DÉMOCRATIE OU FASCISME : LE FAUX DILEMME IMPOSÉ AU PROLÉTARIAT PAR LE CAPITAL
Par Khider Mesloub.
DÉMOCRATIE OU FASCISME : LE FAUX DILEMME IMPOSÉ AU PROLÉTARIAT PAR LE CAPITAL
L’histoire officielle aime les récits simples. D’un côté, la démocratie, royaume supposé des libertés, du pluralisme et de la souveraineté populaire. De l’autre, le fascisme, monstre politique surgi de nulle part, ennemi absolu de cette démocratie qu’il viendrait brutalement assassiner.
Cette représentation possède un immense avantage : elle innocente la démocratie bourgeoise de toute responsabilité dans la gestation du fascisme. Elle permet surtout d’escamoter une vérité autrement plus dérangeante : en Allemagne, Hitler n’a pas renversé l’État par une révolution fasciste. Il a été installé à sa tête par les institutions mêmes de la République de Weimar.
Le 30 janvier 1933, les colonnes nazies ne prennent pas d’assaut la chancellerie. Hitler ne conquiert pas Berlin à la tête d’une armée insurgée. Il est nommé chancelier par le président Paul von Hindenburg, conformément aux mécanismes constitutionnels de l’État allemand.
Voilà le premier fait que les grandes liturgies antifascistes préfèrent reléguer à l’arrière-plan : le fascisme allemand n’est pas arrivé au pouvoir après avoir détruit l’État démocratique ; il a reçu le pouvoir des mains de cet État.
Hitler n’a pas renversé l’État : l’État lui a remis les clés
On présente généralement le fascisme comme la négation absolue de la démocratie. Cette opposition est évidemment réelle sur le terrain des formes politiques. La démocratie parlementaire autorise plusieurs partis, des élections concurrentielles, certaines libertés publiques et l’existence d’organisations syndicales. Le fascisme supprime ces médiations, détruit les organisations ouvrières indépendantes, interdit les partis adverses et érige la répression en mode permanent de gouvernement. La démocratie bourgeoise et le fascisme constituent deux formes politiques distinctes d’un même mode de production : le capitalisme. Le fascisme n’est pas un ennemi extérieur à la démocratie, mais une forme politique alternative du capitalisme lorsque la démocratie bourgeoise ne parvient plus à contenir la crise sociale et la lutte des classes. Autrement dit, cette différence politique ne doit pas masquer une continuité économique et sociale fondamentale. Dans les deux régimes subsistent la propriété privée des moyens de production, le salariat, l’exploitation de la force de travail et l’État chargé de préserver l’ordre social existant. Les gouvernements passent. Les ministres tombent. Les majorités parlementaires changent. Les partis alternent. Mais l’appareil d’État demeure. Police, armée, administration, magistrature, haute bureaucratie : derrière l’agitation électorale persiste la continuité de la machine étatique. Les élections changent les locataires de l’immeuble. Elles n’en changent jamais le propriétaire : le Capital. C’est pourquoi le passage de la démocratie au fascisme ne constitue pas une révolution sociale. Une classe nouvelle ne s’empare pas du pouvoir. La propriété capitaliste n’est pas abolie. Le salariat n’est pas supprimé. Les capitalistes ne sont pas expropriés. Ce qui change, c’est la forme politique sous laquelle l’ordre social est administré.
Pour comprendre 1933, il faut revenir à 1919
Le nazisme ne commence pas avec Hitler chancelier. Pour comprendre sa victoire, il faut remonter à l’Allemagne révolutionnaire de 1918-1919. À la sortie de la Première Guerre mondiale, l’Empire allemand s’effondre. Des conseils d’ouvriers et de soldats apparaissent. Les mutineries se multiplient. Une partie importante du prolétariat allemand se radicalise. La Ligue spartakiste (Spartakusbund) tente de donner une orientation révolutionnaire au mouvement. La bourgeoisie allemande est alors confrontée à un danger autrement plus redoutable pour elle que quelques bandes nationalistes : la possibilité d’une révolution sociale. C’est à ce moment que la social-démocratie intervient pour restaurer l’autorité de l’État. Sous Friedrich Ebert et Gustav Noske, la révolution est écrasée. Les corps francs sont mobilisés contre les insurgés. Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés.
Voilà l’acte de naissance sanglant de la République de Weimar que l’histoire démocratique préfère souvent envelopper dans les langes immaculés du parlementarisme. Avant que les nazis ne détruisent les organisations communistes, l’avant-garde révolutionnaire allemande avait déjà été frappée au nom de la restauration de l’ordre démocratique. La République allemande ne s’est donc pas seulement construite contre les vestiges de l’ancien Empire. Elle s’est également consolidée contre la révolution prolétarienne. Et c’est là que commence véritablement la longue route conduisant à 1933, c’est-à-dire à l’intronisation du nazisme.
La démocratie comme école de la passivité politique
Après avoir écrasé la révolution, il fallait ramener les travailleurs dans les limites de l’ordre existant. Le parlement bourgeois allait remplir cette fonction. Aux barricades devait succéder le bulletin de vote. Aux conseils ouvriers, le Parlement. À la lutte pour le pouvoir, l’alternance électorale. On enseigna au prolétariat allemand qu’il pouvait défendre ses intérêts en défendant les institutions de la République bourgeoise. Puis, lorsque le fascisme commença son ascension, le piège se referma.
On expliqua aux travailleurs : avant de combattre le capitalisme, sauvons la démocratie bourgeoise. Avant de lutter pour votre émancipation, protégez la République bourgeoise. Avant la lutte de classe, constituons le front de tous les démocrates contre l’extrême droite. Ainsi le prolétariat fut invité par les antifascistes à défendre l’État même dont il aurait dû conserver son indépendance politique. Et lorsque l’heure décisive arriva, une partie considérable du mouvement ouvrier allemand attendit son salut des institutions. Ces mêmes institutions qui livreront loyalement le pouvoir à Hitler.
L’épisode Hindenburg résume à lui seul toute la tragédie. En 1932, face à Hitler, la social-démocratie soutient la réélection de Paul von Hindenburg à la présidence du Reich. Le vieux maréchal conservateur devient, par la magie de l’antifascisme électoral, le rempart institutionnel contre le nazisme. Il faut voter Hindenburg pour empêcher Hitler. Il faut sauver la République. Il faut faire barrage. Quelques mois passent. Le 30 janvier 1933, c’est ce même Hindenburg qui nomme Hitler chancelier. Le barrage ouvre les vannes. Le rempart de l’antifascisme ouvre la porte du nazisme. Celui que l’on avait présenté aux travailleurs comme la protection contre le fascisme devient l’homme qui lui remet les clés de la chancellerie. Rarement l’histoire aura fourni une démonstration aussi cruelle de l’imposture du « barrage républicain », autrement dit de l’antifascisme.
L’antifascisme : la mystification qui enchaîne le prolétariat à la démocratie bourgeoise
C’est précisément ici que se dévoile la fonction politique de l’antifascisme. Sous prétexte de protéger les travailleurs contre le fascisme, il les somme de se ranger derrière la démocratie bourgeoise, c’est-à-dire derrière l’État, les institutions et les forces politiques chargées de préserver l’ordre capitaliste.
La mystification consiste à déplacer la ligne de partage fondamentale de la société. Celle-ci ne passerait plus entre exploiteurs et exploités, entre capital et travail, entre bourgeoisie et prolétariat, mais entre « démocrates » et « fascistes ». Soudain, l’ouvrier et son exploiteur sont invités à oublier ce qui les oppose pour se retrouver dans le même camp, celui de la « défense de la démocratie ».
Voilà le prodige politique accompli par l’antifascisme : transformer l’ennemi de classe en allié politique. Au nom du danger fasciste, le prolétaire devrait faire cause commune avec le patron démocrate qui l’exploite, le gouvernement qui réprime ses grèves, l’État qui protège la propriété capitaliste et les partis qui administrent quotidiennement cet ordre social. La lutte des classes doit être suspendue puisque « l’urgence » serait ailleurs.
Hier comme aujourd’hui revient alors le même chantage : ce n’est pas le moment de combattre le capitalisme, car le fascisme menace ; ce n’est pas le moment de remettre en cause l’État, car il faut défendre la République ; ce n’est pas le moment de mener une politique indépendante de classe, car il faut d’abord « faire barrage ». En France, l’affrontement électoral Macron-Le Pen aura porté cette mécanique à son expression presque caricaturale : à plusieurs reprises, les travailleurs ont été sommés de voter non pour leurs intérêts de classe, mais pour le candidat présenté comme le dernier rempart de la République contre l’extrême droite. À chaque élection son péril suprême. À chaque crise son candidat présenté comme l’ultime rempart. À chaque poussée de l’extrême droite son appel au rassemblement derrière les défenseurs autoproclamés de la République.
Ainsi, sous couvert de combattre le fascisme, l’antifascisme institutionnel contribue à reconduire le prolétariat dans le giron de l’ordre bourgeois. L’expérience allemande devrait pourtant avoir vacciné les travailleurs contre cette illusion. En 1932, il fallait soutenir Hindenburg pour barrer la route à Hitler. Quelques mois plus tard, le prétendu rempart nomma Hitler chancelier.
Ce n’est donc pas seulement le fascisme qu’il faut interroger, mais également l’antifascisme qui prétend le combattre en enfermant les travailleurs dans la défense de l’État démocratique bourgeois. Car le véritable contraire politique du fascisme, du point de vue du prolétariat, n’est pas la gestion démocratique du capitalisme. C’est son émancipation de toute domination capitaliste.
En substituant l’alternative « démocratie ou fascisme » à l’antagonisme « capital ou travail », l’antifascisme accomplit ainsi sa fonction mystificatrice essentielle : il persuade les exploités que, pour combattre l’une des formes possibles de leur domination, ils doivent se ranger derrière l’autre.
La démocratie ne constitue pas l’antidote au fascisme
Il ne s’agit évidemment pas d’affirmer que démocratie parlementaire et dictature fasciste seraient identiques. Elles ne le sont pas. Sous le fascisme, les libertés politiques sont supprimées, les organisations ouvrières détruites, les opposants emprisonnés, torturés ou assassinés. Avec le nazisme s’ajouteront la persécution raciale systématique, la guerre de conquête et finalement l’entreprise génocidaire. Mais reconnaître cette différence ne doit pas conduire à transformer la démocratie capitaliste en contraire absolu du fascisme. Car une question demeure : pourquoi les institutions démocratiques allemandes n’ont-elles pas empêché Hitler d’accéder au pouvoir ? Plus dérangeant encore : pourquoi certains secteurs des élites politiques, économiques et conservatrices allemandes ont-ils finalement considéré Hitler comme une solution acceptable ? Parce que le fascisme n’arrive jamais dans le vide. Il apparaît dans une société traversée par une crise économique gigantesque, un chômage massif, l’effondrement des classes moyennes, la radicalisation sociale et la peur de la révolution.
Dans certaines circonstances historiques, les mécanismes ordinaires de la domination deviennent insuffisants. Le capital exige davantage de discipline. Les salaires doivent être comprimés. Les organisations ouvrières deviennent gênantes. Les grèves deviennent intolérables. Les conflits sociaux doivent être neutralisés. Le parlementarisme lui-même devient encombrant. Alors apparaît la tentation autoritaire, c’est-à-dire fasciste.
La démocratie bourgeoise fonctionne d’autant mieux que le système dispose de marges permettant le compromis social. Les travailleurs peuvent faire grève, obtenir certaines augmentations salariales, conquérir quelques réformes et construire des organisations sans que l’existence même du système soit immédiatement menacée. Mais lorsque la crise s’approfondit, ces marges se réduisent. La négociation devient coûteuse. La contestation devient dangereuse. La liberté syndicale devient gênante. Le conflit social doit être discipliné. Le fascisme apporte alors sa solution. La matraque remplace la négociation. La corporation contrôlée par l’État remplace le syndicat indépendant. La communauté nationale remplace symboliquement les classes sociales. Le nationalisme remplace l’internationalisme. La mobilisation permanente derrière le chef remplace l’organisation autonome des travailleurs.
Le fascisme prétend abolir la lutte des classes non pas en abolissant les classes, mais en interdisant aux exploités de mener leur propre lutte.
La bourgeoisie allemande n’a pas été abolie par Hitler
Voilà également ce que la présentation du fascisme comme phénomène totalement extérieur au capitalisme permet souvent d’oublier. Hitler arrivé au pouvoir n’abolit pas la propriété capitaliste. Les entreprises ne sont pas remises aux travailleurs. Les rapports salariaux ne disparaissent pas. La bourgeoisie industrielle allemande n’est pas expropriée en tant que classe. Ce sont au contraire les organisations autonomes du prolétariat qui sont détruites. Les syndicats sont liquidés. Les partis ouvriers sont interdits. Les grèves deviennent impossibles. Le travail est placé sous une discipline autoritaire.
Le fascisme prétend dépasser capitalisme et socialisme ; dans les faits, il détruit surtout les instruments permettant aux travailleurs de résister collectivement au capital.
Voilà pourquoi réduire le nazisme à la folie personnelle d’Hitler constitue une explication particulièrement commode. Un fou expliquerait tout. Quelques fanatiques expliqueraient tout. Une population mystérieusement hypnotisée expliquerait tout.
Ainsi disparaissent la crise du capitalisme allemand, la destruction préalable du mouvement révolutionnaire dès 1919 sous un gouvernement dirigé par la social-démocratie, avec l’appui des corps francs, les calculs des élites conservatrices, les responsabilités des gouvernements successifs et le rôle des institutions démocratiques qui ont finalement permis à Hitler d’accéder légalement à la chancellerie.
Le fascisme n’est pas un météore politique qui s’abat soudainement sur une démocratie innocente. Il possède une histoire, des conditions économiques, des soutiens sociaux, des complicités. Il possède surtout derrière lui une succession de défaites ouvrières, de répressions sanglantes et d’assassinats de dirigeants révolutionnaires marxistes.
Entre l’écrasement de la révolution allemande en 1919 et la nomination de Hitler en 1933 s’étend une longue période au cours de laquelle le prolétariat est successivement réprimé, divisé, désorienté puis enfermé dans l’alternative mortifère : défendre la démocratie bourgeoise ou subir le fascisme.
Or l’émancipation ouvrière ne pouvait résider dans le choix de la forme politique sous laquelle le capital administrerait la société. Elle supposait la constitution d’une force indépendante capable de combattre simultanément l’exploitation économique et la réaction politique. Cette indépendance fut sacrifiée sur l’autel de l’antifascisme et de la défense de la démocratie bourgeoise. Le prix payé fut effroyable
Quand la démocratie enfante son propre fossoyeur
L’histoire de l’Allemagne de 1933 devrait donc être débarrassée de sa confortable mythologie. Hitler n’a pas pris la chancellerie d’assaut. Il y a été nommé. Il n’a pas aboli le capitalisme. Il a écrasé les organisations qui œuvraient à le combattre. Il n’est pas arrivé après l’effondrement complet de l’État. Il a reçu de ce même État démocratique les instruments avec lesquels il allait construire sa dictature. Voilà pourquoi la véritable leçon de 1933 est beaucoup plus inquiétante que celle récitée dans les cérémonies officielles.
La démocratie n’est pas immunisée par nature contre l’autoritarisme. Les institutions ne constituent pas une muraille magique protégeant éternellement la société contre le fascisme. Lorsque les rapports sociaux se décomposent, lorsque la crise s’approfondit, lorsque le mouvement ouvrier est défait et lorsque les classes dominantes commencent à craindre davantage le désordre social que l’autoritarisme, les frontières entre défense de la démocratie et défense de l’ordre peuvent devenir dangereusement poreuses.
L’Allemagne en fournit une illustration historique terrible. En 1932, on demandait aux travailleurs de faire confiance à Hindenburg pour arrêter Hitler. En janvier 1933, Hindenburg nomma Hitler. Le prétendu rempart était devenu le passeur. Et lorsque les classes dominantes considèrent que le bulletin de vote ne suffit plus à préserver l’ordre social, l’histoire montre qu’elles peuvent parfaitement s’accommoder de la matraque.
Voilà pourquoi l’antifascisme constitue l’une des plus puissantes mystifications politiques imposées au prolétariat : il lui demande de défendre aujourd’hui l’ordre démocratique capitaliste au nom de la menace fasciste, alors que ce même ordre peut, demain, lorsque ses intérêts de la classe dominante l’exigent, ouvrir la voie aux formes les plus autoritaires de domination.
Le prolétariat n’a donc pas à choisir entre la démocratie de ses exploiteurs et la dictature de leurs successeurs autoritaires. Son terrain n’est ni celui du « barrage républicain », ni celui de l’union sacrée antifasciste. Son terrain demeure celui de la lutte de classe, de son indépendance politique et de son émancipation sociale.
L’émancipation des travailleurs ne passe pas par la défense de la démocratie bourgeoise, qui peut, lorsque les nécessités de la domination capitaliste l’exigent, céder la place à l’autoritarisme. Le véritable contraire du fascisme n’est pas le parlementarisme capitaliste, mais l’abolition du capitalisme lui-même par l’action autonome et indépendante du prolétariat.
Car on ne combat pas le fascisme en sauvant le capitalisme sous sa forme démocratique. On le combat en abolissant l’ordre social qui, selon les nécessités de la domination bourgeoise, gouverne tantôt par le bulletin de vote, tantôt par la terreur d’État.
Khider MESLOUB

Par Khider Mesloub.
Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2026/09/democracia-ou-fascismo-o-falso-dilema.html
« L’argument le plus décisif contre la « démocratie » se résume en quelques mots : le supérieur ne peut émaner de l’inférieur, parce que le « plus » ne peut pas sortir du « moins » ; cela est d’une rigueur mathématique absolue, contre laquelle rien ne saurait prévaloir. » (René Guénon, La Crise du Monde Moderne, Chapitre VI, Le Chaos social)
La démocratie : est une erreur, un leurre, une illusion.
La démocratie est le vêtement dont se pare le pouvoir sous le prétexte qu’existe une représentation populaire, mais cette représentation est, dans les faits, c’est-à-dire concrètement, non pas populaire mais contrôlée par des partis politiques sous influence des « puissances d’argent ».
Dans « Media Control : The Spectacular Achievements of Propaganda », Noam Chomsky explique que dans la société démocratique les citoyens sont divisés en deux grandes classes : l’étroite classe spécialisée (appelée Superclasse mondiale ou Hyperclasse), celle à qui revient la gestion des affaires générales, et les autres ou « Underclass », c’est-à-dire la grande majorité de la population, que Walter Lippmann désignait par l’expression de « troupeau sauvage ». Noam Chomsky souligne que le « troupeau » n’est consulté qu’en période électorale pour entretenir chez les « moutons » l’impression de vivre en démocratie et non pas dans un état totalitaire. Une fois que la classe spécialisée est élue, le « troupeau » redevient spectateur, et même, il reste stupide, obéissant et passif, et on le traite à nouveau comme un gamin de trois ans, irresponsable par définition et incapable de connaître ce qui est bon pour lui.
De plus, René Guénon dit, et explique (dans « La crise du monde moderne »), que la « démocratie », que l’on définit comme le gouvernement du peuple par lui-même, est là une véritable impossibilité, une chose qui ne peut pas même avoir une simple existence de fait, pas plus à notre époque qu’à n’importe quelle autre ; il ne faut pas se laisser duper par les mots, et il est contradictoire d’admettre que les mêmes hommes puissent être à la fois gouvernants et gouvernés, parce que, pour employer le langage aristotélicien, un même être ne peut être « en acte » et « en puissance » en même temps et sous le même rapport. Il y a là une relation qui suppose nécessairement deux termes en présence : il ne pourrait y avoir de gouvernés s’il n’y avait aussi des gouvernants, fussent-ils illégitimes et sans autre droit au pouvoir que celui qu’ils se sont attribué eux-mêmes ; mais la grande habileté des dirigeants, dans le monde moderne, est de faire croire au peuple qu’il se gouverne lui-même ; et le peuple se laisse persuader d’autant plus volontiers qu’il en est flatté et que d’ailleurs il est incapable de réfléchir assez pour voir ce qu’il y a là d’impossible. C’est pour créer cette illusion qu’on a inventé le « suffrage universel. »
« Le suffrage universel, considéré à lui tout seul et agissant dans une société fondée sur l’inégalité économique et sociale, dit Mikhaïl Bakounine, ne sera jamais pour le peuple qu’un leurre ; de la part des démocrates bourgeois, il ne sera jamais rien qu’un odieux mensonge, l’instrument le plus sûr pour consolider, avec une apparence de libéralisme et de justice, au détriment des intérêts et de la liberté populaires. »
Le « suffrage universel », rappelons-le, c’est l’opinion de la majorité qui est supposée faire la loi ; mais ce dont on ne s’aperçoit pas, c’est que l’opinion, issue de cette « masse » éminemment « plastique », est quelque chose que l’on peut très facilement diriger et modifier ; on peut toujours, grâce au « programme » scolaire ou universitaire « imprimé » dans les esprits, à l’aide d’une propagande et autres suggestions appropriées (démagogie, sondages), mais aussi et surtout par la PEUR, ce véritable « fonds de commerce » des « puissances d’argent » (crises économiques, chômage, violences, virus, guerres, terrorismes, attentats, pandémies, etc.), y provoquer des courants allant dans tel ou tel sens déterminé. C’est ce qu’on appelle la « fabrication du consentement ». Et les médias de masses, pour la plupart subventionnés (stipendiés serait plus juste), tels que la presse écrite, la TV, radio, cinéma, jeux vidéo, publicité, affichage urbain, sites web, « Wiki », etc., aident grandement à la manœuvre en diffusant des mensonges et des hypocrisies à des doses tellement fortes et tellement fréquentes, que la majorité de la population n’est finalement plus à même de réagir, si ce n’est dans la direction voulue par ceux qui gèrent ses choix.
C’est pour cela qu’on a pu dire que « l’opinion, c’est l’erreur du plus grand nombre ».
« Ce n’est pas le nombre qui compte, dit Gandhi, mais la qualité… Je ne conçois pas le nombre, ajoute-t-il, comme une force nécessaire dans une cause juste. » Et René Guénon de confirmer : « L’avis de la majorité ne peut être que l’expression de l’incompétence, que celle-ci résulte d’ailleurs du manque d’intelligence ou de l’ignorance pure et simple, car la majorité, sur n’importe quel sujet qu’elle soit appelée à donner son avis, est toujours constituée par les incompétents, dont le nombre est incomparablement plus grand que celui des hommes qui sont capables de se prononcer en parfaite connaissance de cause. » (R. Guénon, La Crise du Monde Moderne).
On comprend, alors, pourquoi le pouvoir politique se fonde volontiers sur l’ignorance du peuple et s’accroît d’autant que les esprits sont faibles, les gens incultes.
Toute élévation du type humain demande un régime aristocratique. La démocratie avilit en abaissant les bons, c’est une tyrannie qui s’exerce par un mouvement de traction morale, de bas en haut ; elle fait descendre, elle empêche les meilleurs de s’élever, elle abat les têtes qui dépassent le niveau des médiocres, empêchant ainsi l’éclosion des types supérieurs, elle supprime le respect et rend les petits insolents. C’est pourquoi la démocratie est intimement liée à la conception « égalitaire » si chère au monde « moderne ». Ce n’est donc pas pour rien que « démocratie » s’oppose à « aristocratie », ce dernier mot désignant précisément, du moins lorsqu’il est pris dans son sens étymologique, le pouvoir de l’élite. Une élite véritable ne peut être qu’intellectuelle ; c’est pourquoi la démocratie ne peut s’instaurer que là où la pure intellectualité n’existe plus, ce qui est, effectivement, le cas du monde actuel.
Le Peuple est « plasticité », « Réservoir » d’où tout peut être tiré, le meilleur comme le pire, suivant la nature des influences qui s’exerceront sur lui. Miroir en quelque sorte reflétant le modèle qui lui est proposé, son visage renvoie les traits de ceux qui le gouvernent, médiocrité pour médiocrité, noblesse pour noblesse.
(…)
Après le siècle des « lumières » et des révolutions « spontanées », la Subversion allait avoir la « chance » inouïe de trouver un « allié » puissant qui allait, jusqu’à aujourd’hui, user du droit d’intervention dans les affaires intérieures des autres pays : au nom d’un nouveau principe de solidarité internationale, celui des états nationalistes et démocratiques s’entraidant à secouer le joug des prétendues tyrannies traditionnelles. Jadis les hommes se sacrifiaient pour ce qu’ils aimaient. Aujourd’hui, rendus « libres » à la faveur de la démocratie, ils sont désormais contraints de se faire tuer au besoin pour le diable en personne ou pour l’intérêt du Capitalisme, ce qui revient au même.
Le Marxisme paraît défendre les travailleurs parce qu’il semble vouloir tout remettre au pouvoir de l’État afin d’assurer une meilleure répartition des biens et des fortunes, alors qu’en réalité son but est, en conquérant les masses ouvrières par la ruse, de tout accumuler entre les mains (encore et toujours) des « puissances d’argent », dissimulées et camouflées derrière des partis politiques qu’elles contrôlent, qu’ils soient socialistes ou communistes. La doctrine du Marxisme rejette le principe aristocratique observé par la nature, et le remplace par la domination du nombre.
Autrement dit, c’est Le Règne de la Quantité… et les Signes des Temps.
NB : « Un monde dominé par la Force est un monde abominable, mais le monde dominé par le Nombre est ignoble. La tyrannie abjecte du Nombre est une infection lente qui n’a jamais provoqué de fièvre. Le Nombre crée une société à son image, une société d’êtres non pas égaux, mais pareils, seulement reconnaissables à leurs empreintes digitales. Il est fou de confier au Nombre la garde de la Liberté. Il est fou d’opposer le Nombre à l’argent, car l’argent a toujours raison du Nombre, puisqu’il est plus facile et moins coûteux d’acheter en gros qu’au détail. Or, l’électeur s’achète en gros, les politiciens n’ayant d’autre raison d’être que de toucher une commission sur l’affaire. Avec une radio, deux ou trois cinémas (chaînes TV aujourd’hui), et quelques journaux, le premier venu peut ramasser, en un petit nombre de semaines, cent mille partisans, bien encadrés par quelques techniciens, experts en cette sorte d’industrie. Que pourraient bien rêver de mieux, je vous le demande, les imbéciles des Trusts ? Mais, je vous le demande aussi, quel régime est plus favorable à l’établissement de la dictature ? Car les Puissances de l’Argent savent utiliser à merveille le suffrage universel, mais cet instrument ressemble aux autres, il s’use à force de servir. En exploitant le suffrage universel, elles le dégradent. L’opposition entre le suffrage universel corrompu et les masses finit par prendre le caractère d’une crise aiguë. Pour se délivrer de l’Argent, ou du moins pour se donner l’illusion de cette délivrance, les masses se choisissent un chef, Marius ou Hitler. Encore ose-t-on à peine écrire ce mot de chef. Le dictateur n’est pas un chef. C’est une émanation, une création des masses. C’est la Masse incarnée, la Masse à son plus haut degré de malfaisance, à son plus haut pouvoir de destruction. Ainsi, le monde ira-t-il, en un rythme toujours accéléré, de la démocratie à la dictature, de la dictature à la démocratie, jusqu’au jour… » (George Bernanos, La France contre les Robots)
À la fin du XIXème siècle, Saint-Yves d’Alveydre faisait référence à un « système synarchique ». Le terme « Synarchie » signifie proprement « gouvernement avec principes ». La Synarchie est une forme de gouvernement où les hommes qui disposent du Pouvoir sont subordonnés à ceux qui disposent de l’Autorité ; il s’agit là d’une organisation humaine dont on peut trouver les origines dans l’antique organisation sociale gouvernée par une hiérarchie naturelle dans laquelle le Pouvoir Temporel était subordonné au Pouvoir Spirituel. En effet, l’ordre dans la société traditionnelle c’est aussi la structuration de la communauté en plusieurs fonctions ou castes (base naturelle de l’organisation synarchique). Cet aspect est aujourd’hui, en Occident notamment, méconnu (oublié) et incompris. Pourtant cette organisation pleinement organique d’une société, procure de remarquables et d’irremplaçables bienfaits : la stabilité, le savoir-faire de chaque fonction, le respect des autres castes qui ont besoin les unes des autres, partant la solidarité, la confiance et le respect des différences qui sont comprises comme des complémentarités et non des oppositions. Elle permet à des groupes humains différents de coexister le plus harmonieusement possible, sans que l’un empiète sur les autres et déséquilibre l’ensemble pour son malheur. À propos de la « Synarchie » dont parle Saint-Yves d’Alveydre, précisons qu’elle n’a rien de commun avec ce dont on parle ordinairement, et à quoi il semble bien que ceux qui en sont la cause aient donné le même nom tout exprès pour créer certaines confusions. C’est ainsi que la Synarchie s’oppose à tous les gouvernements qui fonctionnent en « Anarchie », c’est-à-dire sans principes, défaut que l’on trouve à la base de toutes les sociétés occidentales modernes et qui permet aux ambitieux les plus rusés ou les plus forts de s’emparer du pouvoir, au besoin en se servant du suffrage universel comme paravent, mais en le méprisant quasi ouvertement dans les « discussions secrètes » d’où dépendra le sort de la Nation. Beaucoup de gouvernés s’imaginent donc qu’ils disposent du pouvoir parce qu’on leur donne un bulletin de vote et qu’on parle de suffrage universel. Mais ils s’aperçoivent bientôt que le système fonctionne à l’encontre de leurs vœux. Cela tient à ce que l’autorité ne se délègue pas, parce qu’elle s’exerce, et appartient à celui qui est capable d’enseigner les autres, parce qu’il est plus avancé dans la « voie de l’initiation ». Mais les « techniciens-profiteurs » du suffrage universel politique et de la démagogie électorale passionnelle se gardent bien de répandre des notions de cet ordre ; en revanche, ils étouffent les grands penseurs soit par la calomnie, soit par une conspiration du silence, qui constituent un véritable assassinat intellectuel. Si malgré tout, un gêneur arrive à répandre sa doctrine, les « gênés » peuvent avoir recours à l’assassinat physique.
Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/introduction-livres-de-femmes.html
ANNWN, avec sa théorie «aristocratique/synarchique», tombée du ciel, de la supériorité «innée» de la minorité «élitiste» des «grands esprits autoproclamés» dont elle serait par magie sur la majorité des «idiots de naissance par la volonté divine», nous matraque encore et toujours de ses inepties platoniciennes sorties directement de la poubelle de l’histoire d’une humanité esclavagiste qui venait à peine de descendre des arbres et de sortir de la caverne où elle s’était réfugiée avant de se lancer à la conquête de son voisinage pour le réduire à l’esclavage sous la dictature impitoyable de «servir ou mourrir» les «vainqueurs» esclavagistes en réduisant en esclavage les «vaincus».
Ces prétentions oiseuses de «gouvernement par une «élite» lilliputienne, aristocratique et auto-proclamé «meilleure» au mépris et aux frais des masses laborieuses majoritaires calomniées de «plastiques», «manipulables» et «débiles» n’ont pour objectif que de servir l’exploitation sans pitié de ces mêmes masses laborieuses par l’«élite» qui les exploitent.
Le radotage «méritocratique» réactionnaire pestilentiel d’Âne, n’est en réalité qu’une variation du radotage obsolète de la théorie du philosophe esclavagiste Platon (428/427 av. J.C.- 348/347 av. J.C.) qui écrivait, il y a plus de 2000 ans, en 380 av. J.C.:
« tant que les philosophes («aristoi») ne seront pas rois dans les cités […] il n’y aura de cesse aux maux des cités». ( «POLITEIA», Livre V à VII, 380-375 av. J.C.).
Âne se garde bien d’expliquer comment Platon, ce philosophe obscurantiste esclavagiste anti-scientifique et pharaonique, «choisit» ses «aristois», ces «maîtres de la cité» qui «règneront» sur la multitude asservie et dominée «pour son bien» par son «aristokratia», ce qu’il appelle «son «gouvernement des meilleures»?Comment oser présenter ces élucubrations venus d’un temps où les humains ignoraient tout de la science, croyant encore à des «dieux» faisant tonner, éclairer, mouillé, neigé, geler, pousser, chuter, etc.
D’abord, Platon divise la «cité» des seuls «hommes libres», en trois (3) groupes distincts:
1-Les «sages» Gouvernants-philosophes (politiciens);
2- les «courageux» Gardiens-militaires-auxiliaires (armée-police-tribunaux) et,
3- les «obéissants» Producteurs-travailleurs (agriculteurs, artisans, commerçants, etc.) »
formant exclusivement ensemble et à l’exclusion de tous les autres:
la République.
Ainsi, Platon, en authentique esclavagiste, déni aux esclaves (50-60% de la population totale); aux femmes (50-60% des citoyens libres), aux «métèques et affranchis» (20-30% des résidents»); aux juvéniles (- de 18 ans soit 30% des citoyens libres) et à ceux n’ayant pas servi dans l’armée, en somme, dans l’intérêt des 10% qui domine la classe des esclavagistes et à l’exclusion de 90% de la population, d’être par naissance à être «meilleure» et partant, «choisit» pour devenir cette «élite» de «sages philosophes» qui gouverneront la «cité»: une «méritocratie» de «naissance» sélective, biaisée, patentée, falsifiée, truquée, mensongère, une «méritocratie de classe» comme toutes les «méritocraties» de classe:
le nombre d’esclaves pour les esclavagistes; le nombre de terres chez les seigneurs et le capital chez les capitalistes.
Platon, ne pouvait se résumer à l’exposé de sa «méritocratie» de «POLITEIA» sans révéler sa nature de serviteur des «Gardiens-militaires» esclavagistes parmi lesquels ils choisissaient les «Gouvernants-philosophes», il lui fallut bâtir un «corps-idéologique» autour de ce squelette de dictature militaire.
Il postula que «l’immense majorité des hommes, les producteurs-travailleurs», ne connaissent pas le «véritable Bien», étant gouvernée par leurs instincts, leurs désirs, leurs intérêts et leurs opinions.
Les «gouvernants-philosophes» choisis parmi les «Gardiens-militaires», au contraire, sont passés de l’opinion («doxa») à la connaissance («epistêmê») par le programme platonicien qui consiste pour des «sages», venus dont on ne sait où, de choisir parmi les enfants des «Gardiens-militaires», ceux possédant les aptitudes naturelles lorsque soumis au programme platonicien de sélection à devenir «philosophes-gouvernants »:
gymnastique + musique (enfance) + mathématique + art du combat (adolescence) + dialectique socratique (vers 30 ans) + épreuves pratiques et victoires militaires (50 ans) = «Philosophes-gouvernants» (dictature militaire).
Dans le Livre III de «L’Allégorie de la caverne», Platon pousse son délire philosophique jusqu’à écrire que dans la «caverne» où vivent les hommes, tout est «matière», «à l’envers» et «Mal».Le «Gardien-militaire» deviendra «philosophe-gouvernant» en en sortant par sa «formation platonicienne» et remettra tout à l’«endroit» pour découvrir la «réalité véritable» qui est spirituelle et la source du «Bien».
En retournant dans la caverne des hommes, pour y «gouverner selon le Bien», il remettra les choses à l’«endroit», dans leur ordre véritable: le spirituel sur le matériel et le «philosophe-gouvernant» sur les «gardiens-militaires» et les «Producteurs-travailleurs».
En lisant ce délire philosophique, comment se surprendre que les classes dominantes, de tout temps, aient vénéré Platon et sa théorie de légitimation de la dictature de l’«élite» des «Gardiens-militaires» sur les «Producteurs-travailleurs».
Âne, comme tous ses semblables des classes dominantes, s’ingénient à tromper le prolétariat en confondant la «méritocratie» platonicienne, féodale et capitaliste avec la «méritocratie» prolétarienne, en usant d’un subterfuge étymologique vicieux qui occulte «la lutte des classes», le moteur de l’histoire.
Platon, dans «sa» République «idéale», divise la «cité» entre:
«Philosophes-gouvernants/ Gardiens-auxiliaires-militaires/ Producteurs»,
des distinctions fonctionnelles qui ne reposent que sur les apparences et n’expliquent en rien ce qu’il y a de «méritoire» à être né «Militaire/auxiliaire» et devenir «Philosophe-gouvernant» alors que né «Producteur», «femme», esclave, métèque, etc., on ne le puisse pas.
Il faut être foncièrement malhonnête ou plus simplement biaisé, pour confondre l’analyse platonicienne de l’analyse marxiste.
Ainsi, chez MARX, en authentique scientifique, la société se divise entre ceux qui possèdent les moyens de production et ceux qui ne les possèdent pas; entre ceux, la bourgeoisie, qui assurent leur subsistance en achetant du labeur source de «plus value» (différence entre ce qu’il en coûte pour subsister et se reproduire et valeur produite par le travail) et ceux, les prolétaires, qui le vendent car ne possédant rien d’autre: entre bourgeois et prolétaires.
MARX dans la «Critique du Programme de Gotha» (unis.it;marxists.org) «reconnaît l’inégalité des dons individuels et, par suite, de la capacité productive individuelle distincte, comme un privilège naturel», mais il refuse que ces «différences de mérite individuel» soit entièrement «méritées» et pire, doivent se traduire en «avantage pécunier accru» au profit de celui qui par «naissance» bénéficie de cette «inégalité naturelle».
Même si la société prolétarienne socialiste mesure encore la distribution des produits du travail en fonction de la contribution de chacun en termes quantitatifs et partant, demeure encore prisonnière d’une répartition «naturelle» de la richesse selon la formule: «de chacun selon sa capacité et à chacun selon son mérite»; son objectif communiste est : d’appliquer la formule communiste:« de chacun selon ses capacités et à chacun selon ses besoins».
A SUIVRE.