Sur les revendications économiques et la lutte politique prolétarienne (GIGC/IGCL)
Par le GIGC/IGCL Sur http://www.igcl.org/Sur-les-revendications-economiques
La revue Révolution ou Guerre No. 33 (mai 2026) est accessible ici: fr_rg33_260424 
Sur les revendications économiques et la lutte politique prolétarienne
Selon une vision dominante dans le camp prolétarien, les luttes économiques et politiques des travailleurs sont distinctes, et la condition préalable à une victoire prolétarienne réside dans un saut qualitatif du niveau économique au niveau politique. Pour certains, ce saut qualitatif nécessite un changement de conscience ou le développement d’une identité de classe pour passer des luttes économiques aux luttes politiques — ce que l’on appelle souvent « la politisation » des luttes :
Il convient de noter que cette conception de la lutte des classes — selon laquelle la dimension économique cède la place, au fil du temps, à la dimension politique, et où les luttes pour des revendications spécifiques sont supplantées par des luttes révolutionnaires — n’est pas l’apanage exclusif des organisations mentionnées ici. Elle est trop souvent partagée tant par les forces « pro-parti » que par les forces « anti-parti ». Or, l’expérience historique réfute cette conception de la lutte des classes. Dès 1847, se référant aux luttes de la classe ouvrière de l’époque, Marx, s’opposant à Proudhon, affirmait le principe fondamental du communisme selon lequel « la lutte de classe à classe est une lutte politique [3]. »
Dans ce commentaire, nous nous opposons à une conception qui sépare métaphysiquement ces deux aspects de la lutte. Nous proposons une vision alternative selon laquelle ces deux aspects de la lutte se renforcent mutuellement, constituent des moments différents de la lutte prolétarienne et forment une unité dialectique. Une force prolétarienne suffisamment mobilisée peut aujourd’hui exiger des salaires plus élevés et, demain, forte de l’expérience de sa force collective, exiger la libération des prisonniers politiques ou toute autre revendication « politique ». L’organisation et l’unité acquises grâce à la lutte pour les salaires d’aujourd’hui seront mises à profit à un autre moment. C’est précisément l’expérience tirée des moments forts de la lutte prolétarienne au XXe siècle. Devrions-nous simplement dire aux grévistes d’« aller au-delà de la lutte pour les conditions quotidiennes (…) au-delà de la revendication d’un ‘capitalisme plus juste’ pour exiger l’abolition du système salarial lui-même [4] » ? Il s’agit là d’un exemple flagrant de « phrase révolutionnaire » [5], une affirmation à consonance radicale mais dépourvue de contenu politique, car elle est dissociée de la situation concrète de la lutte prolétarienne. Différentes orientations émergent de la lutte, du fait que, dans une situation donnée, il n’existe qu’une ligne de conduite objectivement correcte assez limitée, voire unique. La tâche des révolutionnaires consiste à disputer et à gagner la direction des luttes en articulant et en proposant aux travailleurs, à chaque moment de la lutte, ce qui correspond objectivement à la ligne de conduite correcte, sur la base du rapport de forces objectif et des potentialités matérielles.
Le rôle de l’avant-garde politique n’est pas comprise de manière cohérente en mettant en avant des principes éternels valables pour tous les temps, tels que les principes inviolables de l’auto-organisation ou de l’antimilitarisme, ou – pourquoi s’arrêter là ? – de l’anti-autoritarisme. Il s’agit de mener la lutte de la manière la plus efficace possible, ce qui implique de tenir compte de l’évolution des circonstances. Il ne s’agit pas de principes abstraits. Il s’agit d’orientations et de tactiques concrètes les plus susceptibles de mener à la victoire si elles sont adoptées en masse et mises en œuvre par les travailleurs. C’est ce qu’implique l’intervention de l’avant-garde. Dans la phase historique actuelle du capitalisme, marquée par la domination totalitaire du capital et de son État, ce n’est qu’en généralisant et en unifiant nos luttes, en élargissant leur portée autant que possible, que nous pourrons imposer à la bourgeoisie un rapport de forces qui nous soit favorable, tant pour nos intérêts immédiats que – par extension et dans la continuité – pour nos intérêts historiques en tant que classe.
De telles poussées de lutte des classes ne peuvent être décrétées à l’avance, mais l’avant-garde politique peut néanmoins en maîtriser les mécanismes. Ce n’est pas parce que les révolutionnaires prônent la nécessité d’une grève de masse que celle-ci se produit. Pourtant, l’expérience passée nous enseigne que, dans la phase de décadence du capitalisme, qui s’étend approximativement depuis le début du XXe siècle, la grève de masse menée par une avant-garde politique compétente et bien organisée est la condition sine qua non d’une révolution victorieuse. Même en l’absence de victoire finale, en luttant en masse pour des revendications salariales unificatrices, les travailleurs, au-delà des divisions entre lieux de travail et secteurs, acquièrent l’expérience de la lutte efficace en tant que classe. Par conséquent, conformément à la conception tactique exprimée dans les Thèses de Rome¹ [6], il ne s’agit pas d’un pari désespéré aboutissant soit à une défaite ruineuse, soit à la victoire finale, mais d’une tactique qui vise à améliorer notre situation dans la lutte, même si elle n’évolue pas vers un renversement révolutionnaire du capitalisme et l’abolition du système salarial à court terme. En généralisant et en unifiant nos luttes, nous améliorons nos chances d’obtenir des victoires à court terme (salaires, refus des sacrifices pour la guerre), même si nous ne mettons pas immédiatement fin au système qui engendre la misère de la guerre et de la pauvreté. Ces revendications et ces orientations, qui concernent l’ensemble des travailleurs, constituent une base appropriée pour généraliser et unifier les luttes ouvrières. Ce faisant, en contribuant à donner à la lutte une ampleur plus grande, cela renforce son potentiel politique. Cela renforce la dimension politique de la lutte, qui n’est pas distincte de la dimension économique (salaires, avantages sociaux, etc.), mais qui lui est dialectiquement liée.
La vision que nous exposons ci-dessus n’est pas une innovation, même si, malheureusement, elle n’est pas clairement admise par bon nombre de nos camarades du camp prolétarien. D’éminents révolutionnaires du passé, parmi lesquels Trotsky, Luxemburg et Lénine, avaient tous une bonne compréhension des caractéristiques essentielles des situations de grève de masse. Le Parti bolchevique, durant la période qui a précédé la Révolution d’octobre, a démontré sa maîtrise de la dynamique de la grève de masse. L’intérêt de cet exemple historique réside dans le fait qu’il marque l’apogée de la grève de masse et de sa compréhension par l’avant-garde politique ; il a préparé le terrain pour le renversement de la bourgeoisie en Russie par le prolétariat et l’instauration de la dictature prolétarienne. Loin d’être un événement historique fortuit, ces événements démontrent que la dynamique de la grève de masse contient en elle-même les germes de l’insurrection et de la dictature prolétariennes. Cependant, cet exemple n’est pas le seul. Luxemburg rend compte de l’intervention des sociaux-démocrates russes dans les événements survenus en Russie en janvier 1905.
« La grève fut l’occasion pour les social-démocrates d’entreprendre une propagande active pour l’extension des revendications : ils réclamaient la journée de huit heures, le droit de coalition, la liberté de la parole et de la presse, etc. L’agitation qui animait les ateliers de Poutilov gagna rapidement les autres usines et, quelques jours après, 140 000 ouvriers étaient en grève.(…) les grèves de masse et les grèves générales antérieures avaient leur origine dans la convergence des revendications salariales partielles ; celles-ci, dans l’atmosphère générale de la situation révolutionnaire et sous l’impulsion de la propagande social-démocrate, devenaient vite des manifestations politiques ; l’élément économique et l’éparpillement syndical en étaient le point de départ, l’action de classe concertée et la direction politique en étaient le résultat final. » (Rosa Luxemburg, Grève de masse, parti et syndicats, 1906, nous soulignons)
Faisant également référence aux événements de 1905, Lénine met en évidence le lien entre les aspects économiques et politiques de la lutte prolétarienne.
« Cela signifie qu’au début du mouvement, beaucoup d’ouvriers ont placé au premier plan la lutte économique, et qu’à l’époque du plus grand essor, ils ont fait le contraire. Mais le lien entre grève économique et grève politique a existé tout le temps [souligné par Lénine. Ensuite souligné par nous]. Sans ce lien, nous le répétons, un mouvement vraiment grand et visant à de grandes fins est impossible. (…) D’autre part, sans revendications économiques, sans amélioration directe et immédiate de la situation, la masse des travailleurs ne consentira jamais à se représenter un ‘progrès’ général du pays. (…) En luttant pour une amélioration des conditions de vie, la classe ouvrière s’élève également sur le plan moral, intellectuel et politique, elle devient plus capable de réaliser ses grands buts de libération. » (Lénine, Grève économique et grève politique, 1912 [7])
Loin de présenter soit la grève de masse comme le moyen par lequel le prolétariat se libère spontanément de la misère capitaliste en l’absence d’une avant-garde politique, soit un saut qualitatif de l’économique vers le politique grâce à l’intervention d’une avant-garde politique, Lénine et Luxemburg ont tous deux reconnu qu’il existe un lien intime entre ces deux aspects et qu’une direction politique efficace est nécessaire pour orienter ce processus vers son issue révolutionnaire nécessaire. Au lieu d’une séparation métaphysique entre ces deux dimensions de la lutte, nous voyons une image d’unité dialectique. Les forces pro-parti dans le camp prolétarien ont aujourd’hui le devoir, envers le prolétariat dans son ensemble, de définir les tactiques et la stratégie globale nécessaires pour parvenir au point où l’abolition de l’esclavage salarial devienne une possibilité concrète plutôt qu’une formule à consonance radicale. Il est donc nécessaire de comprendre le processus réel de la lutte des classes dans les conditions actuelles. Nous nous réjouissons de clarifier ce point essentiel sur l’intervention avec tous nos camarades du camp révolutionnaire à travers des contributions écrites et des discussions.
Notes:
[1] . Rapport sur la lutte de classe, 26e congrès du CCI, https://fr.internationalism.org/content/11640/rapport-lutte-classe-mai-2025
[2] . Plateforme 2020 de la TCI : https://www.leftcom.org/files/2020-10-01-plateforme-tci.pdf
[3] . K. Marx, Misère de la philosophie, Éditions sociales, 1977
[4] . https://www.leftcom.org/fr/articles/2026-02-08/au-del%C3%A0-du-venezuela-la-route-vers-la-guerre-g%C3%A9n%C3%A9ralis%C3%A9e
[5] . La réunion publique du GRI à Paris le 7 mars (voir l’article dans ce numéro) a montré à quel point cette formulation malheureuse de la TCI peut offrir l’occasion à des théories modernistes et petit-bourgeoises proches de la communisation de se précipiter dans la brèche et de nier ouvertement toute forme de lutte « économique » pour le prolétariat, ainsi que toute intervention du parti visant à promouvoir la nécessité de revendications économiques larges et unificatrices. [Note de l’équipe de rédaction]
[6] . Plus précisément dans la thèse 43, qui met en garde contre les tactiques ne pouvant aboutir qu’à une victoire finale ou à une défaite totale, et affirme que le Parti peut proposer des orientations qui renforcent le prolétariat sur les plans moral et matériel et qui ont une valeur intrinsèque pour celui-ci. Cela correspond à notre conception du lien entre les luttes immédiates et l’aboutissement historique, ainsi qu’au rôle de l’avant-garde qui consiste à intervenir tout au long de ce processus.
[7] . Œuvres complètes, volume 18, Éditions du progrès.

Par le GIGC/IGCL Sur
Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2026/05/sobre-as-reivindicacoes-economicas-e.html
«LE ROSEAU PRÉFÈRE LE CALME MAIS LE VENT N’EN CONTINUE PAS MOINS DE SOUFFLER»
(Mao Tsé Toung).
Les camarades du GIGC/IGCL en proposant: «la grève de masse» comme étape «tactiquement» nécessaire préalable à la Révolution prolétarienne sous-estiment «stratégiquement» le niveau de développement de la «conscience de soi» auquel le prolétariat mondial est rendu et aussi, le degré de dégénérescence subjectif du capitalisme à son stade suprême de l’impérialisme alors que la bourgeoisie mondiale est à organiser objectivement et subjectivement l’armagaddon nucléaire apocalyptique d’une 3ième Guerre mondiale thermonucléaire apocalyptique, une réédition à la puissance atomique des 2 précédentes Guerre mondiale car comme l’écrivait MARX dans «Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte», référant à Hegel écrivait :«Dans l’histoire les événements se répètent souvent 2 fois», et maintenant 3 fois.
MARX, ENGELS et LÉNINE ont longuement traité de la distinction fondamentale entre une «classe en soi» auquel correspond la «grève de masse» comme forme ultime de la «lutte économique» que LÉNINE dans «QUE FAIRE?» appelait:«trade-unioniste» versus la Révolution prolétarienne laquelle correspond à la «classe pour soi» que doit organiser et diriger le Parti communiste révolutionnaire prolétarien comme unique solution à toute guerre impérialiste éminente et inévitable au stade suprême du capitalisme: l’impérialisme.
MARX dans son ouvrage:«MISÈRE DE LA PHILOSOPHIE ET PHILOSOPHIE DE LA MISÈRE» ou réponse à l’opportunisme proudhonien des «socialistes utopiques» et «anti-scientifiques» écrivait:
Dans le mode de production capitaliste et ses rapports de production, le prolétariat est «objectivement» et sans le concours d’aucune conscience, une «CLASSE EN SOI» parce qu’il:
1- ne possède pas la «propriété» de ses propres moyens de production;
2- il est condamné à louer sa force de travail en échange de «sa plus value» pour obtenir un «salaire» pour vivre et se reproduire;
3- collectivement, il subit l’exploitation capitaliste en tant que «classe en soi»,
cette réalité «objective» fait du prolétariat des «esclaves-salariés» soumit à la dictature «productive» de la bourgeoisie qui elle «possède» la propriété des moyens de production matérielle de subsistance et de reproduction du prolétariat et s’approprie la «plus value» c’est-à-dire la différence entre ce qu’il en coûte pour assurer la survie et la reproduction du prolétariat et la «valeur» de la «marchandise» produit par son travail salarié.
MARX ajoutait qu’au stade «primaire» de la «CLASSE EN SOI», le prolétariat pouvait:
1- être divisé en diverses unités d’exploitations;
2- avoir des intérêts «immédiats» contradictoires en raison même des intérêts contradictoires des capitalistes qui les exploitent (ex.:en période de guerre, les prolétaires qui produisent les armes exempté du service militaire pour demeurer «chair à patrons» par opposition aux autres prolétaires qui sont fait «chair à canons»);
3-penser en termes individuels: «me, myself and i»;
4- ne lutter que pour des revendications «salariales» partielles: salaires, horaires, congés payés, garderie, équité salariale entre exploités, etc.
Dans ces luttes «salariales» partielles, la «conscience» du prolétariat est essentiellement économique et «corporative» et sous la dictature de la bourgeoisie, ces «luttes salariales», individuelles ou collectives, partielles ou «massives», visent des «négociations» pour des compromis de classe entre «patrons et salariés» et par elles seules ne jamais conduire à la «révolution prolétarienne».
MARX a démontré que le prolétariat est d’abord, objectivement, une «CLASSE EN SOI» face au capital qu’il affronte pour sa substance et sa reproduction avant de devenir une force consciente qui s’organise pour accomplir sa mission historique de s’affranchir de l’exploitation capitaliste en abolissant, purement et simplement par la révolution prolétarienne, la propriété des moyens de production, fondement social de sa domination.
Pour accomplir sa mission historique, le prolétariat doit prendre conscience collectivement:
1- de ses intérêts historiques communs;
2- du caractère systémique de son exploitation;
3- de la nécessité de la transformation prolétarienne de la société afin de lui permettre d’accéder au stade de développement sociale capable de répondre aux besoins de l’humanité et de solutionner adéquatement les dommages quasi-irréversibles causés par le capitalisme.
Dès lors, le prolétariat ne combat plus contre:
1- un «patron» en particulier, voire TOUS les «patrons»;
2- une augmentation salariale;
3- une réforme partielle;
4- un «nouveau partage» de son exploitation;
mais contre le capitalisme lui-même, sa lutte de classe devient:
1- politique;
2- organisée;
3- orientée vers la conquête de TOUT le pouvoir;
4- révolutionnaire prolétarienne;
Le prolétariat devient une «CLASSE POUR SOI».
MARX, ENGELS et LÉNINE ont démontré que les luttes économiques, individuelles et collectives, partielles et totales, particulières et massives, sont nécessaires à l’émancipation du prolétariat mais insuffisantes puisqu’elles visent l’amélioration des salaires, des conditions d’emploi, des conventions collectives, des revendications syndicales immédiates, elles peuvent être «l’école de la révolution prolétarienne» mais puisqu’elles ne visent pas l’État, les lois, les institutions, en somme, la dictature de la bourgeoisie en soi, elles ne sont pas la révolution prolétarienne.
Dans le MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE, MARX et ENGELS, ont expliqué à la lumière pénétrante du matérialisme dialectique et historique que le prolétariat doit s’organiser en CLASSE POUR SOI, politiquement, pour supprimer les rapports de production capitalistes et instaurer sa propre dictature du prolétariat et instaurer le socialisme scientifique comme étape préalable au communisme, une société libérée de la propriété privée des moyens de production et de l’exploitation de l’homme par l’homme.
LÉNINE a élevé cette distinction de «CLASSE EN SOI» à «CLASSE POUR SOI» à son niveau opérationnel effectif scientifiquement dans «QUE FAIRE?» où il écrit:
1- la conscience économique de la «CLASSE EN SOI» du prolétariat existe naturellement des rapports de production eux-mêmes puisqu’ils reposent sur l’antagonisme: «capital contre travail»;
2- la conscience politique révolutionnaire de «LA CLASSE POUR SOI» ne naît pas «naturellement», ni spontanément des rapports de production car le système capitaliste dispose de mécanismes de «négociations» et de «répressions» infinis afin de se perpétuer car comme tout «organisme» social vivant, il ne peut s’autodétruire.
Jamais dans l’histoire de la «lutte des classes», un système social ne s’est «auto-détruit»: l’esclavagisme malgré sa décomposition avancée, près de l’implosion, il a été abattu par les invasions «barbares» extérieures et le féodalisme dégénéré des aristocrates «co-sanguins» fous a été renversé par la bourgeoisie, il en sera de même du capitalisme.
LÉNINE poursuit en expliquant que:
les prolétaires peuvent rester limités à un «syndicalisme» réformiste en «négociant» avec le patronat pour de «meilleurs salaires», de meilleures conditions de travail et d’exploitation, le tout sous la direction «trade-unioniste» de l’aristocratie syndicale, le «cheval de Troie» de la bourgeoisie au coeur du prolétariat.
Pour LÉNINE, le passage d’une «CLASSE EN SOI» à une «CLASSE POUR SOI» exige du prolétariat:
1- une théorie prolétarienne révolutionnaire: le MARXISME;
2- une organisation révolutionnaire;
3- un parti communiste prolétarien qui forme l’avant-garde révolutionnaire du prolétariat.
La théorie MARXISTE explique pourquoi:
1- l’exploitation économique à elle seule ne produit pas «naturellement» une révolution prolétarienne;
2- les prolétaires peuvent soutenir des partis bourgeois;
3- les luttes «syndicales» et les «grèves» mêmes de «masse» sont compatibles avec le capitalisme.
Ainsi, en Italie les grèves (Les «Bienno Rosso») de 1919-1920 qui ont conduit à la grève générale de «masse»,d’août 1922, des syndicats et des partis ouvriers et qui fut écrasée sauvagement par l’État italien par l’entremise des fascistes mussoliniens a conduit non à la Révolution prolétarienne mais à la «Marche sur Rome», d’octobre 1922 et, à l’instauration du fascisme «officiel» en Italie et à la IIième Guerre mondiale.
Également, l’insurrection «spartakiste» de 1918-1919 a aussi été précédé de plusieurs vagues de grèves de «masse» contre la guerre et les pénuries alimentaires (1917), puis en 1918, d’une grève de «masse» d’1 million d’ouvriers allemands pour « la paix, la démocratisation et des meilleures conditions de travail», suivi en novembre 1918 de «la mutinerie des marins à Kiel; la création des conseils d’ouvriers et soldats et l’abdication de l’empereur Guillaume II», pour culminer en janvier 1919 dans l’«Insurrection spartakiste» dirigée par Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht et l’appel à une «grève général de masse» et à l’occupation des usines, des journaux et des édifices publics plutôt que la prise du Reichstag et de l’élimination physique des politiciens bourgeois «sociaux-démocrates» qui recourent aux «Freikorps» pour assassiner Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, réprimer dans le sang en janvier 1919 la «grève de masse», instaurée la «République de Weimar» comme à la cession du pouvoir politique aux nazis en 1933 et à l’instauration de la dictature qui a conduit à la IIième Guerre mondiale.
Le sort des «grèves de masse» aux Pays-Bas (Hollande) de «la crise de novembre 1918» («tentative révolutionnaire de Troelstra du 11 novembre 1918») pour: «de meilleures salaires, conditions de travail, contre le chômage, le rationnement et l’inflation», toutes des revendications économiques et non politiques, ne fut pas plus heureux pour le prolétariat et elles furent aussi écrasées par l’État bourgeois à travers son armée, par une vaste campagne de propagande en faveur de la monarchie avec la reine «Wilhemine» comme «symbole d’unité nationale» et la mise en oeuvre de réformes pour intégrer l’aristocratie ouvrière au pouvoir avec l’instauration de «négociations syndicales» et l’expansion de «protections sociales», en somme, le mouvement «révolutionnaire» fut récupérée et cette «récupération» conduit à la collaboration étroite de la bourgeoisie néerlandaise avec l’occupant nazie et l’assassinat de 75% de la communauté juive et fournit de nombreux «volontaires» au sein de la «Nederlandse Legioen» puis de la Waffen-SS dans les divisions «Wiking» et «Nederland» qui participèrent à «l’Opération Barbarossa» d’invasion de l’URSS et par la suite sur le front est où ils s’affichèrent comme des bourreaux nazis particulièrement féroces et inhumains.
En résumé, comme l’ont démontré les grèves de «masses» et les insurrections allemande, italienne et néerlandaise qui ont abouti au nazisme et au fascisme contrairement à la Révolution bolchévique russe, TOUTES VISÈRENT DES OBJECTIFS ÉCONOMIQUES et non POLITIQUES et furent dirigés par des partis communistes et des mouvements révolutionnaires non guidées par le MARXISME mais des idéologies «utopistes» et «post-marxiste» alors que sous la direction MARXISTE du Parti communiste (bolchévique) de Russie, la Révolution d’Octobre 1917 a conduit à une Révolution victorieuse qui n’eut été de l’état pré-capitaliste de l’économie russe, de l’absence d’un prolétariat suffisamment nombreux et de l’agression étrangère massive, aurait conduit au premier État socialiste au monde, une finalité historique inéluctable.
Pour MARX, ENGELS et LÉNINE la Révolution prolétarienne exige:
1- un niveau de développement objectif («CLASSE EN SOI») et subjectif («CLASSE POUR SOI») des rapports de production et des forces productives;
2- un Parti communiste prolétarien capable de diriger le prolétariat dans sa Révolution.
Ainsi, sans cette évolution dialectique de «CLASSE EN SOI» en «CLASSE POUR SOI», sous l’instruction et la direction de son propre parti prolétarien, le prolétariat demeure une classe sociale exploitée qui lutte contre son exploitation mais non une force révolutionnaire capable d’abattre la dictature du capital et d’instaurer sa propre dictature du travail.
PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSONS-NOUS.
La cheville ouvrière de notre raisonnement à propos des « revendications économiques et la lutte politique prolétarienne » se résume à ceci :
« la Révolution prolétarienne exige:
1- un niveau de développement objectif matériel concret («CLASSE EN SOI») ainsi qu’un degré de développement intellectuel = subjectif («CLASSE POUR SOI») des rapports de production et des forces productives = que reflète l’étendue et l’intensité de la lutte des classes antagonistes;
2- un Parti communiste prolétarien capable de diriger la classe prolétarienne internationale dans sa Révolution totale pour la prise de pouvoir totale économique, politique et idéologique.
Ainsi, sans cette évolution dialectique de «CLASSE EN SOI» vers la «CLASSE POUR SOI», sous l’instruction et la direction de son propre parti prolétarien révolutionnaire (et non pas réformiste), le prolétariat demeure une classe sociale exploitée qui lutte contre son exploitation mais non une force de classe révolutionnaire capable d’abattre totalement/complètement la dictature du capital et d’instaurer sa propre dictature du travail… la dictature prolétarienne internationaliste.