afin de pouvoir éventuellement coordonner avec eux un probable Putsch, car MBS les a frappé de quarantaine a vie et coupé totalement de communication avec le monde extérieur tout en déployant de lourds dispositifs de surveillance autour d’eux, ensuite, parce que lui-même a choisi de ne faire confiance a personne dans son pays, ni a une garde rapprochée Saoudienne, ni a l’armée Saoudienne qui pourraient en effet le zigouiller en tout temps au vu de la multiplication de ses ennemis a l’intérieur du Royaume, et donc a depuis 2018 au moins, déployé une véritable légion étrangère et garde rapprochée spéciale armée jusqu’aux dents de milliers de mercenaires Latino-Américains et autres experts en sécurité étrangers qui le suivent en permanence et habitent avec lui…., MBS aussi ne donne même pas les lieux ou il se trouve la majorité du temps depuis cette date et a ce jour, et personne ne sait jamais ou il se trouve réellement en Arabie Saoudite même les plus hauts gradés de l’Armée Saoudienne ! et lorsqu’il effectue des activités officielles, c’est avec des dispositifs de sécurité impressionnants jamais vu qu’il le fait….

    Bref, c’est bien entendu secrètement que les Émirats-Arabes-Unis en principe ses alliés de toujours, et même le Qatar leur ennemi commun qui tentent tous les deux depuis un bout maintenant et chacun de son côté afin d’espérer renouer avec les cousins de MBS et probablement pouvoir renseigner Washington en secret sur ce qui se trame dans la famille Royale Saoudienne a ce niveau, et donc s’assurer d’une succession monarchique en Arabie Saoudite anti MBS qui leur assure son alliance, amitié et leur pérennité au pouvoir sans toucher aux intérêts du GCC, mais ils se heurtent eux aussi et secrètement a un mur de haute sécurité et au silence radio qui règnent au Royaume Wahhabite depuis la chappe de plomb installé par MBS sur la famille Royale et même sur son propre père le Roi du pays !

    Verra t-on donc Israel et Washington se décider toutes les deux et se réconcilier aussi sur cette question suite a cette alliance subite de MBS avec le régime des Mollahs ?! et donc finir par le zigouiller et l’écarter une bonne fois pour toutes ?! Rien n’est moins sûr ! MBS cultive encore ses entrées chez Kushner son copain de toujours, comme il a pu séduire aussi certains faucons de Washington en permettant plus d’ouverture dans son pays et en criminalisant dans le Royaume quasiment toute critique du rapprochement de l’Arabie Saoudite avec Israel ! bref, un vrai casse-tête que nul ne saurait démêler, ni que Biden ait les appuis suffisants chez lui pour éliminer ce fouteur de zizanie comme il le souhaite depuis le premier jour ! :)))….et puis Poutine est la pour renseigner MBS d’un quelconque coup a son encontre si jamais cela se décidait en coulisses !

    Morale de l’histoire, les bédoins d’Arabie qui aujourd’hui chacun possède un Royaume et pèse de tout son poids non seulement dans la politique régionale, mais également internationale, pourraient en effet voir dans un rapprochement avec l’Iran une sorte de sursis et de troisième voie qui leur assure la pérennité de leurs régimes et la gestion de leur intérêts, pendant qu’ils ont misé aussi sur la Chine et la Russie afin de gagner du temps et voir qui va remporter l’issue du bras de fer entre grandes puissances ! et même si a leur yeux leur situation peut leur paraître précaire, elle l’est beaucoup moins en tous cas de celle d’Israel, qui ne pourra pas résister éternellement a autant de pressions internes et externes, et de menaces de toutes sortes qui la guettent autant depuis le Liban que de l’Iran ou des menaces indirectes Russes et Américaines !

    Comme quoi… mieux vaut comprendre les enjeux chez tous ces dirigeants et comment s’exerce la politique a ce niveau que de s’aligner bêtement et aveuglément derrière un camps quelconque en ce moment et en tout temps ! tous ne sont que des goujats et tous seraient prêts a égorger leur mère pour le pouvoir et je n’exclut pas les dits ou supposés  »mouvements de résistance » non plus comme le Hamas ou le Hezbollah…. mais ceci est un autre sujet que je préfère aborder une autre fois !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *