7 au Front

Les finalités du système de santé sous le système capitaliste

  Par Normand Bibeau.

 

Marx  et ENGELS dans le «Manifeste du Parti communiste» ont démontré que l’État capitaliste est «le comité exécutif qui gère les affaires communes de la bourgeoisie» c’est-à-dire que toutes les institutions étatiques comme les «services publics» (armée,police,tribunaux,éducation,santé, assistance sociale,etc.) n’ont pas de finalité «humaniste», «charitable», de «justice», «nationaliste» ou «patriotique» contrairement aux discours démagogiques des idéologues de la bourgeoisie mais pour seule véritable finalité de servir le CAPITAL, tant sa protection que sa reproduction élargie.

Ainsi, dans «Le Capital», MARX a analysé la marchandise: «force de travail», ce que dans l’économie capitaliste on désigne sous la marque de commerce de : «main d’oeuvre» et a démontré que pour être exploitée profitablement et durablement, elle doit être:

1- physiquement entretenue: nourrie, vêtue, logée et divertie;
2- socialement reproduite: soignée et formatée idéologiquement;
3- instruite conformément aux besoins du capital;
4- protégée des concurrents intérieurs et extérieurs.

Lorsque l’État, en particulier, prend en «charge»:

1-l’école publique;
2-la santé publique;
3-l’assistance aux pauvres,

Il prend en charge des finalités de reproduction ou de conservation de la marchandise: «main d’oeuvre» afin de la rendre instruite, soignée et préservée pour servir le capital et l’enrichir, ni plus, ni moins.

En somme, pour le capitalisme, la marchandise: «main d’oeuvre», n’est ni plus ni moins que son «bétail humain» et pour les mêmes raisons que pour son cheval et son boeuf, il y a le dressage, le vétérinaire et l’hôpital vétérinaire, pour son «cheval à 4 pattes», le travailleur: il y a l’école, le médecin et les hôpitaux.

ENGELS dans «L’Anti-Dûrhing», dans «Les conditions de la classe laborieuse en Angleterre» et de nombreux textes sur la question du logement, a souligné que le capitalisme «développé» tend à «étatiser» certaines fonctions d’«intérêts généraux» pour l’ensemble de la bourgeoisie qui ne peuvent être confiées à la seule rapacité de capitalistes particuliers ou qui requiert l’emploi de la force étatique pour s’imposer aux intérêts individuels comme les chemins de fer, la poste, etc.

IL note que:
– plus le capitalisme s’étend à tous les domaines de l’économie et à tout le pays,
– plus il requiert le recours à l’État pour imposer sa domination,
– vaincre les résistances individuelles et,
– financer les pertes récurrentes.

ENGELS concluait:

« L’État moderne, quelle que soit sa forme, est une machine essentiellement capitaliste, l’État des capitalistes, le capitalisme collectif en idée.Plus il prend de forces productives sous sa direction, plus il devient capitaliste collectif en fait, plus il exploite de citoyens.Les travailleurs restent des salariés, des prolétaires. Le rapport capitaliste n’est pas supprimé, il est poussé à l’extrême.» («L’Anti Dûrhing»).

«La transformation des grandes entreprises de production et de communication en sociétés par actions, puis en propriété d’État, montre que la bourgeoisie est devenue superflue pour cette fonction. Toutes les fonctions sociales du capitalisme sont maintenant remplies par des employés salariés (…) L’État moderne n’est que l’organisation que la société se donne pour maintenir les conditions extérieurs du mode de production capitaliste». (ENGELS, «Socialisme utopique et socialisme scientifique»).

 

MARX dans «Le Capital, Livre III», écrivait au sujet des «sociétés par actions» et de la centralisation du capital:

«C’est l’abolition du capital comme propriété privée individuelle à l’intérieur du mode de production capitaliste lui-même», ce qui traduit le passage du «capital individuel» au «capital social centralisé», tout en perpétuant et en intensifiant le rapport d’exploitation capital/travail.

Pour ENGELS et pour MARX, cette «étatisation capitaliste» de certaines nécessités de la formation, de l’entretien, de la réparation et de la conservation de la marchandise: «main d’oeuvre», n’en change pas la nature, au contraire, ils y voient la consécration de la mission du «comité exécutif des intérêts communs de la bourgeoisie» qu’est l’État capitaliste de protéger le «capital humain» de la voracité barbare naturelle des capitalistes individuels pour qui: «après eux le déluge» et pour qui Dieu est: «me, myself and I».

Cette intégration symbiotique entre le capital «socialisé» à travers les sociétés par actions du capital financier (capital bancaire et industriel) et l’État capitaliste moderne, a fait écrire à MARX dans «La guerre civile en France»:

«La classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre telle quelle la machine de l’État et de la faire fonctionner pour son propre compte»  car l’État capitaliste est structuré pour servir le capital même lorsqu’il «gère» des fonctions collectives comme l’ont démontré à l’évidence, l’avènement du social-impérialisme en URSS, en République populaire de Chine, en Corée du nord, à Cuba, au Vietnam, au Cambodge, au Laos, etc., tous des régimes où les «révolutionnaires» n’ont fait que «prendre telle quelle l’État» capitaliste et tenté de le faire fonctionner pour la classe ouvrière tout en perpétuant le salariat et l’économie de marché, les ingrédients essentiels du poison capitaliste.

Lorsqu’on applique ces principes scientifiques du matérialisme dialectique et historique  au sujet du système de santé «géré par le comité exécutif de la bourgeoisie» qu’est l’État sous la dictature de la bourgeoisie, on comprend très vite que ce VIDÉO n’est au mieux qu’une tautologie et au pire, une vaste opération de propagande bourgeoise.

Nous disons «tautologie» car il commence par postuler que «rien ne naît du néant» et que les coûts du système de santé sont nécessairement payés par quelqu’un contrairement à ce qu’il insinue être la «croyance populaire des usagers idiots» pour qui les coûts de la santé seraient «gratuits».

Ensuite, il analyse le talon de paie du travailleur et les charges sociales qu’il contient pour démontrer que c’est là une partie du paiement des coûts de santé,alléluia.Il,poursuit en expliquant que l’«employeur» est encore plus lourdement rançonné par l’État pour financer la «gratuité frauduleuse des soins de santé», effleurant au passage que la part de l’employeur est au final «payé» par le travailleur puisqu’en réalité, c’est lui seul qui produit de la «valeur»: c’est l’aspect «gauchiste» de la vidéo, dirions-nous.

Qui à part cette vidéo, est assez bête pour croire que le monde ordinaire croyait que le personnel du système de santé et les infrastructures hospitalières sont tombées du ciel et sont «gratuites»?

En fait, la vidéo commence par un mensonge à l’effet que les usagers croient que les soins de santé sont gratuits, pour tous les usagers, «les soins de santé» ne sont gratuits que dans la propagande des capitalistes qui essaient de faire à croire au monde qu’il s’agit là d’un «cadeau de l’État capitaliste» pour lequel il faut le vénérer.

Cette présentation «réaliste» des coûts du système de santé n’est qu’un piège pour gagner la confiance de l’auditeur afin de lui vendre l’idée qu’en créant cette illusion de la gratuité des soins de santé, l’État provoque le «gaspillage» des soins de santé aux mains d’usagers «gaspilleurs» qui exigent par plaisir, inquiétudes malsaines ou autres raisons débiles des examens inutiles, des soins superflus que seuls «un tarif modérateur» peut contrôler efficacement.

Voilà la finalité véritable de cette vidéo: blâmer l’«usager» pour le gaspillage des soins de santé et promouvoir l’instauration d’un «ticket modérateur».  L’illusion fiscale : Le vrai prix de la santé « gratuite »! – les 7 du quebec

Cette vidéo crypto-progressiste n’est qu’un tissu de mensonges et une supercherie totale. Voir:  L’illusion fiscale : Le vrai prix de la santé « gratuite »! – les 7 du quebec

D’abord, elle ment sur la finalité du système de santé en prétendant qu’il a pour but de soigner le «populo».En réalité, le système de santé capitaliste n’a pour but que de maintenir les esclaves-salariés en état de servir les capitalistes et de les enrichir malgré une exploitation contre nature, des accidents de travail récurrents, la pollution, l’empoisonnement alimentaire, la décadence et toutes les vicissitudes du système capitaliste.

Ensuite, le système de santé a pour finalité d’exploiter les besoins humains en santé naturels (maternité, croissance et vieillissement) et la maladie ( accidents de travail, épidémies, etc.) pour enrichir «big-pharma» et les capitalistes à tout crin qui bataillent sauvagement avec leurs rivaux capitalistes au sein du système pour en extraire le plus grand profit.

Qui des contracteurs qui bâtissent les hopitaux, aux vendeurs d’équipements médicaux, en passant par les vendeurs de pillules et en traitements en tout genre jusqu’aux spécialistes, médecins et personnels hospitaliers exploitera au mieux la maladie et la peur quelle inspire pour se tailler la part du lion des deniers publics: telles sont les questions que l’État capitaliste comme «gérant des intérêts communs de la bourgeoisie» doit arbitrer en ne questionnant jamais sur les causes véritables des maladies et des accidents de travail, voilà la finalité de la mission étatique en santé sous le capitalisme triomphant.

PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS ET CRÉER UN VÉRITABLE SYSTÈME DE SANTÉ PUBLIC DESTINÉ À VOUS SERVIR ET NON À ENRICHIR VOS EXPLOITEURS CAPITALISTES.

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

4 réflexions sur “Les finalités du système de santé sous le système capitaliste

  • Sam

    Bien vu ! Excellente perspéctive que celle-ci de devoir lever le voile sur cette supercherie qu’on appelle  »La gratuité du système de santé » ! puisqu’il n’y a rien de gratuit la-dedans en effet, et qu’au contraire, cette pseudo gratuité nourrit evidemment un système plus complexe et un réseau nébuleux et immense d’intérêts divers, intérêts capitalistes par excellence et ou le patient ou le  »client », final n’est rien d’autre que le dindon de la farce et le prétexte grâce a qui, tout le manège fonctionne a merveille pour ceux qui s’enrichissent a fond !… je me souviens avoir longuement défendu ce point chez notre ami défunt Ysengrimus sur son blog, et que certains de ses lecteurs m’avaient accusé de dénigrer notre  »beau système gratuit » et défendre en catimini les systèmes hors de prix et inaccessibles des Yankees ! :)) que rien n’est plus faux ! car eux, c’est encore pire !

    Merci Monsieur Normand Bibeau pour votre billet… et pour ces rappels importants de Marx et Engels a ce propos et hautement utiles a cette époque !

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  • HERVE FOISSAC

    salut,

    je me demande comment MARX a pu écrire sur l’URSS ???

    D’autant que Marx confond l’outil et l’usage de l’outil. En d’autres termes, sauf à renoncer à l’économie fondée sur la division du travail, on ne saurait changer l’outil actuel, seulement la manière de l’utiliser en le faisant oeuvrer et travailler pour servir une économie communiste.

    Car le salariat est la base fondamentale de l’économie fondée sur la division du travail en compétences particulières. Dans le système communiste, l’intérêt général est la somme des utilités particulières à son accomplissement, tandis que pour les capitalistes, c’est l’inverse, l’intérêt général est la somme des intérêts particuliers à son accomplissement. La subtilité ou comme le dit Charles Denner dans « l’aventure, c’est l’aventure » surtout, il faut de la « confusion dans la clarté ». Ici, le fait qu’il ne peut pas exister d’intérêt général par la somme des intérêts particuliers, car une partie sont divergentes, une autre convergente et plus rarement, neutre.

    par conséquence, l’intérêt général est défini par le lieu commun à tous, c’est à dire, satisfaire ses besoins. Ensuite se pose la question de ce qui va au delà et la manière de le répartir, c’est à dire, le principe du mérite personnel, qui interdit son exploitation au profit d’autrui, fondement du capitalisme.

    Pour finir, si, il y a des gens qui pensent que les soins sont gratuits, dès l’instant où ils n’ont pas de contrepartie à payer.

    De mon point de vue, on retrouve à l’échelle humaine les mêmes stratégie pour subvenir à ses besoins. On a le végétarien (pour l’humain, c’est le salarié, qui échange plus ou moins dans un rapport d’équilibre), le prédateur, le charognard (pour l’humain, l’opportuniste) et le parasite. Mais ces natures sont confondues dans la nature supérieure de l’humain, c’est à dire, qu’il est un omnivore et donc, selon les circonstances, peut se retrouver à utiliser l’un ou l’autre des moyens ci-dessus.

    Cela dit, l’humain tend naturellement et majoritairement vers la nature végétarienne, donc, dans le sens de l’équité de l’échange, qui interdit alors la propriété privé et y substitue la responsabilité. Car on ne saurait abolir (ou plutôt, la changer d’échelle) la propriété sans lui trouver un substitut au moins d’égale valeur, or, la responsabilité lui est très supérieure, car elle part de l’idée que l’humanité dans ses éléments individuels a acquis la maturité suffisante pour se défaire d’une tutelle qui manque à tous ses devoirs, car elle ne voit que ses droits acquis via l’appropriation du temps de vie des autres via les devoirs acquis (dette systémique et endémique).

    Etc…

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    • HERVE FOISSAC

      addendum,

      de mon point de vue, la responsabilité se définie comme « la capacité de répondre de ses droits et devoirs envers autrui ». Jamais envers soi même, car c’est là que réside la souveraineté de l’être (sa liberté d’imagination) et la propriété (relative) de son temps de vie.

      Ici, les droits sont de nature innées, les devoirs de nature acquise. L’équilibre des deux fait la responsabilité, le déséquilibre, l’irresponsabilité.

      Si on considère que l’ancien régime nobiliaire se fondait sur la primauté du devoir pour se légitimer, en tant que souverain, il était irresponsable de ses décisions, la responsabilité était pour ses sujets de devoir exécuter ses ordres.

      La bourgeoisie n’a fait que renverser le sens de la relation causale (dualité inclusive) donc, faire du droit la primauté et le devoir (militaire) d’exécuter ses décisions. Or, dans le système capitaliste, le droit est à celui qui détient la partie créance de la monnaie et son mécanisme de reproduction élargie et le devoir via la dette sous sa forme systémique (celui qui est en besoin de monnaie sans avoir contracté de crédit) et endémique (le crédit particulier).

      Le problème pour eux, c’est la résistance de la masse humaine plus ou moins prolétarienne et plutôt, la masse salariale non cadre dirigeants (ces derniers sont payés pour s’assurer de leur loyauté, en leur donnant accès à leur classe sociale et accessoirement, leur économie du luxe).

      Bref, le communisme interdit de lui même toute prise de pouvoir personnel, c’est le propre du capitalisme sous une forme ou une autre.

      Et lorsqu’on sait que la réalité obéit à la causalité et non à l’imaginaire de l’humain, alors, on sait quel moyen il faut utiliser pour penser un tel modèle et dont il ne faut pas s’éloigner. C’est ce que Marx appelait la dialectique matérialiste. Le problème est qu’il utilisait le même mode de pensé que les intellectuels bourgeois, ce qui lui a interdit de penser correctement le modèle communiste, seulement de décortiquer méthodiquement le modèle capitaliste.

      La fin nécessite le ou les moyens, elle ne les justifies qu’accessoirement. Si aucun moyen est encore identifié ou prête à contradictions, la question est alors de savoir s’il peut exister un moyen et si oui, de le trouver.

      Et c’est possible qu’en obéissant à la logique causale et elle seule, l’imaginaire doit alors servir à le trouver, pas à maintenir l’actuel par la manipulation des imaginaires et leur faire « prendre des vessies pour des lanternes ».

      Le communisme de mon point de vue, c’est l’égalité devant la loi, l’équité dans l’économie.

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