Code: «qui n’en veut»

OLIVIER CABANEL —  Grâce à Claudio Buttinelli cet article est disponible en anglais, en italien et en espagnole ici: Articles du 10 juillet[33908]

Le nucléaire, comme chacun sait, produit des déchets, et malgré les offres mirifiques que l’ANDRA fait aux municipalités pressenties, la quasi-totalité des communes opposent un refus franc et massif.

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Il faudra bien tout de même régler un jour ce problème préoccupant, devenu urgent.
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Auparavant, on ne se posait pas trop de question : 100 000 tonnes de déchets ont été balancés sans le moindre scrupule dans la mer, dans des containers prévus pour durer 500 ans, mais pour des déchets qui sont actifs durant des milliers d’années.
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Ce petit jeu dangereux a cessé en principe en 1982, mais depuis, à part le stockage, il n’y a pas de réelle solution.
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Les plus audacieux ont imaginé envoyer ces déchets toxiques dans l’espace, mais l’addition risque d’être salée.
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Une fusée Ariane 5 coûte 150 millions d’euros, et elle ne peut embarquer à chaque voyage que 10 tonnes maximum de déchets à mettre en orbite solaire.
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Pour 34 lancements par an, la tonne embarquée revenant à 15 millions d’euros, il faudrait compter par an une dépense de plus de 5 milliards d’euros, afin de se débarrasser de seulement 340 tonnes de déchets nucléaires par an.
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Sauf que nous savons aujourd’hui selon l’ASADR 67, (association de sauvegarde des déchets du Rohrbach) qu’il y a 1 million de tonnes de déchets nucléaires à éliminer, et que ce chiffre sera doublé d’ici 2020.
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Chaque année, en France, nous produisons 1200 tonnes de combustibles irradiés, 6000 m3 de déchets et résidus contaminés, 4 millions de tonnes de résidus de minerais d’uranium, 7000 tonnes d’uranium appauvri.
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On constate donc que notre fusée Ariane V ne pourrait en éliminer qu’une minuscule partie, même avec 34 lancers par an, et pour un prix faramineux.
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Selon Hervé Kempf, dans un article du monde du 2 octobre 2008, il faudra 1000 milliards de dollars pour traiter l’héritage nucléaire.
Déjà en 2004, Michele Laraia, de l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) affirmait qu’il faudrait mille milliards de dollars pour décontaminer tous les sites, et que ce chiffre augmentera avec l’inflation.
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Alors les instances nucléaires commencent à mettre la main à la poche :
Le CEA a provisionné 7 milliards d’euros, EDF, 7,8 milliards, et AREVA 10 milliards.
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Avec à peine 25 milliards d’euros, on est bien loin du compte.
Depuis peu, l’ANDRA propose à plusieurs villages l’enfouissement, garantissant qu’il ne posera aucun problème.
Mais comment croire qu’il n’y ait pas de risques ?
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Selon Rémi Verdet, responsable du réseau Sortir du Nucléaire, « les enfouir est trop dangereux ! qui se souviendra encore dans un siècle qu’ils ont été enterrés là ?
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16 associations du réseau SDN Champagne Ardennes demandent un moratoire .
Les experts de l’IRSN estiment que l’entreposage de déchets radioactifs des années 50/60 sont à l’origine de contamination du sous-sol et parfois des nappes phréatiques.
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3115 communes de 20 départements avaient jusqu’au 31 octobre 2008 pour faire acte de candidature.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne se bouscule pas au portillon.
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Pourtant les promesses de l’ANDRA sont mirifiques : pour le site de Soulaines Dhuys, dans l’Aube, l’ANDRA propose une taxe foncière de 2 millions d’euros par an, et une taxe professionnelle de 1,6 millions d’euros par an.
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Mais les candidats se font rares.
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Pire, les populations descendent dans la rue pour faire connaître leur hostilité.
400 manifestants à Gondrecourt-le-Château (Meuse), 100 à Rocamadour, d’autres à Cahors, des communes se regroupent pour prendre des délibérations contre le projet, à Avricourt, c’est définitivement « non ».
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A Vanault-les-Dames, (357 habitants) en pleine région de Champagne le député maire Charles Amédée de Courson, par 5 voix pour, et 4 contre, vient d’accepter que son village devienne une « poubelle nucléaire », et depuis tout le village est en émoi, Les habitants affirment n’en avoir rien su !
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« On voudrait être informés » clame Evelyne, 40 ans, dont 21 passés dans la commune, « pourquoi ne nous a-t-on pas demandé notre avis ? Pourquoi n’en a-t-on jamais parlé ? »
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Attendons donc la fin du feuilleton, car comme disait un vieil ami africain :

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« On peut tout sonder, sauf le silence d’un homme
 ».

2 réflexions sur “Code: «qui n’en veut»

  • 10 juillet 2023 à 13 h 50 min
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    Le bourge bobobiobio, le bonobobo vert, veut « jouir sans entrave », polluer jusqu’à sa dernière couche de vieux gland remplacé (gland au sens propre comme au sens figuré). C’est sa seule raison de pisser de trouille sur son pantalon baissé, narcissique.

    Après bétonner le pays pour la surponte africaine, rouler à la lignite teutonne électrique, lécher le cul des islamistes, sucer les dealers, se faire pisser dessus par le burkinis, peu lui importe, tant qu’il peut se branler sans entrave…

    La métaphysique existentielle du bobobiobio c’est l’auge du porc (halal) tripoté par les petites filles.

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