Le capitalisme mondialisé occidental survit grâce à sa superstructure idéologique

Par  Brigitte Bouzonnie   Article rédigé le 8 septembre 2023 par Brigitte Bouzonnie et Ernesto Monteagudo

 

1°)- Brigitte Bouzonnie : A compter des années 1970, voyant son taux de profit en chute libre, le capitalisme décide de la mondialisation des échanges. La fin des droits sociaux attachés au salarié fordiste : plein emploi. Salaires indexés sur le coût de la vie. Remise en cause de l’âge du départ à la retraite. Santé et éducation bon marché. Résultat, on assiste à une explosion du chômage (6,5 millions de demandeurs d’emplois et de pauvres : 15 millions selon nos calculs. Une baisse gigantesque des salaires réels qui augmentent à peine de +1% par an entre 1980 et aujourd’hui, contre +2,25% entre 1959 et 1979;

Le capitalisme mondialisé occidental décide aussi de la délocalisation des activités secondaires, afin de diminuer de façon forcenée le coût du travail. Résultat : depuis 1974, l’industrie française perd 2,5 millions d’emplois. Grâce à ce nouveau capitalisme mondialisé inhumain, les capitalistes réalisent des gains gigantesques de productivité analyse Madame Annie Lacroix-Riz dans sa vidéo : “les parades des patrons à la baisse tendancielle du taux de profit”.

1°)-Le capitalisme mondialisé occidental connait une grave crise d’accumulation capitalistique

2°)-Ernesto Monteagudo, penseur marxiste, développe la même analyse. Il montre comment la paupérisation de masse, à défaut de créer une nouvelle accumulation capitalistique comme l’accumulation keynésienne, génère des gains de productivité gigantesques, qui donnent au capitalisme mondialisé occidental (les BRICS justifient une autre analyse) quelques apparences depuis les années 1980.

Il écrit : « Le plus-value, absolue ou relative, vient du travail vivant et non du travail fossile ou mort des machines. La plus-value vient des gains de productivité du capitalisme. Quelle est dons la raison principale de la crise structurelle actuelle, qui a un demi-siècle. Et qui n’a plus d’issue ? à part une troisième guerre mondiale, et le risque de disparition de l’Humanité. Ou une exploitation sans précédent et dévastatrice de l’Afrique, l’Amérique Latine, l’Asie. Mais de ce côté-là, c’est vraiment mal parti.

L’explication se trouve dans la baisse tendancielle du taux de profit, que ni le néolibéralisme (capitalisme mondialisé), ni l’apparition d’une économie financiarisée mondiale spéculative, et totalement virtuelle, basée sur le dollar, n’a pu redresser. Comprendre le phénomène du marché des titres. Comprendre aussi l’actualité des révoltes, en Amérique Latine, comme les guerres au Moyen-Orient. Bref pour le capitalisme mondialisé, la composition organique actuelle du capital rend très difficile l’accumulation sans une intervention massive de l’Etat. Sans l’exploitation massive du tiers-monde. Et sans la paupérisation massive de l’ensemble de la population des pays capitalistes. Or, sans accumulation suffisante, pas de reproduction du capital. Depuis quatre décennies, l’accumulation se fait avec du capital spéculatif, et totalement fictif. Mais cette période touche à sa fin » (sic) (commentaire rédigé par Ernesto Monteagudo du 7 août 2023 sur Facebook).

3°)- Brigitte Bouzonnie : l’accumulation capitalistique des patrons français repose notamment sur la mise au chômage à la pauvreté massive, non seulement des classes populaires, comme on le constate depuis 40 ans : entre 1983 et 2023 : 6,5 (chiffre Dares) à 9 millions de chômeurs, si on inclut les demandeurs d’emploi cherchant leur job par eux-même. Les radiés, etc. Mais aussi les classes moyennes, qui ont fait alliance avec la Bourgeoisie, promises elles aussi à la paupérisation de masse.

C’est ce que disait un jour de façon cynique Macron, disant  fin 2019, à la veille du Covid: « vous vivez dans votre confort douillet, mais vous allez être obligé de retrouver le sens de l’aventure »(sic). On rappelle que le Covid a fait 7 millions de morts : un chiffre énorme ignoré du grand public. Pire, il était prévu qu’il en fasse 65 millions explique le lanceur d’alerte Israël Adam Shamir, dans son article La boite de Pandore, publié sur son blog La plume et l’enclume, juin 2021. Et tous ces morts, rien que pour faire remonter le taux de profit !

Autre remarque : le capitalisme pille tous les peuples : ceux du tiers-monde et les peuples occidentaux, victimes du chômage et de la pauvreté. Obligés de pays chaque année sur leurs impôts 157 milliards d’aides aux entreprises pris sur le budget de l’Etat. 498 milliards de cadeaux en cotisations de sécurité sociale patronales non payées par ces derniers entre 1992 et 2018. Comme dit très justement Alain Badiou sur le plateau de « Ce soir ou jamais », « il y a une forme de gangstérisme des patrons, quand ces derniers se sentent libres »(sic).

2°)- Le capitalisme mondialisé occidental ne doit sa survie qu’à la superstructure : politique publiques d’austérité à vie, opération psychologique telle que le Covid, guerre en Ukraine…

4°)- Ernesto Monteagudo : Capitalisme au stade impérialiste et fascisme, véritable couple infernal, qui a sa dialectique propre : à chercher dans son essence même, qui est dans la dialectique infrastructure économique (en crise structurelle aujourd’hui clairement sans fin) ET superstructures politiques et idéologiques …

C’est, pour faire simple, l’histoire de l’indispensable collaboration de classes … Le fascisme l’obtient par la violence politique sans limites : mais aussi par une démagogie populiste des plus vulgaires que l’on puisse imaginer … L’autre face de cette même pièce de monnaie, la social-démocratie libérale, sorte d’alter ego de l’indispensable collaboration de classes, qui joue son rôle quand les ressorts du fascisme sont épuisés

Je n’apprends rien aux marxistes un peu observateurs, l’histoire de presque un siècle et demi d’impérialisme occidental parle d’elle-même … Le livre de Lénine <<Impérialisme, stade suprême OU ULTIME du capitalisme est d’une brûlante actualité …

Aujourd’hui , la social-démocratisation de tous les partis de gauche , du moins ceux représentés à l’Assemblée Nationale , les mènent dans une impasse politicienne … Les masses populaires l’ont bien compris, les politiciens professionnels << dits de gauche >> probablement pas.

Capitalisme au stade impérialiste et fascisme , véritable couple infernal qui a sa dialectique propre , à chercher dans son essence même qui est dans la dialectique infrastructure économique ( en crise structurelle aujourd’hui clairement sans fin ) ET superstructures politiques et idéologiques … C’est, pour faire simple, l’histoire de l’indispensable collaboration de classes … Le fascisme l’obtient par la violence politique sans limites, mais aussi par une démagogie populiste des plus vulgaires que l’on puisse imaginer …

L’autre face de cette même pièce de monnaie, la social-démocratie libérale , sorte d’alter ego de l’indispensable collaboration de classes , qui joue son rôle quand les ressorts du fascisme sont épuisés.

5°)-Brigitte Bouzonnie : Oui, le capitalisme au stade impérialiste et le fascisme forment un couple infernal, et utilise la superstructure pour durer :

6°)-Dans ses actes de barbarie, on pointera :

-les 2 milliards de pauvres dans le monde (15 millions de pauvres en France), quand 260 personnes possèdent autant qu’eux (chiffres Alain Badiou dans Eloge de la politique, édition Café Voltaire/flammarion, 2017,).

-La gestion du Covid et ses 7 millions de morts dans le monde, sachant que le chiffre prévu par le Forum économique international et Schwab était d’obtenir 65 millions de morts (chiffre cité par le lanceur d’alerte Adam Israël Shamir, dans son article « La boite de Pandore », juin 2021, site : « La plume et l’enclume »).

-Sans parler de la guerre en Ukraine et le risque sérieux de troisième guerre mondiale, notamment avec la Chine.

-La fausse question climatique, etc…

7°)- Les socio-démocrates sont directement responsables, rien que de la possibilité, le succès et la pérennité du capitalisme au stade impérialiste. Malheureusement, le lien entre capitalisme mondialisé/fascisme et social-démocratie pointé dans l’excellente analyse d’Ernesto n’est repris par aucun « intellectuel » du moment, ce qui entretient les gens dans leur désorientation des consciences.

Certes, il suffit de voir le petit jeu des responsables de la France insoumise, – faire semblant de défendre le Peuple, alors que tous les députés LFI sont corrompus jusqu’au cou ; achetés par l’argent de Macron pour tenir une ligne « macron compatible ». Personne, y compris les femmes et les hommes non conscientisés, n’est dupe aujourd’hui de leur manège. Les gens ne croient plus à un avenir différent avec la France Insoumise. Les dirigeants de la FI ne représentent plus qu’eux même et leur 10 000 euros par mois à ne rien faire de sérieux !

Comme disait Lénine : « La Révolution, c’est quand ceux d’en haut n’en peuvent plus et que ceux d’en bas n’en veulent plus« . Voilà exactement comment il a décrit les symptômes d’une situation révolutionnaire :

Quels sont en général les symptômes d’une situation révolutionnaire ? Nous ne nous tromperons certainement pas si nous soulignons les trois principaux symptômes suivants :

  1. Lorsqu’il est impossible pour les classes dirigeantes de maintenir leur domination sans aucun changement ; lorsqu’il y a une crise, sous une forme ou sous une autre parmi les « classes supérieures », une crise dans la politique des classes dirigeantes, qui conduit à une fissure par laquelle éclatent le mécontentement et l’indignation des classes opprimées. Pour qu’une révolution ait lieu, il ne suffit généralement pas que les classes inférieures ne veuillent pas « vivre comme avant », il faut aussi que les classes supérieures soient incapables de vivre comme avant ».
  2. Lorsque la souffrance et la misère des classes opprimées sont devenues plus aigües que d’habitude.
  3. Lorsque, par suite des causes mentionnées, il y a un accroissement considérable de l’activité de masse qui, sans se plaindre, se laissent dépouiller en temps de paix, mais qui en période d’agitation sont entrainées par toutes les circonstances de la crise et par les classes supérieures elles même dans une action historique indépendante. Sans ces changements objectifs, qui sont indépendants de la volonté, non seulement des groupes et des partis individuels, mais même des classes individuelles, une  révolution, en règle générale, est impossible »(sic) (pamphlet; L’effondrement de la deuxième internationale).

Le propos de Lénine ne serait-il pas particulièrement approprié pour parler de la situation française de l’année 2024 ?

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

Une réflexion sur “Le capitalisme mondialisé occidental survit grâce à sa superstructure idéologique

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