Trouvailles

Correspondance sur le Que faire ? de Lénine et la conscience de classe

Par IGCL/GIGC. Sur  http://www.igcl.org/Correspondance-sur-le-Que-faire-de

Le numéro 32 (janvier 2026) de la revue Révolution
ou Guerre est disponible ici   fr_rg32

 

Correspondance sur le Que faire ? de Lénine et la conscience de classe

Après une rencontre à la suite d’une manifestation parisienne du mois de septembre, un camarade a voulu prolonger notre discussion par courrier. Nous en reproduisons ci-après des extraits et les faisons suivre de notre réponse.

La discussion portait essentiellement sur le livre de Lénine, Que faire ?, de 1902, et la conscience de classe. Beaucoup, y compris dans la Gauche communiste d’aujourd’hui, rejette les apports de Que faire ? en se fondant sur sa reprise de la position de Kautsky selon laquelle « la conscience socialiste est un élément importé du dehors dans la lutte de classe du prolétariat » par « les intellectuels bourgeois. » Comme le souligne notre correspondant, ils oublient le contexte et l’objet du combat de Lénine à l’époque : la lutte contre l’économisme. En fait, ce combat ne faisait que poursuivre le combat de Marx et Engels au sein de la 1e internationale contre l’indifférentisme politique propre à l’anarchisme. Aujourd’hui, les expressions anarchisantes et économistes au sein du camp prolétarien sont principalement portées par les différentes formes de conseillisme. La méfiance, voire le rejet, à l’égard non seulement de toute organisation de parti politique du prolétariat, mais aussi la sous-estimation, voire l’ignorance, de la dimension avant tout politique de toute lutte ouvrière font du combat contre le danger du conseillisme moderne, qu’il soit ouvertement revendiqué ou seulement diffus, une priorité pour les forces pro-parti à la fois au sein du camp prolétarien comme dans les luttes ouvrières elles-mêmes – par exemple contre le fétichisme de l’assembléisme et de l’« auto-organisation ». Défendre donc Que faire ? et ses apports est toujours d’actualité et même une question politique cruciale.

 

Extraits de la lettre du camarade

(…) La conscience du prolétariat, comme l’écrivait Lénine dans Que faire ?, « ne peut être une conscience de classe véritable si les ouvriers n’apprennent pas à profiter des faits et événements politiques concrets et actuels pour observer chacune des autres classes sociales dans toutes les manifestations de leur vie intellectuelle, morale et politique, s’ils n’apprennent pas à appliquer pratiquement l’analyse et le critérium matérialistes à toutes les formes de l’activité et de la vie de toutes les classes, catégories et groupes de la population [1]. » S’il se concentre exclusivement « ou même principalement » sur lui-même, le prolétariat ne peut être révolutionnaire, « car, pour se bien connaître elle-même, la classe ouvrière doit avoir une connaissance précise des rapports réciproques de la société contemporaine, connaissance non seulement théorique… disons plutôt : moins théorique que fondée sur l’expérience de la vie politique. » C’est pourquoi « l’ouvrier doit se représenter clairement la nature économique, la physionomie politique et sociale du gros propriétaire foncier et du pope, du dignitaire et du paysan, de l’étudiant et du vagabond, connaître leurs côtés forts et leurs côtés faibles, savoir démêler le sens des formules courantes et des sophismes de toute sorte, dont chaque classe et chaque couche sociale recouvre ses appétits égoïstes et sa “nature” véritable ; savoir distinguer quels intérêts reflètent les institutions et les lois et comment elles les reflètent. »

De plus, « la conscience politique de classe ne peut être apportée à l’ouvrier que de l’extérieur, c’est-à-dire de l’extérieur de la lutte économique, de l’extérieur de la sphère des rapports entre ouvriers et patrons. Le seul domaine où l’on pourrait puiser cette connaissance est celui des rapports de toutes les classes et couches de la population avec l’État et le gouvernement, le domaine des rapports de toutes les classes entre elles. »

Et nous arrivons ici à l’un des points clés pour lesquels de nombreux communistes de gauche critiquent Lénine et les léninistes : la question d’apporter la conscience de l’extérieur. À mon avis, cette critique repose sur une incompréhension, voire une déformation délibérée de la pensée léniniste. En tout cas, j’ai le plus souvent entendu dire que Lénine croyait que la tâche de l’intelligentsia révolutionnaire était d’apporter la conscience au prolétariat, qui était incapable de s’élever au-dessus de la conscience syndicaliste. Pour comprendre le caractère erroné ou du moins les limites d’une telle interprétation, il est nécessaire de replacer Que faire ? de Lénine dans le contexte des conditions historiques concrètes de l’époque, où il existait un courant très répandu parmi les économistes du milieu ouvrier russe qui pensaient que le prolétariat devait se limiter à la lutte économique, laissant la lutte politique aux libéraux. D’autres pensaient que le développement du mouvement ouvrier contribuerait en soi à la croissance de la conscience politique de classe du prolétariat. Les citations tirées de l’ouvrage mentionné de Lénine indiquent, à mon avis, sans ambiguïté les tâches du parti prolétarien dans ce contexte historique particulier : développer la conscience politique du prolétariat, le faire sortir du cadre étroit de la lutte contre la bourgeoisie dans l’usine, lui faire comprendre que la bourgeoisie n’est pas unie, qu’elle est divisée en fractions qui se livrent une lutte acharnée, et que dans les conditions qui prévalaient alors en Russie, il existait également une aristocratie féodale propriétaire terrienne et de larges couches petites-bourgeoises ; elles ont toutes leurs propres intérêts particuliers, qui peuvent converger, mais ne seront jamais communs, unis ; le prolétariat doit le savoir et s’en servir dans sa lutte. Ainsi, du point de vue de Lénine, « apporter la conscience de l’extérieur » signifie l’apporter de l’extérieur de l’usine, ouvrir les yeux des travailleurs sur toute l’étendue de la vie sociale, sa diversité, ses contradictions, contribuant ainsi à transformer le prolétariat d’une « classe en soi » en une « classe pour soi », capable non seulement de tolérer les injustices de la société de classes, mais aussi de lutter consciemment contre elle.

Ainsi, lorsque nous parlons de la formation des militants, nous parlons d’une tâche très complexe, qui comprend la formation d’une conscience révolutionnaire de classe, l’appropriation de la théorie marxiste et de sa méthode, l’apprentissage de l’expérience des générations précédentes de notre classe et de leurs combats. Mais ce n’est pas tout, il s’agit également de former l’expérience de l’action collective pratique au sein de l’organisation politique de classe existante. De plus, puisque, comme nous l’enseigne Marx, « l’émancipation des classes ouvrières doit être conquise par les classes ouvrières elles-mêmes », nous devons être en contact étroit avec notre classe, travailler en son sein, nous ne pouvons pas nous en détacher, nous devons l’aider à atteindre le niveau de conscience de classe révolutionnaire. Et ici, nous revenons dialectiquement au concept léniniste de parti et de classe. Nous faisons partie de la classe, et non pas d’une intelligentsia bourgeoise telle que la conçoit Kautsky, nous devons aider notre classe à s’organiser, à se développer. C’est la tâche du Parti.

Oui, vous avez raison, Staline et Trotski se qualifiaient tous deux de léninistes, mais ce n’est pas une raison pour que nous renoncions à ce titre. Beaucoup de gens aujourd’hui ne se qualifient pas de marxistes, de communistes ou, à tout le moins, d’internationalistes. Ne devrions-nous pas cesser de nous qualifier ainsi ? Refuser de nous salir ? Non, nous continuerons à nous qualifier de léninistes, de marxistes, de communistes, d’internationalistes, et nous dénoncerons tous les opportunistes, les sociaux-chauvins, les traîtres à notre classe qui s’approprient indûment ce qui ne leur appartient pas. (…)

Saluts internationalistes.


 

Notre réponse

Cher camarade,

(…) Afin de ne pas retarder davantage notre réponse, nous te présenterons dans les grandes lignes notre position et notre approche à l’égard de Que faire ? et de la conscience de classe, ainsi que nos commentaires critiques – plutôt interrogatifs – sur ta position.

1) Présentons notre position sur le Que faire ? de Lénine, que nous considérons comme un texte fondamental du marxisme et du mouvement communiste. À première vue, il semble que nous partagions la même position et la même compréhension du texte de Lénine :

- d’abord, comme tu l’écris, « il est nécessaire de replacer Que faire ? de Lénine dans le contexte des conditions historiques concrètes de l’époque, où il existait un courant très répandu parmi les économistes du milieu ouvrier russe qui pensaient que le prolétariat devait se limiter à la lutte économique, laissant la lutte politique aux libéraux » ;

- ensuite, en ce qui concerne la question de la conscience de classe, Lénine affirme que « la conscience politique de classe ne peut être apportée aux travailleurs que de l’extérieur, c’est-à-dire en dehors de la lutte économique, en dehors de la sphère des relations entre travailleurs et employeurs… » Pour être aussi clair que possible, nous ajoutons au passage précédent : « La formule de Martynov a une certaine valeur pour nous, (…) car elle exprime de manière pertinente l’erreur fondamentale commise par tous les économistes, à savoir leur conviction qu’il est possible de développer la conscience politique de classe des travailleurs de l’intérieur, pour ainsi dire, à partir de leur lutte économique, c’est-à-dire en faisant de cette lutte le point de départ exclusif (ou, du moins, principal), en en faisant la base exclusive (ou, du moins, principale). Une telle conception est radicalement fausse. »

Ce point est essentiel, de nos jours et dans la tourmente historique qui vient, pour lutter contre toute conception « conseilliste » ou « apolitique » de la conscience de classe, ne serait-ce que parce qu’elle conduit à sous-estimer, voire à nier complètement, l’indispensable rôle dirigeant du parti, en tant qu’expression la plus haute de la conscience de classe.

2) Pour autant, nous ne sommes pas sûrs de la réalité de notre accord sur le fond et il conviendrait de le vérifier. Comme tu le dis, nous devons lire et comprendre Lénine dans le contexte de sa lutte contre l’économisme en 1902. Cela l’a conduit à utiliser certaines expressions qui se sont avérées confuses, comme il l’a reconnu plus tard et qu’il expliqua par le besoin de redresser la barre.

« Que faire ? disais‑je, redresse la barre tordue par les économistes (voir les procès-verbaux du deuxième Congrès du P.O.S.D.R. en 1903, Genève 1904), et c’est précisément parce que nous redressons énergiquement les déviations que notre « barre » sera toujours bien droite. Le sens de ces mots ne prête pas à confusion : Que faire ? par la polémique, corrige l’économisme. Considérer le contenu de cette brochure en faisant abstraction de cette tâche serait erroné [2]. »

Tout d’abord, en ce qui concerne notre discussion actuelle sur la conscience de classe, nous nous référons à la reprise par Lénine de la thèse de Kaustky selon laquelle la conscience de classe ne peut portée que par les intellectuels bourgeois. En fait, elle est contredite par l’ensemble du texte, qui ne cesse d’insister sur la nécessité pour les sociaux-démocrates d’élever le niveau de conscience des travailleurs. Lénine s’est même senti obligé d’ajouter une note de bas de page à ce passage :

« Certes, il ne s’ensuit pas que les ouvriers ne participent pas à cette élaboration [de la conscience]. (…) Or, pour que les ouvriers y parviennent plus souvent, il faut s’efforcer le plus possible d’élever le niveau de la conscience des ouvriers en général. » (Que faire ?, Le culte du spontané, la Rabotchaïa Mysl, nous soulignons en gras)

Ensuite, en 1902, le prolétariat russe, tout comme le prolétariat international, venait tout juste de commencer à connaître et à répondre aux « nouvelles » conditions de la lutte des classes, imposées par le développement du capitalisme – en particulier sa centralisation croissante autour de l’État [3] – et ses contradictions : « La grève de masse ne s’avère donc pas être un produit spécifiquement russe, issu de l’absolutisme, mais une forme universelle de la lutte de classe prolétarienne résultant du stade actuel du développement capitaliste et des relations de classe [4]. »

Malgré notre discussion de l’autre jour, tu ne fais aucune référence à la grève de masse, c’est-à-dire aux conditions mêmes de la lutte des classes depuis plus d’un siècle maintenant. Elle renvoie à une autre dimension de la lutte nécessaire contre l’économisme moderne, c’est-à-dire selon nous le conseillisme. Celui-ci ne se limite pas à la simple réponse par oui ou par non à la question du Parti. Il s’étend à la sous-estimation de la dimension politique de la lutte des classes, non seulement dans une période révolutionnaire ou lors de mobilisations de masse – comme en février-octobre 1917 en Russie, ou plus près de nous en mai 1968 en France, en 1969 en Italie, ou en Pologne en 1980, etc. – mais aussi dans toute lutte quotidienne et limitée. Pour réagir et défendre « efficacement » leurs conditions de vie, c’est-à-dire pour établir un rapport de forces plus favorable avec le capital, les ouvriers doivent s’affronter politiquement aux diverses forces bourgeoises qui tentent d’empêcher le développement de la lutte et, lorsqu’elles n’y parviennent pas, s’y opposent et la sabotent « de l’intérieur ». Éviter ou sous-estimer cette lutte spécifique et ces dimensions des luttes ouvrières est tout autant de nature conseilliste ou économiste, que nier ou sous-estimer la nécessité du Parti communiste.

Les « nouvelles » conditions de la lutte des classes, clairement exprimées par la grève de masse de 1905 en Russie, se caractérisent notamment par le fait que la relation entre les dimensions économiques et politiques de la lutte prolétarienne devient plus claire et plus étroite. Rosa Luxemburg n’est pas la seule à le relever. Trotski, Pannekoek l’ont également souligné dans le débat sur la grève de masse au sein de la IIe Internationale. Lénine lui-même le fait, bien avant 1905 :

« Exiger que l’on « donne à la lutte économique elle-même un caractère politique » traduit de la façon la plus frappante le culte de la spontanéité dans le domaine de l’activité politique. Très souvent, la lutte économique revêt un caractère politique de façon spontanée, c’est-à-dire sans l’intervention de ce “bacille révolutionnaire que sont les intellectuels”, sans l’intervention des social-démocrates conscients. » (Que faire ?, note du chapitre Les révélations politiques et l’éducation de l’activité révolutionnaire)

Cette caractéristique de la grève de masse permet de définir plus précisément le lien entre les objectifs économiques et politiques, et par là même les revendications, de toute lutte de la classe ouvrière d’un point de vue révolutionnaire. Elle fournit le cadre de l’intervention des communistes dans toute lutte prolétarienne :

« Seuls les défenseurs de la bourgeoisie et de ses profits démesurés peuvent se moquer de ceux qui réclament une « augmentation ». Les ouvriers, eux, savent que c’est précisément le caractère multilatéral d’une grève qui a surtout le pouvoir d’attirer une foule de nouveaux participants, d’assurer une offensive vigoureuse, de susciter la sympathie de la société et de garantir le succès des ouvriers eux-mêmes que l’importance générale de leur mouvement [5]. »

Aujourd’hui, pour que le prolétariat développe ses luttes, fasse grève ou manifeste dans les rues, face à la crise du capitalisme et, maintenant, aux sacrifices directs pour la préparation à la guerre, il doit assumer, prendre en charge, la confrontation politique pour l’orientation et la direction de chaque lutte, qu’elle soit locale et limitée, ou se généralisant, principalement – mais pas seulement – contre les forces bourgeoises en milieu ouvrier. La clé de toute lutte réside dans son extension et sa généralisation – « d’attirer une foule de nouveaux participants », dit Lénine – afin d’imposer à la classe dirigeante un rapport de force aussi favorable que possible.

Bien sûr, l’orientation d’extension-généralisation doit être déclinée en fonction des situations locales et immédiates. Elle peut parfois même devenir dépassée et contraire aux intérêts des ouvriers et de la lutte elle-même, selon son développement et la dynamique immédiate des rapports de force entre les classes. Par exemple, le mot d’ordre Tout le pouvoir aux soviets fut retiré par les bolcheviks entre juillet 1917 et le coup d’État de Kornilov en août 1917 – nous ne développons pas ici la question de la tactique. Ce que nous voulons souligner, c’est le caractère politique de toute lutte prolétarienne. Il en va de même pour une grève locale, où les communistes doivent appeler les prolétaires à généraliser en envoyant des délégations de masse aux travailleurs et aux entreprises voisines ; une fois que les possibilités réelles d’une telle extension sont épuisées, le mot d’ordre immédiat doit aussi être retiré. Tenir compte du renversement de la dynamique de toute lutte isolée ou générale et adapter les slogans et les orientations à ce revirement relève également de la responsabilité de l’avant-garde politique communiste du prolétariat, du parti.

3) En ce qui concerne la question de la conscience de classe, nous défendons l’idée qu’il existe deux dimensions principales de la conscience de classe sur lesquelles nous devons être clairs : la conscience de classe en tant que conscience de classe et la conscience au sein de (ou dans) la classe. Il s’agit là de sa dimension de « profondeur » et de sa dimension d’« extension » dans les rangs du prolétariat. Marx lui-même fit cette même distinction entre ces dimensions :

« Dans le développement des forces productives, il arrive un stade où naissent des forces productives et des moyens de circulation qui ne peuvent être que néfastes dans le cadre des rapports existants et ne sont plus des forces productives, mais des forces destructrices (le machinisme et l’argent), — et, fait lié au précédent, il naît une classe qui supporte toutes les charges de la société, sans jouir de ses avantages, qui est expulsée de la société et se trouve, de force, dans l’opposition la plus ouverte avec toutes les autres classes, une classe que forme la majorité des membres de la société et d’où surgit la conscience de la nécessité d’une révolution radicale, conscience qui est la conscience communiste (…) Une transformation massive des hommes s’avère nécessaire pour la création en masse de cette conscience communiste, comme aussi pour mener la chose elle-même à bien ; or, une telle transformation ne peut s’opérer que par un mouvement pratique, par une révolution ; cette révolution n’est donc pas seulement rendue nécessaire parce qu’elle est le seul moyen de renverser la classe dominante, elle l’est également parce que seule une révolution permettra à la classe qui renverse l’autre de balayer toute la pourriture du vieux système qui lui colle après et de devenir apte à fonder la société sur des bases nouvelles. » (L’idéologie allemande [6], nous soulignons)

La dimension profondeur, la conscience communiste selon Marx, est, pour la présenter grossièrement, le programme, la théorie et les principes, et même les tactiques du parti. Il s’agit d’un processus continu, développé et matérialisé par le parti, ou par les minorités des groupes et fractions communistes. S’il est produit « historiquement » par le prolétariat international grâce à ses luttes de classe quotidiennes et révolutionnaires, il est synthétisé et matérialisé par le parti ou les groupes communistes. Il leur incombe de « renvoyer cette conscience de classe » à la classe ouvrière, dans ses rangs, par leur intervention décidée envers l’ensemble de la classe. Si cette tâche est permanente et nécessite un effort quotidien volontaire, elle a plus d’écho et ouvre plus de potentialités lorsque le prolétariat dans son ensemble, ou des fractions importantes de celui-ci, lutte en masse.

La dimension extension est principalement déterminée par la dynamique des luttes de masse et, en particulier, par la capacité du prolétariat, d’abord par une minorité, à assumer ouvertement la confrontation politique avec les forces bourgeoises en milieu ouvrier. Bien sûr, l’intervention du parti ou des révolutionnaires au sein de la classe est à la fois un facteur et un produit de cette extension de la conscience de classe parmi les prolétaires. Précisément parce que le parti et les groupes communistes – parfois même les communistes en tant que militants individuels – font partie intégrante du prolétariat, de ses fractions minoritaires « d’avant-garde », qu’elles soient reconnues comme telles par les ouvriers ou non. Ils le sont parce qu’ils matérialisent la dimension profondeur de la conscience de classe – qu’ils réussissent à le faire correctement ou non, efficacement ou non, est une autre question.

La relation entre la conscience de classe, en tant que facteur historique, et l’extension de cette conscience de classe parmi les rangs prolétariens trouve son expression la plus élevée lorsque le prolétariat adopte et concrétise les mots d’ordre du parti, tels que ceux de l’insurrection ouvrière et de la dictature du prolétariat.

4) Abordons maintenant, encore une fois de manière sommaire, un aspect de la question du rapport entre le parti et la classe. Tu parles « de la formation des militants [qui est] une tâche très complexe, qui comprend la formation d’une conscience révolutionnaire de classe. » En reprenant aujourd’hui l’affirmation historique, c’est-à-dire relative, de Lénine selon laquelle « le travailleur doit avoir une image claire dans son esprit de la nature économique et des caractéristiques sociales et politiques du propriétaire foncier et du prêtre… », tu sembles réduire le développement de la conscience de classe à des processus individuels, ce qui, si tel est le cas, est cohérent avec la conception éducative – académique – de la formation des militants que tu nous exposes. Notre interrogation sur une vision différente de la nôtre se renforce lorsque tu écris « que nous devons être en contact étroit avec notre classe, travailler en son sein, nous ne pouvons pas nous en détacher, nous devons l’aider à atteindre le niveau de conscience de classe révolutionnaire. »

Cette conception du « contact étroit avec notre classe » ou de « l’enracinement dans la classe » peut être ambiguë et recouvrir deux conceptions et pratiques différentes de l’intervention des révolutionnaires au sein de la classe. Comment comprendre ce contact étroit avec la classe ? Est-il principalement ou exclusivement « physique » ? Le parti ou le groupe politique cherche-t-il à « gagner » des militants sur le lieu de travail un par un, voire à « établir artificiellement » des membres dans les usines et les lieux de travail ? Ou est-il avant tout politique, c’est-à-dire qu’il consiste à assumer et à développer le combat pour la direction politique des luttes, aussi modestes et limitées soient-elles ? En mettant en avant la nécessité que les luttes soient aussi efficaces que possible, parallèlement et en complément de l’intervention générale du parti sur le terrain de la « propagande », en exposant et en dénonçant toutes les dimensions de l’exploitation de classe du capitalisme, bien au-delà – en dehors – de la relation isolée entre travailleurs et employeurs ?

Quelle est l’expérience historique du mouvement ouvrier ? Le meilleur exemple et la meilleure expérience sont le rapport que le parti bolchevique a su établir avec l’ensemble du prolétariat, à commencer par ses fractions les plus combatives, de février à octobre 1917. La capacité des bolcheviques à diriger politiquement le prolétariat jusqu’à la réussite de l’insurrection d’octobre tenait à leur capacité à proposer des mots d’ordre et des orientations correspondant aux différentes batailles de classe que le prolétariat a dû mener tout au long de ce processus de grève de masse. Ainsi, leur « enracinement » dans la classe, leur influence directe croissante, le nombre croissant de membres et de travailleurs sympathisants et partisans du parti, n’étaient pas dus à leur « recrutement » et à la formation « académique » de militants individuels, un par un, mais à leur capacité politique à comprendre le cours des événements, leurs tournants, leurs hauts et leurs bas, et à être en première ligne, c’est-à-dire avant tout ligne politique, de la confrontation massive entre les classes ; en fait, en assumant avec succès le rôle de direction politique. Les Thèses d’avril 1917, écrites par Lénine le jour même de son retour en Russie, illustrent bien la relation dialectique à développer entre le parti et la classe.

Bien sûr, cette vision générale de la relation entre le parti et la classe ne peut être cohérente si l’on ne comprend pas comment se développe la lutte des classes à notre époque, dont la principale caractéristique est – au risque de nous répéter et de donner l’impression d’en faire un fétiche – la grève de masse si bien décrite par Rosa Luxemburg, et dont le meilleur exemple historique est le processus qui s’est déroulé de février à octobre 1917.

5) Nous relevons également que tu ne mentionnes pas les syndicats, ni te prononces sur leur caractère de classe aujourd’hui et tout au long de l’histoire du mouvement ouvrier. Tu sais certainement que nous défendons que les syndicats étaient autrefois des organes de classe unitaires – regroupant tous les travailleurs sur les lieux de travail pour la lutte – au XIXe siècle jusqu’à, encore une fois, la Première Guerre mondiale. Et que nous défendons l’idée qu’ils ont été définitivement intégrés, progressivement mais assez rapidement, dans l’État capitaliste, après leur trahison de l’internationalisme en 1914 jusqu’aux années 1930. Ils sont aujourd’hui des organes politiques à part entière de la bourgeoisie contre les prolétaires et leurs intérêts de classe. Avec les partis bourgeois de gauche et gauchistes, les syndicats font partie intégrante de ce que nous avons appelé plus haut les forces bourgeoises en milieu ouvrier.

Certains pensent que, bien qu’ils soient contre-révolutionnaires à notre époque, ils peuvent encore jouer le rôle de « médiateurs » entre le prolétariat et la classe dominante pour la défense des intérêts économiques des travailleurs, principalement les salaires. Nous nous opposons à cette conception, qui est ouvertement contredite par la réalité, en particulier en période de préparation à une guerre généralisée – le New Deal et le Front populaire dans les années 1930, par exemple, et aujourd’hui. Bien sûr, notre compréhension du phénomène de la grève de masse nous rend encore plus convaincus de notre position sur les syndicats en tant qu’organes politiques à part entière de l’État, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas « entre les classes » ou des « médiateurs » d’aucune sorte entre les intérêts de classes antagonistes. Ils sont totalement bourgeois, quelle que soit la conscience individuelle et « l’honnêteté » des délégués ou des membres de base des syndicats.

Nous devrions en rester là. Il y aurait plusieurs autres questions à soulever pour vérifier l’étendue de nos accords et désaccords. Par exemple, nous n’adoptons pas l’étiquette « léninisme » parce qu’elle a été créée et développée par la troïka Zinoviev-Kamenev-Staline, après la mort de Lénine, pour s’opposer à Trotski et l’éliminer. Ainsi, si tu jettes un œil aux Fondements du léninisme, écrits par Staline en 1924, le léninisme devient un dogme et un fétiche, étiquette sous laquelle l’opportunisme a commencé à régner sur le parti et l’ensemble de l’Internationale. (…)

Salutations internationalistes,

Par  le GIGC, Septembre 2025.

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Notes:

[1. Les citations que le camarade utilise vienne d’une mauvaise traduction (chinoise) du livre de Lénine. Nous les avons substituées par la version disponible sur marxist.org : https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1902/02/19020200m.htm

[3. Ce que nous appelons capitalisme d’État.

[4. Rosa Luxemburg, La grève de masse, parti et syndicat, (https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve7.htm)

[5. Lénine, Grève économique et grève politique, 1912, œuvres complètes, vol. 18, Éditions sociales – non disponible sur marxists.org

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

3 réflexions sur “Correspondance sur le Que faire ? de Lénine et la conscience de classe

  • Normand Bibeau

    1ier COMMENTAIRE: DE L’IDÉOLOGIE DOMINANTE À L’IDÉOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE:

    MARX et ENGELS écrivaient dans: «[L]a préface à la critique à la critique de l’économie politique» (1859):

    «Dans l’état actuel des choses, l’idée dominante de chaque classe dominante est aussi l’idée dominante de la société.Les doctrines de la classe dominante sont, à toutes les époques, les doctrines dominantes».

    MARX et ENGELS, avaient déjà démontré que: «Les idées de la classe dominante sont, à toutes les époques, les idées dominantes; en d’autres termes, la classe qui est la force matérielle dominante de la société est en même temps sa force spirituelle dominante» («L’idéologie allemande»,1846).

    LÉNINE procédant à appliquer ces vérités dialectiques et historiques irréfutables, écrivait dans «Que faire?»;

    «La classe ouvrière doit former non seulement sa spontanéité économique, mais aussi SA CONSCIENCE SOCIALE PROPRE, contre la bourgeoisie, car la bourgeoisie n’exprime pas seulement ses intérêts économiques mais aussi ses idées dominantes». (1902).

    Il approfondit son application des principes marxistes sur «l’idéologie dominante» dans son livre:
    «Matérialisme et empiriocriticisme» (1909) en ces termes:

    «Toute la science bourgeoise est écrite du point de vue de la classe bourgeoise, qui s’arroge le droit d’expliquer le monde à son profit…».

    En résumé, du point de vue du matérialisme dialectique et historique c’est-à-dire du point de vue MARXISTE, la classe ouvrière qui naît et vie sous la dictature impitoyable de la bourgeoisie, naît et vit également sous la dictature tout aussi impitoyable de l’idéologie bourgeoise qui s’abat sur elle de la naissance au sein de la famille bourgeoise; à l’enfance dans les garderies bourgeoises; à l’adolescence dans les écoles bourgeoises jusqu’à sa maturité dans les usines bourgeoises et à la mort dans les mouroirs bourgeois, une naissance et une vie complète matraquée à chaque instant par la propagande dominante de la bourgeoisie, voilà à qui sont confrontés les révolutionnaires marxistes qui combattent pour la révolution et voilà pourquoi LÉNINE écrivait que l’IDÉOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, LE MARXISME, EST APPORTÉE À LA CLASSE OUVRIÈRE DE L’EXTÉRIEUR DE LA CLASSE OUVRIÈRE, PAR SON AVANT-GARDE RÉVOLUTIONNAIRE ARMÉE DU MARXISME.

    À SUIVRE.

    Répondre
  • Normand Bibeau

    2 ième partie: DU TRADE UNIONISME BOURGEOIS DE LA CLASSE OUVRIÈRE «EN SOI» À LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE DE LA CLASSE OUVRIÈRE «POUR SOI».

    MARX écrivait dans «Salaires, prix et profit» (1865):

    «Les trade-unions agissent utilement comme centres de résistance contre les empiètements du capital.Elles manquent en partie leur but dès qu’elles usent peu intelligemment de leur force.Elles manquent entièrement leur but dès qu’elles se bornent à une guérilla contre les effets du système existant au lieu de travailler en même temps à le transformer, au lieu d’employer leurs forces organisées comme levier pour l’émancipation finale de la classe ouvrière.»

    MARX ajoutait:

    «Les trade-unions ont jusqu’ici trop exclusivement concentré leur attention sur les luttes locales et immédiates contre le capital.Elles n’ont pas encore compris pleinement leur pouvoir d’agir comme organes d’organisation de la classe ouvrière dans son ensemble» (Adresse inaugurale de l’Association Internationale des Travailleurs, 1864).

    ENGELS dans «La situation de la classe laborieuse en Angleterre» (1892), poursuivi l’analyse du «trade-unionisme» et écrivit:

    «Une minorité privilégiée de la classe ouvrière a réussi à s’assurer une situation relativement confortable, tandis que la grande masse reste dans la misère», ce qu’il appelle d’ailleurs l’«aristocratie ouvrière», nourrie par les «surprofits impérialistes».

    Cette «minorité privilégiée» au sein même de la classe ouvrière anglaise se transforma en «minorité privilégiée» «nationale» au sein de la «classe ouvrière mondiale» alors que les «trade-unions» bourgeois des puissances capitalistes dominantes ont subordonné leurs membres aux intérêts de leurs «employeurs capitalistes» avec pour conséquence les inégalités révoltantes entre les ouvriers de différents États capitalistes.

    Dans une lettre à Sorge de 1890, ENGELS écrivait:

    «Le mouvement ouvrier anglais s’est laissé corrompre par les miettes des profits coloniaux (…) une aristocratie ouvrière s’est formée».

    LÉNINE qui fut témoin direct des trahisons «trade-unionistes» bourgeoises lors de la 1ière Guerre mondiale, préludes à celles qui allaient survenir lors de la Seconde guerre mondiale et qui survient à l’occasion des préparatifs de la 3ième Guerre mondiale, écrivit dans «QUE FAIRE?»:

    «La conscience trade-unioniste signifie l’assujettissement idéologique des ouvriers à la bourgeoisie (…) La classe ouvrière, exclusivement par ses propres forces, ne peut arriver qu’à une conscience trade-unioniste, c’est-à-dire à la conviction qu’il faut s’unir en syndicats, lutter contre les patrons, revendiquer du gouvernement telles lois nécessaires aux ouvriers, etc.».

    LÉNINE approfondissant son analyse du «trade-unionisme» sous l’impérialisme, stade suprême du capitalisme, écrivit:

    «Les superprofits permettent à la bourgeoisie de corrompre une couche supérieure du prolétariat…ce sont ces éléments qui sont la base sociale de l’opportunisme» des grandes bureaucraties syndicales et parlementaires, base sociale matérielle du réformisme et de la trahison de classes jusqu’y compris la mobilisation de la classe ouvrière comme chair à canons dans les guerres impérialistes.

    Dès 1914, cette trahison de la classe ouvrière par les «réformistes» parlementaires et des bureaucraties syndicales se matérialisa par les «votes des crédits» militaires de TOUS LES PARTIS RÉFORMISTES sous le prétexte odieux et méprisable de: la «défense de la patrie menacée».

    Ces trahisons firent écrire à LÉNINE:

    «La social-démocratie est passée du côté de la bourgeoisie», et cela se répète encore aujourd’hui sous nos yeux alors que TOUS LES PARTIS RÉFORMISTES VOTENT LES CRÉDITS DE GUERRE POUR LA MILITARISATION DES ÉCONOMIES EN PRÉPARATION DE LA PROCHAINE GUERRE MONDIALE DU CAPITALISME MORIBOND.

    Confronté à ces trahisons RÉFORMISTES, Rosa Luxembourg en conclut:

    «La lutte économique et la lutte politique ne sont pas deux choses séparées…LA GRÈVE DE MASSE est la forme vivante de la révolution (…) Les syndicats se sont transformés en un appareil conservateur (..) L’erreur fondamentale de Lénine est de substituer le centralisme du parti à l’auto-activité des masses» («Grève de masse, parti et syndicats», 1906).

    Malheureusement pour l’infortunée Rosa Luxembourg, le creuset de la pratique révolutionnaire, donna entièrement raison à LÉNINE et lui donna tort: LA RÉVOLUTION BOLCHEVIQUE DIRIGER PAR LÉNINE FUT UN SUCCÈS ALORS QUE LA RÉVOLUTION SPARTAKISTE DIRIGÉE PAR ROSA LUXEMBOURG FUT UN ÉCHEC.

    En résumé, MARX,ENGELS et LÉNINE réalisaient parfaitement les limites intrinsèques aux «trade-unions» et les limites aux luttes économiques «spontanées» de la classe ouvrière, plus encore, ils furent témoins de l’apparition de l’«aristocratie syndicale», de la trahison de classe des partis réformistes et leur enlignement renégat sur la politique militariste de la bourgeoisie, en ont-ils conclu pour autant qu’il fallait «combattre les syndicats», s’en exclure totalement?

    En ont-ils recommandé aux ouvriers de s’en dissocier totalement et de les abandonner à l’«aristocratie ouvrière» comme le commandent les camarades du GIGC lorsqu’ils écrivent:

    «Nous nous opposons à cette conception, qui est ouvertement contredite par la réalité, en particulier en période de préparation à une guerre généralisée – le New Deal et le Front populaire dans les années 1930, par exemple, et aujourd’hui. Bien sûr, notre compréhension du phénomène de la grève de masse nous rend encore plus convaincus de notre position sur les syndicats en tant qu’organes politiques à part entière de l’État, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas ‘entre les classes’ ou des ‘médiateurs’ d’aucune sorte entre les intérêts de classes antagonistes.Ils sont totalement bourgeois ´».

    Si tel était la réalité, pourquoi l’État bourgeois, «ce comité exécutif des intérêts communs de la bourgeoisie» légifère-t-il contre ses propres «syndicats bourgeois» comme ont le constate présentement et à l’occasion de chaque grève syndicale au nom des «services essentiels»?
    Pourquoi Amazon ferme-t-elle ses installations pour empêcher ses employés de se syndiquer à «ses» syndicats?
    Pourquoi les médias mainstream des milliardaires s’acharnent-ils constamment à dénigrer «leurs» syndicats en les présentant comme des «corporatistes», ennemis des «usagers»?
    Pourquoi ces «syndicats totalement bourgeois» ne sont-ils pas invités au «pow-wow» des milliardaires de Davos avec les estafettes politiques «totalement bourgeois»?

    Non, MARX,ENGELS et LÉNINE, après avoir conclu que:

    «La conscience socialiste est apportée à la classe ouvrière de l’extérieur par SON parti révolutionnaire» ajoutèrent que: «Les syndicats sont une école du communisme» qui éduquent et organisent la classe ouvrière et que sous la direction du parti révolutionnaire, ils contribuent par la lutte économique de classe «en soi» à la construction d’une conscience de classe «pour soi».

    Par définition même, «TOUTE GRÈVE, FUT-ELLE, DE MASSE OU NON, GÉNÉRALE OU PARTICULIÈRE, ILLIMITÉE OU LIMITÉE, NE POSE PAS L’ULTIME QUESTION DE L’ABOLITION DE LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE DES MOYENS DE PRODUCTION, DE FINANCIARISATION ET DE COMMUNICATION MAIS CELLE DU REPARTAGE DES PRODUITS DE L’EXPLOITATION, DE LA PLUS VALUE DE L’ESCLAVAGE SALARIÉ ET PAR CONSÉQUENT, NE PEUT CONDUIRE À LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE QUI SEULE PEUT APPORTER UNE RÉPONSE MARXISTE À CETTE QUESTION».

    LA «MASSE» n’existe pas, seule existe les classes sociales et la classe prolétarienne ne doit jamais renoncer à sa révolution prolétarienne, non plus qu’à sa dictature à quelque «MASSE» que ce soit, «MASSE» qui n’est en réalité qu’une illusion de «force», une illusion «démocratique bourgeoise» d’amalgame de «classes» contre-révolutionnaires par nature.

    La révolution prolétarienne sera l’oeuvre du prolétariat lui-même et nullement celle de «MASSE» composée de petit-bourgeois, de lumpenprolétaires, de bourgeois nationalistes-patriotiques et autres franges paupérisées de la société capitaliste en décomposition.

    PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS AU SEIN DE VOTRE PARTI COMMUNISTE, REPRENEZ LA DIRECTION DE VOS SYNDICATS ET FAITES VOTRE RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE COMMUNISTE.

    Camaradement.

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