Les conditions de l’insurrection populaire (N. Bibeau)

Par Normand Bibeau.
Les camarades de l’équipe de rédaction de «Révolution ou Guerre» se souviendront, (voir l’article ici: https://les7duquebec.net/archives/302636 et Se préparer aux affrontements de classe qui viennent! (GIGC) – les 7 du quebec) j’en suis convaincu, du passage où Lénine écrivait:
«Imaginons un homme qui grimpe une très haute, raide et jusqu’alors inexplorée montagne. (…) Il a surmonté des dangers sans précédent, mais il n’a pas encore atteint le sommet. Il se rend compte que continuer par le chemin choisi est devenu non seulement difficile, mais positivement impossible: il doit redescendre, chercher un autre chemin, peut-être plus long, mais qui lui permettra d’atteindre le sommet. (…) Et tout cela pendant que, en bas, à distance, certaines voix -via un télescope- observent sa descente dangereuse.Leur voix retentissent d’une joie malicieuse: ‘Il va tomber! Il le paiera! (…) D’autres disent qu’ils étaient contre cette ascension dès le début: ‘Nous avions prôné un plan plus sûr, plus lent…’ » (Notes of the publicist, 1922) … plus prolétarien (sic).
Ainsi, Lénine critique ceux qui «en bas» de la montagne observent, à travers leurs jumelles, les révolutionnaires bolchéviques gravissant la pente escarpée et dangereuse de la destruction du féodalisme, de la guerre contre l’agression des 14 puissances impérialistes coalisées et la construction du capitalisme à la soviétique et il nous enseigne que souvent: «le mieux est l’ennemi du bien».
Lorsque les camarades de «Révolution ou Guerre» critiquent les «jeunes» qui «pillent les magasins des riches», ces hauts lieux de la consommation décadente de la bourgeoisie servie par leurs «alliés» de la petite bourgeoisie et les qualifient de «lumpens» condamnés par les prolétaires, je crains qu’ils ne propagent la propagande de la bourgeoisie elle-même, bourgeoisie terrorisée que «ses» biens lui soient confisqués et ses «magasins, son capital» détruits comme ils le seront au moment de la révolution prolétarienne et la confiscation de tous les biens qu’ils ont volé.
Pire encore, les camarades renoncent à prendre la direction de cette «insurrection populaire» spontanée livrée par des jeunes chassés du cycle productif par la crise économique du capitalisme, réduits à la mendicité et parqués dans des camps de tentes, d’abris de fortune, de cabanes de tôle, de favellas insalubres et dangereux du désespoir dans les terrains vagues au pourtour des métropoles et des cités en faillites.Ce sont ces jeunes abandonnés qui à-travers leurs organisations de masse spontanées, s’organisent et participent à leur manière aux insurrections populaires… que les prolétaires révolutionnaires doivent encadrés et dirigés vers la conquête de tout le pouvoir.
Contrairement aux syndicalistes et aux «prêchi-prêcha» petits-bourgeois, les révolutionnaires prolétariens ne doivent pas pontifier et condamner ces jeunes mais doivent les organiser dans ces camps insalubres et les rallier à la cause de la révolution prolétarienne par l’éducation, l’encadrement et l’assistance prolétarienne militante: ces jeunes seront le fer de lance tactique de la révolution lorsqu’ils seront dirigés par le prolétariat révolutionnaire et guidés vers la révolution prolétarienne internationale.
Lors d’une manifestation populaire alors qu’un groupe de jeunes en noir et cagoulés se réclamant de «la lutte anti-capitaliste» ont saccagé des vitrines de magasins et pillés leurs contenus et que la lâche police des riches, accoutrée en «robocop» de pieds en cap, se lançait à leur poursuite, matraques en main, sous une pluie de balles de caoutchouc et de gaz lacrymogène, j’entends encore une travailleuse du textile, plus âgée, me dire: «Ces biens sont pour nous et si on nous les refusent, il faut les voler, les jeunes ont raison de les prendre», ils en ont bien besoin.
J’ai aussitôt réalisé la profonde sagesse de ce commentaire authentiquement prolétarien à l’effet que ces biens sont «pour nous» et la confiscation des biens de la bourgeoisie commence dans la rue et doit se poursuivre jusqu’au sommet de la société: aujourd’hui c’est un téléviseur, demain ce sera le monopole des télécommunications Bell, Shaw, Rogers, Microsoft, Google, et les autres.
Pour réaliser combien ces actions d’appropriation des biens des riches et de destruction de leurs commerces terrorisent la bourgeoisie, il suffit d’observer la barbarie avec laquelle les policiers des riches matraquent les jeunes et les tribunaux de la bourgeoisie les punissent sauvagement et ses juges biens payés écrasent toutes «insurrections populaires» qualifiant de «terroristes» et réprimant plus sévèrement que les pires criminels mafieux, trafiquants de drogues et d’humains.
Plus encore, il suffit de lire la propagande goebelienne et démagogique des journalistes mercenaires des médias mainstream et alternatifs propriétés des milliardaires contre les jeunes manifestants dits du «Block Pot» qui font du «grabuge», ces mêmes journalistes stipendiés, complices du génocide des palestiniens par leur silence immonde et inhumain et qui ont l’outrecuidance méprisable de condamner férocement ces jeunes insurgés pour avoir saccagé quelques vitrines des riches et en appeler aux peines les plus lourdes alors qu’ils ont la monstruosité de cautionner «le vol, le pillage et le brigandage» mondial des terres et des hydrocarbures. Cela rappelle la lâche attitude des révisionnistes « communistes » du temps de la guerre froide et au temps du Maccarthisme.
Pour les mêmes raisons, les révolutionnaires prolétariens ne doivent pas condamner les mouvements populaires de manifestations «pacifiques» initiées par les syndicats ou autres organisations de masse sous prétexte qu’ils ne sont pas «assez» révolutionnaires, qu’ils sont dirigés par des «chefs syndicaux bourgeois» en mal de collaboration avec le Capital, qu’ils ne seraient que des processions sans lendemain et des éteignoirs du mouvement populaire (sic). Il est de la responsabilité du prolétariat révolutionnaire conscient de transformer ces mouvements spontanés, inorganisés, anarchiques, en mouvement conscient de lutte de classe pour l’abolition totale du capitalisme et la conquête prolétarienne du pouvoir sous toutes ses formes.
Qui a oublié cette manifestation du «Dimanche sanglant/Dimanche rouge» («Bloody/Red Sundy») du 22 janvier 1905, à St-Petersbourg, alors qu’une «marche pacifique réunissant 100,000 à 150,000 manifestants dont femmes et enfants, précédée d’icônes et de photos du tsar, organisée par un prêtre orthodoxe et l’Assemblée des ouvriers d’usines de St-Petersbourg afin de remettre une pétition larmoyante au tsar Nicolas II l’ignoble, le priant de «protéger son peuple», manifestation qui fut réprimée sauvagement par l’armée et la police du tsar, entraînant la mort d’entre 200 à 1000 manifestants, des milliers de blessés et surtout qui conduisit à la naissance du Soviets de St-Petersbourg, à la Révolution de 1905 qui fut le prélude historique à la révolution d’octobre de 1917.»Lénine dira de cette révolution de 1905 et ce malgré quelle fut écrasée, qu’elle n’en a pas moins constituée: «une répétition générale de la Révolution d’octobre 1917» avec la création du Soviets des ouvriers de St-Petersbourg.
Ainsi malgré le caractère «religieux» de cette manifestation «pacifique» dirigée par un pope, précédée d’îcones et de photos du tsar, les révolutionnaires prolétariens marxistes y participèrent courageusement et prirent la direction du mouvement révolutionnaire grâce à leur courage et à la puissance de leur théorie révolutionnaire issue de la lutte concrète des masses prolétariennes qui leur commandaient d’y participer et non de rester «au bas» de la montagne à l’observer et à critiquer «ceux qui osent lutter, ceux qui osent vaincre».
Aujourd’hui, le monde capitaliste est gros d’une révolution prolétarienne et comme toute société en travail, des souffrances sans nom attendent la classe révolutionnaire prolétarienne porteuse de cette révolution prolétarienne qui élèvera l’humanité de sa préhistoire barbare de société divisée en classes sociales antagonistes d’exploitation de l’homme par l’homme à la civilisation d’une société sans classe sociale d’où sera exclut l’exploitation de l’homme par l’homme.
Quelle sera ce «Dimanche Sanglant/ Dimanche Rouge» qui déclenchera cette première Révolution prolétarienne dans l’histoire de l’humanité et la création du Soviet des ouvriers, nul ne peut le dire.
Ce qu’enseigne la science invincible du matérialisme dialectique et historique exprimée pour la première fois par KARL MARX et FRIEDRICH ENGELS, c’est que ce «Dimanche Sanglant/Dimanche Rouge» est inéluctable tout comme la pluie est annoncée par l’amoncellement des nuages; l’eau boue quand elle a accumulé assez d’énergie chauffante; elle gèle lorsque toute chaleur s’en est dissipée et que la bourgeoisie ne tolèrera jamais que son «paradis» d’exploitation soit renversé, voire menacé.
Par conséquent, à un moment ou à un autre, la nature de classe génocidaire de la bourgeoisie lui commandera d’ordonner à sa police, à son armée, à ses milices de se livrer à ce «Dimanche Sanglant/Dimanche Rouge» pour écraser l’insurrection populaire en passe de devenir révolution prolétarienne et il incombera aux révolutionnaires prolétariens internationalistes d’être présent avec toute leur science révolutionnaire et de mener le prolétariat dans sa guerre de classe contre cette répression sanglante pour son émancipation, la destruction du capitalisme et l’instauration de la dictature du prolétariat.
Bien qu’une 3ième guerre mondiale interimpérialiste mondiale pour «le vol, le pillage et le brigandage» des ressources naturelles, l’asservissement des prolétaires et des masses laborieuses et le repartage des marchés soit inéluctable sous la dictature de la bourgeoisie comme l’écrivent les camarades de «Révolution ou Guerre» et comme l’ont prouvé les 2 précédentes guerres mondiales du système capitaliste menée tantôt au nom du «nationalisme», tantôt de la supériorité religieuse, raciale, politique et patriotique, les révolutionnaires communistes prolétariens doivent savoir:
«[Q]ue la révolution prolétarienne ne sera pas le résultat de ‘l’accouchement d’une guerre régionale, d’une guerre civile mondiale, du procès de totalisation du capital». Même si cette révolution, issue de la conscience collective de classe, surviendra (à l’occasion ou, NDÉ) probablement après une longue et terrible guerre mondiale génocidaire. où le grand capital (les capitalistes, NDÉ) désespéré(s) fera (ont) probablement usage de toutes les armes létales (bactériologiques, virales, chimiques, météorologiques, sismiques, nucléaires, numériques et conventionnelles) qu’il aura mises au point dans les laboratoires militaires de recherche de la mort et qu’il aura expérimenté sur les populations civiles terrifiées…à Gaza» («De l’insurrection populaire à la révolution prolétarienne», 2025, page 148, para.113), en Ukraine, au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est, en Afrique et bientôt au Venezuela.
Ainsi, la révolution prolétarienne ne résultera pas naturellement de ces guerres génocidaires apocalyptique comme l’ont démontré les deux précédentes guerres mondiales d’où le capitalisme est ressuscité, tel un phénix, encore plus sauvage et barbare ou du génocide en cours du peuple palestinien aux mains des MERCENAIRES SIONAZIS ISRAÉLIENS de «cette populace israélienne réactionnaire toute entière» pour le compte des capitalistes mondiaux dans le silence complice du monde entier, ni de la «guerre» capitaliste en Ukraine ou partout ailleurs sur la planète.
Comme l’écrivent aussi les camarades Mesloub et Bibeau dans leur ouvrage: «De l’insurrection populaire à la révolution prolétarienne» (2025): De l’insurrection populaire à la révolution prolétarienne – Robert Bibeau, Khider Mesloub
«[L]a révolution prolétarienne sera une révolution d’un genre nouveau, en ceci qu’elle marquera la supériorité de l’esprit, de la conscience de classe, sur l’instinct et sur les contingences matérielles et sociales. La révolution prolétarienne sera le fruit d’une décision de la classe sociale des prolétaires de prendre en mains sa destinée en commençant par détruire l’ancien mode de production ( l’ordre ancien et son État de dictature bourgeoise) pour construire un nouveau mode de production que nous appellerons: le mode de production communiste prolétarien» (p.148, para.112) et sur lequel flottera le drapeau glorieux que Marx dans la Critique du Programme de Gotha décrivait en ces mots prophétiques et merveilleux:
DE CHACUN SELON SES CAPACITÉS ET À CHACUN SELON SES BESOINS !
L’humanité sera sortie des ténèbres de la barbarie et de l’exploitation de l’homme par l’homme pour accéder à la civilisation où l’homme s’est libéré de son aliénation et où le fruit collectif de son labeur appartient à tous.
CAMARADES de «Révolution ou Guerre», recevez mes salutations révolutionnaires communistes prolétariennes les plus chaleureuses.
Montréal, Canada, 15 novembre 2025.
PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS!

«[Q]ue la révolution prolétarienne ne sera pas le résultat de ‘l’accouchement d’une guerre régionale, d’une guerre civile mondiale, du procès de totalisation du capital». Même si cette révolution, issue de la conscience collective de classe, surviendra (à l’occasion ou, NDÉ) probablement après une longue et terrible guerre mondiale génocidaire. où le grand capital (les capitalistes, NDÉ) désespéré(s) fera (ont) probablement usage de toutes les armes létales (bactériologiques, virales, chimiques, météorologiques, sismiques, nucléaires, numériques et conventionnelles) qu’il aura mises au point dans les laboratoires militaires de recherche de la mort et qu’il aura expérimenté sur les populations civiles terrifiées…à Gaza» («
Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2025/11/as-condicoes-para-uma-insurreicao.html
https://wp.me/p4Im0Q-6TV – « Il n’est que temps, on ressort les Marie-Louise de leur naphtaline, elles s’encroutaient depuis leur mise en icelle, il y a 2 siècles »