7 au Front

Faisons le point sur la monnaie, l’inflation, la stagflation et les crises économiques

Par Normand Bibeau et Robert Bibeau.

Le  vidéo du krach financier expose d’une manière martiale et alarmiste une version alambiquée de la théorie monétariste du système économique capitaliste (voir:  Krach financier + crise des subprimes + débâcle de la dette = dévaluation des monnaies – les 7 du quebec).

Sur un ton faussement bienveillant et manifestement alarmiste, la narratrice à la voix martiale, après un exposé superficiel sur l’effondrement de la valeur d’échange de la monnaie papier (un pourcentage infime de la masse monétaire en circulation qui l’est plutôt sous forme d’effets de commerce), en termes de pouvoir d’achat et sa conséquence dévastatrice sur le «compte en banque» de l’épargnant, nous offre sa salade «miracle»: fuyez l’euro, le dollar, en somme, les monnaies traditionnelles et achetez de frauduleux «bitcoins» bidons.

Puis, un conseiller mainstream au sourire carnassier, expose sa version apparemment «nuancée» de l’état de la géopolitique mondiale: l’empire américain, ce pays «exceptionnel», «béni» des dieux par «sa démographie, sa géographie et son économie», dont l’hégémonie serait née de l’antagonisme entre grandes puissances;  États-Unis contre URSS et de l’effondrement de ce dernier, connaît une contestation «extérieure» de son hégémonie par des «challengers» multipolaires chinois et russes très critiquables.

Ce qu’il faut retenir de cette démonstration c’est qu’au final le vrai danger qui menace l’hégémonie américaine vient de l’«intérieur» par une «surproduction d’élites sans avenirs» qui peuvent se révolter contre les potentats du pouvoir et conduire à une «révolution» comme ce fut le cas pour tous les empires dans l’histoire.

Que le «Fürer-duce» président orangé, milliardaire déjanté et criminel de guerre, annonce l’annexion, de gré ou de force, du «fifty-one state» canadien, du Groenland, de l’Arctique, du Panama, du Venezuela, de la Palestine, de l’Ukraine, de la Syrie, puis qu’il professe d’asservir l’économie mondiale au paiement des dettes américaines en prévision de la 3e Guerre mondiale contre ceux qui résisteront semble recueillir l’assentiment de l’analyste.

Le rôle de la monnaie dans l’économie

Pour KARL MARX (1818- 1883), la MONNAIE, n’est pas seulement un instrument d’échange, elle est un produit historique né des rapports sociaux propres à chaque étape de l’évolution de la société humaine. Ainsi, à chaque étape de l’évolution des rapports sociaux de production, une monnaie remplit plusieurs fonctions dans l’économie: mesure de la valeur, moyen de circulation de la valeur, moyen de réserve/accumulation de la valeur.

Dans Das Kapital, Marx explique:

– Toute marchandise a une valeur issue du travail socialement nécessaire à sa production.
– Pour représenter cette valeur, il faut une marchandise universelle «fétiche» pouvant symboliser cette valeur: la monnaie.

Par conséquent, pour Marx, la monnaie n’est qu’une représentation matérialisée des rapports de valeur, eux-mêmes déterminés par la quantité de travail social.

La MONNAIE facilite la circulation des marchandises, mais ne crée aucune valeur en soi, elle ne fait que représenter la valeur créée ailleurs.
(Marchandise > Monnaie >Marchandise).

Ainsi, la marchandise échangée contre la monnaie devient un capital, car enrichi de la plus-value du travail non rémunéré des esclaves salariés. L’extraction étant représenté par plus de monnaie que l’ensemble de la monnaie payée par le capitaliste pour la production de la marchandise vendue: Monnaie > Esclavage-salarié + capital fixe = Prix Marchandise > Monnaie + plus-value ou (A > M > A’).

Du vivant de Marx, il existait des théories monétaristes primitives, principalement le «Currency Scool» anglais. Cette école, obnubilée par l’apparence, professait que la monnaie métallique, l’or, déterminait le prix à travers l’offre et la demande. Cette théorie fumiste a cours encore aujourd’hui dans toutes les universités bourgeoises.

L’inflation résulterait de l’augmentation de la quantité de monnaie en circulation par rapport aux marchandises disponibles sur le marché. S’ensuit que les banques qui impriment la monnaie, cette infime part du Capital, ont pour mission de limiter l’offre de monnaie pour empêcher l’inflation ou émettre de la monnaie pour stimuler la production.

En résumé, les économistes «monétaristes» attribuent à l’offre de monnaie les fluctuations à la hausse ou à la baisse des prix et partant, des cycles économiques.

Marx et Engels ont totalement répudié cette analyse simpliste, partielle et superficielle de l’économie capitaliste, une théorie qui à sa face même ignore le substrat de tout échange: la marchandise échangée contre la monnaie. Pour eux, ce sont les mouvements de la production, des profits et de l’accumulation du capital qui déterminent la demande et l’offre de monnaie.

La monnaie ne détermine ni la valeur d’usage ni la valeur d’échange d’un bien ou d’un service, elle les représente, car la valeur provient du travail social nécessaire pour sa production en marchandise, offerte et achetée, sur le marché de la consommation où elle se convertie en «Monnaie’-capital».

Marx a constaté qu’une émission ou une réduction de la monnaie inférieure ou supérieure aux marchandises quelle peut acheter, perturbent l’offre et la demande et sont susceptibles d’engendrer des fluctuations des prix exprimés en monnaie, mais pas leur valeur réelle en termes de travail socialement nécessaire à leur production.

Les crises économiques du capitalisme ne résultent pas d’une mauvaise gestion monétaire et ne se résolvent pas par des mesures monétaires. Ces crises systémiques du capitalisme marchand puis industriel proviennent de:

1- La suraccumulation du capital monétaire exprimée par des capitalisations exorbitantes de la valeur réelle des entreprises en termes de capacité de production;
2- le remplacement des esclaves salariés par du capital fixe (machinerie, technologie) non producteur de plus-value, car leurs coûts sont incorporés intégralement au prix sans «plus-value»;
3- la paupérisation des esclaves-salariés consommateurs engendrée par leur remplacement par la machine, ce qui entraîne le chômage et une crise de surproduction de biens et de service (marchandises) que les consommateurs  ne peuvent acheter, origine réelle des crises économiques hyper-inflationnistes;
4- la baisse tendancielle du taux de profit résultant de l’augmentation du capital fixe improductif de «plus-value » et la diminution du capital variable (salaire) entraînant l’incapacité d’accumuler le capital réel (marchandises: biens et services) nécessaire au développement industriel et technologique imposé par l’anarchie de la production capitaliste.

(Voir notre article sur l’inflation/stagflation: Inflation, déflation ou stagflation, les banques s’engagent dans la tourmente – les 7 du quebec).

La théorie monétariste inverse la réalité en prenant la monnaie comme moteur des rapports de production alors qu’elle n’en est qu’une représentation déformée. La théorie monétariste est à l’économie ce que l’idéalisme est à la philosophie: l’art de mettre la «vérité» sur sa tête et de confondre l’apparence et la réalité.

ADAM SMITH (1723-1790: «Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations», 1776)  est considéré comme le fondateur de l’économie politique classique. Pour Smith, la monnaie n’est pas la source de la richesse.  La monnaie est d’abord un instrument d’échange qui permet de dépasser les limites du troc en favorisant le recours à une marchandise commune et universelle.  Ensuite, elle est une unité de mesure quantitative de la valeur d’usage (utilité) et d’échange (quantité de travail nécessaire pour produire la marchandise) et finalement une «réserve de la valeur» dans le temps et dans l’espace par sa reconnaissance commune.

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Pour Smith, l’inflation est un phénomène purement monétaire selon la théorie «métaliste» de la monnaie. L’inflation résulte d’«un excès de papier-monnaie par rapport au métal qui la soutient» ou d’un «trop grand apport de métaux précieux en provenance des colonies» (sic).

Ainsi, «Trop de papier-monnaie entraîne la baisse de sa valeur et l’inflation» (sic). Smith professait une théorie «pré-monétariste» contrairement à Ricardo et à  Friedman.

Pour Smith, les crises économiques sont financières et résultent de  la spéculation excessive, d’excès de crédit bancaire, de la mauvaise gestion des banques et des crises de panique boursière.

JOHN MAYNARD KEYNES (1883-1946), un économiste fétiche du capitalisme, aujourd’hui encore vénéré, considérait que la monnaie influence la production de marchandises par sa disponibilité, par les taux d’intérêt et par la «psychologie économique». Ainsi, pour Keynes, aux moteurs de l’économie que sont l’offre et la demande (sic), la monnaie agit comme stimulant de la demande et de l’offre selon qu’elle sert la consommation ou la production et selon qu’elle est en pénurie ou en surabondance, le prix monte ou diminue.

Pour MILTON FRIEDMAN (1912-2006), un autre économiste fétiche de la bourgeoisie, ce serait la quantité de monnaie disponible qui détermine les prix (sic). L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire soumis à la règle tautologique suivante:

Inflation = trop de monnaie permettant d’acheter trop peu de biens et de services = hausse des prix;
déflation = pas assez de monnaie pour trop de biens et services disponibles = baisse des prix;
stagflation: trop de tout et pas assez de biens (sic).
Plusieurs articles sur l’inflation, la déflation et la stagflation sur le webmagazine de géopolitique les7duquebec.net:  Résultats de recherche pour « inflation » – les 7 du quebec

À propos des crises économiques, Marx, Ricardo, les néoclassiques, Keynes, Friedman, Minsky, Godley, Keen, Hayek, diffèrent totalement d’opinion.

Ainsi, pour Marx, la crise économique du capitalisme résulte de la surproduction de marchandises qui ne peuvent être consommées en raison de la paupérisation des bobos, de la «classe moyenne» (sic), des petits bourgeois et de l’immense classe prolétarienne résultants de la mécanisation, informatisation, numérisation, Intelligence artificielle du travail (capital fixe qui ne crée aucune plus-value) et du chômage corrélatif (réduction du capital variable seule source de plus-value) qui engendre la baisse tendancielle du taux de profit et partant de l’accumulation du capital finalité ultime du mode de production capitaliste (MPC). La stimulation de la consommation par le crédit et l’endettement ne fait que surseoir à l’issue inéluctable des crises et krach systémiques du capitalisme qui entraînent les guerres inéluctables. Les guerres du Capital sont d’abord locales (Gaza, Yémen, Soudan, Libye, Syrie, Liban, Pakistan, Taïwan, Bangladesh, Ukraine); puis régionale (Corne de l’Afrique, sous-continent indien, Europe, Sud-Est asiatique, Sahel, Moyen-Orient, Mer de Chine);  elles se terminent par une guerre mondiale globale.

Pour DAVID RICARDO (1772-1823), un contemporain de Marx et considéré comme le «père du monétarisme», la monnaie était d’abord un instrument d’échange servant principalement à faciliter le commerce. La monnaie n’a pas de valeur propre: sa valeur dépend de sa quantité en circulation, en particulier sous forme d’or.

Pour Ricardo: «Trop de monnaie entraîne la baisse de sa valeur et la hausse des prix exprimée en monnaie».  Selon Ricardo, l’inflation provient quasiment exclusivement d’un excès d’émission monétaire par la Banque d’Angleterre. Il soutenait un retour à un étalon-or strict pour limiter l’inflation. Selon sa théorie les crises résultaient de mauvaises politiques monétaires, de l’excès de crédit et de déviation des prix par rapport à l’étalon-or.  Pourquoi en était-il ainsi, pourquoi adopter de mauvaises politiques?  Pourquoi émettre trop de crédit?  Pourquoi s’éloigner de l’étalon-or? C’est l’œuvre  du diable, des «mystères insondables».

Les crises systémiques du capitalisme

L’école des économistes néoclassiques  (Waltras, Marshall, etc.) considère la monnaie comme neutre et dont la quantité n’influence que les variables nominales (prix et salaires nominaux). Pour eux, l’inflation est un phénomène monétaire: trop de monnaie par rapport au PIB engendre l’inflation (équation de Fisher: MV = PQ).- Les marchés grâce à la «main de Dieu » tendent vers l’équilibre : offre = demande = juste prix.
–  Les agents sur le marché sont «rationnels»; les marchés s’autoéquilibrent; – –  l’économie revient toujours à l’équilibre.
–  Les crises résultent de chocs externes comme des changements technologiques, les rivalités sur les marchés, la productivité différentiée, les préférences des consommateurs, etc.

En somme, pour les néoclassiques-libertariens chantres du capitalisme anarchique durant les crises systémiques l’État doit se limiter à soutenir les capitalistes privés dans la création et l’accumulation titanesques de la richesse.

Pour Keynes, les crises résultent: de la chute de la demande effective; de conflits salariés (salaires/prix); de tensions sur la capacité de production; des politiques étatiques budgétaires; de la disponibilité de la monnaie
qui entraîne la chute de l’offre (chômage) et de la demande.

Pour Friedman, toutes les crises résultent d’une mauvaise gestion de la monnaie principalement par les banques centrales. Elles doivent réduire les taux d’intérêt pour stimuler l’investissement et la consommation, les augmenter pour refroidir les poussées inflationnistes et atteindre la neutralité en période d’équilibre, en somme, réaliser l’impossible quadrature du cercle.

HYMAN P. MINSKY (1919-1996), un post-keynésien vedette du capitalisme conquérant: «le cœur de l’économie est la finance, la banque et la bourse et non la production de biens et services». La monnaie et le crédit sont endogènes: créés par les banques pour stimuler la demande et générer des rentes d’intérêt.  Les crises viennent de l’endettement qui pousse les banques à prendre de plus en plus de risques pour accroître leurs bénéfices.

S’il fallait en croire Minsky, la solution keynésienne et de Friedman pour surmonter les crises de surproduction inhérentes au capitalisme par le crédit et son corollaire, l’endettement, seraient la cause desdites crises. Assez paradoxal puisque le crédit et l’endettement ont toujours suivi les crises de surproduction et non l’inverse.

Pour WYNNE GODLEY (1926-2010), post-keynésien du «stocks-flows consistency», les crises systémiques résulteraient des déséquilibres entre «dettes et revenus» souvent masqués par le crédit financier.  L’État doit stabiliser l’économie par la dépense publique et la régulation des flux monétaires.

STEVE KEEN (1953 -…), élève de Minsky, les crises procèdent de l’explosion de la dette privée, surtout immobilière. Le crédit, qui fut la bouée de sauvetage du système capitaliste depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, serait  «endogène» et responsable de tous les maux: la solution se serait transformée en son contraire sous l’effet de l’excès.

FRIEDRICH AUGUST von HAYEK (1899-1992), de l’école autrichienne, ce pays qui nous a aussi donné un autre «génie»  en la personne d’Adolf Hitler, «la monnaie par ailleurs si nécessaire est devenue endogène et distordue sous l’effet délétère des interventions de l’État et des banques centrales». Ainsi, les crises résultent de «l’excès de crédit artificiel (taux d’intérêt trop bas, impression de monnaie débridée) ce qui a provoqué de mauvais investissements («malinvestments»).  Pourquoi ces «mauvais investissements» et pas des bons? Stupidités, mauvais calculs, gaspillages, silence complet, Hayek n’a aucune explication sur les causes que des commentaires sur les conséquences.

Que les «prêteurs», en bons capitalistes, aient agi pour plus de profit en stimulant, tantôt l’offre par un crédit à l’entrepreneur, tantôt la consommation, par un crédit à son client consommateur, aucune explication, pour cause, ces «malinvestments» sont des conséquences inévitables de l’économie capitaliste où règne en maître absolu l’intérêt privé, l’anarchie de la production et la recherche du profit immédiat, fusse au prix de l’avenir.


Parmi les auteurs capitalistes contemporains, de droite et de gauche, on retrouve:

Ben Bernanke (Nobel d’économie 2022), pour qui le système bancaire et le crédit jouent un rôle central dans l’amplification des crises économiques;

Joseph Stiglitz, Nobel d’économie 2001, pour qui «la monnaie n’est jamais neutre» et que la monnaie et le crédit ont des effets réels dans une «économie imparfaite» par nature;

Paul Krugman, Nobel 2008, pour qui «la monnaie est considérée comme une trappe à liquidité avec des taux nuls»;

Randall Wray, pour qui «la monnaie est une création étatique qu’il doit produire en fonction de ses besoins»;

Stephanie Kelton, auteure de «The Deficit Myth», pour qui les «déficits de l’État et son endettement sont la source des excédents financiers du secteur privé» ou que l’État s’endette pour enrichir les capitalistes privés;

Olivier Blanchard, ex-économiste en chef du FMI, pour qui les taux d’intérêt bas réduisent les coûts de la dette publique et la politique monétaire doit être coordonnée avec les politiques budgétaires étatiques;

Micheal Hudson, historien de la monnaie, spécialiste du rôle de l’État, des dettes et des politiques monétaires, très influents dans les cercles hétérodoxes dont nous avons fait un exposé sommaire dans plusieurs  parutions du webmagazine de géopolitique Les  7 du Québec. (Résultats de recherche pour « Hudson » – les 7 du quebec).

Pour Hudson, la «monnaie» telle qu’on la connaît et l’utilise est née de l’État (Sumer, Babylone, Égypte, Rome, Chine). Ainsi, la monnaie a servi et sert toujours à lever des impôts, organiser la dette et financer les administrations.
La monnaie est un outil politique de redistribution et d’organisation sociale où les institutions financières créent la majorité de la «monnaie» par le crédit qui sert à financer des bulles immobilières; des rentes financières parasitaires et la spéculation boursière au service de la finance et au préjudice de l’économie productive. (Voir : Résultats de recherche pour « Hudson » – les 7 du quebec).

L’inflation selon Hudson est structurelle, provenant principalement des monopoles, des oligopoles, des trusts de l’immobilier, de l’énergie, des importations et des rentes financières (intérêts).

Les crises sont endogènes au capitalisme financier qui en créant de l’endettement improductif dans les services accélère la circulation du capital et en augmentent le rendement relatif. Cette allocation financière du capital provoque la désindustrialisation et l’asservissement de l’économie productive (industrialisée, mécanisée, numérisée) à l’économie rentière (parasitaire).  Hudson promeut des politiques anti-monopoles; le contrôle du crédit; réduction des rentes locatives et d’intérêts jusqu’y compris «une remise partielle des dettes» inspirée des «jubilés antiques».

En résumé, Hudson promeut le «retour» au temps «béni» du capitalisme industriel originel alors qu’il renversait le féodalisme et son esclavage corvéable pour le remplacer par l’esclavage salarié et libérait les serfs de leur possession via la terre du seigneur et en faisait un homme «libre» de toute possession sauf sa force de travail productive de plus-value qu’il devra louer au capitaliste pour subsister et se reproduire.

Conclusion

Aux termes de cette révision, à vol d’oiseau, des principaux «experts» de l’économie capitaliste bourgeoise sur les questions monétaires, de l’inflation et des crises économiques qui surviennent dans le cours de l’économie capitaliste, force est, pour quiconque est doué d’objectivité et d’honnêteté intellectuelle, de reconnaître que de très loin l’analyse scientifique la plus incisive, percutante et pertinente est celle de Marx et de Engels et tout révolutionnaire prolétarien doit s’emparer et utiliser cet outil théorique matérialiste pour analyser chaque aspect de la lutte des classes sur les fronts économique, politique et idéologique car le marxisme, l’outil théorique du prolétariat, est une arme affûtée et redoutable pour renverser définitivement le capitalisme.

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

2 réflexions sur “Faisons le point sur la monnaie, l’inflation, la stagflation et les crises économiques

  • Normand Bibeau

    Comme l’illustre notre analyse sur la «MONNAIE» dans les théories économiques bourgeoises, d’Adam Smith à Hudson, en passant par Ricardo, Keynes, Friedman et tous les autres, leur perspective reflète fondamentalement leur conception philosophique idéaliste de la marchandise «monnaie»: INVERSER LA RÉALITÉ, la «METTRE SUR SA TÊTE» en attribuant à la marchandise «monnaie» que possède les capitalistes une fonction déterminante sur la marchandise «biens et services» que produit le prolétariat et ainsi théoriser «monétaire ment», la dictature du capital sur le travail, des bourgeois sur les prolétaires, des exploiteurs sur les capitalistes.

    Cette conception du monde idéaliste qui soutient que se sont «les idées qui créent la matérialité», que «la conscience détermine l’être social», est l’antithèse de la conception matérialiste dialectique marxiste pour laquelle: «la matière crée l’idée», «l’être social détermine sa conscience».Le marxisme est la quintessence du matérialisme et la religion celle de l’idéalisme.

    Relativement à l’analyse de la «MONNAIE» et de son rôle dans le système économique, comment se traduisent ces 2 perspectives philosophiques antinomiques?

    Pour les économistes idéalistes bourgeois, la marchandise «monnaie» détermine la «valeur» par «l’offre et la demande» comme l’«idée» crée le monde:«Dieu créa le monde à partir du néant» et la marchandise «monnaie» créée la «valeur» par sa disponibilité ou indisponibilité, remplissant ou vidant les étagères de marchandises «biens de consommation et services», au gré de sa création: «la queue secoue le chien».

    Ainsi, créons de la marchandise «monnaie» par le crédit et les capitalistes-emprunteurs produiront des biens et services que consommeront les consommateurs-emprunteurs, la «main de dieu» d’Adam Smith accompli son miracle: «l’offre et la demande s’équilibre et le prix représente la valeur».

    Cette réthorique économique monétariste idéaliste alambiqués des «Nobel$ d’économie monétariste$» soutiennent qu’il suffit d’émettre de la «monnaie» pour relancer l’économie ou de cesser d’en émettre pour la ralentir comme si chacun pouvait se nourrir, se vêtir, se loger, se transporter, se soigner, se protéger, se divertir, etc. avec de l’«argent»?

    Seul Marx et les marxistes, grâce à leur philosophie matérialiste dialectique, sont en mesure de rendre compte de la réalité économique véritable de la «monnaie», sous toutes ses formes: numéraires, effets de commerce, étalon-or,argent,etc., une marchandise destinée à: «mesurer la valeur, faciliter la circulation des marchandises et d’accumuler la richesse sous forme abstraite en autant que des biens et services correspondant existent».

    Les économistes marxistes en analysant la marchandise «monnaie» en corrélation avec toutes les marchandises en «biens et service» quelle mesure et représente, sont les seuls à en apprécier la finalité véritable et à pouvoir en prévenir les méfaits économiques que sont: l’inflation, la stagnation et la stagflation.Seuls, ils rendent justice au travail par rapport au capital.
    Dans une économie marxiste que sera le socialisme scientifique, l’État aura le monopole exclusif de l’émission de la «monnaie» sous toutes ses formes: numéraires, effets de commerce, crédits, emprunts et utilisera ces outils financiers pour contrôler la production et la consommation en fonction des besoins du peuple et en aucun cas pour enrichir les capitalistes de commissions rentières parasitaires et contre productives.

    Les économistes bourgeois, condamnés à minimiser le rôle déterminant du prolétariat dans la création de la richesse et à surestimer celui de leurs maîtres capitalistes, ils en sont réduits à professer une théorie schizophrénique de l’économie où la marchandise «monnaie» est dissociée de sa matérialité marchandise «biens et services» et ils lui attribuent par l’effet d’une «main de dieu», une réalité virtuelle autonome, telle «une allégorie dans une caverne»: elle est «multipliée» ou «divisée» par la seule volonté des apprentis-sorciers que sont les banquiers/financiers capitalistes qui la multiplient ou la réduisent arbitrairement, en fonction de leurs intérêts parasitaires pour des commissions.

    Confronté aux dures réalités de l’inflation, de la stagnation et de la stagflation engendrées par ces charlatans à commissions de la marchandise «monnaie-crédit» que sont les banquiers et autres requins de la finance, l’État capitaliste qui leur a délégué son pouvoir de «création» de la marchandise «monnaie», en assouplissant pour finir par l’abolir le «coefficient de réserve légal», en est réduit à s’endetter pour racheter les montagnes de «monnaie-crédit»,sans valeur correspondante en marchandises «biens et services» réels consommables , que ces requins de la finance ont émis pour augmenter leurs commissions-profit et vaincre les lois inexorables sous le capitalisme que sont la surproduction et la baisse tendancielle du taux de profit.

    L’histoire de la «MONNAIE» nous apprend qu’avant le capitalisme, elle était «battue» par les «souverains (rois, empereurs, sultans, etc.), les villes, les cités-états, les seigneurs locaux, certaines institutions religieuses (abbayes), voire même par des privés sous formes de lettres de change, de billets à ordre, de foires ou de marchands.Ainsi, l’État n’avait pas le monopole de la monnaie.

    Avec la création des Banques nationales en Angleterre (1694), en France (1800), en Suède (1668), l’État entreprend de prendre en mains le contrôle de la monnaie.Durant le XIXième siècle, à la faveur de la montée du capitalisme, l’État né des révolutions bourgeoises, s’approprie le monopole de la «frappe» de la monnaie, en impose le «cours légal» ( obligation de l’accepter), le «cours forcé» ( n’est plus convertible en métal») et les Banques centrales nationales remplacent les banques émettrices privées.
    En résumé, l’État s’attribue le monopole légal:d’émettre la monnaie ayant cours légal forcé; de définir l’unité monétaire; de réguler le système bancaire; d’imposer des taxes dans sa propre monnaie afin d’en garantir la valeur.

    Ainsi, à compter de 1914, les États capitalistes ont aboli la conversion en or de leur monnaie afin de financer la 1ière Guerre mondiale, puis en 1944, ils ont adopté la convertibilité de leur monnaie en dollars U$, lui-même convertible en une quantité d’or imposé (34$ U$ l’once ,Accords de Bretton-Woods) et finalement, en 1971, Nixon suspend définitivement la convertibilité du $ U$ en or, faisant du $ U$ l’étalon de référence de toutes les monnaies et son hégémonie monétaire.

    Alors que l’État capitaliste s’appropriait par la force le contrôle de la marchandise «monnaie» (espèces et réserves bancaires par l’émission de «bons du trésor») à-travers ses Banques centrales, il livra ce pouvoir à ses maîtres capitalistes sur un plateau d’argent en les habilitant à émettre du «crédit» sous forme d’effets de commerce: compte bancaire, chèques, prêts, crédits, hypothèques, nantissement, etc.

    Après avoir imposer un «coefficient de réserve légal» qui devait garantir à la marchandise «monnaie-crédit» des banques une adéquation avec les marchandises «biens et services» quelle est censée valoriser, permettre d’échanger et représenter, «l’État sous les pressions des banquiers et des financiers, l’a graduellement aboli complètement, leurs laissant la faculté par le crédit d’émettre entre 90 et 95% de toute la marchandise «monnaie» en circulation dans l’économie et de la dominer totalement en orientant les investissements et la consommation en fonction de leurs propres intérêts.

    Les capitalistes organisés au sein de leur État dictatorial, à la lumière des théories monétaristes, se sont convaincus qu’ils s’enrichiraient du néant par la création illimitée de la «dette monétaire», la pierre philosophale de l’économie capitaliste qui devait changer la surproduction en profit; le Saint Graal devant leur procurer un éternel enrichissement mais ce pacte monétaire avec le diable réclame aujourd’hui son dû et toutes les économies capitalistes mondiales croulent sous les dettes impayables qui ouvrent toutes grandes les portes de l’enfer des faillites, l’écroulement des «château de cartes» de la dette et précipite les économies capitalistes dans l’enfer de la guerre du débiteur contre son créancier: U$A contre la Chine; Europe contre la Russie; acheteur contre vendeur.

    A SUIVRE: La FINANCE DANS L’ÉCONOMIE CAPITALISTE.

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