7 au FrontTrouvailles

Conseils Ouvriers et Partis ouvriers

Par Normand Bibeau et Robert Bibeau.

À propos des Conseils Ouvriers  «Les conseils ouvriers et le parti de classe»: ou comment le conseillisme, chassé par la porte, revient par la fenêtre – les 7 du quebec

«LES IDÉES DES HOMMES TARDENT TOUJOURS SUR LA RÉALITÉ».
(Karl Marx, Friedrich Engels).

«Les idées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les idées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est en même temps sa puissance spirituelle dominante […] La classe qui dispose des moyens de production matérielle dispose du même coup des moyens de production intellectuelle […] Les idées dominantes ne sont rien d’autre que l’expression idéale des rapports matériels dominants.» (Karl Marx, Friedrich Engels, «L’idéologie allemande»).

«Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience».  (Karl Marx, «Contribution à la critique de l’économie politique»).

«Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans des conditions choisies par eux seuls (…)».
( Karl Marx, «Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte»).

«La liberté est la compréhension de la nécessité».  (Friedrich Engels, l’«Anti-Durhing»).

«Selon la conception matérialiste de l’histoire, le facteur déterminant dans l’histoire est, en dernière instance, la production et la reproduction de la vie réelle.»  (Friedrich Engels, «Lettre à Bloch (1890)»).

«La conscience socialiste contemporaine ne peut surgir que sur la base d’une profonde connaissance scientifique […] Il ne pouvait encore être question d’une conscience sociale-démocrate chez les ouvriers (et encore moins les paysans et les soldats, NDÉ).   Celle-ci ne pouvait venir que du dehors […] d’un parti communiste, résolument révolutionnaire».  (Lénine,  «Que faire? »).

«La philosophie moderne est aussi partisane que celle d’il y a 2000 ans. Les partis en lutte sont, au fond – malgré les nouveaux sobriquets ou la pitoyable absence d’esprit des conciliateurs – le matérialisme et l’idéalisme […] L’idéalisme n’est qu’une forme subtile, raffinée du fidéisme, qui reste entièrement armé, dispose d’immenses organisations et continue à agir sur les masses, transformant à son profit la moindre hésitation de la pensée philosophique […] Derrière la scolastique gnoséologique de l’ empiriocriticisme, il faut savoir discerner la lutte des partis en philosophie, lutte qui traduit en dernière analyse les tendances et l’idéologie des classes ennemies de la société moderne.»  (Lénine,  «Matérialisme et empiriocriticisme» rédigé en 1908 par Lénine pour répudier «le subjectivisme philosophique» antimarxiste d’Avenarius et Mach).

En conclusion, pour tout authentique matérialisme dialectique et historique: la morale, la religion, la culture, la philosophie, le droit, le «patriotisme», le «nationalisme», le «socialisme», le «communisme», l’économie, la finance, etc., etc., en somme, la totalité de la «pensée» humaine n’est pas «neutre», chaque «idée» qu’ont les humains sur toute chose et tout sujet qui commandent leurs actions est conditionnée, depuis la naissance par «l’idéologie dominante» qui les matraque à chaque instant de leur existence matérielle sous la dictature de la bourgeoisie et cela, en contradiction avec l’expérience vécue dans la lutte des classes ou le travail est exploité et opprimé par le capital, écrit autrement: «toutes les formes de pensée d’un stade de développement «subjectif» de la société humaine sont conditionnées par l’infrastructure économique de cette époque» et, il faut être «angélique», métaphysique, ou idéaliste  pour croire qu’une «guerre», une «crise» ou une «révolution», tout aussi souhaitable et radicale soit-elle, fasse passer la «conception bourgeoise ou féodale ou mystique» du monde qui imprègne profondément chaque cellule du cerveau des «révolutionnaires» et la «métamorphose» par magie, en une «conception prolétarienne» du monde et cela, par la simple participation à un «comité ouvrier» ou à un «soviet».


Quel MARXISTE peut ignorer que la paysannerie illettrée qui n’a connu que l’esclavage-corvéable, le prolétariat qui n’a connu que l’esclavage-salarié et le soldat qui n’a connu que la dictature militaire bourgeoise, puissent «spontanément», sans un Parti communiste révolutionnaire d’avant-garde, mettre en œuvre avec succès, une société socialiste dotée d’une économie socialiste, d’une politique socialiste et d’une idéologie socialiste?  Ce ne peut-être, au mieux qu’un vœu pieux, au pire, une ruse pour réintroduire le «capitalisme bourgeois» par la porte de derrière alors qu’il fut chassé par la porte avant.


Les camarades du GIGC/IGCL nous présentent dans ce texte (https://les7duquebec.net/archives/305549  Les conseils ouvriers et le parti de classe: ou comment le conseillisme, chassé par la porte, revient par la fenêtre  et dans celui-ci : http://les7duquebec.net/archives/305555 Contribution sur les conseils ouvriers et le parti de classe)  une analyse de la Révolution d’Octobre 1917 et de son aboutissement en «un État stalinien» méprisable, pour culminer dans le révisionnisme Kroutchévien et le néo-tsarisme poutinien qui s’oppose au matérialisme dialectique et historique en «mettant la vérité sur la tête»: imputant aux actes des «bolcheviques» l’état objectif et subjectif de l’infrastructure économique, de la superstructure politique et idéologique de l’URSS et du monde entier  alors que cet état existait et s’imposait aux peuples par la force de l’habitude historique du capitalisme hégémonique.

Effectivement, dans les années vingt et trente du XXe siècle l’économie soviétique était  profondément ancrée dans le féodalisme et l’idéologie et la politique féodale avec «85%» de paysans, «5%» de capitalistes compradores, féodales et de fonctionnaires tsaristes et un prolétariat émergent d’à peine 10% des individus  actifs.

Comment des MARXISTES peuvent-ils diagnostiquer l’état d’une «révolution» en faisant abstraction de la composition de cette société en termes de classes sociales en lutte pour n’en analyser que les aspects «subjectifs» et l’«opinion» qu’en ont ceux qui la vivent, de ceux qui la soutiennent, de ceux qui la combattent?

Lénine confronté de plein fouet à la Première Guerre mondiale a résolu d’en conclure la «défaite» de l’État tsariste par le Traité de Brest-Listock de 1919; puis la victoire dans la Guerre civile et l’agression impérialiste des quatorze puissances de l’Entente (1919-1923); a combattu l’isolement économique mortifère et les activités subversives des États capitalistes, mais plus que tout, devant l’incapacité idéologique du prolétariat de mettre en œuvre un programme MARXISTE de reproduction sociale et d’organisation sociale globale,  Lénine et le Parti bolchevique  se résignèrent  à instaurer la «Nouvelle Politique Économique» («NEP») en 1928, laquelle correspondait à l’état réel du développent des forces productives et des rapports sociaux  de production de la société soviétique pour sortir du féodalisme, et accéder au social-capitalisme (que la gauche du monde entier appellera le « socialisme soviétique » et le « socialisme réformiste« ) un choix douloureux et lourd de conséquences, mais  incontournable.

Les camarades du GIGC/IGCL (https://les7duquebec.net/archives/305549) en misant sur les «Comités ouvriers», les «grèves de masse» et autres succédanés «ouvriéristes» au détriment du Parti de classe, de la discipline de Parti, du centralisme démocratique, de la dictature du prolétariat et du rôle dominant de l’idéologie MARXISTE pour la Révolution prolétarienne, surestiment la capacité de la classe sociale prolétarienne à vaincre spontanément  sa sujétion à la dictature de «l’idéologie hégémonique bourgeoise» qui le matraque constamment et sous toutes les formes imaginables depuis sa naissance par la famille, la religion, l’instruction, l’exploitation, la culture, la drogue, la boisson, les loisirs et tutti quanti, ad nauseam amen.

À SUIVRE :  De l’insurrection populaire à la révolution prolétarienne – Robert Bibeau, Khider Mesloub

De l’insurrection populaire à la révolution prolétarienne

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

Une réflexion sur “Conseils Ouvriers et Partis ouvriers

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