Ukraine: les États-Unis planifient une escalade suicidaire…pour l’Ukraine (dossier)

Mme Nuland (USA) appelle à une escalade contre la Russie

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Ukraine: les États-Unis planifient une escalade suicidaire

 

Par M.K. Bhadrakumar – Le 31 mai 2024 – Surce Indian Punchline

La guerre par procuration entre les États-Unis et la Russie se trouve à un nouveau point d’inflexion. Le champ de bataille se déplace radicalement vers le territoire russe, ce qui est sans précédent, même pendant la guerre froide. L’évolution de la situation constituera un événement capital dans la politique du XXIe siècle. 

Trois questions fondamentales se posent ici. Premièrement, la stratégie de l’OTAN pour l’avenir, étant donné que l’Occident réalise qu’il n’est pas possible que la Russie soit vaincue en Ukraine ; deuxièmement, la crise constitutionnelle à Kiev, le mandat présidentiel de Vladimir Zelensky ayant pris fin le 21 mai ; et, troisièmement, les intentions de la Russie, qui sont au cœur de tout cela.

 

Certes, l’OTAN et l’UE révisent leur stratégie, tandis que la Russie espère conserver « une longueur d’avance » sur l’Occident, comme l’a déclaré le président Vladimir Poutine.

La Russie n’est pas intéressée par une escalade, car elle se débrouille bien avec une simple guerre d’usure contre l’Ukraine. Jusqu’à présent, la Russie a contré efficacement la « Mission Creep » des États-Unis, qui consiste à faire pression sur les limites qu’ils se sont imposées en matière d’aide à l’Ukraine et, finalement, à les franchir.

La grande question aujourd’hui est de savoir comment on peut interpréter l’affirmation de l’administration Biden – déclarée par le Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, le département d’État et le Pentagone – disant qu’elle n’est pas favorable à l’utilisation d’armes occidentales par Kiev pour attaquer le territoire russe d’avant-guerre.

Un schéma bien établi s’est mis en place : lorsque Washington déclare qu’un système d’armement avancé est interdit à l’Ukraine, il s’avère en fait que Kiev n’a qu’à s’asseoir pendant quelques mois en attendant que Biden franchisse la ligne rouge qu’il s’était lui-même imposé.

La Russie ne considérera donc pas cela comme le dernier mot de Washington. Curieusement, le terrain est préparé pour lever le tabou, les Républicains du Congrès et le secrétaire d’État Blinken pressant la Maison Blanche de donner son feu vert. Le New York Times et le Washington Post rapportent que ce n’est qu’une question de temps avant que l’administration ne cède à la bénédiction formelle des Américains pour accélérer les frappes sur la Russie. (ici et ici)

Le New York Times et le Guardian ont fait état jeudi d’un changement de position des États-Unis qui permet désormais à l’artillerie ukrainienne fournie par les États-Unis de riposter aux batteries russes à la frontière russe depuis la région de Kharkov et de cibler les concentrations de forces russes massées à la frontière dans la région russe de Belgorod.

Entre-temps, une nouvelle phase est sur le point de commencer pour conclure la bataille du Donbass, qui, même après deux ans, reste inachevée. Les centres militaires ukrainiens retranchés dans la région – Pokrovsk, Kramatorsk et Slovyansk – menacent toujours le sud de l’oblast de Donetsk.

De même, Volchansk, à la frontière russe, face à la ville de Belgorod et à Kupyansk, qui est également un important point logistique et un nœud ferroviaire (près de 20 lignes de chemin de fer se croisent dans la ville, la moitié d’entre elles allant directement en Russie), est une épine dans la chair de la région frontalière de la Russie.

Les Russes ont ouvertement déclaré que les raids répétés de la région de Kharkov sur la ville de Belgorod et ses environs devaient être contrés par la création d’une « zone de sécurité ». Poutine lui-même en a parlé dès le mois de mars.

D’après les indications actuelles, les opérations russes sont dirigées vers deux villes ukrainiennes proches de la frontière – Volchansk et Lypsti. La Russie pourrait étendre le front en faisant une incursion dans l’oblast de Sumy, mais tout effort sérieux pour capturer Sumy ou Kharkov semble peu probable à ce stade.

Dans une analyse incisive, le célèbre observateur de la Russie, Big Serge, a écrit la semaine dernière : « L’objectif principal de ces fronts sera de fixer les réserves ukrainiennes sur place et de dénuder la capacité de l’Ukraine à réagir sur d’autres fronts. Cette guerre ne sera pas gagnée ou perdue à Kharkov, mais dans le Donbass, qui reste le théâtre décisifIl semble que nous soyons actuellement dans la phase de préparation et de formation d’une offensive d’été russe dans le Donbass, qui (probablement entre autres) comprendra une offensive russe sur la ville de Konstyantinivka. Il s’agit de la dernière grande zone urbaine qui protège l’avancée vers Kramatorsk-Slovyansk depuis le sud (en rappelant que ces villes jumelles constituent l’objectif final de la campagne russe dans le Donbass) ».

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L’offensive estivale russe attendue

Poutine a vivement réagi aux récentes attaques par procuration contre les actifs stratégiques de la Russie avec des armes occidentales à l’intérieur de son territoire. Il a prévenu que « cette escalade sans fin peut avoir de graves conséquences ».

Selon lui,

les armes de précision à longue portée ne peuvent être utilisées sans reconnaissance spatiale… la sélection de la cible finale et ce que l’on appelle la mission de lancement ne peuvent être effectués que par des spécialistes hautement qualifiés qui s’appuient sur ces données de reconnaissance, des données de reconnaissance technique.

Pour certains systèmes d’attaque, comme Storm Shadow, ces missions de lancement peuvent être mises en place automatiquement, sans qu’il soit nécessaire de faire appel à des militaires ukrainiens… Le lancement d’autres systèmes, comme ATACMS, par exemple, repose également sur des données de reconnaissance spatiale, les cibles sont identifiées et communiquées automatiquement aux équipages concernés, qui ne se rendent peut-être même pas compte de ce qu’ils sont en train de mettre en place. Un équipage, peut-être même un équipage ukrainien, met alors en place la mission de lancement correspondante. Toutefois, la mission est élaborée par des représentants des pays de l’OTAN, et non par l’armée ukrainienne.

Ces représentants des pays de l’OTAN, en particulier ceux qui sont basés en Europe, notamment dans les petits pays européens, devraient donc garder à l’esprit que leurs pays sont petits et densément peuplés, ce qui est un facteur à prendre en compte avant qu’ils ne commencent à parler de frappes en profondeur sur le territoire russe. Il s’agit d’une question sérieuse et, n’en doutez pas, nous la suivons de très près.

Poutine a souligné que

si l’Europe devait faire face à ces graves conséquences, que feraient les États-Unis, compte tenu de la parité de nos armes stratégiques ? C’est difficile à dire. Cherchent-ils à déclencher un conflit mondial ? Je pense qu’ils voulaient se mettre d’accord sur les armes stratégiques… Nous attendrons de voir ce qui se passera ensuite.

Toutefois, de plus en plus de signes indiquent que l’administration Biden a peut-être simplement mis en veilleuse l’idée d’utiliser des armes occidentales à longue portée pour détruire les atouts stratégiques de la Russie à l’intérieur de son territoire jusqu’à la fin du sommet de l’OTAN à Washington (du 9 au 11 juillet), afin de garder le troupeau uni.

De même, Joe Biden pourrait estimer qu’il est plus opportun d’attiser les tensions avec la Russie que de laisser le terrain de la politique étrangère au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui pourrait débarquer à Washington pour s’adresser aux législateurs. Le conseiller israélien à la sécurité nationale, Tzachi Hanegbi, a déclaré mercredi à la chaîne publique israélienne Kan que « nous nous attendons à sept mois de combats supplémentaires » à Gaza. Les Républicains considèrent déjà le Moyen-Orient comme la plus grande gaffe de Biden en matière de politique étrangère. C’est là que réside le véritable risque.

Il y a une cohérence remarquable dans les propos russes selon lesquels la profondeur de la zone tampon de sécurité proposée le long des frontières occidentales dépendra entièrement de considérations de sécurité. Le vice-président du conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a récemment déclaré explicitement que la zone de sécurité pourrait non seulement inclure Kiev, mais aussi s’étendre jusqu’à la frontière polonaise si l’Occident envoie à Kiev des armes à longue portée. Mardi, Poutine a remis en question la légitimité du maintien de Zelensky au pouvoir à Kiev après la fin de son mandat présidentiel le 21 mai.

La balle est dans le camp de Biden. Mais les signes ne sont pas bons. L’Allemagne, qui est le plus proche allié européen des États-Unis, change apparemment de tactique et déclare désormais que « l’action défensive de l’Ukraine ne se limite pas à son propre territoire, mais [peut] également être étendue au territoire de l’agresseur ».

Le porte-parole de la chancelière a déclaré que la position précédente de Berlin, selon laquelle l’Ukraine n’utiliserait pas d’armes allemandes sur le sol russe, était « une déclaration de situation » qui était vraie à ce moment-là, mais qui ne s’appliquait pas nécessairement à l’avenir. Il a refusé de révéler les accords précis conclus entre Berlin et Kiev sur l’utilisation des armes allemandes.

M.K. Bhadrakumar

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.  Ukraine : l’escalade suicidaire | Le Saker Francophone

 


 

UKRAINE : l’escalade suicidaire


Par Jean-Luc Baslé − Le 23 Mai 2024

Robert Fico

Le sort des armes est défavorable à l’Ukraine. La défaite est inscrite dans les faits. L’inquiétude des Occidentaux transparaît dans leurs commentaires. Selon Richard Haass, président honoraire du Council on Foreign Relations, l’Ukraine devrait tout à la fois attaquer la Russie sur son sol et négocier un cessez-le-feu avec Moscou ce qui semble quelque peu contradictoire. Loin d’amener les Russes à la table de négociation, ces attaques génèreront une réaction de leur part d’autant plus violente qu’ils connaissent la provenance des missiles utilisés. Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale, souhaite que l’Ukraine lance une contre-offensive. Cette proposition est irréaliste compte tenu de l’état de l’armée ukrainienne. Cette inquiétude américaine frise la panique en Europe où le premier ministre slovaque, Robert Fico, a été victime d’un attentat en raison de sa décision de ne plus financer l’Ukraine.

 

Tout aussi grave, mais sur un autre registre, les médias ne cessent d’alarmer l’opinion sur une invasion de l’Europe – invasion qui ferait suite à la défaite de l’Ukraine. La Russie n’a ni l’intention ni les moyens d’envahir l’Europe. En décembre 2021, Moscou a envoyé un projet d’architecture européenne de paix à Washington et à Bruxelles. Les Occidentaux se sont bien gardés d’y donner suite. Quant à l’Ukraine, nous connaissons les objectifs russes : démilitarisation, dénazification et neutralité.1 Ces rumeurs infondées de guerre et d’invasion créent un climat anxiogène qui laisse présager un futur cataclysmique. Au vu de ces évènements, la question qui se pose est comment va évoluer le conflit ? La réponse se trouve dans la politique étrangère des Etats-Unis.

Priorité à l’arme atomique

Premiers détenteurs de l’arme atomique depuis août 1945, peu désireux de sacrifier les « boys » dans une guerre avec l’Union soviétique, et conscients du coût de l’entretien d’une armée comparable à celle de l’Armée rouge, les Etats-Unis ont donné priorité à l’arme atomique dès la fin de la Second Guerre mondiale. Voilà pourquoi dans une guerre conventionnelle en Ukraine, l’armée américaine serait anéantie ce que les militaires savent mais que les politiques ignorent car « dépourvus de tout sens de la réalité ».2 Les « boys » ne seront donc pas envoyés en Ukraine d’autant que le public américain comprendrait mal ce que leurs enfants ou petits-enfants iraient faire dans un pays lointain. Après l’humiliant retrait d’Afghanistan, et celui du Niger, tout aussi humiliant mais moins médiatisé, une défaite en Ukraine serait un désastre pour l’empire américain – désastre qui doit être évité à tout prix.

L’escalade dominante

Une opinion largement répandue veut que la supériorité nucléaire américaine n’ait jamais fait partie de leur panoplie diplomatique. Cette opinion est contredite par les faits. Une interview de Richard Nixon parue dans Time Magazine en juillet 1985 le confirme. Le président rappelle que cette arme joua un rôle décisif en Corée, dans la crise de Suez de 1956 et celle de Berlin en 1959. Il considéra l’utiliser lors de la guerre israélo-arabe en 1973.3 Les Etats-Unis ont souvent menacé des nations du tiers-monde de l’arme atomique afin d’obtenir leur allégeance. Les Américains appellent cette politique « Escalation Dominance », ou escalade dominante. Elle repose pour partie sur une escalade de la violence et pour partie sur le bluff à l’image de ce que fit Hitler en Rhénanie ou en Tchécoslovaquie – c’est la « Stratégie de l’ambiguïté »,4 aussi connue sous l’expression : « théorie de l’Homme fou » (Madman) quand Richard Nixon l’utilisait au Vietnam.

Les Etats-Unis ont la capacité d’escalader un conflit au plus haut niveau de violence, c’est-à-dire jusqu’à la guerre nucléaire. Cet exercice étant potentiellement suicidaire, les dirigeants américains ont trouvé la parade dans la miniaturisation de l’arme nucléaire et la stratégie de l’ambiguïté. Les dirigeants américains menacent la nation récalcitrante d’utiliser des armes nucléaires dites tactiques, suffisantes pour fragiliser la nation sans cependant la rayer de la carte. L’attitude en apparence irrationnelle des dirigeants américains traumatisent les dirigeants nationaux qui cèdent au chantage.

Pragmatisme américain

Dans la vision géopolitique américaine, les traités de non-prolifération nucléaire, salués par les médias comme une avancée vers une paix pérenne, ne sont que des accessoires, rejetés dès qu’ils interfèrent avec les objectifs de l’empire. Ainsi, George W. Bush se retira-t-il du traité antibalistique de mai 1972 afin d’installer des missiles antibalistiques en Roumanie au motif qu’ils décourageraient l’Iran d’attaquer ses voisins, alors que leur objectif est de détruire les missiles balistiques russes en cas de conflit nucléaire. De la même manière, Donald Trump dénonça le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire de décembre 1987 afin de placer de tels missiles sur le pourtour de la Chine.5 Bien évidemment, ni les Russes, ni les Chinois ne sont dupes de ces tactiques. Au vu de ces évènements, il est logique de penser que Washington a réfléchi à l’utilisation de l’arme nucléaire en Ukraine.

La guerre des étoiles

Les Etats-Unis disposent d’un glaive et d’un bouclier, c’est-à-dire de missiles intercontinentaux et de satellites. Alors que les premier visent à détruire les bases nucléaires russes dans une première frappe, les seconds sont destinés à contrer la réaction russe en détruisant leurs missiles au décollage. Présenté comme arme défensive par Ronald Reagan en mars 1983, ce système satellitaire, populairement connue sous l’expression « guerre des étoiles », est en fait une arme offensive qui protège les Etats-Unis d’une contre-attaque russe. Elle permet donc d’envisager une première frappe qui mettrait fin au conflit en détruisant la Russie. Une telle victoire aurait un coût humain. Environ trente millions d’Américains seraient tués car le système satellitaire, aussi efficace soit-il, ne détruirait pas tous les missiles russes lancés en réponse à l’attaque américaine. Le chiffre de trente millions de morts est jugé acceptable par les experts.6

Ne disposant pas de « bouclier » et connaissant les intentions américaines, les Russes ne peuvent qu’être tentés de frapper les premiers. Quelle est la ligne rouge à ne pas franchir qui justifierait cette décision, si elle l’était par les Occidentaux ? A ce point du conflit, le risque d’embrasement est élevé. L’Ouest sous-estime la détermination des Russes d’atteindre leurs objectifs. Des MIG31ig-35 équipés de missiles hypersoniques Kinzhals porteurs de bombes nucléaires de 5 kilotonnes, faisaient récemment des exercices d’entraînement auprès de la frontière ukrainienne, adressant ainsi un message à l’Occident.

Aux origines du conflit

La guerre en Ukraine n’a pas commencé en février 2014, comme l’écrivent les médias, mais en octobre 1853 quand une coalition dirigée par la Grande-Bretagne s’opposa à l’expansionnisme russe. Une rivalité naquit alors entre deux empires que l’émergence d’un troisième atténua le temps de la Première Guerre mondiale. La rivalité était profonde. Elle fut exacerbée par les écrits d’un géographe, Halford Mackinder, qui en 1904 crût voir dans le développement du chemin fer un renforcement de la puissance russe qui nuirait à l’empire britannique. L’empire américain qui supplanta l’empire britannique en 1945, reprit à son compte cette vision du monde – vision qui impliquait l’asservissement de l’Union soviétique. La rivalité entre ces deux empires qu’Alexis de Tocqueville avait annoncé dès 1840, n’a pas lieu d’être. Ce chemin de fer qui inquiétait tant Halford Mackinder, pourrait être un lien entre les Etats-Unis et la Russie, comme l’explique William Gilpin dans un livre publié en 1890 : « The cosmopolitan Railway ». Un chemin de fer reliant les Etats-Unis à la Russie serait profitable aux deux nations. Le vice-président des Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, Henry Wallace, adhérait à cette théorie à laquelle Franklin Roosevelt n’était pas insensible. Le sort voulu que Roosevelt mourut trop tôt et que la convention démocrate préféra Harry Truman à Henry Wallace.

Un conflit apocalyptique

Ce conflit entre Est et Ouest n’a pas cessé depuis 1853, et explique pour partie la guerre en Ukraine. Le sénateur Lindsay Graham qui conseille à Israël de larguer des bombes nucléaires sur Gaza,7 pourrait terminer ses discours par cette phrase célèbre qui concluait ceux de Caton le censeur il y a deux mille deux cents ans : « et Carthage sera détruite », sauf qu’il ne s’agit plus de Carthage mais de Moscou. C’est tout le sens de la guerre en Ukraine – une guerre dont la nature dicte le dénouement. Sa conduite échappe aux protagonistes. Du point de vue russe, la guerre en Ukraine est une guerre civilisationnelle. Une défaite signifierait le démembrement de la Russie, sa disparition de la planisphère – inacceptable pour l’élite russe.8 9 Du point de vue américain, la guerre en Ukraine est une guerre hégémonique dont l’objectif est la domination du monde. Une défaite américaine signifierait la fin de ce rêve – inacceptable pour les néoconservateurs.10 11 12

Une guerre qu’aucun des deux adversaires ne peut perdre. En l’absence d’autorité morale, politique ou religieuse, ou d’un évènement fortuit susceptible d’y mettre fin, cette guerre annonce la fin des temps. En 1946, Albert Einstein déclara que l’atome avait tout changé, sauf nos modes de pensée, et qu’en conséquence nous nous dirigions vers une catastrophe sans précédent.

Jean-Luc Baslé

 

NOTES


  1. Discours du Président de la Fédération de Russie, 24 février 2022 
  2. L’armée américaine serait anéantie en Ukraine. La Cause du peuple, 10 mai 2024. 
  3. To win a nuclear war (p. 7). 
  4. Gilles Andréani, professeur affilié à Sciences Po, se fait l’avocat de cette méthode dans un récent article intitulé : « Ukraine, troupes au sol, ambigüité stratégique : il faut mettre fin à la désunion occidentale », telos, 22 mai 2024. 
  5. With allies, the U.S. builds a military arc. New York Times, 16 mai 2024. 
  6. To win a nuclear war (p. 23). 
  7. Un sénateur américain dit qu’Israël devrait larguer des bombes nucléaires sur Gaza. Greenville Post. 14 mai 2024. 
  8. Discours de Vladimir Poutine le Septembre 21, 2022. 
  9. Conférence de presse Sergey Lavrov du 18 mai 2024. 
  10. The American Century, Henry R. Luce, Life magazine, 17 Février 1941. 
  11. Defense Planning Guidance, Paul Wolfowitz, Février 1992. 
  12. Project for a new American Century, Robert Kagan & co. 1997. 

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

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