L’«exceptionnalisme américain» est une fausse idée qui s’effrite à mesure du déclin de l’Empire
Par Normand Bibeau et Robert Bibeau.
Marx enseignait que «Les idées et la conscience sociale tardent toujours sur la réalité économique» (Manuscrits de 1844) excepté lors des phases révolutionnaires. C’est aussi ce que constate l’analyste Richard Wolff quand il observe le «Déclin de la classe moyenne et de la concentration du capital en Amérique» dans ce clip publié sur notre webmagazine: https://les7duquebec.net/archives/299948
Ainsi, la langue, la culture, la religion, la «nation», la «patrie» et toutes ces «idées» qui sont nées du passé tantôt local, tantôt régional, et ultimement «national» des sociétés humaines se heurtent de plein fouet au développement de l’économie mondiale de marché et à ses conséquences «nationales» et «supranationales». Ce retard idéologique s’applique tout autant aux instances économique que politique.
En analysant de manière passionnante la crise actuelle du capitalisme mondial à travers la lorgnette du marché américain et de la dictature de sa bourgeoisie réactionnaire, le professeur Wolff commet indirectement l’erreur qu’il condamne directement, à savoir: professer l’«exceptionnalisme américain» comme moteur de l’évolution du capitalisme mondial.
Les milliardaires que Trump a réunis autour de lui lors de son assermentation comme 47e président des États-Unis, ceux-là mêmes qui l’ont porté au pouvoir à coup de milliards de dollars et de matraquages médiatiques démagogiques illustrent le caractère international de cette bourgeoisie, depuis Musk et ses voitures électriques fabriquées au Mexique, en passant par Bezos qui distribue aux Amériques les produits fabriqués en Chine, à Gates et ses microprocesseurs taïwanais et à Tim Cook d’Apple et ses smartphones «made in China», en somme, une coterie de capitalistes apatrides qui exploitent le prolétariat mondial pour alimenter le marché occidental et empocher des profits.
La déliquescence de la «classe moyenne» bidon constituée d’une couche d’«aristocrates salariés» – esclaves salariés au service des riches – n’est pas l’apanage des Américains comme le décrit le professeur Wolff, mais cela prévaut partout en Occident capitaliste depuis le Royaume-Uni du «eat or heat», à la France et à l’Allemagne du mentra «retraite ou réarmement», en passant par le Canada du «51e État U$ ou la ruine».
L’Occident capitaliste qui parasite sur les peuples du monde depuis la circumnavigation de l’Afrique et la découverte de l’Amérique est soumis à la nature de sa classe dominante capitaliste apatride par nature et par vocation: la plus-value (profit) n’a pas d’odeur, ni de couleur, ni de langue, ni de religion, ni de nationalité, ni de patrie. Pour conclure c’est la maxime chinoise qui commande la superstructure : «Peu importe que le chat soit blanc, noir, jaune ou rouge pourvu qu’il attrape des souris et enrichisse la bourgeoisie», tel est le fin mot et la raison d’être du capitalisme américain, européen, chinois, russe ou canadien.
Le défi d’accumulation du capital qu’impose les révolutions industrielles successives, tant en termes d’inventions technologiques liées à l’intelligence artificielle et à l’espace, qu’en termes d’appropriation de ressources naturelles indispensables à ces développements: «terres rares», hydrocarbures, surfaces pour les panneaux solaires, les éoliennes et les nouvelles sources d’énergie et pour les voies de transport, commande impérativement au MPC d’exproprier de plus en plus de «plus-value» du prolétariat et de plus en plus de valeur des ressources naturelles de ses vassaux or, cette appropriation croissante de «plus-value» et de ressources paupérise davantage les vassaux et engendrent des crises de surproduction que seules des crises économiques suivies de guerres permanentes peuvent tenter de résoudre: le serpent capitaliste se dévore la queue jusqu’à renaître des cendres de millions de cadavres et de destructions.
Ce que décrit avec justesse le professeur Wolff relativement à l’endettement stratosphérique de la société capitaliste américaine s’applique à divers degrés à toutes les sociétés capitalistes mondialisées. Ainsi, toutes les économies croulent sous les dettes contractées auprès des capitalistes financiers comme le démontre le niveau d’endettement des États, des entreprises et des particuliers qui se chiffre à plusieurs fois leur Produit Intérieur Brut ( PIB) ou leur revenu.
Cependant, ce qu’il faut surtout retenir c’est que «les dettes périment» c’est-à-dire qu’ultimement ce qui a été consommé ne peut être restitué et il suffit de radier la dette des comptes courants et les paiements d’intérêts et de capital correspondants, pour en être libérées et recommencer sa vie à neuf comme l’a fait l’aventurier Trump et ce qu’il souhaite faire avec la dette de 36,500 milliards de dollars des États-Unis.
Le prolétariat mondial doit apprendre de son histoire centenaire que rien de bon ne peut provenir des dieux capitalistes fussent-ils «nationalistes», «patriotiques» ou «mondialistes» comme l’ont démontré à l’évidence les deux grandes Guerres mondiales et les centaines de guerres locales et régionales qui ont marqué l’histoire du capitalisme depuis son avènement.
Pour les mêmes raisons, la crédulité naïve d’un prolétariat «national» de s’unir à sa bourgeoisie «nationale» pour exploiter le prolétariat «étranger» est vouée à l’échec. Le désir des 4,3% d’États-Uniens sur Terre de consommer 27% des richesses mondiales en échange de dollars de pacotille tire à sa fin et ce ne sont pas les simagrées et les menaces de Trump, dont les armées ont perdu toutes leurs guerres depuis 1945, qui y changeront quoi que ce soit.
À nos yeux et à nos oreilles, cette réalité implacable de l’inhumanité des capitalistes s’expose sans la moindre décence à Gaza où leurs mercenaires génocidaires sionazis israéliens se livrent à un génocide que les riches financent, arment et protègent, contre un peuple martyr désarmé… que peut-on imaginer de plus abominable et de plus abject? Voilà où le monde capitaliste en est et à moins que le prolétariat n’arrache le couteau des mains du boucher capitaliste, le pire est à venir. Voir nos articles : Les puissances Occidentales face à leur défaite humiliante en Ukraine et honteuse à Gaza – les 7 du quebec

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