La défense aérienne européenne pourrait être divisée en deux sphères d’influence (Korybko)

Par Andrew Korybko. Sur European Air Defense Might Be Divided Into Two Spheres Of Influence (substack.com)

Dans la suite de l’article d’hier sur l’édification par l’Union européenne d’un Rideau de fer militaire aux confins Est de l’Europe : La «ligne de défense de l’UE» est le dernier euphémisme pour désigner le nouveau rideau de fer (Korybko) – les 7 du quebec Andrew Korybko propose ici un article décrivant la tactique militaire pour la gestion des forces aériennes de l’Union (UE) en prévision d’une agression contre la Russie dans le cadre de la guerre de proxy ukrainienne.

L’Allemagne peut gérer directement la moitié nord tandis que la France et l’Italie (partenaires seniors et juniors respectivement) font de même avec la moitié sud.

Politico a rapporté que « Von der Leyen soutient les appels polonais et grecs à un bouclier de défense aérienne de l’UE » après que leurs Premiers ministres ont exigé que « notre union économique et monétaire soit accompagnée d’une union de défense forte » dans une lettre conjointe adressée à elle la semaine dernière pour l’exhorter à créer ce programme « phare ». Le média a également déclaré que l’initiative allemande « European Sky Shield » (ESSI), « qui vise à acquérir conjointement des systèmes de défense aérienne allemands, américains et israéliens », est en concurrence avec l’initiative franco-italienne d’utilisation des systèmes SAMP/T.

La première a été analysée ici en ce qui concerne le débat qui fait rage en Pologne entre le président Duda et le Premier ministre Tusk sur le maintien de la dépendance prévue de leur pays vis-à-vis des défenses aériennes anglo-américaines ou la participation à l’ESSI dirigée par l’Allemagne, respectivement. Étant donné que le gouvernement de Tusk vient d’annoncer que la Pologne combinera ses fortifications de sécurité frontalières « Bouclier Est » avec le « Bouclier balte » des États baltes, ce qui étendra l’influence militaire allemande vers l’est, ESSI est probablement un favori.

Quant au second, l’influence militaire à peine discutée de la France en Roumanie et en Moldavie la positionne parfaitement, ainsi que l’Italie, pour pousser le SAMP/T sur cette partie de l’Europe, qui pourrait aussi naturellement inclure le reste des pays des Balkans entre eux. Dans ce cas, la défense aérienne européenne serait divisée en deux sphères d’influence, l’Allemagne gérant directement la moitié nord tandis que la France et l’Italie (partenaires seniors et juniors respectivement) font de même avec la moitié sud.

D’un point de vue américain, il y a des avantages et des inconvénients à ce scénario. D’une part, il est plus facile pour une sous-hégémonie comme l’Allemagne d’être responsable du théâtre européen de la nouvelle guerre froide au nom des États-Unis que de le répartir entre partenaires. D’autre part, cependant, maintenir le continent divisé selon deux axes pourrait se prémunir contre le risque improbable mais à fort impact que l’Allemagne « devienne un jour voyou » en réparant unilatéralement ses relations avec la Russie sans l’approbation préalable des États-Unis et en secouant le monde.

Alors que leur hégémonie unipolaire précédente dans son ensemble continue de s’affaiblir dans le cadre de la transition systémique mondiale vers la multipolarité, (sic) les États-Unis auront de moins en moins de moyens d’influencer l’issue de cette compétition intra-européenne. En outre, les États-Unis se préparent à « pivoter vers l’Asie » pour contenir la Chine, ce qui est la principale raison pour laquelle les Européens veulent construire leur propre système de défense aérienne – même si c’est en partie avec des produits américains selon le modèle ESSI – de peur d’être laissés pour compte lorsque cela se produira.

Objectivement parlant, cependant, l’UE n’a pas à s’inquiéter de la Russie puisque cette dernière ne va pas envahir le bloc et déclencher le déclencheur de l’article 5 pour un échange nucléaire avec les États-Unis. L’Amérique a si bien réaffirmé son hégémonie sur l’UE depuis 2022 que les décideurs politiques européens semblent avoir vraiment adhéré à la campagne alarmiste de leur partenaire principal. C’est pourquoi beaucoup s’inquiètent de ce qui se passera lorsqu’il reviendra en Asie ou si Trump revient au pouvoir en premier.

Les grands avantages stratégiques de la réaffirmation de son hégémonie sur l’UE l’emportent de loin sur le retour de bâton de la possibilité de perdre des contrats militaires très rentables si la défense aérienne européenne bifurque entre le nord partiellement fourni par les États-Unis et dirigé par l’Allemagne et le sud franco-italien. Différents décideurs américains, y compris ceux qui se trouvent aux mêmes niveaux de la hiérarchie politique, ont des points de vue différents sur le scénario le plus optimal pour les intérêts de leur pays, compte tenu des avantages et des inconvénients.

Dans l’ensemble, les États-Unis s’adapteront avec souplesse aux circonstances au fur et à mesure qu’elles se présenteront pour s’assurer que leur hégémonie réaffirmée avec succès sur l’UE ne soit pas affaiblie dans le scénario où l’Allemagne et la France-Italie divisent l’Europe en sphères d’influence de la défense aérienne. Cette concurrence intra-UE est stratégiquement insensée, comme cela a été expliqué, puisque la Russie ne va pas bombarder le bloc, mais est une aubaine pour le complexe militaro-industriel, c’est pourquoi tous les acteurs concernés rivalisent pour faire avancer leurs plans afin d’en tirer le maximum de profit.

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

2 réflexions sur “La défense aérienne européenne pourrait être divisée en deux sphères d’influence (Korybko)

  • 29 juin 2024 à 12 h 32 min
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    Force est de constater qu’il y a loin de la coupe aux lèvres ainsi que le démontre â l’évidence l’incapacité industrielle du bloc militaire U$/U€/OTAN à approvisionner en armes et en munitions ses proxys ukronazis et sionazis dans leur guerre d’épuration ethnique des russophones ukrainiens et génocidaire des palestiniens en préparation à son affrontement ultime avec son rival chinois et du Sud global.
    Ainsi, le monde réalise que l’économie financière parasitaire occidentale reposant sur l’émission de monnaie, l’endettement et les services s’avère incapable de produire des armes et des munitions alors que la Russie assistée de l’Iran et la Corée du Nord, sous l’œil paternel de la Chine, inondent les champs de batailles de matériels hautement performant et comme quiconque de censé le sait: à la guerre les balles et les bombes sont plus efficaces pour assurer la victoire que les dollars,fussent-ils U$ même soutenus par une propagande occidentale démagogique et surtout démentielle.
    En volant les 300 milliards de $ U$, en infligeant 19,000 sanctions à la bourgeoisie russe et en soudoyant un Prigogine plus prétentieux que nature, la bourgeoisie occidentale, U$ en tête, était convaincue qu’un coup d’État renverserait la dictature de Poutine et ramènerait la Russie et ses immenses ressources naturelles dans le camp occidental en préparation à l’assaut contre l’ennemi public no 1 des U$A: la Chine et le Sud global.
    Après tout, ce type d’attaques par l’intérieur avait sonné le glas de l’URSS pourrie de l’intérieur par une «social-bourgeoisie» dictatoriale et l’avènement des «30 Glorieuses» d’hégémonie sans partage des U$A et de leurs vassaux.
    Là où le bât a détruit le plan fumant des occidentaux, c’est que la bourgeoisie russe avait connu après 1991 les conséquences désastreuses de sa soumission à l’hégémonie occidentale et qu’il n’y avait alors pas de prétendant crédible à l’achat de ses matières premières, l’Allemagne, la France et l’Italie s’étant ultimement avérés des laquais inféodés aux U$A, prêts à subir un attentat terroriste détruisant son approvisionnement en gaz russe indispensable à leur économie et à l’exode de leur industrie aux U$A pour la protéger des bombes russes.
    Au même moment où la bourgeoisie mondiale réalise que des $ et des services financiers ne peuvent affronter des balles et des bombes sur le champs de bataille, elle réalise que corrompre son prolétariat en l’endettant et en soudoyant son aristocratie syndicale ne produisent pas plus de balles et de bombes.
    Comme un coup de tonnerre, la bourgeoisie mondiale réalise quelle a précipité la bourgeoisie russe dans les bras de la bourgeoisie chinoise et a fourni à sa machine industrielle supérieure toutes les matières premières nécessaires à sa victoire tant économique que militaire et offert à la bourgeoisie russe des biens de consommation en quantité illimitée plutôt que d’insignifiants $ U$ sans valeur et sujets à être saisis au gré de la dictature U$/U€. La quadrature du cercle vient d’être complétée.
    L’heure des comptes a sonné: la bourgeoisie change sa garde politicienne et chasse du pouvoir les incompétents qui l’ont conduit à la défaite:
    DEHORS Biden le grabataire et ses Nulan,Blinken et cie;
    OUSTE du ballet les Schultz, Macron, Sinak, Zizilensky,Netanayu et tous ces larbins bourgeois idiots qui ont confondu la proie pour son ombre.
    PLACE aux nouveaux dictateurs à la pogne de fer des «bruns-noirs-verts-rouges-arc-en-ciel», tout ce qui grouille et gribouille au service de la dictature «démocratique» bourgeoise qui aboliront sans pitié tous les privilèges consentis au prolétariat et les retourneront à l’usine fabriquer des armes et des bombes avant que de servir de chair à canons dans la «grande guerre patriotique» du capital contre le travail.
    PROLÉTAIRES du monde entier, l’heure est grave et si vous ne retenez pas la main des bouchers capitalistes par la RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE,préparez-vous à «une montagne de pleurs, de larmes et de sang», le vôtre.

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