7 au Front

Du Ku Klux Klan à l’ICE : continuité historique de la violence d’État fasciste

Par Khider Mesloub.

Tout comme le Ku Klux Klan (KKK) n’a pas été une aberration marginale de l’histoire des États-Unis, ni une simple excroissance de la folie raciste, l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), ne constitue pas une dérive sécuritaire, une pathologie trumpienne. Tous deux relèvent d’une même matrice : la violence d’État fasciste – racialisée – comme technique de gestion des contradictions de classe du capitalisme américain.

Aussi, relier le Ku Klux Klan à la police anti-immigrés de l’ère contemporaine, ne relève ni de l’anachronisme ni de la provocation.

Certes le KKK et l’ICE diffèrent par leur statut juridique ( l’un clandestin, illégal et terroriste, l’autre institutionnel, légal et aussi terroriste), mais ils convergent dans leur fonction historique : produire un ennemi intérieur racialisé afin de discipliner l’ensemble du prolétariat national. Y compris, et surtout, le prolétariat blanc, transformé en auxiliaire idéologique de sa propre oppression.

Pour rappel, le Ku Klux Klan naît dans un moment précis de l’histoire des États-Unis, au lendemain de la guerre civile, la Guerre de Sécession de 1861-1865, qui s’est achevée par l’abolition juridique de l’esclavage. Le Ku Klux Klan a constitué l’une des formes les plus violentes et les plus explicites de la contre-révolution sociale déclenchée après l’abolition de l’esclavage. Le KKK apparaît alors comme un bras armé clandestin, chargé de restaurer par la terreur ce que la loi venait de détruire. Organisation terroriste suprémaciste blanche, le KKK s’est imposé comme un instrument de maintien de l’ordre social fasciste, indissociable des rapports de domination économique et politique propres au capitalisme américain, destiné à empêcher toute recomposition du prolétariat sur une base non raciale.

Le KKK ne se contente pas de haïr : il organise la haine. Le racisme qu’il promeut n’est pas une passion spontanée, mais une idéologie politique destinée à diviser les classes dominées. En dressant les travailleurs blancs pauvres contre les travailleurs noirs, le Klan détourne la colère sociale de sa cible réelle (la bourgeoisie propriétaire) pour la canaliser vers un ennemi imaginaire, essentialisé, déshumanisé.

Dès sa fondation, le KKK agit comme une police supplétive informelle, chargée de faire ce que l’État hésite ou refuse d’assumer ouvertement : terroriser, expulser symboliquement, voire physiquement, une population noire devenue juridiquement citoyenne mais socialement indésirable.

Le Ku Klux Klan s’impose par des méthodes d’intimidation massives : patrouilles, surveillance, punitions, lynchages, exécutions sommaires. Il contrôle les déplacements, intimide les Noirs, impose la peur comme norme sociale. Autrement dit, il exerce une fonction policière raciale, hors du droit mais tolérée (voire soutenue) par les autorités locales.

De fait, le suprémacisme blanc fonctionne comme un opium politique, une compensation symbolique offerte aux exploités blancs : faute de pouvoir économique, on leur concède une supériorité raciale fictive destinée à neutraliser toute conscience de classe. Le KKK est, à ce titre, une organisation profondément bourgeoise dans sa fonction, même lorsqu’elle recrute dans les couches populaires.

Contrairement à une idée reçue, le KKK n’a pas toujours opéré dans l’ombre. À partir des années 1920, il devient une force de masse, infiltre l’appareil d’État, contrôle des gouverneurs, des juges, des parlementaires. La violence raciale cesse alors d’être marginale : elle devient gouvernementale.

Ces dernières décennies, le KKK a peut-être perdu ses cagoules et ses croix enflammées, mais le racisme structurel qu’il a contribué à instituer demeure, recyclé dans des formes juridiquement acceptables, médiatiquement policées, politiquement rentables.

Pire. Aujourd’hui il renaît sous l’uniforme de l’ICE, l’agence fédérale américaine rattachée au Department of Homeland Security (DHS), créée en 2003 après le 11-Septembre, dans le cadre du virage sécuritaire de l’État américain. Sous l’administration Trump, l’ICE connaît une mutation répressive meurtrière. Elle a cessé d’être un simple organe administratif pour devenir le bras armé d’un projet politique xénophobe et antisociale, une milice d’État, une force répressive spécialisée opérant contre une population désignée comme suspecte par nature. L’ICE a été transformée en instrument spectaculaire de la souveraineté punitive. Il  ne s’agit pas seulement de punir, mais de le  signifier. La violence  devient un message adressé à la population américaine dominée : l’État peut vous détruire, vous expulser, vous effacer.

Cette spectacularisation rapproche l’ICE des milices fascistes historiques, dont la fonction n’était pas seulement répressive, mais symbolique: produire un climat de terreur dissuasif. Sous l’administration Trump, la violence devient un langage politique adressé à l’ensemble de la population américaine dominée.

Avec l’ICE, la figure de l’ennemi n’est plus simplement le Noir affranchi, mais aussi l’immigré (principalement latino)  construit comme envahisseur, criminel potentiel, parasite économique (sic)

Les méthodes de l’ICE sont désormais mondialement connues  tant elles défrayent chaque jour la chronique : raids à l’aube, souvent sans mandat clair ; arrestations arbitraires, fondées sur le délit de faciès ; séparations familiales, y compris d’enfants en bas âge ; centres de rétention assimilables à des prisons extrajudiciaires, assassinats de protestataires.

Tout comme le KKK, l’ICE ne se contente pas d’appliquer une loi : elle produit un climat de terreur destiné à discipliner la population américaine entière. La terreur devient un instrument de gouvernement.

La différence essentielle entre le KKK et l’ICE n’est donc pas morale, mais juridique. Le Klan agissait hors la loi ; l’ICE agit par la loi. Mais cette légalisation ne rompt pas avec la fonction historique de la violence raciale : elle la normalise.

L’immigré n’est pas la cible finale : il est la figure expérimentale

Là où le KKK brûlait des croix pour signaler une frontière raciale infranchissable, l’ICE érige des murs, des camps, des fichiers biométriques. Dans les deux contextes, ils remplissent la même fonction de classe. Dans les deux cas, la racialisation sert une fonction de division des classes dominées. Le KKK empêchait l’alliance entre travailleurs noirs et blancs pauvres dans le Sud post-esclavagiste. L’ICE, sous Trump, détourne la colère sociale des travailleurs précarisés vers l’immigré, accusé de voler l’emploi, d’alourdir les services publics, de « menacer l’identité nationale ».

Le Ku Klux Klan et l’ICE ne relèvent ni d’une dérive collective macabre ni de la pathologie individuelle de Trump. Ils sont le produit d’une société américaine traversée par des antagonismes de classe irréconciliables permanents.

Le Ku Klux Klan et l’ICE trumpiste ne sont pas identiques, mais historiquement apparentés. L’un incarne la violence raciale brute d’un État en reconstruction issu d’une longue et sanglante guerre civile. L’autre, la violence administrative d’un État capitaliste en déclin hégémonique, menacé par la guerre civile. Le passage du Klan à l’ICE marque moins une rupture qu’un raffinement des instruments de domination et de répression. Quand la terreur change d’uniforme mais conserve sa cible, c’est que le problème n’est pas l’excès, mais la structure même du pouvoir américain en voie de fascisation.

Parce que le capitalisme américain est en crise systémique, il exige une population surexploitée, sans droits, mobile et terrorisée. Pour ce faire l’État produit l’appareil adéquat : la milice ICE.

Au vrai, l’ICE ne combat pas l’immigration. Elle administre l’illégalité pour maintenir le prolétariat américain dans un état de peur permanente. L’immigré n’est pas la cible finale. Il est la figure expérimentale. L’ICE ne sert pas d’abord à contrôler des étrangers. Elle sert à tester, normaliser et étendre des techniques de domination et de répression applicables à l’ensemble de la classe laborieuse américaine.

L’immigration est un prétexte opératoire, un laboratoire de la répression. Le basculement vers le fascisme commence toujours par la criminalisation du segment vulnérable du prolétariat : l’immigré. En l’espèce, aux États-Unis l’immigré constitue un terrain d’expérimentation idéal. Ce qui est imposé aux immigrés aujourd’hui, à savoir détention administrative, suspension des garanties judiciaires, surveillance permanente, terreur familiale, peut être étendu demain à l’ensemble du prolétariat américain.

L’objectif de la généralisation et de la banalisation de l’ICE est de discipliner par l’exemple. La fonction centrale de l’ICE n’est pas l’expulsion. Elle est la démonstration. Le message est simple : les droits ne sont pas universels, ils sont conditionnels. Révocables.

Ainsi, même le travailleur américain doit comprendre que ses droits peuvent être suspendus, redéfinis, retirés. L’ICE joue une fonction stratégique : diviser la classe laborieuse américaine. Cette division doit empêcher toute conscience de classe unifiée. Un prolétariat américain  divisé est un prolétariat corvéable et exploitable à merci. Et, surtout, dans cette période de marche forcée vers la guerre généralisée, transformable en chair à canon.

Screenshot

La violence de l’ICE est délibérément publique, visibilisée, filmée, diffusée.

À dessein théâtralisée, pour envoyer un message clair à l’ensemble du prolétariat américain, principale cible de la terreur. Ainsi, la véritable cible est le prolétariat étasunien dans son ensemble, appelé à s’habituer à la peur, à la terreur étatique, à l’exception, à la répression sanglante, à la révocabilité permanente de ses droits.

L’ICE n’est pas dirigée contre des étrangers. Elle est dirigée contre toute la population américaine rendue  superflue par le capital. L’immigré est le premier. Il ne sera pas le dernier. L’ICE ne défend pas les frontières des États-Unis. Elle défend les frontières de classe.

L’ICE n’est pas une exception. Elle est une avant-garde répressive.

Ce qui est réservé aux immigrés aujourd’hui sera appliqué aux chômeurs, aux syndicalistes radicaux, aux populations paupérisées, aux contestataires politiques, aux dissidents, aux antimilitaristes, aux militants révolutionnaires.

Historiquement, les milices apparaissent lorsque l’État doit exercer une violence qu’il ne peut assumer idéologiquement. Dans le cas de l’Amérique capitaliste, cette violence est réintégrée dans l’État. Le KKK faisait le sale travail racial hors droit. L’ICE le fait dans le droit, payé et récompensé par l’État fasciste. Sous l’administration Trump, la milice ne porte pas de cagoule blanche ni de brassard paramilitaire : elle porte un badge fédéral, dispose d’un budget public et agit au nom de la loi. C’est précisément ce qui la rend plus redoutable : la terreur est devenue étatique.

L’impunité de l’ICE n’est pas un scandale pour l’État pirate américain.

Elle est une nécessité opérationnelle pour le capital américain en déclin hégémonique. Un appareil chargé de terroriser une population ne peut être soumis à un contrôle réel. Le contrôle détruirait son efficacité répressive. L’administration Trump le sait. Elle organise donc l’opacité, la protection institutionnelle, l’irresponsabilité pénale.

Face à l’État bourgeois fasciste qui gouverne par la terreur et le meurtre légalisé, l’alternative pour le prolétariat américain est désormais posée sans ambiguïté : ou bien subir la généralisation de la répression meurtrière ou bien enclencher une rupture révolutionnaire par la lutte radicale anticapitaliste. Il n’existe pas de troisième voie.  Voir cet article :

  Créons mille et un Minneapolis ! La révolte surgit de Minneapolis ! – les 7 du quebec
https://les7duquebec.net/archives/304029

 

Khider MESLOUB

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

4 réflexions sur “Du Ku Klux Klan à l’ICE : continuité historique de la violence d’État fasciste

  • Normand Bibeau

    MARX et ENGELS dans le Manifeste du Parti communiste écrivaient que:

    «L’État moderne est le comité exécutif qui gère les affaires communes de la bourgeoisie»

    et qu’à cette fin de dictature bourgeoise, l’État bourgeois recourt à son appareil de répression, séparé du peuple, que sont les tribunaux, la police et l’armée.Ces 3 institutions répressives qui sont faussement présentés comme «neutres» et «au-dessus des classes sociales» par la bourgeoisie et ses idéologues, ont pour fonction essentielle de protéger la propriété privée déguisée en «loi et ordre» de ceux qui en possèdent: les capitalistes.

    Engels a démontré: «Dans l’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État» que:

    -Dans les sociétés non divisées en classe sociale et où ne régnaient pas la propriété privée, il n’existait pas de «police» permanente séparée du peuple;
    -La police permanente séparée du peuple est une nécessité de tout système de domination de classe.

    LÉNINE a approfondi l’analyse de la «police» dans «L’État et la révolution» où il écrit que la police «est un détachement spécial d’hommes armés» destiné à:
    – protéger la bourgeoisie contre le prolétariat;
    – réprimer grèves, manifestations, insurrections, révoltes;
    – défendre la dictature de la classe dominante.

    Les tribunaux, la police et l’armée constituent en temps «normal» les outils de répression de la bourgeoisie pour imposer sa dictature de classe sur la société, toutefois, en période de «crises», ces seuls instruments «normaux» ne suffisent plus et c’est alors que la bourgeoisie met en place ses «instruments spéciaux de coercition» ( LÉNINE) que sont les «détachements d’hommes armés, tantôt illégaux, tantôt légaux de la bourgeoisie»: «briseurs de grève armés de sociétés privés» comme lors des grèves générales de Winnipeg et de Chicago, en 1919; «mafiosos sicaires infiltrés au sein du syndicat des teamsters américains»; «corps francs paramilitaires nazis et fascistes: chemises brunes et chemises noires» lors de la révolution spartakiste et italienne;
    Ku Klux Klan («KKK») aux U$A après la »guerre de sécession» (1861-1865) et aujourd’hui ICE.

    Ces «détachements spéciaux d’hommes armés, tantôt légaux, tantôt illégaux» sont apparus dans l’histoire de la lutte des classes chaque fois que la dictature de la bourgeoisie a été menacée par les insurrections populaires.

    Ainsi, comme le démontre à l’évidence le camarade Mesloub, au sortir de la «guerre de sécession» américaine, une guerre capitaliste qui renversa le régime esclavagiste-compradore sudiste au profit du système capitaliste nordiste, libérant des milliers d’esclaves noires du sud et révoltant autant de milliers de combattants blancs au nord, la bourgeoisie U$ fut confrontée de plein fouet à une série d’insurrections populaires: au sud par les esclaves affranchis et au nord par les militaires démobilisés et sans travail.

    C’est dans ces circonstances insurrectionnelles que la bourgeoisie U$ par son État fédéral déclencha une nouvelle «guerre contre les indiens» au nord et réintroduit une version «améliorée» de l’esclavagisme au sud pour lequel Il eut recours au KKK pour l’imposer aux «nouveaux» esclaves «endettés auprès des commerces exclusifs de leurs anciens maîtres» par la terreur sur les plantations du sud et celle de la ségrégation raciale au nord car contrairement à la propagande bourgeoise, bien que le KKK fut plus «visible» au sud, il n’en exista pas moins au nord car la lois du profit est la même partout: exploiter au maximum l’esclavage salarié des noirs, des blancs, des rouges, des jaunes, de toutes races, nationalités, sexe, origines, etc, etc, etc.: «l’argent n’a pas d’odeur» dit le proverbe bourgeois, même si elle provient d’un charnier.

    En Russie tsariste, en 1905, l’État fut aussi menacé,Ainsi, subissant les affres inhumains de la crise économique de 1870-1880, le peuple russe, prolétariat en tête, déclencha une série de grèves de masse.A l’occasion d’une manifestation pacifique dirigée par un pope et arborant des icônes et des photos du tsar, l’armée tsariste fusilla les manifestants, ce fut le «Dimanche rouge».L’État tsariste eut recours à sa police politique, l’«Okhrana», pour infiltrer les grévistes et commettent des assassinats politiques.La police agit ouvertement comme une force armée contre les grévistes.

    En 1917, avant octobre, le gouvernement «démocratique» né de la Révolution de 1905, s’employa massivement à réprimer sauvagement les manifestations de juillet: arrêtant, emprisonnant et assassinant les bolcheviques afin d’annihiler les soviets des ouvriers, paysans et soldats.

    En 1919, en Allemagne, au lendemain de la Révolution bolchevique d´Octobre 1917 et de la fin de la 1ière guerre mondiale inhumaine avec ses 14 millions de morts, ses dizaines de millions de blessés, d’handicapés, d’estropiés, d’orphelins et de miséreux, le système capitaliste allemand fut menacé par la révolution spartakiste (1919-1923).

    L’État bourgeois sous la direction «social-démocrate» renégate d’Ebert Noske, en plus de la police régulière et de l’armée, eut ouvertement recourt «aux corps francs» c’est-à-dire des «milices paramilitaires» composées de soldats de la première guerre mondiale démobilisés et sans emploi qui sous la direction du parti national-socialiste hitlérien, arborant des «chemises brunes» furent déployés dans les rues sous la protection de la police et de l’armée pour écraser les insurrections ouvrières en assassinant et matraquant les communistes et les insurgés, pour sauver la propriété privée des capitalistes.

    A l’occasion de cette répression barbare et sanguinaire menée sous les ordres nazis avec la protection des forces de l’ordre officielles, Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, 2 chefs émérites du prolétariat allemand, furent lâchement assassinés et les soulèvements révolutionnaires noyées dans le sang, ce qui pava la voie à l’accession au pouvoir de l’État allemand du parti nazi hitlérien et à la Seconde guerre mondiale avec ses 65 millions de morts, ses centaines de millions de blessés, d’estropiés, d’handicapés, d’orphelins et de miséreux.

    En 1919, au Canada et aux U$A, lors des grèves de masse des ouvriers à Winnipeg, Chicago et ailleurs, la bourgeoisie canadienne et U$, avec l’aval de leur État bourgeois, eurent recours à des «briseurs de grèves armés» qui sous la protection des tribunaux, de la police, de l’armée et des merdias mainstream des milliardaires, s’attaquèrent physiquement, matraques à la main, aux piquets de grève pour y écraser la résistance ouvrière en blessant et tuant les grévistes. Ces «briseurs de grèves» étaient les «ICE» d’aujourd’hui et les «corps francs nazis» de demain: les instruments armés de la bourgeoisie déployés pour écraser les insurrections populaires pour quelles ne deviennent pas: RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE.

    En 1968, en France, alors que:
    -10 millions de grévistes sont aux portes des usines;
    – les universités sont bloquées;
    – l’autorité patronale est mise à mal;
    – De Gaulle fuit momentanément le pays,
    Preuves probantes que la dictature de la bourgeoisie française est en péril, que fait alors l’État capitaliste?

    Il isole les étudiants et déchaîne la police contre eux afin qu’ils servent d’exemple par la terreur aux ouvriers et à tous les insurgés.Simultanément à la répression sauvage des étudiants, l’État les infiltre avec des «collabos» à la Cobindit et propose des négociations bidons avec les ouvriers («Accord de Grenelle) et clôt l’opération de sape avec des élections bidons.

    En 1984-1985, que fait l’État tatchériste fasciste pour écraser les syndicats des mineurs («NUM»)?
    Il opte pour l’affrontement total et déploie sa POLICE comme une armée intérieure:
    – barrages routiers;
    – déplacements policiers nationaux;
    – charges massives («Orgreave»);
    – arrestations de masse;
    – sentences judiciaires d’une sévérité inique et arbitraire exceptionnelles;
    – surveillance politique.

    En somme, la police est mobilisée par l’État capitaliste comme force stratégique pour détruire une fraction du prolétariat organisée en syndicat exactement comme LÉNINE le décrivait dans «L’État et la révolution» lorsqu’il écrivait que: la police est déployée en «détachements spéciaux d’hommes armés».

    En 2018-2020, qu’en fut-il des GILETS JAUNES français, ce mouvement populaire né de la contestation de la hausse arbitraire des prix de l’essence par l’État français?Comment l’État bourgeois réagit-il à une contestation presque «bon enfant» de contribuables paupérisés par un État aux abois?

    Il déchaîna le plein poids de la loi tant par sa police que par ses tribunaux.
    L’État dévoila ouvertement sa nature fasciste en lançant sa police à l’assaut des contestataires: grenades, gaz, LBD, matraquages, nassages, arrestations massives, MUTILATIONS, criminalisation juridique démentielle, surveillance numérique, interdiction et répression préventives, TOUS les moyens de répressions disponibles avant les fusillades de masse furent employées pour brutaliser, intimider, terroriser et réprimer ce mouvement populaire inorganisé.

    Depuis le 7 octobre 2023, le monde assiste directement à l’ultime recours à la répression étatique sans aucune limite et avec l’aval de toute la propagande bourgeoise mondiale: LE GÉNOCIDE IMMONDE, INHUMAIN ET ABOMINABLE DU PEUPLE PALESTINIEN MARTYR: un HOLOCAUSTE PAR BOMBES À GAZA, LE DÉPLOIEMENT DE BRIGADES D’ASSAUT SIONAZIES EN CISJORDANIE OCCUPÉ ET DES BOMBARDEMENTS MASSIFS PARTOUT AU MOYEN-ORIENT, PRÉLUDE À L’AGRESSION MILITAIRE CONTRE L’IRAN.

    Jamais dans l’histoire de l’humanité autant d’humains n’ont été témoins, en direct et en toute connaissance de cause, du GÉNOCIDE D’UNE POPULATION CIVILE SANS DÉFENSE QUE NE L’EST L’HUMANITÉ D’AUJOURD’HUI DEVANT LE GÉNOCIDE DU PEUPLE PALESTINIEN MARTYR AUX MAINS DES MERCENAIRES GÉNOCIDAIRES SIONAZIS ISRAÉLIENS DE CETTE POPULACE RÉACTIONNAIRE EN ENTIER POUR LE COMPTE DE L’IMPÉRIALISME MONDIAL.

    Dans cet État SIONAZI ISRAÉLIEN, créature historique du colonialisme et de l’impérialisme mondial, TOUS les moyens imaginés au fil des siècles par toutes les classes dominantes, depuis les esclavagistes de l’Antiquité, aux féodaux moyenâgeux jusqu’aux capitalistes à tout crin, sont employés pour génocider ce peuple martyr dont la seule «faute» aura été d’«être au mauvais endroit, au mauvais moment, pauvre, sans défense et sans arme», livré aux colonialistes britanniques, puis aux impérialistes U$, assoiffés d’hydrocarbures pour alimenter leurs machines à profit.

    PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS ET RENVERSEZ LA DICTATURE DE LA BOURGEOISIE SOURCE DES «ICE CAGOULÉS», DES «CORPS FRANCS NAZIS- FASCISTES EN CHEMISES BRUNES ET NOIRES», DE TOUTES LES POLICES CAPITALISTES DU MONDE.

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  • Normand Bibeau

    J’écrivais : « la bourgeoisie U$ par son État fédéral déclencha une «nouvelle guerre contre les indiens» au nord et réintroduit une version «adaptée» de l’esclavagisme au sud pour lequel Il eut recours au KKK, les ex-KAPOS des esclavagistes, pour l’imposer par la terreur aux «nouveaux» esclaves-métayers.».

    Des camarades m’ont demandé quelle fut cette «nouvelle guerre contre les indiens» et en quoi a consisté la version «adaptée» de l’esclavagisme au sud, questions des plus pertinentes auxquelles MARX a répondu.

    Cette «nouvelle guerre contre les indiens» fut celle appelée: «Guerre de Red Cloud» débutée «officiellement» en 1866 pour «protéger les compagnies de chemins de fer et les colons blancs» dans leur invasion des «territoires indiens» à l’ouest du fleuve Arkansas dans ce qui est devenu l’Oklahoma» et qui se termina en 1868 par le «Traité de fort Laramie» pour recommencer par la «Guerre des Blacks Hills» et se terminer avec l’abolition de tous les «traités indiens» par la Loi de 1871 du Congrès racistes et génocidaires U$ qui abolit le statut de «nations» de toutes les nations amérindiennes et les réduit à n’être que des «étrangers indésirables» emprisonnés dans leur propre pays dans des camps de concentration dépourvus de toute valeur, appelés «réserves» et ce, jusqu’à extermination totale, soit par la mort ou l’assimilation.

    Parallèlement à ce «transfert» de l’armée U$ au nord dans des «Guerres indiennes» racistes et génocidaires, pour prévenir une «démobilisation» dangereuse d’hommes en armes, rompus à la guerre et révolter de ce dont ils furent témoins, l’État fédéral réactiva les «Guerres indiennes» «ralenties» par la «Guerre de sécession».

    Il faut se rappeler qu’en réalité la «Guerre de sécession», tout aussi faussement appelée: «Guerre anti-esclavagiste», n’était qu’une «révolution bourgeoise nationaliste nordiste incomplète» contre «l’aristocratie foncière esclavagiste-compradore pro-anglaise sudiste», ce qui fit qu’une fois «obligés de vendre aux capitalistes nordistes leurs récoltes de coton, de riz, de sucre et de tabac plutôt qu’aux capitalistes anglais» par la défaite militaire et des lois anti-exportations, «les planteurs ex-esclavagistes-compradores sudistes» furent autorisés par les «pseudo-anti-esclavagistes nordistes» à adopter diverse législations qui ressuscitaient «l’esclavagisme» sous une nouvelle apparence «légale» compatible avec leur nouveau statut d’État pourvoyeur de matières premières.

    Il y eu:

    1- le «Black Code» raciste qui limitait drastiquement les droits civiles des esclaves noirs «affranchis»; restreignait leur mobilité de déplacement et surtout criminalisait le «vagabondage» de ces esclaves qui chassés de la plantation de leur propriétaire devenaient des «vagabonds», sans feu, ni lieu, sujets à l’application du plein poids de cette loi inique, arbitraire et barbare.
    Le «Black Code» imposait comme sentence l’imposition de travaux forcés «illimités» à tout «vagabond» jusqu’à ce qu’il puisse fournir un «domicile fixe» qui ne pouvait être que la plantation d’un propriétaire, la ferme d’un fermier ou la prison d’État où il était condamné aux travaux forcés.

    Ainsi, par cette monstruosité «judiciaire», l’ancien esclave propriété de son propriétaire par un titre de propriété devenait l’«esclave» de son nouveau propriétaire par son obligation de domicile fixe.

    2- Les capitalistes nordistes permirent aux États esclavagistes sudistes vaincus d’édicter le «Sharescroping» (fermage par récolte) qui condamnait les anciens esclaves noires dépossédés de tout sauf leur force de travail à cultiver la terre, propriété de leur ancien propriétaire, sans aucun titre, ni contrat, par «tolérance» et partant, sujet à expulsion «manu militari», sans aucun préavis en tout temps, en échange de la majorité de toute récolte et en s’obligeant à s’endetter par l’achat de tous biens dans le commerce exclusif du propriétaire de la terre.Ce système eut pour conséquence d’endetter l’«esclave-métayer» au delà de sa vie même, condamnant toute sa progéniture à rester au service du «nouveau» maître pour payer les «dettes» de leurs auteurs: la boucle de l’«esclavage» était bouclée pour toujours, esclave-métayer un jour, esclave-métayer toujours.

    D’aucun s’interrogeront sur pourquoi les capitalistes nordistes n’obligèrent pas les ex-esclavagistes sudistes à remplacer l’esclavage original en «esclavage-salarié» comme au nord et permirent l’«esclavage-métayer», type «servage»?

    MARX a répondu spécifiquement à cette question dans de nombreux articles au «New York Tribune».Ainsi, il définit la «Guerre de sécession» comme «une révolution bourgeoise inachevé» qui:

    «détruisit la propriété d’humains (esclavage légal) et les bases politiques et militaires du pouvoir des planteurs esclavagistes»

    MAIS elle ne détruit pas:

    la grande propriété foncière des planteurs esclavagistes sudistes;
    le pouvoir économique des ces mêmes planteurs esclavagistes sudistes;
    la domination du crédit local;
    le contrôle de l’appareil administratif local;
    l’influence politique dès que l’armée fédérale victorieuse se retira.

    MARX conclue: que ce n’est pas le statut juridique qui détermine le mode de production mais la PROPRIÉTÉ DES MOYENS DE PRODUCTION comme il l’a toujours démontré.

    L’économie agricole esclavagiste sudiste, propriété privée dominée par une «aristocratie foncière» de planteurs esclavagistes assistés d’une armée privée de KAPOS (les futurs KKK) reposait sur la force humaine des esclaves au service de l’industrie anglaise, par conséquent, elle n’avait jamais réussie l’accumulation primitive du capital qui seule aurait permis la mécanisation de l’agriculture et la conversion des esclaves en «esclaves salariés», «libres» de se louer aux capitalistes industriels par suite de leurs licenciements des fermes où les machines les auraient remplacés.

    MARX conclue de ces observations que:

    1- les capitalistes nordistes voulaient créer un «marché national unifié du nord au sud» avec un «libre-échange» limité aux seuls U$A afin de financer l’expansion vers l’ouest et l’extermination des amérindiens;

    2- en aucun cas ils ne voulaient une «révolution agraire» qu’aurait engendré la redistribution des terres à ceux qui la cultivent, à savoir les esclaves noirs», comme en URSS où elle fut donnée aux moujiks russes.

    3- ils voulaient que le sud de fournisseur des capitalistes anglais en coton, sucre, riz et tabac deviennent leur fournisseur à eux, en exclusivité.
    ;

    4- que le sud devienne leur client exclusif pour leurs propres produits manufacturés.

    MARX constatant: que les anciens esclaves n’ont pas de terre; pas d’outils; pas de crédit; pas de capital et que l’État fédéral nordiste et les capitalistes à sa tête, n’ont aucune intention de les aider à s’affranchir et qu’au contraire, tout ce qu’Ils veulent c’est de remplacer les capitalistes anglais et de jouir des mêmes bas prix pour les matières premières sudistes, soutinrent de toutes leurs forces, l’imposition du «métayage-sharecroping» raciste sudiste.

    En conclusion, comme MARX l’a démontré dans Le Capital, l’humanité ne peut en aucun cas s’épargner d’«évoluer» d’un mode de production à un autre, chaque mode de production devant livrer tout son potentiel aux forces productives à travers ses rapports de production avant d’être remplacé à son tour par des nouveaux rapports de production au sein d’un nouveau mode de production.

    Les U$A,de 1492 à nos jours, auront été le laboratoire immonde, abjecte et inhumain, où en moins de 500 ans, une société dite «humaine», à travers:

    la «découverte» et la colonisation de «gré comme de force»;
    les guerres, les traités, la «paix», de nouvelles guerres;
    les massacres, l’épurations ethniques et les génocides;
    les pleurs, les cris, les souffrances, le bruit des chaînes et les grincements de la dents;

    -l’extermination prouvée lors du plus vaste génocide de l’histoire de l’humanité alors que plus de 95% des 5 millions d’amérindiens des U$A en 1492 furent réduits à 250,000 en 1900 et, encore moins aujourd’hui;

    -l’exploitation inhumaine de millions d’esclaves noires africains arrachés dans la plus grande barbarie et la plus grande violence à leur terre et à leur famille natales pour être amenés en Amérique comme des bêtes pour y mourrir sous les coups de fouets et les gibets;

    -le déclenchement de plus de 45 guerres d’agressions et de conquêtes impérialistes qui causèrent des millions de morts, de blessés, d’estropiés, d’handicapés, de veuves, de veufs et d’orphelins et de ruine sans nombre;

    comment croire que cette société ne doivent pas changer ou disparaître?

    seront passés du communisme primitif tribal amérindien, au féodalisme anglais, au capitalisme nordiste, à l’esclavagisme sudiste, à l’esclavagisme-métayer sudiste» et à l’impérialisme, stade suprême du capitalisme.Qui peut intelligemment prétendre que cette société en travail n’est pas prête pour accoucher du socialisme scientifique, de la dictature du prolétariat?

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