Série «Comprendre la Chine». Premier entretien avec Bruno Guigue
Par Bruno Guigue
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Abbas Araghchi ministre iranien des Affaires poursuit sa tournée mondiale. Après sa rencontre avec Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, il s’est rendu à Pékin pour y rencontrer Wang yi son homologue chinois. Et ce quelque jour avant la visite officielle de Donald Trump prévue le 14 mai prochain. Cette subtilité protocolaire entre les deux visites, en dit long à ceux qui font l’effort d’essayer de comprendre le bouleversement du monde, et la réalité des acteurs essentiels que sont la Russie et la Chine. Dans l’affrontement mondial, la Russie a le statut de belligérante avec l’opération militaire qu’elle mène en Ukraine. La Chine quant à elle, devenue incontestablement la première puissance économique du monde apparaît comme une force stabilisatrice. Quoiqu’instituée comme adversaire principal par l’hégémon, et en restant ferme sur ses principes, elle se garde de céder aux provocations américaines. Préservant ainsi un statut diplomatique qui lui permettra de tenir le rôle principal dans le règlement des problèmes posés par l’avènement du Nouveau Monde. Dont la Chine est probablement l’acteur le plus important. Comme l’ont relevé, à l’occasion de la guerre d’agression contre l’Iran, des intervenants américains prestigieux tels que John Marsheimer ou Jeffrey Sachs, les dirigeants occidentaux ont beaucoup de mal à comprendre la République islamique. Leur ignorance est apparue également de façon éclatante concernant la Russie après le 24 février 2022, celle-ci étant réduite à une resucée de l’ennemi soviétique. Que dire alors de la Chine, que les élites occidentales trop souvent incultes, sont incapables d’appréhender ni dans sa réalité d’aujourd’hui ni dans sa dimension civile rationnelle pluri-millénaire. Méconnaissance, voire ignorance crasse, désintérêt, préjugés, sentiment de supériorité, irriguent les propos occidentaux et réduisent trop souvent la communication géopolitique occidentale à des slogans ineptes, et des incantations sans rapport avec la réalité. Cela étant, il faut reconnaître qu’il n’est pas si facile de comprendre le monde chinois. Aussi à ce moment particulier de l’Histoire Il nous est apparu nécessaire de commencer (à notre place) un travail d’information et d’élucidation concernant ce que devient « l’Empire du milieu ». Ce travail ambitieux qui prendra différentes formes, sera conduit en partenariat avec Bruno Guigue, ancien élève de l’ENS et de l’ENA, spécialiste reconnu de la Chine, et auteur de nombreux ouvrages et articles. Nous publions donc aujourd’hui une première vidéo dont l’objectif est de clarifier d’abord trois questions : que se passe-t-il aujourd’hui en Chine, comment peut-on qualifier le système chinois, et ce pays est-il un impérialisme rival des USA et voulant le remplacer? SOMMAIRE :I) Que réalise actuellement la Chine ? Peut-on parler d’un « nouveau » grand bond en avant ? 7:39II) le système chinois est-il un capitalisme néolibéral, un capitalisme d’État ou un système socialiste ? 22:15III) la Chine de Xi Jinping est-elle un pays impérialiste voulant succéder à l’Amérique dans la domination du monde ? 44:50Pour visionner : https://substack.com/redirect/1ea40989-3d6a-4b03-848f-bf4ef7bbafc0?j=eyJ1IjoiNTVoZHNrIn0.OWVt4luEAQ1CBvC3oyTpofNALLjXoqjVBzNgezHt3hk
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Par Bruno Guigue
Comprendre la Chine, c’est également comprendre l’état du monde actuel dans son entièreté.
Trois doctrines morales règnent en Chine :
Celle de Confucius, adoptée par les gens instruits, les masses intellectuelles.
Celle de Lao-Tseu, suivie par la bourgeoisie moins instruite, mais plus attachée aux traditions. Elle représente l’idéalisme, le spiritualisme philosophique.
Et celle, de Fo, forme du Bouddhisme qui est suivie par les multitudes ignorantes. C’est un culte grossier comparable au Catholicisme.
Une science très ancienne a précédé en Chine ces 3 doctrines.
Confucius, que l’on croit, à tort, un auteur, ne fit que mettre dans un ordre nouveau les anciens documents de l’histoire primitive de la Chine, qui remontaient à plus de quinze siècles avant lui, et il vivait au VIème siècle avant notre ère ; la preuve, c’est qu’on parle du mari et de la femme et que le mariage n’existait nulle part dans les temps primitifs.
Dans la rédaction masculine de Confucius, on sent régner la préoccupation d’effacer le plus possible le rôle de la femme, surtout celui de la mère.
Adoptant les idées d’Hermès, il trouvait aussi que « la femme est devant l’homme comme le cheval est devant la voiture », c’est-à-dire pour le servir.
Rappelons que le mot « Hermès » (prêtre) désigne le terme générique de la fonction nouvelle que l’homme prendra lorsqu’il renversera la religion primitive en Egypte.
Partout on voit les noms masculins substitués aux noms féminins, le père à la mère dans la famille, et on insiste avec force sur le respect du fils pour le père. On sent que l’idée d’affirmer la paternité domine là, comme nous la verrons dominer dans tous les pays, à la même époque. C’est le droit paternel imposé et dont on fait déjà, alors, la base du régime social, sentant bien que c’est ainsi que l’on arrivera le plus sûrement au règne de l’homme.
Les Livres réformés par Confucius n’eurent pas une longue existence. Au 3ème siècle avant notre ère, la Chine vit surgir un de ces hommes audacieux et énergiques, tels les César et les Napoléon, qui, tout d’un coup, s’imposent au pays, en l’agrandissant.
Thsin-Chi-Hoang-ti fut ce brutal fondateur de l’unité chinoise.
Il prit le titre de « 1er souverain absolu de la dynastie des Thsin ». C’est à partir de cette époque que les souverains de la Chine portent le titre d’Empereur, Ti. Jusque-là ils étaient appelés chefs (Héou) ou rois (Wang ou Ouang).
C’est le nom du primitif petit Etat de Thsin qui resta au pays : Thsina (Chine).
Ce règne de l’homme a valu à la Chine, comme à tant d’autres nations, une suite de troubles et de révolutions, qui venaient de ce que les empereurs ont toujours abusé du pouvoir et n’ont jamais considéré la puissance suprême dont ils s’étaient investis que comme un moyen de se livrer à toutes leurs « passions ».
NB : « Il est un fait assez étrange qu’on semble n’avoir jamais remarqué comme il mérite de l’être : c’est que la période proprement « historique » (la seule qui soit vraiment accessible à l’histoire ordinaire ou « profane »), remonte exactement au VIème siècle avant l’ère chrétienne, comme s’il y avait là, dans le temps, une barrière qu’il n’est pas possible de franchir à l’aide des moyens d’investigation dont disposent les chercheurs ordinaires. », écrit, en 1946, René Guénon.
À partir de cette époque, en effet, on possède partout une chronologie assez précise et bien établie ; pour tout ce qui est antérieur, au contraire, on n’obtient en général qu’une très vague approximation, et les dates proposées pour les mêmes événements varient souvent de plusieurs siècles.
L’antiquité dite « classique » n’est donc, à vrai dire, qu’une antiquité toute relative, et même beaucoup plus proche des temps modernes que de la véritable antiquité et l’on pourra suffisamment juger par là jusqu’à quel point les modernes (Jean Parvulesco parlait de « confrérie faisandée des historiens conventionnels ») ont raison d’être fiers de l’étendue de leurs connaissances historiques ! Tout cela, répondraient-ils sans doute encore pour se justifier, ce ne sont que des périodes « légendaires », et c’est pourquoi ils estiment n’avoir pas à en tenir compte ; mais cette réponse n’est précisément que l’aveu de leur ignorance, et d’une incompréhension qui peut seule expliquer leur dédain de la tradition ; l’esprit spécifiquement moderne, ce n’est en effet rien d’autre que l’esprit antitraditionnel.
Au VIème siècle avant l’ère chrétienne, il se produisit, quelle qu’en ait été la cause, des changements considérables chez presque tous les peuples ; ces changements présentèrent d’ailleurs des caractères différents suivant les pays. Dans certains cas, ce fut une réadaptation de la tradition à des conditions autres que celles qui avaient existé antérieurement ; c’est ce qui eut lieu notamment en Chine. Chez les Perses, il semble qu’il y ait eu également une réadaptation du Mazdéisme. Dans l’Inde, on vit naître alors le Bouddhisme, qui, quel qu’ait été d’ailleurs son caractère originel, devait aboutir, au contraire, tout au moins dans certaines de ses branches, à une révolte contre l’esprit traditionnel, allant jusqu’à la négation de toute autorité, jusqu’à une véritable anarchie, au sens étymologique d’« absence de principe », dans l’ordre intellectuel et dans l’ordre social.
En nous rapprochant de l’Occident, nous voyons que la même époque fut, chez les Juifs, celle de la captivité de Babylone ; et ce qui est peut-être un des faits les plus étonnants qu’on ait à constater, c’est qu’une courte période de soixante-dix ans fut suffisante pour leur faire perdre jusqu’à leur écriture, puisqu’ils durent ensuite reconstituer les Livres sacrés avec des caractères tout autres que ceux qui avaient été en usage jusqu’alors.
On pourrait citer encore bien d’autres événements se rapportant à peu près à la même date : nous noterons seulement que ce fut pour Rome le commencement de la période proprement « historique », succédant à l’époque « légendaire », et qu’on sait aussi, quoique d’une façon un peu vague, qu’il y eut alors d’importants mouvements chez les peuples celtiques.
Il y aurait peut-être lieu de se demander également pourquoi la philosophie a pris naissance précisément au VIème siècle avant l’ère chrétienne, époque qui, comme nous venons de le voir, présente des caractères assez singuliers à bien des égards. À ce propos, notons que cette époque, en Grèce, fut le point de départ de la civilisation dite « classique », la seule à laquelle les modernes reconnaissent le caractère « historique », et tout ce qui précède est assez mal connu pour être traité de « légendaire », bien que les découvertes archéologiques connues aujourd’hui ne permettent plus de douter que, du moins, il y eut là une civilisation très réelle. Cependant, la scission entre « légendaire » et « historique » ne fut pas si radicale, car il y eut, temporairement, une réadaptation effectuée dans l’ordre traditionnel, principalement dans le domaine des « mystères », auxquels il faut rattacher le Pythagorisme.
Mais avant cette « réadaptation », on vit apparaître quelque chose dont on n’avait encore eu aucun exemple et qui devait, par la suite, exercer une influence néfaste sur tout le monde occidental : il s’agit de ce mode spécial de pensée qui prit et garda le nom de « philosophie ». ((R. Guénon, extrait de « La Crise du Monde Moderne »)
Suite : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/lagreceantique.html
Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2026/05/serie-compreender-china-primeira.html
Comprendre la Chine c’est étudier l’historique de ce pays, ses conséquences son devenir et son contenu historique comme on admire un tableau du 15ème siècle au musée, plus par son ancienneté que sa beauté picturale réelle.
Puis comprendre et assimiler la Chine c’est accepter la réalité de sa population de 1,2 à 1,4 milliard
d’habitants, qui se trouve devant le fait accompli de faire vivre une nation en économie finance éducation recherche et développement.
Ce n’est pas une mince affaire, que le monde occidental semble vouloir ignorer d’un revers de main, c’est la réalité d’une partie de notre humanité. La chine l’Asie et l’Inde ce sont les 5/6ème de l’humanité, même si on veut ignorer cela en se confortant sur la puissance éphémère et inadaptée de l’occident dans un progrès social qui se dégrade.
L’économie mondiale repose avant tout sur la masse des 8,7 milliards d’humains. Ils sont consommateurs auto régulateurs économiques, puisque en consommant on crée de l’emploi et de la richesse productrice.
Voulant en découdre en jalousie économique par une faible partie de l’occident dirons nous USA Europe, contre l’Asie, l’Inde, la Chine productive afin de conserver la suprématie. est une profonde erreur.
Notre suprématie évolutive est très très fragile par le fait de la productivité et des énergies alimentant cette productivité. Nos coûts énormes sont l’obstacle même de nos systèmes de sociétés en charges taxes et impôts et intérêts capitalistes.
Le pire c’est que les sociétés très sociales veulent plus d’équité envers les salariés en répugnant le capitalisme de la productivité, une pire utopie car l’un ne va pas sans l’autre.
Le danger de l’évolution c’est la perte des acteurs de cette évolution par la dénatalité, le vieillissement des populations. Puis c’est surtout par l’évolution, la convergence simultanée des cerveaux des pays soit disant émergents, mais tous aussi capables que des esprits occidentaux, même supérieurs, en faisant preuve d’imagination pour avoir étudié notre productivité, ses coûts et ses défauts.
La Chine après ses 2700 ans d’histoire est dans l’explosion de ce contexte de l’évolution technologique qui a mis longtemps à évoluer dans les études de notre suprématie. La Chine a dû donc faire face à la masse de sa population réagir et donc franchir le cap de la concurrence. Pour survivre dans une persévérance exemplaire de la productivité refusant d’être prise pour pays émergents sous la suffisance hégémonique et monétaire de l’occident.
C’est l’éternelle guerre de la consommation de ses coûts, de sa distribution ainsi que sa monnaie d’échange avec sa cotation que l’on a dénigrée.
Après 70 ans d’évolution d’après guerre nous y voilà, l’occident est en face d’une concurrence de l’est, de l’Asie, Chine Inde réunis en une confrérie de pays nommés les BRICS. C’est une masse de population des 5/6ème mondiale, extrêmement productive, car nous avons lâchée, confier notre productivité pour des coût 10 fois moins cher afin de spéculer et faire de la rentabilité, bref une erreur fatale .
Donc en conclusion deux mondes se côtoient : l’un à l’est assurant la productivité efficace en diminuant la rentabilité. Alors qu’à l’ouest en occident on prône lavant tout la rentabilité à outrance, en diminuant l’esprit de solidarité de productivité, rongé par le capitalisme boursier voulant du rendement productif, une pure ineptie économique et financière pour satisfaire aux exigences du financement, des fonds spéculatifs du toujours plus.
Nul besoin d’être financier économiste ou ministre de l’économie pour comprendre cela, en ayant fait grandes écoles, universités ou autres études, la Chine agit comme une ruche ou les abeilles sont actives solidaires et productives.