L’accumulation sans fin de richesse n’est pas une loi divine

Recherche menée par Robert Gil

Les beaux discours des capitalistes et de leurs serviteurs ne peuvent masquer cette réalité de plus en plus flagrante d’une économie qui ne fonctionne que dans le but d’accumuler toujours plus de richesses pour quelques-uns. A leur sens, le plus important, c’est non seulement de devenir plus riche, mais que la masse devienne plus pauvre. Question d’égo et de satisfaction personnelle sans doute.  C’est pour cela que ce petit monde de privilégiés se cabre à la moindre occasion contre toute forme de protection sociale, contre les profiteurs du chômage ou du RSA et pour toujours plus de flexibilité et de précarité. Il faut que les inégalités s’accroissent, qu’eux même devienne de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, pour que cette classe d’hyper privilégiés, qui gagne leur argent par le travail des autres salariés, puissent se sentir « supérieur », alors qu’ils ne sont que des « parasites ».

Le taux d’imposition des classes les plus riches n’a cessé de baisser depuis les années 70. Où est notre « enfer fiscal » dont on nous rabat les oreilles ? Comment devrait-on qualifier les taux d’imposition des « trente glorieuses » ? de 1945 à 1975, le taux d’imposition des plus riches était de 60% (1) ! Ensuite, lorsque les différents gouvernements ont prêché pour la baisse des taux d’imposition, ceux-ci avaient pour but de favoriser l’investissement dans l’économie, l’on nous a répété que « Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain ». Les profits augmentent, mais pas d’investissement et pas d’emploi. Les investissements ainsi préservés ne se font pas en France mais dans des pays ou la main d’œuvre est bon marché, les lois sociales inexistantes et les impôts minimes. Tout cet argent engrangé sur le dos des salariés disparait dans les paradis fiscaux, la spéculation financière ou pour accroitre la valeur boursière des entreprises sans que pour cela la production réelle n’augmente. Donc, plutôt que de gaver les plus riches d’argent public et de cadeaux fiscaux, taxons, pour que l’État investisse à la place de ces profiteurs !

C’est une erreur commune des classes moyennes supérieures de se croire solidaires des très riches. Pour eux, que vous soyez artisans, commerçants, viticulteurs, salariés, chômeurs ou… sdf, vous n’êtes rien. Des sondages éloquents ont donné des résultats très semblables dans tous les pays développés. D’après ces sondages, en gros, près de 20% de la population d’un pays s’imagine faire partie des 1% les plus riches. Ce qui montre que 19% de ces personnes n’ont aucune idée du degré de richesse des 1% au-dessus d’eux, et se sentent à tort solidaires de ces 1%, s’imaginant en faire partie. Ils sont même persuadés que ces gens-là méritent leur position parce qu’ils ont pris des risques et travaillé dur. Les politiques et les médias vont dans ce sens en vantant volontiers la « valeur travail » ? Les économistes, eux, constatent que les héritiers les plus fortunés vivent mieux de leur rente que les salariés les mieux payés pour leur travail. L’héritage joue un rôle de plus en plus important dans la position sociale et économique. Le top 1% des héritiers peut désormais obtenir, par une simple vie de rentier, un niveau de vie supérieur à celui obtenu par le top 1% des « travailleurs ». Va-t-on revenir à une « société d’héritiers (21) » fondée sur des inégalités déterminées dès la naissance, comme à la Belle Epoque, à la fin du XIXe siècle ?

Il est grand temps d’abolir la loi implicite et nulle part inscrite, qui permet aux 0,0001% d’accumuler sans fin et par n’importe quel moyen une quantité de richesse encore jamais égalé dans l’histoire de l’humanité. Notre renoncement, fait, qu’abrutit par les chiffres que l’on nous dévoile, lorsque l’on nous parle de milliardaires, nous n’arrivons plus à discerner ce que ces sommes représentent. A titre de comparaison, un milliard d’euros équivaux à environ 50 000 années de SMIC !

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