Élections européennes 2024 et dissolution de l’ assemblée ,nationale.

La dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, à la suite des élections européennes de 2024, a provoqué un séisme dans le monde parlementaire.

Ce monde qu’il nous faut brièvement décrire pour nos camarades de l’ étranger

Il y a le bloc de la Macronie, autour du Parti présidentiel Renaissance (avec le Modem, Horizons, le Parti Radical, l’Union des démocrates et indépendants)

Ce bloc a obtenu que 14,6% des voix, un fiasco.

LE BLOC DES DROITES

Il y a l’ ex-front national dit Rassemblement National, il gagne ces élections haut la main avec 31,4% des voix.

Les nationalistes de Reconquête (avec Marion Maréchal) à 5,5% des voix, elle cherche une alliance avec le RN.

La Droite historique,des conservateurs avec Les Républicains, avec 7,3% des voix vers . Fortement ébranlé par le départ de Éric Ciotty vers le RN.

LE BLOC DES GAUCHES

Il y a la France Insoumise, du tribun Mélenchon, abusivement classer à l’extrême gauche, une sorte de populiste de gauche qui représente 9,9 %

Il y a ensuite le bloc autour des socialistes, et de son leader Raphaël Glucksmann avec 13,8% des voix.

Europe Écologie Les Verts a 5,5% des voix,

le PCF a 2,3% des voix.1

L’Alliance rurale a 2,2% des voix, le Parti Animaliste 2%, les nationalistes de l’UPR et des Patriotes

de Florian Philippot ex Front National 1% .

La situation est telle, que E Macron a annoncé à la surprise de tous qu’il allait dissoudre l’ Assemblée nationale et provoquer de nouvelles élections, un vent de panique a d’un seul coup déclenché une agitation de toute la sphère parlementaire révélant du même coup les magouilles de ce milieu, notamment l’ accord rapide à gauche sous le nom Front Populaire une unité des contraires avec LFI et sur le flanc droit le passage du républicain Ciotti coté RN bien accueilli par Bardela.

Emmanuel Macron, va encore tenter le coup du danger fasciste, alors que le véritable danger c’ est le ralliement au conflit mondial en préparation ou lui, Macron est un zélé fauteur de guerre. Le danger immédiat c’ est cet homme qui représente les intérets des participants au Forum mondial, ce que certains ciblent comme le grand capital. Pour des raisons historiques nous ne reprenons pas cette idée de Grand Capital. Pour nous le capital est une totalité à combattre, nous nous sommes pas assez expliqué à ce sujet et nous y reviendrons.

Pour le moment nous assistons au spectacle sans pareil du cirque électoral et à des chassés croisés révélateurs d’ un lutte des places et des planques. Même les petites organisations vont à la soupe populaire, En moins de 48heures, une quinzaine organisations de « goche »comme le NPA se sont prononcées pour le Front populaire.

G.B

Jean-Paul Sartre, « Élections, piège à cons »

vendredi 5 juin 2009, par jfchaz

En 1789 on établit le vote censitaire : c’était faire voter non les hommes mais les propriétés réelles et bourgeoises qui ne pouvaient donner leurs suffrages qu’à elles-mêmes. Ce système était profondément injuste puisqu’on excluait du corps électoral la majeure partie de la population française mais il n’était pas absurde. Certes les électeurs votaient isolément et en secret cela revenait à les séparer les uns des autres et à n’admettre entre leurs suffrages que des liens d’extériorité. Mais ces électeurs étaient tous des possédants, donc déjà isolés par leurs propriétés qui se refermaient sur eux et repoussaient les choses et les hommes de toute leur impénétrabilité matérielle. Les bulletins de vote, quantités discrètes, ne faisaient que traduire la séparation des votants et l’on espérait, en additionnant les suffrages, faire ressortir l’intérêt commun du plus grand nombre, c’est-à-dire leur intérêt de classe. Vers le même temps la Constituante adoptait la loi Le Chapelier dont le but avoué était de supprimer les corporations mais qui visait, en outre, à interdire toute association des travailleurs entre eux et contre leurs employeurs.

Ainsi, les non-possédants, citoyens passifs qui n’avaient aucun accès à la démocratie indirecte, c’est-à-dire au vote dont usaient les riches pour élire leur gouvernement, se voyaient retirer, par-dessus le marché, toute licence de se grouper et d’exercer la démocratie populaire ou directe, la seule qui leur convint puisqu’ils n’étaient pas susceptibles d’être séparés par leurs biens. Lorsque, quatre ans plus tard, la Convention remplaça le suffrage censitaire par le suffrage universel, elle ne crut pas bon, pour autant, d’abroger la loi Le Chapelier, en sorte que les travailleurs, définitivement privés de la démocratie directe, durent voter en propriétaires bien qu’ils ne possédassent rien. Les regroupements populaires, interdits mais fréquents, devinrent illégaux en demeurant légitimes. Aux assemblées élues par le suffrage universel se sont donc opposés en 1794 puis lors de la Seconde République en 1848, enfin à l’orée de la Troisième, en 1870, des regroupements spontanés mais parfois fort étendus qu’on devait appeler justement les classes populaires ou le peuple. En 1848, en particulier, on crut voir s’opposer à une Chambre élue au suffrage universel reconquis, un pouvoir ouvrier qui s’était constitué dans la rue et dans les Ateliers nationaux. On sait le dénouement en mai-juin 1848, la légalité massacre la légitimité. En face de la légitime Commune de Paris, la très légale Assemblée de Bordeaux transférée à Versailles n’eut qu’à imiter cet exemple. A la fin du siècle dernier et au début de celui-ci les choses parurent changer : on reconnut aux ouvriers le droit de grève, les organisations syndicales furent tolérées. Mais les présidents du Conseil, chefs de la légalité, ne supportaient pas les poussées intermittentes du pouvoir populaire. Clemenceau, en particulier se signala comme briseur de grèves.

Tous, obsédés par la crainte des deux pouvoirs, refusaient la coexistence du pouvoir légitime, né ici ou là de l’unité réelle des forces populaires et de celui faussement un qu’ils exerçaient et qui reposait, en définitive, sur l’infinie dispersion des votants. De fait ils fussent tombés dans une contradiction qui n’eût pu se résoudre que par la guerre civile puisque celui-ci avait pour fonction de désarmer celui-là.

En votant demain, nous allons, une fois de plus, substituer le pouvoir légal au pouvoir légitime. Le

premier, précis, d’une clarté en apparence parfaite, atomise les votants au nom du suffrage universel. L’autre est encore embryonnaire, diffus, obscur à lui-même : il ne fait qu’un, pour l’instant, avec le vaste mouvement antihiérarchique et libertaire qu’on rencontre partout mais qui n’est point encore organisé. Tous les électeurs font partie des groupements les plus divers. Mais ce n’est pas en tant que membre d’un groupe mais comme citoyens que l’urne les attend. L’isoloir, planté dans une salle d’école ou de mairie, est le symbole de toutes les trahisons que l’individu peut commettre envers les groupes dont il fait partie. Il dit à chacun : « Personne ne te voit, tu ne dépends que de toi-même ; tu vas décider dans l’isolement et, par la suite, tu pourras cacher ta décision ou mentir. » Il n’en faut pas plus pour transformer tous les électeurs qui entrent dans la salle en traîtres en puissance les uns pour les autres. La méfiance accroît la distance qui les sépare.

Jean-Paul Sartre, « Élections, piège à cons », Les temps modernes n°318, janvier 1973

1Ce bloc vient de s’unir, suite à la dissolution de l’ assemblée nationale par E Macron, il va se présenter aux élections législatives sous le non de « front populaire » 

 

4 réflexions sur “Élections européennes 2024 et dissolution de l’ assemblée ,nationale.

  • 13 juin 2024 à 9 h 41 min
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    Revenons sur cette sentence de notre ami Oeil-de-Faucon

    Il écrit ci-haut :  » Pour des raisons historiques nous ne reprenons pas cette idée de Grand Capital. Pour nous le capital est une totalité à combattre, nous nous sommes pas assez expliqué à ce sujet et nous y reviendrons. »

    Le concept de Grand capital mondial ne constitue pas une segmentation – une compartimentation – une autonomisation du capital global. Ce concept propose plutôt que le Capital est un tout hiérarchisé – imbriqué – articulé en partant du sommet – le Grand capital financier mondialisé – monopolistique -, structurant à l’échelle mondiale, les capitaux oeuvrant à l’échelle nationale – le capital sous-traitant – et les capitaux locaux – régionaux tout aussi assujettis aux lois, et aux règles de fonctionnement du capital global – du Grand capital mondial.

    Sous l’impérialisme le Capital se développe – s’accumule – de manière inégale et combinée – d’une zone à une autre – d’un secteur à un autre mais toujours sous la dictature du Grand capital mondialisé.

    Ce concept nous permet de comprendre et d’expliquer pourquoi, en France notamment, des factions politiques bourgeoises – de gauche comme de droite – sont pro-russe, d’autres pro-américaines, d’autres se disent patriotiques, nationalistes chauvines, etc. etc.

    C’est dans l’articulation des activités économiques ordonnancée par le Grand capital global que l’on peut comprendre le « melting pot » politique qui sévit dans tous les pays capitalistes en Europe et partout ailleurs. (On compte 100 partis politiques officiels en Haïti…)

    On dira qu’en Chine par exemple un tel fouillis de factions – et de partis politiques – n’existe pas. C’est faux.

    En Chine ou sévit aussi le Grand capital mondialisé, les factions bourgeoises de gauche comme de droite s’agiotent au sein même du Parti communiste chinois et se mènent des guerres intestines comme MAO leur a enseigner à l’époque de la Bande des quatre, etc..

    Nous croyons que le concept de Grand capital mondialisé s’accorde bien avec le concept de l’impérialisme stade suprême du capitalisme tel que développé par Rosa Luxemburg et avec le concept de lutte de classe mondial.

    Ainsi, nous affirmons que deux camps antagonistes s’affrontent LE CAMP DU CAPITAL MONDIAL
    divisé – segmenté – en une multitude de partis politiques bourgeois de gauche et de droite (du pareil au même)…
    et le CAMP DU PROLÉTARIAT INTERNATIONAL regroupant par la force des choses = des luttes de classe = l’immense prolétariat international en grande partie inconscient de son appartenance de classe (en soi) et de sa lutte de classe pour défendre ses intérêts de classe (pour soi)…la dictature du prolétariat mettra fin à cet imbroglio.

    Mais trêve de pessimisme, les forces inéluctables du développement du capital (de l’accumulation du Grand capital mondial) font mûrir la conjoncture et nous pousse vers la solution inexorable = LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE.

    Les mascarades électorales ont bien peu d’importance pour notre camp…nous devons les comprendre et s’abstenir d’y marauder.

    Merci Gérard

    Robert Bibeau

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  • 13 juin 2024 à 11 h 29 min
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    La montée ( médiatique ) du populisme éléctoral en Europe, malgré un taux d’abstention toujours élevé, mais minimisé par tous les partis ; prépare sa prochaine déconfiture ?

    Certes les gens ressentent le délitement politique qui les entoure et demandent un retour à l’Etat nation souverain et protecteur; mais c’est une illusion impossible dans l’immédiat  du présent capitalisme ; vu la marche du monde .

    La lutte des classes ne provoque pas la révolution, seul un évenement historique soudain (guerre mondiale etc) entraine la transformation de la lutte des classes  ; de mouvement populiste de masse en possible révolution prolétarienne :

    La guerre contre la Russie et la révolution en France

    https://materialisme-dialectique.com/la-guerre-contre-la-russie-et-la-revolution-en-france/

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  • Ping : Transformer la guerre impérialiste en guerre de classe internationaliste – les 7 du quebec

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