Actualite économique

Dans la guerre des droits de douane, le prolétariat paiera la facture à moins que… (Battaglia Comunista)

Par GIGC-ICGL.  Sur http://www.igcl.org/Dans-la-guerre-des-droits-de

La revue Révolution ou guerre. no 31, Septembre 2025 (format PDF): fr_rg31-publier

 

Nous reproduisons ci-après un article publié dans Battaglia Comunista, journal de la TCI en Italie, qui nous semble venir compléter notre article précédent sur le populisme d’extrême-droite et le trumpisme. Il fournit à grands traits la genèse et l’historique des contradictions économiques du capitalisme depuis la fin de la reconstruction d’après-guerre dans les années 1960 jusqu’à aujourd’hui et explique pourquoi et comment la bourgeoisie américaine se lance dans des politiques protectionnistes et agressives tant vis-à-vis des rivaux impérialistes, la Chine au premier chef, mais aussi vis-à-vis des « alliés » occidentaux, qui n’en restent pas moins des rivaux économiques. Mais surtout, il montre comment l’exacerbation de ces contradictions « économiques » ne peut, à son tour, qu’ « exacerbe[r] les conflits impérialistes et une nette tendance à la guerre mondiale. » Le lecteur habitué à nous lire sait à quel point nous insistons, depuis notre constitution comme groupe, sur cette question et sur l’alternative révolution ou guerre.

Que la principale organisation du camp prolétarien défende clairement cette perspective, ouvre de fait une dynamique de regroupement « objective » des forces – groupes, cercles et individus – les plus vives et dynamiques du camp prolétarien et de la Gauche communiste autour de cette analyse générale et des orientations politiques qui en découlent. Que nous ne partagions pas nécessairement le cadre théorique des crises du capital – Grossmann-Mattick – avancé par la TCI et que certains de nos membres – nous ne sommes pas homogènes sur la question – estiment que le texte réduit trop les contradictions du capital et leurs expression à la seule baisse du taux de profit, n’enlèvent rien à la valeur et justesse politiques, donc de classe, de l’article que nous faisons nôtre.


Dans la guerre des droits de douane, le prolétariat paiera la facture si…

« Cher amie, je vous écris… [1] »

C’est ainsi que commence, plus ou moins, la lettre envoyée par Trump à Von der Leyen, dans laquelle le président américain annonce l’imposition d’un droit de douane de 30 % sur les produits européens importés aux États-Unis, en plus des droits de douane globaux non moins élevés sur les voitures, l’aluminium et l’acier.

La lettre était attendue, mais les mesures annoncées vont bien au-delà des pires craintes de Bruxelles, qui s’attendait à des droits de douane d’environ 10 %. Il se peut que l’arrogance américaine fasse partie de la tactique habituelle de Trump, qui consiste à faire feu de tout bois pour arriver à un « accord » à un niveau inférieur, ce qui reste très problématique pour celui qui subit la sanction. Il n’en reste pas moins que cette attitude est révélatrice d’une accélération de l’agressivité de l’impérialisme américain à l’égard de ses ennemis comme de ses « amis ». Tout cela montre à son tour la profondeur de la crise à laquelle est confronté le capitalisme made in USA et, plus généralement, le processus d’accumulation à l’échelle mondiale. Cette crise ne date pas d’aujourd’hui, ni même de 2007/2008 avec le cyclone des subprimes. Elle remonte à plus d’un demi-siècle, lorsque, au début des années 1970, la baisse du taux de profit devint plus évidente et déclencha une série de bouleversements et de changements dans l’économie mondiale, avec toutes les conséquences que nous connaissons aujourd’hui. Hier comme aujourd’hui, la crise a démontré – et démontre – clairement que dans le monde du capital, impérialiste depuis plus d’un siècle, il n’y a pas d’amitiés désintéressées, mais seulement des rapports de force, où l’on n’hésite pas à piétiner ses « amis » pour défendre et imposer ses propres intérêts. Ce que fait aujourd’hui l’administration américaine relève de la même logique rapace que les mesures prises par les administrations précédentes, mais le contexte s’est aujourd’hui aggravé à plusieurs égards.

Le 15 août 1971, Nixon a plus ou moins pris acte de la fin du boom du cycle ascendant de l’après-guerre et l’ouverture d’une nouvelle phase historique, l’actuelle, dominée précisément par des taux de profit bas ou du moins insuffisants, malgré toutes les mesures mises en œuvre par la bourgeoisie internationale au cours des cinquante dernières années. Ensuite, Washington dénonça les accords de Bretton Woods (1944), en découplant le dollar de l’étalon-or, en le dévaluant et en imposant des taxes à l’importation sur les produits étrangers. Les États-Unis avaient « découvert » que leur économie avait perdu sa fameuse compétitivité par rapport à celle des pays « amis » (Allemagne, Japon, Italie, etc.), et ils ont donc commencé à se décharger de leurs difficultés sur l’étranger. De nombreux « amis » et « alliés » se sont soudain retrouvés avec des masses de dollars dévalués et ont subi une augmentation du prix de leurs marchandises sur le marché américain. Le choc fut rude, et l’une des conséquences en fut l’augmentation du chômage et de l’inflation. Comme toujours, dans une crise, si la bourgeoisie – ou certains de ses secteurs – attrape un rhume (grave ou non), la classe ouvrière attrape une pneumonie, parce qu’elle est exposée, nécessairement peu vêtue, aux vents glacés de la crise par « sa propre » bourgeoisie.

Nous ne nous attarderons pas sur les implications du 15 août 1971, car cela nous mènerait trop loin, et de toute façon la question a été abondamment traitée dans notre presse depuis lors. Ce qui nous intéresse ici, c’est de mettre en évidence le caractère prédateur et génétiquement violent de l’impérialisme, c’est-à-dire du capital.

Toujours en 1973, après la guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes, les États-Unis ont passé un accord avec l’Arabie Saoudite pour augmenter le prix du pétrole, ce qui a eu pour double résultat de saper les capitalismes « nationaux » concurrents (encore le Japon, l’Europe…) et de renforcer le « privilège exorbitant » du dollar, monnaie utilisée dans les échanges internationaux mais imprimée par la Réserve fédérale, avec tout ce que cela implique en termes économiques et donc impérialistes.

Malgré ces mesures, l’« économie réelle » des États-Unis a eu du mal à retrouver son élan d’après-guerre. Les produits étrangers ont continué à occuper une part de plus en plus importante du marché américain. Ainsi, avec l’« Accord du Plaza » (New York, 1985), Reagan imposa une forte dévaluation du dollar aux pays du G5 de l’époque et au Canada – jusqu’à 51% par rapport au yen – dans le but de rendre les produits américains plus compétitifs.

Les tours de passe-passe financiers et monétaires peuvent donner des bouffées d’oxygène momentanées aux poumons fatigués du capital, déplacer les problèmes dans le temps et dans l’espace, c’est-à-dire le problème de fond – la baisse du taux de profit –, mais ils ne le résolvent pas. Au contraire, ils en amplifient l’ampleur. La croissance anormale de la spéculation financière et l’intensification, sous quelque forme que ce soit, de l’exploitation de la force de travail n’ont pas ranimé les « esprits vitaux » du marché, elles ont plutôt animé puissamment les aspects les plus brutaux et les plus destructeurs du marché lui-même. En d’autres termes, elles ont brusquement accéléré les tendances à la guerre généralisée, seule « solution » à ses contradictions dont dispose le capital.

De plus, alors que les possibilités de gestion politique de la crise se sont progressivement réduites, à commencer par les espaces du réformisme/keynésianisme, on voit l’apparition d’un personnel politique directement issu des bas-fonds de la bourgeoisie, toujours présent, précisons-le, mais jusqu’à hier relégué parmi les membres les moins présentables de la famille, pour leur brutalité, leur grossièreté et leur vulgarité : des personnages à mi-chemin entre la « l’idiot du café » et le caïd de quartier. Mais face à l’aggravation de la crise, les bonnes manières ne comptent pas. Les Trump, les Milei, et leurs semblables, sont l’expression d’une bourgeoisie qui a de plus en plus de mal à gérer son propre monde.

Et Trump ne connaît pas les « bonnes manières » d’un Biden ou d’un Obama – qui avaient déjà fait appel au protectionnisme et causé de gros problèmes aux « alliés » –, au point de susciter la perplexité et l’inquiétude même dans une partie de la grande bourgeoisie américaine, celle-là même qui a prêté une main déterminante à Dieu en faisant de lui l’élu (ne l’a-t-il pas sauvé d’une tentative d’assassinat ?). Son administration, et les gouvernements démocrates qui l’ont précédée, ont bien compris que la domination impérialiste sur le monde ne peut s’exercer sans le soutien d’une base manufacturière solide et technologiquement avancée. Cette base a été fortement affaiblie depuis les années 1970, en raison des délocalisations, mais la domination du dollar et le pouvoir excessif des fonds spéculatifs géants doivent être soutenus par une supériorité militaire écrasante.

Cela nous ramène au tout début de ce jeu de l’oie, suppose un appareil industriel à la hauteur. Les tarifs douaniers sont censés faire cela : forcer les « amis » comme les ennemis à ouvrir des usines aux États-Unis – ce qui se fait depuis des années, mais pas au rythme souhaité par le MAGA –, à acheter encore plus d’armes, à souscrire des obligations d’État à très long terme, à supporter patiemment la dévaluation du dollar, à permettre, par exemple, l’entrée sur le marché européen de produits agroalimentaires bourrés de produits chimiques nocifs, à supprimer les taxes, même modestes, sur les géants de l’internet et, plus généralement, sur les entreprises américaines. C’est ce qu’a fait le G7 en juillet, en s’inclinant devant le « Parrain » qui, depuis la Maison Blanche, fait au monde entier des «  deals qu’il ne peut pas refuser », parce qu’il met sur la table des « négociations » non pas un fusil, mais des bombardiers B-2, des milliers d’armes nucléaires et un marché qu’il est très difficile d’ignorer.

Compte tenu de la configuration du système capitaliste mondial au cours des dernières décennies, il est pour le moins douteux que les droits de douane puissent, à eux seuls, faire revivre l’Amérique industrielle des années 1950 et 1960. Par contre, il est certain qu’ils font peser un lourd fardeau sur les capitaux rivaux, ce qui, à son tour, exacerbe les conflits impérialistes et une nette tendance à la guerre mondiale.

Pendant ce temps, le président milliardaire, celui qui se présente comme l’ami des ouvriers américains, a repris la politique entamée lors de son premier mandat – et laissée essentiellement intacte par Biden – en confirmant les réductions d’impôts pour les riches et les entreprises, en prétendant croire que la richesse ainsi épargnée par les millionnaires et les milliardaires se répercutera sur les revenus, ce qui, bien sûr, ne s’est jamais produit. Au contraire, cette richesse est également alimentée par des coupes dans le maigre système de protection sociale existant – soins de santé, bons d’alimentation et système éducatif – en particulier dans les régions les plus pauvres du pays, celles des secteurs les plus démunis et les plus opprimés du prolétariat – nous parlons de dizaines de millions de personnes.

Il leur « donne », pour ainsi dire, une aumône, en abolissant les taxes sur les pourboires versés aux travailleurs, par exemple dans l’industrie de la restauration, et sur les heures supplémentaires. Il s’agit en fait d’une « petite aumône », non pas pour la classe ouvrière, mais pour les patrons, qui évitent ainsi d’avoir à puiser dans leur poche pour augmenter les salaires. Une somme dérisoire, en échange de la destruction des soins de santé, des écoles, de l’environnement, des perspectives d’avenir de millions de jeunes, et plus encore.

Mais que fait la bourgeoisie européenne ? Jusqu’à présent [2], elle se contente de crachats et de coups de poing, incapable de surmonter les égoïsmes nationaux, de se doter d’un véritable État, avec tout ce que cela implique. Les penseurs de la bourgeoisie, à commencer par Draghi, prêchent que l’UE doit surmonter les divisions paralysantes. Mais tandis que Draghi raisonne du point de vue du capital « européen », le capital « national » peine à transcender ses horizons étroits. Dans ce climat, diverses formes de nationalisme populiste prospèrent, véritables chevaux de Troie de l’impérialisme américain, qui s’est toujours immiscé dans les affaires des autres pour les influencer, y compris naturellement l’Italie. Alors qu’il avait autrefois recours au massacre de personnes sans défense par l’intermédiaire des services dits « voyous » et de leurs hommes de main fascistes, les descendants politiques de ce milieu meurtrier sont aujourd’hui à la tête de gouvernements et détiennent de nombreux sièges au sein des parlements. Pour saboter l’émergence d’une plus grande autonomie politique par rapport à Washington et, à terme, d’un véritable État européen impérialiste, il n’est pas nécessaire, pour l’instant, de faire exploser des trains ou de laisser tuer des politiciens indésirables (comme Aldo Moro) [3] : les forces populistes et fascistes de droite suffisent amplement à la tâche.

Ce que fait la bourgeoisie nous intéresse, bien sûr, mais moins que ce que fait le prolétariat. Dans cette guerre économique jusqu’ici asymétrique entre bourgeoisies, c’est la classe salariée qui est appelée à en payer la facture, présente et future.

Les réductions d’impôts pour les riches ont déjà été évoquées. En ce qui concerne les bouleversements provoqués par les droits de douane (et le réarmement qui en découle), la fédération des syndicats européens a émis l’hypothèse qu’en cas de droits de douane « modérés », au moins 700 000 emplois seraient menacés en Europe ; pour la seule Italie, qui exporte beaucoup vers les États-Unis, entre 100 et 180 000. Mais cela ne suffit pas : si, comme l’a dit, entre autres, le président de la Confindustria [le Medef italien, NdT], aux droits de 10% ventilés début juillet, il faut ajouter la dévaluation du dollar de 13% qui a eu lieu au cours des derniers mois, cela signifie que le droit de douane réel est de 23%.

Imaginez que des droits plus élevés soient déclenchés le 1er août ! Où les patrons iront-ils chercher la compétitivité perdue au profit des amis poilus de Washington ? Pas besoin d’un prix Nobel d’économie (bourgeoise), il suffit d’un simple et sain instinct de classe pour comprendre tout de suite que les salaires, les rythmes et charges de travail, la précarité seront appelés, comme et plus qu’avant, à colmater les brèches dans les profits nationaux. D’ailleurs, un article de l’agence Reuters – cité par Il Corriere della Sera – affirme que derrière la résilience (mot tellement à la mode et un peu cliché…) de l’économie chinoise aux devoirs du tchou-tchou américain « il y a une vie de baisses de salaires et de doubles et triples emplois » (revue en ligne du Corriere della Sera, 16 juillet 2025). Rien d’étonnant à cela.

Pendant des décennies, notre classe n’a pas répondu ou a répondu trop faiblement à l’attaque systématique de la bourgeoisie internationale. Nous avons dit à maintes reprises pourquoi cette passivité substantielle existe, et nous sommes bien conscients qu’il n’est pas facile de remonter la pente, mais il n’y a pas d’alternative. Soit le prolétariat cesse d’être le géant endormi qu’il est, soit il est destiné à être encore plus écrasé par les mécanismes du capital, jusqu’à ce qu’il se retrouve dans le hachoir de la guerre impérialiste, comme c’est malheureusement déjà le cas pour des segments du prolétariat et des masses déshéritées du monde.

Ceux qui se placent du point de vue de la classe, donc du point de vue du dépassement révolutionnaire de cette société décadente et meurtrière, ne peuvent pas rester à la fenêtre, ne peuvent pas laisser le capital et ses représentants – plus ou moins sordides, plus ou moins « bons » – nous entraîner dans leur abîme de mort et de destruction planétaire.

Cb, Battaglia Comunista , 16 juillet 2025
(Traduction de la version italienne par le GIGC)

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Notes

[1. En fait la lettre de Trump du 11 juillet est adressée à Ursula Von der Leyen et commence ainsi : « Chère madame la Présidente,

C’est un grand honneur pour moi de vous adresser cette lettre… » [note du GIGC]

[2. L’article a été écrit avant les accords du 27 juillet annoncés lors de la rencontre entre Von der Leyen et Trump sur son terrain de golf en Écosse, note du GIGC.

[3. Aldo Moro (1916-78) était membre du Parti démocrate-chrétien italien et a été cinq fois Premier ministre de l’Italie. Promoteur du « compromis historique » avec le Parti communiste italien, il a été kidnappé par les Brigades rouges en 1978. Les démocrates-chrétiens et les communistes ont refusé de négocier sa libération et son corps a été retrouvé 55 jours plus tard, le 9 mai 1978. C’était pendant les « années de plomb », lorsque toutes sortes d’opérations sales avaient cours dans la politique italienne de la guerre froide, comme la loge maçonnique P2 et l’« opération Gladio », un complot de la droite visant à empêcher le Parti communiste d’accéder au pouvoir. Depuis lors, de nombreuses théories et théories du complot ont été avancées au sujet de « l’affaire Moro ».

 

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

2 réflexions sur “Dans la guerre des droits de douane, le prolétariat paiera la facture à moins que… (Battaglia Comunista)

  • Normand Bibeau

    «LE PROLÉTARIAT N’A PAS DE PATRIE» (Marx et Engels, Manifeste du Parti communiste)

    et son corollaire est que sa classe antagoniste, son opposé symétrique, son antithèse historique irréconciliable, n’en a pas non plus.

    Pour s’en convaincre, il suffit d’analyser, entre autres, les 10 plus grands fonds d’investissements mondiaux et leurs capitaux sous gestion (AUM). Ces fonds détiennent plus de ~ 49,34 trillons U$D sous gestion («AUM») ce qui représente 16,2% de la richesse financière mondiale qui est évaluée en 2024 à 305 trillons U$D selon le rapport «Global Wealth Report- BCG : Rerthinkink Rules for Growth» 17-24/06/2025).

    Parmi les plus grands fonds d’investissements mondiaux on retrouve les suivants:

    1- Black Rock est le 1er fonds d’investissements mondial.Il «gérait» 11,55 trillions U$D au 31/12/2024.Au Q3 de 2025, selon le Financial Times, ce montant a augmenté à ~13,5 T U$D.
    De ce montant pharaonique, supérieur au budget de nombreux États, ~68,1% l’était pour des «clients» Nord-américains; ~24,4% pour des «clients» européens et ~7,5% pour des «clients» asiatiques.
    Black Rock est une cie privé qui appartient à 83% à des actionnaires institutionnels, tels: Vanguard, Capital Words Investors, State street Corp.,Temasek Holding ( Singapour),Bank of América, Morgan Stanley. et à Larry Fink, dirigeant fondateur.
    BR déclare des revenus de ~22,885 milliards U$D au 30/09/2025 pour une augmentation de 18,2%.
    Black Rock est le principal investisseur institutionnel dans le complexe militaro-industriel dont Lockheed Martin (7-8%), Boeing, Northrop Grumman, Raytheon Technologies et BAE Systems.

    2- Vanguard avec ~10 trillions U$D de fonds sous gestion est le 2ième dont 83,2% pour des «clients» en Amérique,7,3% en Europe, 7.5% en Asie et 1% ailleurs.Ce fonds d’investissements se possèdent lui-même puisqu’il appartient à ceux qui y investissent , il s’agit d’une forme de «mutualisation » puisqu’il n’a pas d’actionnaire externe.
    Vanguard déclare pour ~ 10 milliards U$D de revenus estimés en 2024.
    19,5% de ses fonds sont investis dans le complexe militaro-industriel.

    3- Fidelity Investments (FMR LLC) avec 5,9 trillions U$D se situe au 3ième rang dont ~80% de «clients» en Amérique, ~10% en Europe,~ 3 à ~ 8% en Asie et ~2% en Afrique.
    La famille Johnson en est propriétaire avec quelques autres milliardaires «anonymes».
    FMR LLC déclaré des revenus de 32,7 milliards U$D pour 2024.
    Fidelity Aerospace Defense investit massivement dans tous les industries du complexe militaro-industriel.

    4- State Street Corporation (STT) avec 4,7 trillons U$D est au 4ième rang dont 72,9% de ses «clients» en Amérique,15,4% en Europe et 11,8% en Asie et Afrique.
    STT appartient à 90% d’autres fonds dont Vanguard (~12,5%), Black Rock (~6%), Geode Capital Management et pour ~0,5% à des milliardaires dont Harris Associates L.P.
    STT a déclaré des revenus de 22,05 U$D en 2024.
    STT détient le fond «ETF Aerospace & Defence (XAR) d’une valeur de ~4,86 milliards de U$D dédié au complexe militaro-industriel.

    5- Amundi France (Euronex) a 2,24 trillons d’€ sous gestion dont 73% pour des «clients» en Europe,20,9% en Asie et 6% Amérique et Afrique.
    Euronex est possédé par des investisseurs institutionnels et des actionnaires publics dont le Credit agricole.
    Euronex détient des fonds «ESG» destinés au complexe militaro-industriel mais les montants sont occultés par une ventilation opaque ( re: Financial Times).

    6- Allianz/Pimco group (AAM), Allemagne a 1,9 trillons d’€ sous gestion dont ~60 à 70% pour des «clients» en Amérique, ~15 à ~20 en Europe ~10 à ~15% en Asie et ~5% en Afrique.
    AAM appartient à des investisseurs institutionnels et privés.
    AAM a déclaré des revenus de 198 millions d’€ en 2024.

    A ces fonds d’investissements majeurs, il faut ajouter: JPMorgan Assets Management Chase (JPM 5è), propriété de Vanguard,Black Rock et State Street; Golman Sachs (GS,6è), propriété de JPMorgan Chase et Black Rock; UBS Group/UBS Asset Management (Suisse 8è), propriété de Vanguard, Norges Bank, Cevial Capital et Black Rock.Capital Group privé , propriété de milliardaires anonymes.BNY Mellon (BK), propriété de Vanguard, Black Rock, Bank of America,Morgan Stanley et Artisan Partners.

    A la lumière de ces chiffres qui révèlent le caractère profondément «incestueux corporatif» des fonds d’investissements, les un possédant les autres et étant possédés par eux, force est de conclure que les capitalistes gestionnaires des principaux fonds d’investissements mondiaux sont «apatrides» c’est-a-dire qu’ils investissent n’importe où sur la planète et sont possédés par des «propriétaires/ actionnaires» tout aussi internationaux et «apatride»: investissant là où la plus value («profit») escomptée est la plus payante pour leurs actionnaires.Tous les fonds d’investissements sont les principaux investisseurs institutionnels du complexe militaro-industriel et tout accroissement des dépenses publiques dans l’armement augmentent leurs revenus et partant leurs plantureux bénéfices.

    Les camarades de Battaglia Communista tel que repris par la revue «RÉVOLUTION OU GUERRE» et auxquels souscrivent les camarades du GIGC-ICGL analysent «la genèse et l’historique des contradictions économiques du capitalisme» et l’actualité mondiale dans une perspective «nationaliste» et non prolétarienne en imputant à «la bourgeoisie américaine (…) des politiques protectionnistes et agressives» contre «des rivaux» impérialistes chinois et des «alliés» occidentaux car ces politiques «protectionnistes et agressives» sont l’oeuvre de la bourgeoisie mondiale dirigée par sa faction U$, sous la présidence de son nouveau «führer/duce/empereur/secrétaire général», l’agent orange du capital mondial, aux cheveux peroxydés, le criminel de guerre, contre l’humanité et génocidaire TR0mp et nullement celle de la «bourgeoisie américaine» qui dans la conjoncture capitaliste mondiale n’existe plus depuis l’avènement de l’impérialisme comme l’a prouvé la «désindustrialisation» occidentale au profit de l’Asie.
    Le prolétariat aurait tort de croire que les renégats capitalistes «patriotes», «nationalistes», «blancs», «chrétiens», «français», «anglais» etc. ad nauseam qui les ont toujours trahi pour leur profit et vendus au plus offrant vont changer de nature de classe et les défendre contre quiconque.
    Toute l’histoire du capitalisme depuis l’industrialisation à la désindustrialisation , en passant par l’esclavage, la colonisation, les guerres, l’émigration et l’immigration, n’ont toujours eu qu’une finalité: enrichir les capitalistes et appauvrir les prolétaires, leurs esclaves salariés et il ne peut en être autrement sous le capitalisme.

    Avec égard pour leur opinion, cette analyse n’est pas prolétarienne, ni marxiste car elle confond la «lutte des classes» et la «lutte à l’intérieur des classes».Ainsi, ce qui est présenté comme une «lutte» opposant diverses factions de la bourgeoisie mondiale: «américaine contre chinoise»; «européenne contre russe»; «occident contre orient»; «nord contre sud» et tutti quanti ad nauseam n’est en rien une «lutte de classes» et la preuve irréfutable en est qu’alors que le prolétariat recherche la destruction des classes sociales pour l’émancipation de toute l’humanité par la révolution prolétarienne, la bourgeoisie recherche la perpétuation des classes sociales pour maintenir sa dictature de classe en empêchant la révolution prolétarienne.

    Comme je l’ai démontré au début de ce commentaire, la bourgeoisie, entre autre, par l’actionnariat au sein des fonds d’investissements mondiaux possèdent des avoirs partout sur la planète et investit dans tous les États en fonction des profits escomptés et cela indistinctement des «nationalités», des «langues», des «religions», des «races», des «couleurs»: «l’argent n’a pas d’odeur même si elle provient d’un charnier».
    L’analyse que j’ai faite pour les fonds d’investissements donnerait le même résultat pour l’actionnariat des banques, des institutions financières et des compagnies capitalistes car le capital est «apatride» et il va où est le profit.

    A ce facteur financier, il faut ajouter le facteur politique.Ainsi, l’analyse des programmes politiques de tous les partis capitalistes du monde: des U$A à la Chine, en passant par l’Europe, la Russie et tous les États mondiaux, prêchent hystériquement pour la militarisation des économies, l’augmentation des dépenses militaires, seuls les prétextes invoqués, les degrés d’intensité et là d’où il faut prendre l’argent les séparent.
    A droite c’est pour conquérir, 5% et prélevés dans les budgets sociaux;
    à gauche, c’est pour se «défendre», 2-3% et prélevés dans les subventions à certains capitalistes mais au final, c’est «brun bonnet ou bonnet rouge», TOUS les partis bourgeois prêchent pour l’accroissement exponentiel des dépenses militaires et la préparation à la 3ième guerre mondiale.

    Si ces 2 démonstrations probantes ne suffisaient pas, il suffit d’analyser le facteur idéologique pour clore ce débat à l’effet que la bourgeoisie mondiale n’est pas divisée, au contraire, elle est unie comme «un seul homme» pour la militarisation des économies et les préparatifs d’une 3ième guerre mondiale.

    Toute la propagande bourgeoise, d’occident comme d’orient, du nord au sud, de droite comme de gauche, propage à l’unisson des messages belliscistes et militaristes.Pour la droite: la guerre s’impose pour «sauver la démocratie contre l’autoritarisme»; «la liberté contre la dictature»:«aux armes citoyens».Pour la gauche: la guerre s’impose pour «un monde multipolaire contre un monde unipolaire», «la liberté d’expression contre des lois liberticides»: «aux armes citoyens» et vogue la galère où les galériens prolétariens vont s’entretuer pour leurs maîtres qui s’épargneront comme ils l’ont fait aux termes de toutes les guerres précédentes, parlez-en aux Thyssen, Krupp, Siemens, Pierre Michelin, Peugeot, Citroën,les Schneider-Creusot, les Michelin, Worms,St-Gobin, Boël, Solvay, Cockerill, Agnelli, Pirelli, Montecatini, Philipps, Heineken et toute la racaille milliardaire qui a collaboré avec l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste et que la 2ième guerre mondiale a enrichie.

    Les camarades confondent les discours goebeliens débiles des estaffettes politiques et idéologiques de la bourgeoisie pour les intérêts de classe de la bourgeoisie.Le système capitaliste a besoin de la guerre pour s’emparer des richesses humaines et naturelles du prolétariat afin de financer «sa» révolution industrielle permanente, conséquence inexorable de la concurrence, moteur l’anarchie de la production.La guerre n’est pas la conséquence du capitalisme, il en est la solution, ce n’est que par la «guerre» que toute société divisée en classes sociales fonctionne.

    Dès lors, les camarades sont victimes des apparences et confondent «lutte des classes» et «luttes interimpérialistes» au sein de la bourgeoisie.Tr0mp en favorisant la militarisation des économies sert la bourgeoisie mondiale en détournant le prolétariat de la révolution prolétarienne et en justifiant l’intensification de son exploitation pour la «patrie» des capitalistes.

    En particulier, Tr0mp sert la bourgeoisie européenne en imposant le transfert de l’industrie occidentale dans la forteresse «AMERICA GREAT AGAIN» pour la protéger des russes, vainqueurs de leur LEBENSRAUM EURONAZI KIÉVIEN BANDÉRISTE en banqueroute sur le champs de bataille comme le prouve le soutien inconditionnel de ces bourgeois dits «européens».

    Au même moment, Tr0mp sert aussi les bourgeoisies russe, chinoise,indienne, etc. en justifiant la militarisation de leur propre économie comme le prouve l’explosion des dépenses militaires dans chacun de ces États en réponse à la crise économique de surproduction qui menace leur économie moribonde.

    Le système capitalisme d’exploitation de l’homme par l’homme est confronté à une crise systémique et tous les capitalistes du monde entier sont mobilisés pour la surmonter et sauver le régime d’exploitation qui les enrichit et perpétue leur dictature égoïste impitoyable et inhumaine.
    Dans cette perspective, ils s’unissent pour «voler, piller et brigander» le prolétariat et se divisent pour s’en partager les fruits, tout le reste n’est que mensonge, tromperie, fumisterie et mystification

    PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS.

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