7 au Front

Le culte du travail devenu premier dogme du monde capitaliste

par Khider Mesloub.

Le culte du travail devenu premier dogme mondial

À notre ère, le culte du travail est devenu la première croyance mondiale. Avec ses rites scientifiquement chronométrés pour assurer efficacement l’exploitation de ses ouailles, ses multiples temples de production marchands, son paradis consumériste, ses saints patrons vénérés intercesseurs du dieu le capital, ses huit heures d’affilée de prières intensives d’asservissement quotidiennes accomplies au sein de ces bagnes de fabrication, la religion du travail a surpassé les religions monothéistes en matière d’efficience et de prosélytisme, vu qu’elle ne cesse de gagner de nouveaux adeptes. Adeptes qui font preuve d’une dévotion professionnelle sacrificielle.

Le culte du travail est récent dans l’histoire de l’humanité. En effet, jusqu’au 19e siècle, le travail n’était pas considéré comme un critère d’accomplissement social et de réussite, tremplin d’accession au paradis consumériste. Mais comme un moyen expédient, pénible et dégradant, de subvenir à ses besoins.

Dès lors que le travail salarié se limite à subvenir aux besoins vitaux, c’est-à-dire à assurer le minimum vital pour reproduire la force de l’ouvrier, il n’est fondamentalement pas humain.

Dès son imposition et sa généralisation par les nouveaux capitalistes, cette nouvelle forme de travail ne visait pas l’émancipation de l’ouvrier, mais son aliénation, notamment par la réduction de ses facultés à l’accomplissement de tâches répétitives quotidiennes, préjudiciables à sa santé mentale et physique.

Sous le mode de production capitaliste le salarié est un simple maillon interchangeable et anonyme mis au service du patronat, détenteur des moyens de production. La vie du salarié est entièrement subordonnée à l’activité de l’entreprise, qu’il fait tourner sans profiter du fruit de sa production.

Le culte du travail se pratique par autoflagellation, sous une forme masochiste. Son adepte, au cours de ses huit heures d’exploitation sans être prié, agresse son organisme corporel, autodétruit son psychisme, prostitue son intelligence.

Le dressage à cette religion du travail demeure le principal objectif de la modernité capitaliste mondiale. Dans cette nouvelle religion de la production effrénée et anarchique, capital et travail ne sont plus antagoniques. Ils constituent, au contraire, un bloc monolithique de valorisation financière de l’accumulation spirituelle du dieu-capital.

L’ironie de l’histoire est qu’au moment où le culte du travail s’est implanté dans tous les cerveaux de l’humanité salarialement dévotieuse, le travail s’est converti au chômage, cette nouvelle secte florissante au prosélytisme conquérant. En effet, en vertu de ces lois d’airain de la baisse tendancielle du taux profit, de la robotisation tentaculaire, de la numérisation totalitaire, de la surproduction excédentaire, les temples d’entreprise partout s’effondrent, les Saints patrons capitalistes déposent le bilan. Conséquence : le travail se raréfie. Et les chômeurs prolifèrent à une vitesse vertigineuse.

Pourtant, en dépit de sa raréfaction, de « la fin du travail » selon le livre éponyme de Jeremy Rifkin, les orphelins esclaves-salariés persistent de manière fanatique à lui témoigner une vénération impénitente.

Et pour ceux qui parviennent à s’embaucher (se débaucher) dans ces bagnes de la production (usines, bureaux, magasins, chantiers de construction et écoles, ces institutions légales de dégradation de la santé mentale et somatique), les ravages de cet enfermement se lisent sur leur visage et leur corps flétris et délabrés. Et, surtout, se vérifient par l’absorption abusive de psychotropes, ces nouvelles drogues pharmaceutiques délivrées complaisamment par les médecins.

Ainsi, dans le capitalisme, la «liberté de travailler» se paye au prix de sévères pathologies professionnelles.

N’est-ce pas au temps d’Hitler, ère de la dictature totalitaire du capital,  qu’a été affichée au fronton d’un camp de concentration cette inscription: ArbeitMachtFrei : « le travail rend libre » ? Avant d’être inscrite au fronton du camp de concentration d’Auschwitz par les nazis, la devise ArbeitMachtFrei était valorisée par la bourgeoisie occidentale, notamment dans l’institution concentrationnaire scolaire, cette antichambre de l’usine, véritable structure pédagogique de dressage à l’obéissance, à la servilité, à la débilité.

De nos jours, dans ce monde fondé sur l’aliénation, la majorité des salariés est pourtant persuadée d’être libre, indépendante.

Depuis quand un salarié est-il indépendant de son employeur ? En vérité, dans le système capitaliste, tout salarié est asservi à son patron, autrement dit c’est un esclave rémunéré, et à ce titre ne dispose d’aucune liberté au cours de sa phase d’exploitation, c’est-à-dire son temps de travail aliéné.

Il est corps et âme dévoué à son maître à qui il doit docilité, obéissance, soumission. Une fois franchi le portail de l’entreprise, tout salarié perd sa liberté (de pensée, de conception, d’élaboration, de programmation, de décision : facultés totalement monopolisées par Son patron). Il est dépossédé de soi. Il appartient corps et âme à son maître employeur qui lui impose le planning de production, lui dicte le rythme de travail, lui prescrit les tâches à exécuter, lui assigne les objectifs commerciaux à atteindre, lui ordonne de fournir une rentabilité toujours plus performante.

Heureux l’esclave d’antan qui ne s’enorgueillissait pas de sa condition sociale servile, conscient de son assujettissement forcé. Aujourd’hui, l’esclave-salarié est fier d’exhiber son contrat d’asservissement professionnel, sa fiche de paie d’aliéné heureux, et ses quatre semaines de vacances octroyées par son patron pour lui permettre de reconstituer sa force de travail onze mois durant soumise à une exploitation effrénée destructrice.

Actuellement, 3,5 milliards d’humains se dévouent au nouveau culte, le travail salarié.

Une chose est sûre, le travail est une catégorie sociale historique inhérente au mode de production capitaliste, donc vouée à disparaître avec la formation sociale exploiteuse qui l’a imposée : la bourgeoisie.

C’est ce que nous allons démontrer dans notre prochain article.

 

Khider MESLOUB

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

3 réflexions sur “Le culte du travail devenu premier dogme du monde capitaliste

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  • L’ORGANISATION DU TRAVAIL… A LONG TIME AGO IN THE PAST FAR, FAR AWAY.
    Avant l’organisation matriarcale, les hommes erraient d’un lieu à l’autre, étrangers au sol qu’ils occupaient.
    Les Déesses-Mères (Reines diront les modernes), en organisant le travail, divisèrent le sol et le délimitèrent pour les travaux agricoles. Elles donnèrent aux hommes la part de terre qu’ils avaient à cultiver. De là vint le mot « tenancier », qu’on retrouve dans le vieux mot latin « tenere » (tenir ; celui qui a).
    Mais le tenancier devait donner une part de ses produits à la Mère, à l’organisatrice, dont le rôle moral, maternel, éducateur, n’était pas producteur des biens matériels nécessaires à la vie. Il fallait donc que l’homme travaillât pour elle et pour les enfants de la collectivité. Il faisait cinq parts du produit de sa terre, en gardant quatre et donnant la cinquième à sa Maîtresse. Le travail que représentent ces quatre parts a eu des appellations restées dans les langues. Ainsi, « arbé », dans les langues celtiques, veut dire quatre. De là s’est formé « arbeit » qui, en celtique, signifie travailler (en allemand « arbeiten »).
    Arabe est le nom donné à ceux qui étaient soumis à cette redevance (arba’a : quatre en arabe).
    Arabe ne serait pas un nom de peuple, mais un nom générique désignant celui qui travaille la terre. Arare veut dire labourer.
    Les Bretons étaient quelquefois appelés arbi (hébreu, heber, arabe), ceux qui travaillent.
    Chez les Celtes, où « Vyer » signifie quatre, la grange dans laquelle se gardaient ces quatre parts fut appelée « Vyer heim » (vyer, quatre, heim, demeure), d’où nous avons fait « ferme ».
    Le souvenir du cinquième lot payé à la Maîtresse laisse également des traces dans le mot « five », qui signifie cinq et dont on fait « fief ».
    Une ferme s’appela « quinta » chez les Ibères. Le grec « pente », cinq, forma le latin « penaere », payer l’impôt.
    Et, si nous poussons plus loin, nous trouvons que, dans la langue géorgienne, cinq se dit « chuth », qui n’est que le « schot » celtique, tribut. En Corée, cinq se dit « tasel », désignant par son nom même la taxe imposée au tenancier.
    La personne à qui était payé l’impôt s’appelait « Fron » (Frau, Dame). La terre de son obédience prit le nom de « Fron-terre », dont nous avons fait « frontière ». L’homme tenancier se fixa sur le sol où il errait auparavant sans s’y intéresser. A partir de ce moment, il contracta des habitudes de permanence, et cela eut un retentissement sur sa vie morale ; ses affections passagères devinrent plus durables quand il demeura dans un même lieu. Mais ce fut aussi le commencement de l’idée de propriété foncière, qui devait avoir un si triste avenir à cause de l’exagération que l’homme met dans tout ce qu’il fait, et à cause aussi de ce manque de jugement qui l’empêche d’apercevoir les causes naturelles des choses, surtout du Droit des Femmes, ce privilège donné à l’autre sexe et dont il ne comprend pas le motif. C’est ainsi qu’avec le temps les hommes commencèrent à trouver bien lourde leur sujétion. Ils travaillaient sur un sol dont ils n’héritaient pas (la fille seule héritait). On vit alors des hommes, plus audacieux que les autres, s’attacher à la Maîtresse et prétendre partager avec elle la redevance des tenanciers.
    Alors le cinquième donné fut divisé, et chacune de ses deux moitiés devint un dixième (la Dîme).
    C’est ainsi que Joseph, à la cour de Pharaon, régla la taxe du peuple (Genèse, XLI, 24).
    Théophile Cailleux, dans son ouvrage « Origine celtique de la civilisation de tous les peuples », dit : « Le cinquième se dédoubla dans la suite, par la séparation des pouvoirs (civil et religieux), ce qui produisit la Dîme. »
    Par civil, il faut entendre le pouvoir masculin, et par religieux, le pouvoir féminin.
    C’est le commencement du partage de l’autorité entre l’Homme et la Femme.
    Par toute la terre, nous trouvons la même organisation.
    La loi divine de Manou attribuait à la Déesse-Mère le sixième du revenu. Darius instaura en Perse cette redevance, mais dans des conditions de gouvernement masculin qui font de la Maîtresse un Maître. Quelle différence entre le Maître et la Maîtresse, entre la douceur dans l’assujettissement naturel de l’homme à la Femme et l’assujettissement forcé d’un homme sous le joug brutal d’un autre homme !
    Le servage est issu de cet esclavage illégal, imposé par l’homme vainqueur à l’homme plus faible qui, ayant été dépossédé de ses droits de propriété par la force, est obligé de se soumettre à un Maître de terre, un Maître terrien, et se trouve forcé de lui consacrer une partie de son travail, comme l’homme des anciens temps gynécocratiques la consacrait à la Mère commune de la Tribu.
    C’est encore ici l’imitation d’une loi légitime devenue illégitime par le changement des sexes.
    L’homme doit le produit de son travail à la Femme parce qu’elle est d’une autre nature que lui et parce qu’elle est la Mère qui a enfanté l’humanité, il ne doit rien à un autre homme qui peut travailler comme il travaille.
    L’obéissance de l’homme à la Femme est une vertu. L’obéissance de l’homme à un autre homme est une bassesse.
    Celui qui, dans l’antiquité, cherchait à se libérer de l’autorité maternelle était flétri, et le mot libertin indique le sens de cette flétrissure.
    Les principes qu’on inculquait à l’enfant lui donnaient le respect de l’autorité maternelle, il savait que sa soumission l’ennoblissait.
    Le jeune homme était encore le dévoué serviteur de la Dame, et il en était récompensé par des marques d’approbation que sa conscience demandait, par des signes de tendresse que son cœur désirait. Cela mettait dans sa vie l’immense satisfaction du Bien réalisé, en même temps que cela le mettait à l’abri des soucis de la vie matérielle, la Dame pourvoyant à tout, et c’est pour cela qu’elle est la « Providence ». L’homme tenait tout de cette sécurité providentielle.
    L’ancienne organisation matriarcale régnait partout, elle avait établi une autorité morale, religieuse et législative, invincible comme tout ce qui est basé sur les lois de la Nature.
    NB : Le régime maternel, c’est l’égalité des enfants devant la Mère et devant sa loi.
    Dans le régime maternel, les hommes ne sont pas divisés en castes, il n’y a ni pauvres ni riches, tous travaillent, mais le travail n’avilit pas, au contraire, c’est une loi générale à laquelle tous se soumettent avec joie. C’est pour cela que l’antiquité nous montre la vie agricole sous un aspect poétique, esthétique et joyeux, que les modernes ne connaissent plus.
    Le travailleur n’a pas l’aspect du prolétaire moderne, il ne se distingue pas par des vêtements sordides, par un langage vulgaire, par un manque d’éducation ; tout cela est le résultat des castes masculines. Le travailleur de l’ancien régime, c’est le berger qui chante les vers du poète, c’est la bergère enrubannée, gracieuse et même élégante, les dryades, les hamadryades, les nymphes, etc. La caste pauvre n’existe pas. Le peuple malpropre n’est pas né. Il y a partout beauté, propreté, abondance et joie.
    Rappelez-vous les Bucoliques de Virgile. Celui qu’il appelle Tityre et qui chante sous un arbre ne ressemble pas au paysan moderne, malpropre, mal élevé, avare et souvent brutal.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/faitsettempsoublies.html

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