Résumé des questions économiques et sociales en France: Mai 2024

° 874 20/05/2024 DÉCRET CHÔMAGE : COMMENT MACRON A MÉTHODIQUEMENT SACCAGÉ LES DROITS DES CHÔMEURS EN SIX ANS !
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Ce 1er juillet, le gouvernement publiera un nouveau décret de modification de la convention de l’assurance chômage. Il établira les règles, notamment en matière d’indemnisation, pour les 3 ans à venir.
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Le décret durcira encore l’accès aux indemnités des chômeurs !
Plusieurs options sont sur la table : allongement du temps de travail nécessaire pour ouvrir des droits, réduction de la durée d’indemnisation ou encore baisse de l’allocation de retour à l’emploi. Bien qu’elle affecte la vie de tous les salariés, et a fortiori celle des près de 6 millions d’inscrits à France Travail (dont le tiers seulement sont des chômeurs indemnisés), cette décision va être prise de manière unilatérale, sans négociations avec les syndicats et le patronat ; sans débat ni contrôle du Parlement.
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C’est la troisième fois en sept ans que le gouvernement reprend la main sur le régime d’assurance chômage pour le réformer par décret. Cette méthode était jusque-là exceptionnelle puisque conditionnée à l’échec des négociations entre le patronat et les syndicats, avant 2018, la reprise en main de l’assurance chômage par l’État n’avait eu lieu qu’une seule fois, en 1983. « Depuis 2018, on est dans un jeu de dupes : l’État organise l’impossibilité de négocier réellement pour justifier son intervention ».
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De fait, l’État change les règles à volonté. Le résultat ? Une régression des droits d’un niveau jamais constaté depuis la création de l’assurance chômage en 1958, avec notamment la baisse de 25 % de la durée d’indemnisation pour tous et toutes, mais aussi la réduction drastique du montant de l’allocation, allant jusqu’à -50% pour les plus exposés.
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Emmanuel Macron n’a pourtant trompé personne. Dès 2017, alors candidat à l’élection présidentielle, il expliquait sa volonté de s’attaquer au paritarisme et de placer l’Unédic (gestionnaire de l’assurance chômage) sous contrôle et sous financement de l’État.
La stratégie Macron !
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Ainsi, dès son arrivée à l’Élysée, le gouvernement Macron a entrepris des réformes. D’abord en remplaçant, dès 2017, une partie des cotisations salariales qui financent l’assurance chômage, par de la CSG, un impôt, donc dépendant des caisses de l’État. « C’était une mesure assez invisible, mais extrêmement importante, car elle permettait à l’État de dire : ce n’est plus vous qui financez l’assurance chômage, donc ce n’est plus vous qui décidez »
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Il y a aussi une situation paradoxale :  » quand le chômage était à la baisse, le gouvernement réduisait les droits des chômeurs au prétexte qu’il était facile de trouver du travail. Mais depuis novembre 2023, alors que la courbe s’est inversée, le gouvernement dit qu’il faut à nouveau baisser les droits pour remettre les gens au travail « . Au dernier trimestre 2023, le nombre de chômeurs a augmenté de 64.000 par rapport au trimestre précédent, le taux de chômage s’établissant à 7,4 % de la population active.
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Dans son enquête sur les « besoins de main-d’œuvre » en 2024, réalisée auprès des employeurs, France Travail observe aussi une diminution des projets d’embauche (2,8 millions en 2024 contre plus de 3 millions un an plus tôt). Et un tiers de ces « intentions de recrutement » concernent des secteurs et des métiers souvent pénibles, mal payés et dévalorisés : restauration, saisonniers agricoles, nettoyage ou aides à domicile.
la CGT compte sur l’exaspération générale pour mobiliser contre la réforme. « Nous comptons aussi mener des actions, la fédération du spectacle, les intérimaires, mais aussi les dockers, sont particulièrement remontés ».
PARIS : GRÈVE DES ÉBOUEURS PENDANT LES JO !
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La CGT des éboueurs parisiens a déposé un préavis de grève pour une partie du mois de mai et pour la période allant du 1 er  juillet au 8 septembre, réclamant notamment « une prime exceptionnelle » de 1.900 euros pour les Jeux Olympiques et Paralympiques.
La CGT FTDNEEA (filière traitement des déchets, nettoiement, eau, égouts, assainissement) a déposé un préavis de grève pour plusieurs jours en mai et pour la période allant du 1er juillet au 8 septembre, en plein pendant l’événement. Sont appelés à débrayer les agents de la direction de la propreté et de l’eau et ceux des transports automobiles municipaux.
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En tête de ses revendications listées dans un communiqué, le syndicat réclame, « pour tous les personnels », une prime exceptionnelle de 1.900 euros pour les JO, ainsi qu’une augmentation de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise de 400 euros par mois. S’y ajoutent des demandes catégorielles pour les éboueurs conducteurs de petits engins, le corps des éboueurs, égoutiers, fossoyeurs ou celui des conducteurs, notamment.
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Ce coup de semonce intervient alors qu’Olivia Polski, adjointe PS aux ressources humaines, a annoncé en avril, après plusieurs réunions de travail avec les syndicats, que « tous les agents de la Ville de Paris contribuant à la réussite des Jeux percevraient des gratifications allant de 600 à 1.900 euros en fonction de l’intensification de la charge de travail et de la mobilisation sur la période couvrant les JOP », comme l’a rappelé  la Mairie de Paris. Des conditions ne convenant pas à la CGT, qui « a quitté la table des négociations dès la première réunion ».
« On doit être présents onze semaines sur treize » pendant la période olympique, « certains ont annulé leurs vacances, et on n’a aucun renfort », ni garantie d’obtenir une prime, a dénoncé   Nabil Latreche, de la CGT FTDNEEA. La Mairie de Paris a évoqué « des paliers, certains auront zéro, d’autres 600 ou 1.200, mais on ne sait pas les modalités », a-t-il souligné.
Privatisation de la collecte !
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La dernière grève des éboueurs en mars 2023, sur fond de protestation contre le projet de réforme des retraites, avait duré plus de trois semaines, forçant le préfet de police de Paris à procéder à des réquisitions de personnels pour débarrasser les rues de la capitale des poubelles non ramassées et des monceaux de déchets qui s’y étaient accumulés.
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Chantage à la privatisation !
La conseillère de Paris LR Nelly Garnier. « On demande qu’il y ait une réflexion qui s’ouvre sur la privatisation de la collecte », a insisté l’élue qui siège dans le même groupe que Rachisa Dati , « pour qu’il y ait une égalité entre tous les Parisiens et qu’on ne soit plus soumis en permanence à la menace de grève ».
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La collecte est aujourd’hui assurée en régie par le personnel municipal dans la moitié des arrondissements et par des entreprises privées dans les autres.
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Dernière minute : Selon les dernières informations, après une journée de négociations, un accord a finalement été trouvé. Les éboueurs vont voir leur salaire revalorisé de 50 euros bruts par mois à partir de juillet 2024, puis 30 euros bruts par mois à compter de janvier 2025. D’autres discussions sont encore en cours.
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Concernant une prime pour les Jeux Olympiques, et Paralympiques, celle-ci sera de 600 à 1.900 euros en fonction de la charge de travail durant la préparation, l’organisation, et la préparation au déroulement des Jeux olympiques et Paralympiques.
CLINIQUES  PRIVÉES : LES PATRONS APPELLENT À LA GRÈVE !!!

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

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