«Shadow banking»: tout comprendre de la finance et du capital de l’ombre (3)
Comme nous l’avions annoncé, nous poursuivons la publication d’une série d’articles portant sur l’économie politique mondiale. Ce troisième numéro porte sur le financement du capital de l’ombre – mafieux – illégal – du rôle des banques légales dites « formelles », et de leurs agences gouvernementales au service des riches. La classe prolétarienne se doit de connaître les lois et les modalités qui régissent le « Shadow banking » au sein du mode de production capitaliste mondialisé et décadent.

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DOSSIER «SHADOW BANKING» – La puissante finance parallèle est devenue indispensable au « bon fonctionnement actuel de l’économie mondiale » (sic). Pourtant, elle n’est pas réglementée. Qu’est-ce que le «shadow banking»? Comment fonctionne-t-il? Représente-t-il un danger? Explications. Source: «Shadow banking» : tout comprendre sur la finance de l’ombre
• Qu’est-ce que le «shadow banking»?
Sur la planète finance, il y a le système bancaire classique et le «shadow banking». En français, on l’appelle la «finance de l’ombre» ou «la finance fantôme». Il s’agit en fait de tous les intermédiaires financiers qui sont en dehors du système bancaire traditionnel, et qui participent au financement de l’économie mondiale. Autrement dit, ce sont toutes les opérations financières qui se font hors des bilans des banques.
• Quels sont les acteurs du «shadow banking»?
Les acteurs du «shadow banking» sont les banques d’affaires, les hedge funds, les fonds de titrisation, les fonds monétaires, les fonds de pension, mutuels, d’assurance-vie, les fonds négociés en Bourse… Mais aussi, les entreprises de capital-investissement, les sociétés de garantie de crédit, les trusts de gestion d’actifs (immobiliers par exemple), les sociétés d’affacturage (crédit inter-entreprises), etc… Dans un sens encore plus large, le «shadow banking» peut regrouper les établissements de crédit-conso ou de crédit-auto, de micro-crédit, les sites de crowdfunding (financements participatifs), les plateformes de monnaies virtuelles (bitcoins par exemple).
Ces entités, à la différence des banques traditionnelles, ne reçoivent pas de dépôts de la part des gens: elles ne fonctionnent que sur le crédit. Elles ne sont donc pas soumises à la réglementation bancaire traditionnelle, et leurs activités ne sont pas garanties par les États et les Banques centrales.
• Quel est le poids de cette finance de l’ombre dans le monde?
Difficile de cerner les contours du «shadow banking», donc de le mesurer parfaitement. Le Financial Stability Board (le Conseil de stabilité financière, créé en 2010 par le G20 après la crise des subprimes) a chiffré le marché à 75.000 milliards de dollars à fin 2013. C’est 5000 milliards de plus qu’en 2012. À fin 2014, il devrait avoir atteint les 80.000 milliards de dollars. Selon cette estimation, le «shadow banking» représente ainsi un quart des actifs financiers mondiaux, la moitié du poids du système bancaire traditionnel, et l’équivalent du PIB mondial annuel.
Les États-Unis, la zone euro et le Royaume-Uni détiennent à eux seuls les trois-quarts des actifs qui relèvent du «shadow banking». Mais dans les BRICs et les pays émergents, particulièrement en Chine, en Inde, en Indonésie et en Russie, la «finance de l’ombre» progresse fortement. Du côté des acteurs du «shadow banking», les fonds d’investissements immobiliers et les hedge funds connaissent les expansions les plus fulgurantes. (Nous traiterons de la bulle immobilière dans notre prochain numéro. NDÉ)
Il faut bien noter que ces calculs du FSB «ne prennent pas en compte les centres financiers offshore (les paradis fiscaux, ndlr), où la plupart des hedge funds sont domiciliés»… En réalité, aujourd’hui, la définition du «shadow banking», de ses activités et de ses acteurs, n’est toujours pas clairement établie et les travaux n’en sont qu’à leurs débuts.
LIRE AUSSI –Le «shadow banking» devient un fléau national en Chine
• Quand et comment le «shadow banking» s’est-il développé?
Dans les années 1980, à l’époque de la libéralisation totale des marchés financiers – considérés comme «auto-régulants» -, la titrisation s’est développée, a-t-on pensé, pour mieux couvrir les risques de change et de taux. Sans cadre, ces montages financiers sont devenus complexes, excessifs… et spéculatifs. Donc risqués et systémiques. À chaque nouvelle crise, des réglementations bancaires sont décidées pour assurer la liquidité et la solvabilité des banques (donc, la viabilité du système). Problème: cette régulation fait perdre des marges de manœuvre et de la rentabilité aux banques. Ce qui les pousse, systématiquement, à la contourner.
Comment? En retirant de leurs bilans (et donc des écrans radars des régulateurs) leurs actifs les plus risqués, en les titrisant et en les revendant en «produits dérivés» sur les marchés financiers, par l’intermédiaire d’établissements financiers. À partir des années 2000, avec l’essor d’Internet et de l’information, les acteurs de cette finance opaque et ultra-sophistiquée se sont multipliés.
• Concrètement, comment ça marche?
Le «shadow banking» répond à des contraintes et à des besoins auxquels sont confrontés les emprunteurs et les investisseurs, et auxquels les banques traditionnelles réglementées peuvent de moins en moins subvenir. Le «shadow banking» est ainsi devenu donc un palliatif qui nourrit la boucle crédit-consommation-croissance du modèle capitaliste.
• Quels sont les dangers du «shadow banking»?
Le «shadow banking» présente deux problèmes majeurs: son poids dans le financement global de l’économie et l’interdépendance des acteurs du «shadow banking» entre eux et avec le système bancaire traditionnel international. Ce qui signifie que si le «shadow banking» est sytémique: s’il souffre, il entraîne avec lui le système bancaire «normal». La crise des subprimes de 2007-2008 en est la preuve concrète.
C’est d’ailleurs en août 2007, alors que la tornade des subprimes se formait, qu’un économiste de Pimco (le premier fonds obligataire au monde), Paul McCulley a utilisé pour la première fois le terme de «shadow banking» et prévenu des risques majeurs de «cette finance de l’ombre endettée jusqu’au cou». Un message alors passé inaperçu. Pourtant, un an plus tard, en septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers faisait faillite.
Dans ce monde sans supervision, impossible d’anticiper sereinement les secousses et de prévenir les crises. Selon l’économiste Christian de Boissieu, «la crainte est grande qu’une crise immobilière en Chine, probable dans les deux à trois ans à venir compte tenu de la formation d’une bulle immobilière depuis des années, engendre des risques systémiques à la fois dans le système bancaire formel et dans le «shadow banking», avec un renforcement réciproque des risques.»
• Pourquoi le «shadow banking» a encore de beaux jours devant lui?
Comme le FMI le souligne dans son dernier rapport sur la stabilité financière (2014), le «shadow banking» «se développe quand les taux sont bas et que les investisseurs cherchent de plus gros rendements, quand il y a une forte demande d’actifs (de la part des assurances ou des fonds de pension par exemple) et quand la régulation bancaire se durcit». Soit, tout ce qui caractérise notre environnement actuel! Pire, aujourd’hui, les taux ne sont même pas bas, ils sont, pour certaines échéances courtes, carrément négatifs… Sept ans après la crise des subprimes, pour le Shadow Banking, «business is back».
• Que font les régulateurs?
La crise des subprimes consacre l’échec des politiques de régulation financière. En 2010, le G20 s’est saisi du «problème» et instauré Financial Stability Board pour étudier le «shadow banking» et le mesurer. Aux États-Unis, en Grande-Bretagne, et en Europe, des mesures éparses ont été prises. Au niveau international, Bâle III (la réforme dite de «Bâle III» vise à garantir un niveau minimum de capitaux propres afin d’assurer la solidité financière des banques) prévoit des limites à certaines activités du «shadow banking». Mais, rien n’est vraiment ni identifié ni contraignant…
Le risque de réguler trop fort et trop directement serait de voir se développer le «shadow shadow banking», comme l’évoquent Constantin Mellios et Jean-Jacques Pluchart dans un livre intitulé Le Shadow Banking publié en 2015: «Le chantier de la régulation du Shadow Banking semble devoir faire appel à un travail de l’ombre, austère, rigoureux et de longue durée, impliquant du courage politique, de la diplomatie internationale, et de l’expertise financière et comptable». Vaste programme.
Du 24 août au 8 septembre, Le Figaro vous propose de découvrir en exclusivité le deuxième tome de la bande dessinée Shadow Banking (aux éditions Glénat), à partaître le 9 septembre. Chaque jour, quatre nouvelles pages de la BD seront dévoilées. À cette occasion, la rédactiondu Figaro publie une série d’articles pédagogiques autour de la finance de l’ombre. Crise des subprimes, trucage des comptes grecs, délits d’initiés, lanceurs d’alerte, paradis fiscaux… Retrouvez tous nos contenus dans notre dossier spécial Shadow Banking.

Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2025/12/shadow-banking-sistema-bancario.html
(Mille excuses pour la longueur du commentaire, et d’avance merci si vous l’accepter)
Du contrôle de la monnaie à la monnaie de contrôle
D’abord, rappelons, succinctement, l’origine de la monnaie.
Avant l’organisation matriarcale, les hommes erraient d’un lieu à l’autre, étrangers au sol qu’ils occupaient.
Les Déesses-Mères (« Reines », diront les modernes), en organisant le travail, divisèrent le sol et le délimitèrent pour les travaux agricoles. Elles donnèrent aux hommes la part de terre qu’ils avaient à cultiver. De là vint le mot « tenancier », qu’on retrouve dans le vieux mot latin « tenere » (tenir ; celui qui a).
C’est l’Autorité (spirituelle) des Déesses-Mères qui leur donnait le pouvoir de faire travailler les hommes. Toute l’organisation économique des tribus dépendait de cette Autorité spirituelle.
Mais, dans tout groupement humain, il y a des travailleurs et des paresseux. Il fallut donc trouver un moyen de régulariser le travail en stimulant les activités. Pour punir ou retenir ceux qui voulaient s’évader de la vie régulière et s’affranchir du travail, on essaya tous les moyens de remontrance. Du nom même de la demeure familiale, « Mora », on fit le verbe « morigéner » (réprimander quelqu’un au nom de la morale, sermonner), former les mœurs, remettre dans l’ordre ; « ad-monester », de « monere » (avertir).
Mais les « ad-monestations » n’ayant pas suffi, on ne trouva pour punir les insoumis, ou les retenir, qu’un moyen ; on créa un équivalent du travail, tout en laissant au travailleur la liberté qu’il réclamait, et ce fut l’origine du travail salarié.
Cependant, ceux qui acceptaient ce système, qui les affranchissait de leurs devoirs, avaient reçu d’abord l’avertissement divin, « Monitus », mettre au régime de la monnaie ; « ad-monester », c’est inférioriser les hommes, c’est une punition.
Mais le mot qu’il faut surtout remarquer, c’est « Monitum », « prédiction », « oracle » de la Déesse qui aperçoit le désordre que ce système nouveau va produire. Cependant, il fallut s’y contraindre, et l’on fabriqua cette valeur représentative qu’on appelle la monnaie.
C’est Junon, dit la Mythologie, qui inventa la monnaie, ce qui fit donner à la Déesse le surnom de « Juno Moneta » ; près d’elle se trouve une autre Déesse, Pecunia, dont on fit la Déesse de l’argent monnayé et qui pendant longtemps centralisa dans le Temple de Junon l’administration des monnaies à Rome. C’est l’autorité spirituelle seule qui avait le droit de frapper monnaie, ce qui lui donne une force nouvelle, appuyée, du reste, sur celui qui est l’auxiliaire dévoué de la Déesse, le Chevalier, « Eques », vassal de la Dame « Faée » (Fée). Précisons en passant que le mot « Faée » va devenir « faraï » ou « pharaï » (parler), et c’est de ce mot que les Egyptiens feront le mot « Pharaon » qui désignait « l’inspirée qui parle ». Les Hébreux, de cette même racine, feront « Prophétesse » qui veut dire « premier oracle ». Enfin, rappelons que « Faramonde » est le nom d’une « Fée » qui joua un grand rôle au début de l’Histoire de France (devenue « Pharamond » qui, dit-on, fut le premier roi de France). Ce terme rapproche singulièrement les Déesses du Nord des Pharaons de l’ancienne Egypte.
La monnaie, dans le régime masculin, contribua à changer complètement les mœurs, On créa le régime que Fabre d’Olivet appelle « Emporocratique », mot nouveau pour exprimer une idée nouvelle. Il est tiré du grec et signifie « marchand » et « force », c’est-à-dire la prédominance des intérêts économiques considérés comme mobiles de gouvernement. C’est le régime dans lequel tout se vend ; l’homme est un marchand, il se vend lui-même, c’est-à-dire vend ses services et vend tout ce dont il peut disposer. Notons au passage que les pays d’Europe où l’Emporocratie a dominé ont été successivement l’Italie, les Pays-Bas et l’Angleterre.
Les auteurs qui ont envisagé l’origine de la monnaie n’ont envisagé que cet aspect de la question. Ils font tout commencer au régime masculin et ne nous disent rien du régime antérieur. Cependant, tout existait déjà avant ce régime, et faisait partie des lois naturelles, « Jus naturale », qui contiennent l’explication de toutes les origines. Sans ces lois, nous ne pouvons pas comprendre le premier régime économique.
On disait du Chevalier qu’il était légal et féal, c’est-à-dire loyal et fidèle à sa suzeraine. La Chevalerie était la pratique de l’équité, la Justice Divine, équitable, d’où « Eques » qui a fait « équestre », « équitation », etc. Rappelons que, dans la langue celtique, le cheval monté par le Chevalier était appelé « marc’h », et le Chevalier qui le montait « Marquis », dont on a fait « Homme de marque », au lieu d’« homme de cheval ». Rappelons, aussi, qu’on mettait le cheval sur les monnaies gauloises, et c’est de ce nom « marc’h » qu’on a fait le nom de l’ancienne monnaie Allemande : Mark (Deutsche Mark).
Remarquons ici l’importance du symbolisme chevalin, que l’on retrouve également dans diverses représentations de la Parousie universelle… uni-vers-Elle.
À côté des infidèles, il y aura toujours les Fidèles.
Du contrôle de la monnaie à la monnaie de contrôle :
Jimmy Goldsmith disait, avec raison : « Le succès d’une nation ne se mesure pas exclusivement en terme économique. Le relèvement national n’est pas seulement le résultat de la croissance économique. Un des défauts de la culture moderne est qu’elle fait croire que tout problème, quel qu’il soit, est réductible à l’analyse chiffrée et par conséquent peut être mesuré. Lorsque la mesure, plutôt que la Sagesse, devient l’outil privilégié, cela peut conduire à de graves erreurs. ».
À partir de juillet 1944 (accords de Bretton Woods), le dollar américain devient à la fois monnaie nationale et monnaie mondiale de référence. Cependant, les « puissances d’argent » de la City de Londres soutenaient une autre option : celle d’une monnaie mondiale conçue comme un « panier » de monnaies.
Rappelons avec Valérie Bugault, et son ouvrage « Les raisons cachées du désordre mondial – Analyses de géopolitique économique, juridique et monétaire », que les fondamentaux sur lesquels repose la viabilité d’une monnaie sont, d’une part, l’adossement à des richesses réelles, tangibles ; d’autre part, que celle-ci doit être émise en quantité suffisante pour pouvoir être utilisée dans tous les échanges (nationaux et internationaux).
En 1967 toute la stabilité du Système Monétaire International basé sur les accords de Bretton Woods allait être vivement secouée en raison, en grande partie, de l’importante dévaluation de la Livre Sterling qui faisait suite à l’effondrement de l’économie britannique lié à « l’histoire secrète du pétrole ».
Dans la foulée de l’effondrement de l’économie britannique à la fin des années 60, allait également commencer la lente agonie du Dollar avec la désastreuse guerre du Vietnam.
En 1971, les USA n’ayant plus suffisamment d’or pour garantir l’intégralité des dollars en or, survient la fin de sa convertibilité dans ce métal précieux. Aussi, à partir de cette date, le dollar américain, en tant que monnaie mondiale sera désormais adossé au pétrole ainsi qu’à la seule force de l’économie américaine (via son dynamisme économique intérieure). Concrètement, à partir de ce moment-là, la valeur du dollar ne repose quasiment plus que sur la force brute des USA, c’est-à-dire leur capacité à faire militairement et monétairement respecter leur hégémonie dans les pays tiers.
Au niveau international, il résulte de cette situation la substitution de la notion d’« ordre juridique » par un retour à la « loi du plus fort ».
Le début des années 1970 sera aussi le début d’une grande dérégulation financière. Alors surviendra la « fabrication artificielle des actifs » (Subprimes, CDS ou « Credit Default Swaps », etc.), ainsi que la captation des réserves monétaires des pays tiers, c’est-à-dire les pays dits « alliés », les membres de l’U.E., etc., véritables « colonies » financières. On comprend alors, en partie, le pourquoi de la mise en place, en France, de la loi du 3 janvier 1973, dite « loi Pompidou-Giscard-Rothschild » (et aggravée depuis par l’article 123 du TFUE, Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne de 2009), qui modifie les statuts de la Banque de France et donne le coup d’envoi d’une dette qui augmentera incessamment et vampirisera toutes les richesses nationales produites.
Mais la France n’est nullement un cas isolé. Les dettes de tous les Etats, aidées par la conjuration de toutes les élites économiques (« sous influence ») des différentes nations, sont devenues des océans impossibles à écluser et les nations sont ficelées au bon vouloir d’institutions financières privées, de plus en plus arrogantes et gourmandes.
La titrisation, en faisant circuler dans le monde entier des « actifs douteux », associée à l’internationalisation du droit anglo-saxon (« Soft Law », Lobbying, Trust, propriété économique, etc.) permettront à ce système de fonctionner.
À compter des années 1990 (Chute de l’URSS, création de l’U.E., etc.), pendant que le « dynamisme économique intérieure » de l’Amérique faiblit, les besoins du dollar s’intensifient considérablement en raison du développement inédit des échanges économiques internationaux en même temps que celui de la concentration des capitaux (mise en place du libre-échange par l’OMC, organisme mondialiste tout comme l’OCDE qui favorise l’optimisation fiscale, etc.).
La solution de la « planche à billet » étant dorénavant exclue, les banquiers innovent avec le « Quantitative Easing » (QE). La création monétaire est désormais adossée à des rachats d’actifs de plus en plus pourris en raison de la dérégulation financière qui s’accentue (avec la bêtise et l’ignorance, la plus dangereuse des « pandémies » est la « soif de l’or »). En conséquence de cette « fuite en avant », le circuit financier international est devenu « non viable », ainsi que l’avait anticipé J.M. Keynes à Bretton Woods : une monnaie nationale était structurellement inapte à répondre au besoin d’une monnaie mondiale.
Le magazine « The Economist » avait, dès 1988, « prévenu » le public du fait qu’un panier de monnaies, le « Bancor » cette devise internationale originellement proposée par le « Fabian » Keynes en tant qu’étalon monétaire international, et que nous voyons d’abord apparaître sous la forme de D.T.S. (Droits de Tirage Spéciaux) au début du XXIème siècles, allait, tel le phénix, renaître de ses cendres autour des années 2018 (voir la couverture de « The Economist »).
L’avènement de cette monnaie mondiale « DTS-Bancor » a été préparé, dans le secret, comme beaucoup d’autres avènements (dont celui de la création, en 1913, de la « Federal Reserve Bank » ou « FED », la banque centrale américaine) par les « puissances d’argent », c’est-à-dire les principaux propriétaires de capitaux de la planète, et leurs divers affidés, notamment les banquiers centraux, lesquels se réunissent au sein de la Banque des Règlements Internationaux (B.R.I.), qui est la banque centrale des banques centrales, dont le siège se trouve à Baal… Bâle en Suisse, au sein même de la ville qui, pour la « petite histoire », a inauguré, en 1897, le premier congrès Sioniste.
Ceci avait été anticipé par ce que Brandon Smith appelle les « Globalistes », qui sont en réalité les descendants des « puissances d’argent » (Chargeurs/négociants) du Moyen Âge, qui ont pris, essentiellement par le biais de la corruption, le pouvoir politique au fil des siècles. Remarquons en passant (mais pas que), que la définition du terme « chargeur » passe, en 1332, de « celui qui charge des marchandises » à « celui qui charge une arme à feu » en 1495.
Le président étasunien F.D. Roosevelt disait : « En politique rien n’arrive par hasard. Chaque fois que survient un événement, on peut être certains qu’il avait été prévu pour se dérouler de cette façon. »
C’est pourquoi, actuellement, nous assistons à de grandes manœuvres géopolitiques consistant en la « démolition contrôlée » (devenue une habitude depuis un fameux mois de septembre) du dollar par l’entremise, plus ou moins adroite, de remise en cause de la suprématie américaine sur les échanges internationaux.
La Chine et la Russie, qui sont, rappelons-le, membres de la BRI, sont parties prenantes de cette stratégie : la Chine en tant que moteur principal des DTS tandis que la Russie a raccroché les « wagons du train » de la monnaie mondiale.
Aussi, et sous l’égide de la BRI, la prochaine étape de la stratégie, jusqu’ici gagnante, des « puissances d’argent » sera la mise au point d’une monnaie mondiale. Cette future monnaie, qui chapeautera toutes les monnaies du monde, devra circuler sous forme exclusivement dématérialisée. C’est précisément pour permettre la validation technique de ce projet que les médias et multinationales ont lancé à partir de mi-2020, (en plein confinement !) et en grande pompe, la « Libra », cryptomonnaie dématérialisée initiée par Facebook et consœurs ; elle avait pour fonction politique de permettre la vérification, in vivo, du fonctionnement de telles monnaies, de façon à les perfectionner et à les rendre parfaitement fonctionnelles. Une fois que les mises au point techniques seront faites, grâce à l’expérience de la « Libra » (appelée aujourd’hui « Diem », curieuse anagramme du mot « dîme »), les DTS en tant que panier de monnaies, pourront circuler sous forme dématérialisées, en précisant que cette monnaie mondiale sera entièrement contrôlée par les élites bancaires globalistes.
Robert Lattès, membre du Club de Rome (financé par Rockefeller), écrivait (dans Le Nouvel Économiste n°3 du 27/10/1975) que « Sans un nouvel ordre monétaire mondial, il n’y aura pas de nouvel ordre économique, tant le premier commande au second. ». Rappelons que le Club de Rome est cette organisation technocratique fondée en 1968 par Aurelio Peccei (à l’origine de l’émergence du concept de « développement durable »), ancien affilié du Groupe « Bilderberg » et Alexander King, ex-président de l’International Federation of Institutes of Advanced Study (I.F.I.A.S.) et également ancien membre du Groupe Bilderberg. On retrouve ces deux personnages à l’International Conference on the Unity of the Sciences (I.C.U.S.), un organisme également créé en 1968 par la Fondation Culturelle Internationale (I.C.F.), c’est-à-dire le nouveau mouvement religieux de « l’Église de l’Unification », dont le grand patron n’était autre que le fameux coréen Sun Myung Moon, et que la presse mondiale désigne communément sous le nom de « secte Moon ».
Ceci dit, et parallèlement à cette « évolution monétaire », une autre évolution est menée qui consiste en la suppression de la circulation monétaire sous forme d’espèces dans le monde entier.
Une fois en place, cette monnaie dématérialisée contrôlera parfaitement et définitivement la vie privée de tous ses utilisateurs, alors même que personne ne pourra échapper à cette dématérialisation monétaire pour les échanges nécessités par la vie courante.
« Celui qui contrôle la monnaie d’un peuple, contrôle ce peuple. », disait le président des États-Unis, J.A. Garfield, farouche partisan d’un « argent honnête », élu en 1880… et assassiné en 1881.
Par conséquent, celui qui contrôlerait la monnaie du monde contrôlerait le monde.
C’est pourquoi l’avènement de cette monnaie mondiale sera le premier pas institutionnel vers le gouvernement mondial oligarchique.
Rappelons que les oligarques à la manœuvre sont précisément ceux qui ont organisé et profité de toutes les formes que l’esclavage a pris ces 400 dernières années. Ils ont aujourd’hui conquis les pouvoirs politiques de la quasi-intégralité des pays du monde par le contrôle qu’ils ont pris sur les monnaies et sur le système économique mondial. Ce contrôle a pris la forme de la corruption (terme généralement remplacé aujourd’hui par l’expression « politiquement correcte » de « conflit d’intérêts ») élevée au rang légal par les Anglo-saxons : le « lobbying » est la transcription juridique, et donc la légalisation, de ce que le droit traditionnel appelait « corruption d’agents publics ».
Le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) est l’un des mécanismes clés dans le cadre du financement de la future monnaie mondiale.
Le FEM, « validé » par le biais des Nations Unies en 1992 (grâce à la cooptation des hauts fonctionnaires ministériels de 179 pays), lors de la conférence sur l’environnement et le développement, plus connue sous le nom de « Sommet de Rio », est une organisation financière indépendante gérant le système de financement destiné, soi-disant, à mener des actions pour la préservation de l’environnement, dans le cadre du « développement durable ». Il accorde, entre autres, des subsides au projet lié à la lutte contre les effets du pseudo réchauffement climatique. « Pseudo », en effet, car il est avéré que la température, plus élevée dans les temps anciens, s’abaisse graduellement ; le mensonge du « réchauffement climatique » est destiné, en partie, à faire croire que les « élites » actuelles et leurs scientifiques dits « sérieux » peuvent apporter tous les progrès, même ceux du climat.
Soulignons que, à l’origine, le Fonds pour l’Environnement Mondial est issu du « 4ème Congrès Mondial des Terres Sauvages » (4th World Wilderness Congress) organisé en 1987 par la Banque Rothschild, et le Baron Edmond de Rothschild lui-même. Quelque 1 500 banquiers et dirigeants parmi les plus puissants du monde ont assisté à ce congrès qui était présidé par l’homme politique, membre de la haute finance canadienne et agent de « N. M. Rothschild & Sons » à Londres, Maurice Strong (1929-2015). Co-fondateur du WWF, ancien Secrétaire général de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et co-directeur de l’Aspen Institute, Maurice Strong était aussi membre fondateur du GIEC (créé en 1988) et de l’« Earth Council », dont il deviendra le Directeur. Créé en 1992, au Costa Rica, pour coordonner la réalisation des programmes de l’« Agenda 21 », l’« Earth Council » a aussi comme membre fondateur Klaus Schwab, accessoirement « Monsieur Great Reset », mais surtout fondateur du « World Economic Forum », les Symposiums annuels qui depuis 1971 réunissent à Davos, en Suisse, les hommes du « Big Business ».
Depuis la fin des années 1980 et le début des années 1990, beaucoup de choses se sont accélérées, et pas en bien.
En 1988, sur la base d’informations provenant du Forum de Davos, le politologue français Pierre Faillant de Villemarest (ancien officier de Renseignement de l’armée française), avait prévu, et avec raison, qu’au seuil d’un gouvernement mondial, réalisé au moins sous l’aspect économique, et par le biais de concentrations sans pareilles de biens et de richesses, qu’à partir de 1991, le contrôle de la totalité du marché mondial appartiendrait à un maximum de 300 multinationales, contrôlées à leur tour par une vingtaine de superbanques.
(…)
Les Paradis fiscaux et les institutions du type B.R.I. ont constitué des défis de premier ordre pour les États politiques. Ces « paradis terrestres artificiels » sont les seuls véritables ennemis actuels des États. Ils autorisent une permanente fuite des capitaux des États vers les places financières obscures, appauvrissant les États en réduisant, de façon mécanique, leur capacité budgétaire.
Faire disparaître la prétendue indépendance et intégrité de la B.R.I., ainsi que de tous les paradis fiscaux de la planète, serait simple à mettre en œuvre : il suffirait qu’un ou plusieurs États envoient des corps militaires à l’assaut de cette forteresse financière pour qu’il n’en reste rien.
Dans « les raisons cachées du désordre mondial », Valérie Bugault écrit ceci : « Du point de vue géopolitique, le paradis fiscal est un instrument d’affaiblissement des États. Élément essentiel qui solidifie l’édifice monétaro-économique global, le paradis fiscal permet d’abord l’opacité des propriétaires des capitaux et une sauvegarde de leurs avoirs financiers en échappant à toute imposition. Ce mécanisme de concentration du capital rend possible, à son tour, la subversion des organisations internationales et des États. Le paradis fiscal opère un abaissement structurel du rôle politique des États de deux façons. D’une part, il permet aux propriétaires majoritaires des banques anglo-saxonnes de subvertir les États en corrompant les hommes politiques. D’autre part, la notion même de paradis fiscal indépendant est un détournement juridique de la notion d’État. Aujourd’hui, les États sont, plus que jamais, les acteurs d’une pièce de théâtre dont le scénario et les bénéfices leur échappent. Les paradis fiscaux dissimulent, en réalité, l’objectif des « puissances d’argent » qui est d’assurer (avec la complicité de leurs « marionnettes » politiciennes) le financement de leur hégémonie en appauvrissant les États jusqu’à la complète disparition de ces derniers de la scène institutionnelle. Les paradis fiscaux sont devenus, à leur corps défendant, le talon d’Achille de la mondialisation. Ces paradis, nouvellement constitués en réseau, ont pour caractéristique d’agir au moyen de trusts anonymes. Il suffirait que des États dignes de ce nom suppriment la validité des transactions juridiques avec les trusts anonymes, et de manière générale, avec tout type de structures juridiques permettant l’opacité pour les propriétaires de capitaux, afin de tarir une grande partie du drainage des fonds vers les paradis fiscaux anglo-saxons. Ceci porterait un coup, peut-être décisif, à l’oligarchie à la manœuvre, en supprimant une partie de ses revenus disponibles. Dans le même temps, une telle action permettrait aux États de récupérer une partie substantielle des revenus qui leur échappent. Les États retrouvant ainsi des marges de manœuvre budgétaire de façon indolore pour leurs ressortissants, personnes physiques et morales. »
À propos de la B.R.I., précisons encore ceci : Vers la fin des années 20, pour faire suite aux plans « Dawes » (1924) et « Young » (1928) (dont les centaines de millions de dollars transférés dès 1924 en Allemagne constitueront, officieusement, la base sur laquelle le régime hitlérien construira toute sa machinerie de guerre), et dans le but de faciliter le paiements des réparations pour mieux dévaliser l’Allemagne (conservant ainsi une situation instable et potentiellement explosive, dans laquelle l’Allemagne ferait office de détonateur), les banquiers internationaux créeront, en Suisse, une institution financière (amenée à avoir un « bel » avenir) dotée de la totalité des prérogatives diplomatiques d’un État (notamment en matière d’immunité de ses membres) et qui ne rendra de compte à personne : la Banque des Règlements Internationaux (B.R.I.). La B.R.I. deviendra, alors, la principale machine ouvrière de la Deuxième Guerre Mondiale.
Précisons que la B.R.I. a été créée par une initiative, à la fois, de Norman Montagu (Gouverneur de la banque centrale d’Angleterre), John Foster Dulles (secrétaire d’État des États-Unis), J-P Morgan (banquier d’affaires) et de Haljmar Schacht (fonctionnaire subalterne auprès de l’autorité bancaire allemande créée par les alliés à l’issue de WW1 et qui devint ministre de l’Économie du IIIème Reich de 1934 à 1939). À toutes fins utiles, faisons remarquer que, malgré l’importance de sa fonction dans le régime Nazi, Haljmar Schacht fera partie des trois seuls accusés du Tribunal de Nuremberg qui seront acquittés, tous les autres seront condamnés à mort ou à la réclusion perpétuelle.
NB : « Malgré les efforts déployés par l’antitradition pour occulter ses manœuvres de politique internationale, une partie du public se montre de moins en moins dupe. C’est en déchirant progressivement un rideau de leurres que des individus déterminés parviendront à entrevoir ce qui a été dissimulé aux peuples de la planète. Alors on découvrira que sous prétexte d’établir la mondialisation il s’agissait en réalité d’arracher ces peuples (quelle qu’en soit l’ethnie) à leurs terres ancestrales, physiquement mais surtout moralement, afin de leur imposer une existence uniquement fondée sur la dévotion de l’argent… et la crainte d’en être dépourvu ! Le sentiment tenace qu’il existe un organisme directeur secret contrôlant toute la haute finance afin de remodeler le monde, en défaisant ou refaisant des nations lorsque nécessaire, conduira inévitablement à l’interrogation suivante : dans quel but ? La réponse est déjà connue des esprits rebelles qui, parallèlement aux orchestrateurs de l’antitradition, possèdent une vision cyclique de l’histoire : faire en sorte qu’au moment où le dernier Âge s’achèvera, les conditions requises pour le retour de la Tradition ne soient plus réunies et que les peuples se révèlent dans l’incapacité d’exister selon des valeurs (non cotées en bourse !) qui constituaient la normalité du monde traditionnel et sont maintenant en exil des consciences. Des valeurs nommées droiture, honneur, humilité, fidélité, don de sa personne et, au sens médiéval du terme « Cœur », c’est-à-dire le courage inséparable de la générosité. » (P.-G. Sansonetti)
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