Une seule classe – une seule lutte (GIGC)
Par IGCL/GIGC. Sur http://www.igcl.org/Une-seule-classe-une-seule-lutte-1307
Le numéro 32 (janvier 2026) de la revue Révolution 
ou Guerre est disponible ici fr_rg32
Une seule classe, une seule lutte (comités No War but Class War – Canada)
Introduction du 8 octobre à la publication du tract pour le lecteur international
Depuis quelques semaines, une dynamique de luttes ouvrières touchent plusieurs secteurs, particulièrement du public, au Canada. Celle du personnel de bord d’Air Canada du moins d’août 2025 est certainement la plus connue pour le lecteur international. Ces jours-ci, elle semble s’accentuer avec les grèves concomitantes à la Poste et dans d’autres services publics, ceux de l’éducation ou encore de la ville de Montréal. Au moyen de la diffusion du tract qui suit, les deux comités de lutte No War But the Class War de Montréal et Toronto se sont coordonnés pour intervenir et cristalliser la dynamique ouvrière autour de l’unification de ces différentes luttes afin qu’elles ne restent pas séparées et isolées. L’orientation d’extension et d’unification avancée s’appuie sur quelques tentatives, certes encore timides et localisées, mais néanmoins réelles, allant dans ce sens – le tract en mentionne une en particulier.
Ce faisant, les comités NWBCW de Montréal et Toronto jouent à plein leur rôle en tant que comité de lutte regroupant des minorités de travailleurs désirant se regrouper pour participer et intervenir dans les luttes dans la situation présente.
Une seule classe, une seule lutte
50 à 55 000 employés de Postes Canada, représentés par le syndicat STTP, sont actuellement en grève. Le STTP réclame une augmentation salariale de 22 % sur quatre ans, de meilleurs avantages sociaux, la sécurité d’emploi, de meilleures conditions de travail, une plus grande flexibilité des horaires et la protection des régimes de retraite. Poste Canada a proposé une augmentation salariale de 11,5 % sur quatre ans, ce qui équivaut à une baisse salariale si l’on tient compte de l’inflation. Le gouvernement canadien renforce son contrôle et donne des instructions à Poste Canada pour mettre en œuvre les recommandations de la Commission d’enquête industrielle (CEI), qui comprennent la fermeture de bureaux de poste dans les zones rurales, ouvrant la voie à des licenciements massifs de travailleurs de la Poste. Il est probable que le gouvernement ait recourt à une loi ordonnant le retour au travail et impose un accord qui dégrade encore davantage les conditions de vie et de travail des travailleurs. En 2018, le gouvernement avait utilisé la loi pour forcer les postiers à reprendre le travail. Récemment, 10 000 membres du personnel navigant d’Air Canada ont refusé de se conformer à la législation de retour au travail. Si la grève du personnel navigant d’Air Canada s’est terminée par un accord provisoire obtenu grâce à la médiation officielle, d’autres grèves sont encore à venir du fait que les travailleurs aient rejeté la partie de l’accord relative à la proposition salariale. Tout comme les services postaux du monde entier, les compagnies aériennes nationales fonctionnent avec des marges très faibles, voire à perte. Cela sert à justifier les coupes budgétaires et l’austérité. Les deux secteurs font partie des infrastructures indispensables aux échanges quotidiens et aux activités commerciales de la société moderne. Leur rôle stratégique dans l’économie explique pourquoi ces secteurs sont souvent soutenus directement par le budget fédéral (Poste Canada est une société d’État) ou par des renflouements ou des subventions indirectes, dans le cas d’Air Canada.
Quel est le plan du syndicat et que doivent faire les travailleurs pour gagner ? Au Canada, les grèves restent généralement isolées, les négociations pouvant parfois durer des semaines, tandis que les travailleurs sont épuisés par des semaines de piquetage quotidien devant leur lieu de travail. C’est le scénario qui se dessine pour le personnel de soutien à temps plein des 24 collèges publics de l’Ontario, en grève depuis le 11 septembre. Ou bien les grévistes seront rapidement contraints par la loi de reprendre le travail, comme cela a été le cas lors des grèves postales passées ou de la récente grève d’Air Canada. En règle générale, les négociations sont opaques. On dit aux travailleurs de « soutenir leur équipe de négociation » et de faire confiance au syndicat pour défendre au mieux leurs intérêts. Si cette stratégie était gagnante pour les travailleurs, nous n’aurions pas assisté à un déclin constant de notre pouvoir d’achat au cours des dernières décennies, malgré les nombreuses grèves qui ont eu lieu pendant cette période. Ces grèves aboutissent toutefois toujours au même résultat : l’isolement, l’épuisement, puis la pression exercée par le syndicat sur les travailleurs pour qu’ils acceptent le « meilleur accord possible » que l’équipe de négociation ait pu obtenir. Il n’y a rien de plus à obtenir, diront-ils. On ne peut pas tirer du sang d’une pierre. Ce discours doit être rejeté. En réalité, le gouvernement fédéral réduit le financement de toutes les agences d’État, à l’exception du ministère de la Défense nationale. Il a alloué 150 milliards jusqu’en 2030 au réarmement et à l’armée. Ce n’est pas que les ressources ne soient pas disponibles pour permettre aux travailleurs de maintenir ou d’améliorer leur niveau de vie, c’est que la priorité de l’État dans cette situation est de se préparer à la guerre. Cela ne peut que conduire à une nouvelle dégradation de nos conditions de vie et de travail.
Des postiers de différentes régions du Québec se sont récemment rassemblés au bureau de poste Chabanel à Montréal et se sont joints aux travailleurs municipaux en grève (personnel de soutien de la STM) pour une manifestation de rue devant un garage de la STM. En fin de compte, cette action était menée par les syndicats et n’a pas donné grand-chose, mais l’activité autonome des travailleurs pour étendre la grève est essentielle pour que ces luttes aboutissent. Cela pourrait servir d’exemple pour unifier la classe ouvrière sur la base de la nécessité d’une lutte générale. Comme l’isolement et l’épuisement mènent à la défaite, les travailleurs doivent prendre l’initiative de trouver des moyens de généraliser et d’unifier leurs grèves, même si cela signifie aller à l’encontre de « leurs » équipes de négociation. Pour y parvenir, notre classe devra former de nouveaux organes de lutte, qu’il s’agisse de comités de grève ou d’assemblées générales, afin d’organiser la lutte et de servir de point de référence pour le reste de la classe. Bien que cela puisse sembler lointain, il est difficile de nier cette nécessité. Peut-on nier que si les 50 000 travailleurs de Postes Canada s’unissaient aux 10 000 employés à temps plein des 24 collèges publics de l’Ontario et se joignaient aux 10 000 membres du personnel de cabine d’Air Canada dans une lutte commune pour des revendications communes, notre classe serait dans une meilleure position pour se battre ? Comme la classe ouvrière dans son ensemble est attaquée, pour gagner, les travailleurs doivent lutter en tant que classe, et non simplement en tant qu’employés de telle ou telle entreprise, et rejeter les sacrifices imposés par le militarisme.
Un petit ruisseau, avec du temps et des efforts, peut créer une cascade impressionnante. Parlez à vos collègues ! Planifiez et organisez-vous. Envoyez des délégations à d’autres piquets de grève et entrez en contact avec d’autres travailleurs en lutte ou prêts à se battre. Donnez l’exemple à tous les travailleurs, car votre grève repose sur la lutte de toute la classe ouvrière ! Refusez tout sacrifice au nom de l’économie nationale ou du bon fonctionnement des entreprises. Contre tout nationalisme et tout soutien à un groupe de capitalistes ou à un autre dans leurs conflits impérialistes ! Pas de guerre, sauf la guerre des classes !
8 octobre 2025/ nwbcw.to@tutanota.com / NWBCW Montréal et Toronto

Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2026/01/uma-so-classe-uma-so-luta-gigc.html
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