Vague de luttes ouvrières en Inde face aux conséquences économiques de la guerre en Iran
Par GIGC. Sur http://www.igcl.org/Vague-de-luttes-ouvrieres-en-Inde
La revue Révolution ou guerre No. 33 (mai 2026) est accessible ici: fr_rg33_260424
« Une agitation ouvrière a éclaté à Noida, l’un des plus grands pôles industriels planifiés d’Asie, alors que les travailleurs de milliers d’entreprises manifestent pour dénoncer des problèmes liés au salaire minimum ; des incidents violents ont été signalés dans certains quartiers de cette « ville de l’électronique ». Ces troubles surviennent dans un contexte de hausse mondiale du coût de la vie, provoquée par les perturbations de l’approvisionnement en carburant liées au conflit entre les États-Unis et Israël impliquant l’Iran. » (le journal indien The Economic Times, 14 avril 2026, https://economictimes.indiatimes.com/news/india/not-just-noida-why-workers-are-protesting-across-several-cities-in-india/articleshow/130254502.cms )
À l’heure où nous terminons ce numéro (de Révolution ou guerre), un camarade nous fait parvenir des nouvelles qu’il a trouvées sur les sites web Angry Workers of the World (en anglais) et Wildcat (en allemand) [1] informant d’une vague de luttes ouvrières en masse en Inde. La réalité de la dynamique de lutte en masse, de « grève de masse », à l’échelle du pays que Angry Workers retrace est largement confirmée et donc vérifiée par The Economic Times qui indique dans son titre que « Ce n’est pas qu’à Noida, pourquoi les ouvriers manifestent dans plusieurs villes d’Inde. »
« Le 8 avril, les travailleurs de Noida, une banlieue de Delhi comptant 650 000 habitants, se sont joints à la manifestation. Avec des milliers d’entreprises industrielles, notamment dans les secteurs de la sous-traitance automobile et de l’électronique, Noida et la vaste ceinture industrielle de Delhi constituent l’un des plus grands pôles industriels d’Asie. Les travailleurs réclamaient une augmentation de 35%. Pendant une semaine, leurs revendications ont été ignorées.
Le 13 avril, leur colère a éclaté. Entre 40 000 et 45 000 travailleurs sont descendus dans la rue. ‘Les ouvriers de dizaines d’usines de la zone industrielle de Noida ont organisé lundi des manifestations violentes pour réclamer de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Ils ont lancé des pierres, détruit des véhicules et en ont incendié plusieurs’, a écrit The Indian Express. Des bâtiments d’usine ont également été incendiés. Dans de nombreux cas, les forces de police déployées sur place ont été contraintes de battre en retraite. Dans des vidéos mises en ligne par les travailleurs eux-mêmes sur des plateformes telles qu’Instagram, on peut voir une manifestation défiler dans le hall d’une usine, les travailleurs criant : « Répondez à nos revendications ! » Dans une autre, des ouvriers du bâtiment démolissent un bâtiment. Une autre encore montre une grève dans un bureau informatique.
Le 14 avril, les travailleurs domestiques se sont joints au mouvement ; le 15 avril, les travailleurs indépendants se sont rassemblés et ont également formulé des revendications salariales. Le soulèvement s’est étendu à d’autres régions : de Gurgaon à Noida en passant par Faridabad, les travailleurs se battent. Il s’agit de la plus grande vague de grèves dans la région depuis 2014/2015. Et contrairement à cette époque, elle ne se limite pas aux secteurs du textile et de l’automobile. L’une des différences entre 2014-2015 et aujourd’hui réside dans le fait que l’on n’a pas encore assisté à de longues occupations d’usines, mais plutôt à des barrages routiers. Un facteur intéressant dans la propagation du soulèvement est le fait que diverses entreprises possèdent des usines situées dans des zones industrielles différentes, souvent assez éloignées les unes des autres. Lorsque les travailleurs de l’entreprise de confection Richa se sont mis en grève, ont été attaqués par la police à Manesar et ont riposté, les travailleurs de l’usine Richa de NOIDA ont entamé leur grève en signe de solidarité. L’usine Mothersons a joué un rôle similaire : les travailleurs de NOIDA se sont d’abord mis en grève, puis ceux de Mothersons à Faridabad et à Bhiwadi, situées à environ 90 kilomètres de là, au Rajasthan. » (Angry Workers)
Il nous est difficile d’apprécier la dynamique réelle en cours et les orientations concrètes que les communistes devraient pouvoir avancer dans ces mobilisations selon les lieux et les moments. Il n’en reste pas moins que nous assistons à une dynamique de «grève de masse», de grève, de manifestations, d’émeutes et d’affrontements avec la police à l’échelle d’importants centres industriels du pays. Elle est d’autant plus significative et importante pour le prolétariat mondial qu’elle constitue la première réponse prolétarienne de masse aux conséquences économiques de la marche à la guerre impérialiste généralisée sur les conditions de vie et de travail. En fait, elle s’élève contre l’inflation et les autres implications directes de la guerre américano-israelienne au Moyen Orient contre l’Iran et le Liban et qui touchent directement et brutalement une grande partie des pays d’Asie. (Voir notre article ici: https://les7duquebec.net/archives/305354 NDÉ).
En ce sens, les prolétaires d’Inde montrent le chemin à l’ensemble du prolétariat mondial : tout comme ce n’était pas aux prolétaires de payer hier pour la crise du capitalisme, ce n’est pas aux prolétaires de payer pour la marche à la guerre et la guerre impérialiste elle-même dans laquelle la crise du capital voudrait entraîner l’humanité toute entière.
Aucun sacrifice pour le capitalisme et sa marche à la guerre généralisée ! Tel est le mot d’ordre général de l’heure.
Notes:
[1] . https://www.angryworkers.org/2026/04/15/meet-our-demands-workers-uprising-in-india/ et https://www.wildcat-www.de/aktuell/a129_indien.html. Nous qualifierons rapidement ces deux sites web comme des sites « conseillistes ».

Par GIGC. Sur 
Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2026/05/vaga-de-lutas-operarias-na-india-sobre_10.html