7 de garde

Réalité et limites des luttes ouvrières actuelles

Par le Groupe International de la Gauche Communiste (GIGC). Sur  Révolution ou Guerre – Révolution ou Guerre;   https://igcl.org/-Revolution-ou-Guerre-   No. 34, septembre 2026.

La revue Révolution ou Guerre, No 34 est disponible
en format PDF et WORD : rg34-format Word ; rg34

 

 » Dans un pays où les salaires réels sont à la baisse depuis près de vingt ans, qui fait face à l’inflation, on ne peut pas dire à la majorité des citoyens que les dépenses militaires doivent prévaloir sur la sauvegarde de l’État social [1].»

Cette remarque d’un « spécialiste de la politique étrangère italienne » à propos de son pays expose clairement la question clé de la situation historique actuelle. Comment peut-on dire à la majorité des citoyens, c’est-à-dire la « convaincre », qu’il faut accepter des sacrifices redoublés au bénéfice de l’explosion des dépenses militaires ? Sa réponse est claire : « on ne peut pas. » Chaque bourgeoisie nationale doit imposer les sacrifices nouveaux indispensables à la préparation générale de la guerre contre la volonté dite « populaire » et plus particulièrement contre les volontés prolétariennes. Le capital mondial ne pourra pas faire l’économie de confrontations massives de classe. Réactions massives de colère et de révolte, il y aura. Et il y a déjà.

À ce jour, elles sont limitées, isolées et dispersées. Elle restent pour l’heure en grande partie inefficaces et impuissantes à imposer directement les revendications avancées, augmentation des salaires, primes, conditions de travail, horaires, télétravail, ou encore contre les menaces de réduction d’effectifs ou fermeture de lieux de travail. Leur dynamique est loin de pouvoir afficher et affirmer aux yeux de tous ce dont elles sont les porteuses : l’alternative révolutionnaire prolétarienne face à celle imposée par le capitalisme. Défendre les salaires et les conditions de travail constitue le premier pas, pas indispensable, pour pouvoir à terme au moins freiner, puis s’opposer à la marche vers la guerre impérialiste généralisée. Voilà pourquoi, aussi limitées soient-elles, aussi peu efficaces soient-elles d’un point de vue immédiat, nous essayons de mettre en valeur ces luttes prolétariennes et leur signification historique.

Ces derniers mois, tous les continents ont connu des luttes ouvrières diverses et variées. Le site du Club de Mediapart – journal français en ligne – fournit une liste [2] pour le seul mois de juin qui mérite d’être rapportée et connue. Outre toute une série de grèves et luttes localisées et isolées en France dans divers secteurs, privés et publics, la liste mentionne des grèves en Australie (dans le secteur du pétrole), en Belgique dans plusieurs secteurs (aéroports et autres entreprises privées), en Grèce dans l’industrie du tourisme, au Portugal (journée d’action intersyndicale le 3), en Tunisie (banques), en Égypte (textile), parmi d’autres encore. Outre des revendications portant sur des risques de « restructuration » ou de fermetures d’entreprises et donc des conditions de travail aggravées, quand le travail lui-même n’est pas supprimé, la majorité de ces luttes ont pour caractéristique commune de revendiquer des augmentations de salaire.

L’inflation provoquée d’abord par la guerre en Ukraine, puis par celle au Moyen Orient et le blocage du détroit d’Ormuz, affecte directement le prolétariat mondial. Pour la période actuelle, il ne fait guère de doute que la question salariale reste celle dans laquelle les prolétaires de tous les secteurs et de tous les pays peuvent le plus facilement se reconnaître et derrière laquelle ils peuvent le plus s’unir dans la lutte. C’est sans doute autour de cette revendication, sans en exclure d’autres bien sûr, que le prolétariat international peut tenter d’établir – ce que nous appelons pour notre part – une « première ligne de défense » qui lui permettrait de se regrouper et de faire face à la détérioration drastique en cours de ces conditions de vie et à ce qui vient.Telle est la signification historique des luttes actuelles. Bien que ces luttes soient limitées, les révolutionnaires et les prolétaires comme un tout se doivent d’être attentifs à tout surgissement « brusque » ou spontané de luttes plus larges qui pourrait advenir. Car la situation est malgré tout grosse de révoltes massives.

C’est précisément ce qu’ont exprimé les manifestations de rue, grèves et blocages qui se sont produits en Bolivie au cours du mois de mai. Il en est de même pour les mobilisations similaires en Inde [3] en avril dernier (cf. Révolution ou guerre #33 [4]). L’augmentation des prix de l’essence et des transports du fait du blocage du détroit d’Ormuz, donc du fait de la guerre en Iran, fut l’étincelle qui fit exploser la colère en Bolivie tout comme en Inde. Parmi les revendications diverses et variées, pas toutes liées à la classe ouvrière, l’augmentation des salaires de 20 % fut celle qui permit à une grande partie de la population, dépassant les seuls prolétaires, de se reconnaître dans le mouvement et d’y participer. Comme le rapporte la Tendance Communiste Internationaliste, « pendant plus d’un mois, la Bolivie a été le théâtre de manifestations de grande ampleur : blocage des principaux axes routiers et voies de communication, marches quasi-quotidiennes dans les rues de La Paz et d’El Alto, mouvements de grève touchant les principaux secteurs économiques, affrontements violents avec les forces de police et l’armée, n’hésitant pas à recourir à la dynamite. Elles ont regroupé divers secteurs du monde du travail, notamment les travailleurs de la santé et de l’éducation, les travailleurs informels et les mineurs, ainsi que des paysans pauvres et cocaleros, souvent d’origine autochtone [5]. »

Il ne s’agit pas de sur-estimer ce qui s’est passé. Mais juste d’en apprécier la réalité et les potentialités. Car du point de vue de la dynamique politique immédiate, les informations dont nous disposons indiquent que celles-ci restèrent limitées, comme le souligne aussi l’article de la TCI. La bourgeoisie bolivienne, aussi faible soit-elle historiquement, a une expérience pour contrôler et réprimer les luttes ouvrières. Elle dispose en particulier d’un appareil syndical, la Central Obrera Boliviana [COB], omniprésent et puissant qui s’est construit en particulier pour contenir et dévoyer les luttes quasi constantes des mineurs jusqu’à nos jours [6]. Il en résulte aussi que l’influence de la gauche et du gauchisme, du trotskisme en particulier, est historiquement forte dans le pays. Cela n’enlève rien à la réalité de cette lutte en masse, ni à la promesse qu’elle porte dans la situation internationale actuelle et dans la perspective de révoltes ouvrières à l’échelle internationale.

Les limites de la grève à Airbus Espagne

Tout aussi important à relever est la grève qui a touché les usines Airbus d’Espagne tout au long du mois de juillet, avec pour épicentre celle de Getafe dans la banlieue de Madrid qui regroupe 14000 travailleurs. Il faut noter et signaler qu’une grande partie des changements des conditions de travail dans l’entreprise, celles-là même qui ont provoqué l’exacerbation du mécontentement, est due à l’adaptation industrielle qu’Airbus réalise en vue de répondre aux commandes et directives des États européens pour des appareils militaires. Compétitivité économique et préparation à la guerre se conjuguent pour accroître l’exploitation du travail.

Démarrée le 1er juillet, cette grève n’a pas manifesté de réelle dynamique vers ce que nous appelons la grève de masse. Elle est restée dans le cadre de l’entreprise uniquement, même si le reste de la population ouvrière de Getafe et Madrid la regardait avec sympathie. Le mouvement est parti des « cols blancs », des techniciens et ingénieurs, après que la direction européenne d’Airbus ait décidé de réduire les jours de télétravail de deux à un. La suppression d’une prime de 2000 euros, entérinée par les syndicats, avait déjà exacerbé la colère. À Getafe, très rapidement quelques secteurs et ateliers « plus ouvriers » parmi les plus combatifs ont rejoint les « cols blancs ». Ils sont ensuite passés en délégation dans les autres secteurs ou « chaînes » pour convaincre les travailleurs d’arrêter le travail et de les rejoindre. Une première assemblée générale de 2000 participants a adopté et imposé aux syndicats le dépôt d’un préavis de grève illimitée pour tout le mois de juillet, avec comme revendications centrales une augmentation de 18 % des salaires, leur indexation sur l’inflation et 40 % du temps de travail en télétravail.

Le principal syndicat espagnol, les CCOO – dites Commissions ouvrières –, majoritaire aux élections d’entreprise, s’est opposé à la grève et au dépôt de préavis. C’est un syndicat corporatiste SIPA, propre à Airbus Espagne, qui a endossé le préavis de grève, auquel se sont joints d’autres syndicats moins importants – UGT et CGT par exemple [7]. En réalité, les syndicats n’avaient d’autres choix que de poser un tel préavis au risque de voir une lutte et une grève « sauvage » éclater qu’ils auraient eu alors le plus grand mal à contrôler. La grève s’est alors étendue aux autres usines Airbus en Espagne à Séville, Cadix, Illescas-Toléde et Albacete.

Les grévistes de Getafe se sont organisés en assemblées générales quotidiennes et en « commissions », elles-aussi quotidiennes, qui se tenaient avant l’assemblée à laquelle elles rendaient compte, pour organiser telle ou telle action ou activité (« communication, documentation, logistique, slogans… »). Sans doute le point culminant de cette mobilisation a été la manifestation de 4000 travailleurs dans les rues de Getafe même jusqu’à la mairie le 16 juillet.

Pour autant, et selon les informations à notre disposition, les travailleurs sont restés prisonniers d’une vision limitant la lutte à la seule entreprise Airbus. La perspective de son élargissement ne fut considérée qu’en terme d’extension aux usines Airbus de France, c’est-à-dire dans un cadre corporatiste, vision alimentée par les syndicalistes de base radicaux et les groupes trotskistes. De même, il faut constater l’incapacité à faire entrer dans la lutte les nombreux travailleurs des entreprises sous-traitantes (autour de 200 !) travaillant dans les mêmes usines Airbus. La croyance en l’efficacité d’une lutte bloquant la production le plus longtemps possible est une illusion et même une impasse. Sans connaître les conditions concrètes qui auraient pu permettre d’étendre la lutte, si ce n’est la grève, au niveau de la région de Madrid, nous affirmons que c’est dans ce sens qu’il fallait organiser et diriger les manifestations de rue et autres actions. Enfin, il est tout aussi significatif de la réalité de cette grève et de sa dynamique que l’assemblée générale ait laissé les syndicats monopoliser les discussions-négociations avec la direction, qu’elle n’ait pas pris elle-même en main leur conduite, ne serait-ce qu’en nommant et imposant ses propres délégués sur la base des revendications adoptées par tous.

L’absence de volonté d’extension en dehors du cadre de l’entreprise tout comme l’absence de remise en cause de la direction effective de la lutte par les syndicats, y compris en ne leur disputant pas leur monopole sur les « délégations » avec l’entreprise, ont laissé le champs libre à tous les syndicats, SIPA compris, pour qu’ils puissent « négocier » et magouiller dans le dos des travailleurs et de leurs assemblées avec la direction tout au long de la grève. Un pré-accord de fin de conflit direction-syndicats, tous syndicats confondus sauf la CGT, fut annoncé le 23 juillet à la grande surprise, et surtout colère, de l’assemblée générale de Getafe. Il « accordait royalement » 5 % d’augmentation pour 2026 et autant pour 2027, plus quelques autres points additionnels dont une prime de 2000 euros bruts. L’entreprise et les syndicats organisèrent alors un « référendum » sur l’accord qui se tint le lendemain : il fut repoussé par une majorité de 49 % contre 46 %. 81 % des salariés de l’usine ayant participé au vote, ce fut une large majorité des ouvriers de l’entreprise qui le rejeta. Malgré cela, le syndicat SIPA retira aussitôt son avis légal de grève, rendant toute poursuite de celle-ci illégale.

Il est difficile à l’heure où nous écrivons, qui plus est sans moyen d’intervenir directement sur place, de savoir si cet épisode particulier de mobilisation parmi les salariés d’Airbus est définitivement terminé ou non. L’assemblée de Getafe avait voté pour une reprise de la grève illimitée le 24 août prochain au retour des vacances. Les CCOO ont déjà prévu une journée le 7 septembre, indiquant ainsi qu’ils se préparent à occuper le terrain et le « baliser » pour mieux le contrôler au cas où la mobilisation ouvrière reprendrait après les vacances.

Pour nous, la leçon que les travailleurs de Getafe et des autres usines Airbus, tout comme l’ensemble de la classe ouvrière, doivent tirer est la suivante : en restant dans le cadre de l’entreprise, la lutte perd de son efficacité et de sa dynamique. Ce faisant, elle laisse le champs ouvert aux magouilles et sabotages des syndicats en collaboration avec la direction de l’entreprise. Élargir la lutte, ne serait-ce que la « diriger », ou « l’orienter », vers le reste de la classe ouvrière, avec ou sans succès immédiat, déplace le champs de l’affrontement au-delà de la simple entreprise. Ce faisant, elle limite l’action des syndicats avec la direction et ouvre des perspectives d’extension et de généralisation qui, qu’elles se réalisent ou pas, renforce le rapport de force en faveur des travailleurs en lutte. Et si en plus, la lutte s’étend effectivement et que d’autres secteurs ouvriers la rejoignent, alors les perspectives et le rapport de force se renforcent d’autant…

RL, 15 août 2026

Dernières informations

Au retour des vacances, les travailleurs d’Airbus-Espagne sont repartis en grève dès le 25 août comme décidé auparavant. Face à cette situation, le gouvernement socialiste espagnol s’est joint à la direction et aux principaux syndicats, CCOO et SIPA, pour en finir avec la grève. Le 28, la direction d’Airbus proposait de discuter de l’indexation des salaires sur l’inflation et sur d’autres revendications à condition que le travail reprenne. 81 % des travailleurs votèrent pour la poursuite de la grève. Le 4 septembre, l’indexation des salaires sur l’inflation, la perspective de « restauration » du pouvoir d’achat à hauteur de 7,95 % sur quatre ans et une prime de 2000 euros bruts étaient finalement acceptés par la direction sous l’égide du gouvernement, avec d’autres revendications plus secondaires, sur le télétravail, les congés, les retenues salariale en cas d’arrêt de maladie et autres. Les syndicats plus « radicaux » CGT et ÙTIL ne furent pas invités à participer à ces négociations.

L’accord fut de nouveau présenté au vote les 7 et 8 septembre. De toutes les usines, seule celle de Getafe vota à une faible majorité contre la reprise du travail. Au total, 51,2 % se prononcèrent pour la poursuite de la grève contre 48,7 %. Dans la foulée, les syndicats UGT, CGT et ÙTIL suspendirent leur avis légal de grève, ce qui signa sa fin.

Nous ne pouvons pas tirer les leçons de cette fin de lutte ici. Le site Left Wing Communism a publié en français un bilan [8] de cette grève « dans une perspective ouvrière et communiste-conseilliste » dit-il ouvertement. Peut-être aurons-nous l’occasion d’y revenir dans un prochain numéro.

10 septembre 2026

NOTES

[1] . Leo Goretti, analyste spécialiste de la politique étrangère italienne, cité par Le Monde, En Italie, le soutien à l’Ukraine contesté… 12 août 2026.

[3] Récemment, le prix du gazole, indispensable à la logistique et qui influe par conséquent sur les prix de tous les biens de consommation, a atteint des niveaux records. Cela risque d’aggraver encore la paupérisation de la classe ouvrière. https://www.npr.org/2026/09/04/nx-s1-5948016/diesel-price-record-high

[6] . Même si en déclin, l’industrie minière, de l’étain en particulier, reste encore aujourd’hui une des principales ressources de la Bolivie.

[7] . UGT, Unión General de los Trabajadores, est le syndicat « historique » du parti socialiste. La CGT, Confederación General del Trabajo, syndicat à l’origine anarcho-syndicaliste créé en 1977 suite à une scission dans le syndicat anarchiste historique CNT.

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

4 réflexions sur “Réalité et limites des luttes ouvrières actuelles”

  • Jacques Abel

    Les grèves ne changeront rien aux problèmes que connaissent les gens modestes, seul des mouvements à l’identique de celui des Gilets jaunes peuvent le faire.
    Ces mouvements seront encore plus puissants que tout ce qui les a précédé, car au lieu de faire sortir au-dedans d’eux, ces starlettes (comme par hasard fort à propos…) sur lesquels les pouvoirs ont pris appui pour les juguler, ils se serviront de la fameuse IA pour se doter de leaders virtuels avec lesquels personne ne pourra négocier, éborgner ou terrifier, c’est justement la possibilité d’avoir cette stratégie d’évitement qui va permettre la progression de l’ampleur du phénomène et sa structuration auprès du grand public, étant donné que la curiosité de celui-ci sera piquée au vif et qu’il voudra absolument observer comment s’incorpore cette pseudo intelligence quand l’Homme l’utilise à son avantage, contre la volonté des puissances qui la développent pour l’asservir encore plus.
    Le rapport de force sera nécessairement en faveur de la révolte dans la mesure où il rend illégitime quoi que ce soit qui serait décidé sans ses interlocuteurs contre lui, il sera impossible de poursuivre une non déclaration de manifestation, étant donné que ce sera un être virtuel qui l’aura déclenchée, quant à savoir qui aura créé cet être, gageons que les citoyens des pays verront apparaître cette aide venue de nulle part.
    Ce qu’a fait l’Iran avec ses vidéos de propagande stylées Lego est précurseur, dans une révolte sociale une telle arme peut permettre le déclenchement d’une révolution et l’amener à terme.
    Les Crétins n’y ont même pas pensé, mais leur IA peut tout à fait se transformer en l’arme qui va les détruire avant même qu’ils aient terminé son complet développement.

    Répondre
  • Normand Bibeau

    Les camarades du GIGC comme tous les révolutionnaires prolétariens sont confrontés de plein fouet à la militarisation des économies capitalistes et au détournement massif des taxes et des impôts extorqués du prolétariat des «programmes sociaux capitalistes» vers le complexe militaro-industriel et énergétique capitalistes, en préparation à l’unique solution capitaliste aux crises de surproduction: la guerre intercapitaliste.

    Lorsqu’il cite Léo Georetti, un analyste capitaliste notoire, à l’effet qu’il ne sera pas possible d’imposer au prolétariat ce détournement des fonds publics des programmes sociaux capitalistes à l’armement capitaliste, ne leur en déplaise, ce n’est qu’un voeu pieux que cet analyste bourgeois lance au visage des révolutionnaires pour les endormir et les détourner de la lutte révolutionnaire prolétarienne contre la guerre capitaliste inexorable ainsi que l’ont démontré les 2 précédentes Guerres mondiales et toutes les guerres sans fin qui se sont déroulées et se déroulent toujours dans toutes les sociétés divisées en classes sociales antagonistes où ceux que les guerres enrichissent ne sont jamais ceux qui les subissent.

    Pour se convaincre de la véracité implacable de cette réalité détestable, il suffit d’analyser la guerre en Ukraine alors que le prolétariat ukrainien et russe est mobilisé «massivement» derrière sa bourgeoisie «nationale» pour se livrer une guerre fratricide mortifère au nom du «nationalisme civilisationnelle réactionnaire religieux», la même formule de propagande goebelienne qui fut employée pour mener les 1ière, puis la Seconde et toutes les guerres capitalistes au fil de l’histoire de l’humanité: «pain et beurre» pour les «vainqueurs»; mort ou soumission pour les «vaincus».

    Si l’exemple de l’Ukraine ne suffisait pas à convaincre les plus «optimistes» des révolutionnaires prolétariens du caractère ULTIMEMENT réactionnaire de ces luttes «pour du pain et du beurre», «de meilleur salaire, conditions de travail, contre l’inflation, l’égalité homme-femme dans l’exploitation, etc., ad nauseam amen», tantôt syndicales, tantôt militaires, au nom desquelles sont livrés, qui des grèves, qui des guerres, il suffit d’examiner le processus par lequel la bourgeoisie mobilise le prolétariat dans son mode de production d’esclavage salarié et ses guerres capitalistes pour s’en convaincre.

    Ainsi, pour en analyser l’exemple récent de la guerre Ukraine-Russie pour s’emparer, à moindre coût, des ressources naturelles et énergétiques de la Fédération de Russie à l’occasion d’un LEBENSRAUM HYBRIDE 2.0 U$/EURONAZI/UKRONAZI pour La décapiter et la «balkaniser» en «5 à 7 États capitalistes ethniques et religieux» plus facile à exploiter (dixit Kaja Kallas), qu’on se souvienne des discours de l’ignoble et abject génocidaire, criminel de guerre et contre l’humanité, l’estafette politicienne capitaliste, grabataire, Jos Killer Biden, lorsqu’il a eu l’abominable sincérité de déclarer odieusement à la face du monde, la vérité:

    «Être l’arsenal de la démocratie signifie aussi des emplois bien rémunérés pour les travailleurs américains de l’Alabama et des États partout en Amérique où se fait la fabrication de matériel de défense»

    (re: ge.usembassy.gov,3/05/2022 à l’occasion d’une visite à l’usine de Lockheed Martin à Troy, en Alabama où sont produits les missiles Patriot sous les applaudissements des «aristocrates ouvriers» bien payés).

    L’inhumain génocidaire Killer Jos, récidiva en 2023, dans son discours de promotion des «crédits militaires à l’Ukraine» lorsqu’il déclara:

    l’argent envoyé en Ukraine n’est pas simplement de l’argent «envoyé à l’étranger»: une partie substantielle est dépensée aux États-Unis pour produire les armes et reconstituer les stocks U$, créant ainsi «des emplois payants» au Texas et partout aux U$A.

    (wsj.com,18/04/2024;forbes.com,18/04/2024).

    Le non moins ignoble, abject et inhumain, génocidaire et criminel de guerre et contre l’humanité, feu le sénateur capitaliste, Lindsey Graham, ajouta que «l’aide militaire à l’Ukraine est un investissement extrêmement avantageux pour les U$A qui ne coûte aucun «boy» et «crée des emplois payants».

    Enfin, l’immonde chef républicain du Sénat YANKEE U$, Mitch McConnell, pour ne pas être en reste, y alla de sa déclaration répugnante de vérité:

    «Se tenir aux côtés de nos alliés contre Vladimir Poutine renforce directement et de façon mesurable l’armée américaine, développe la base industrielle américaine et soutient des milliers d’emplois américains bien rémunérés.»

    (re:globalnews.ca,09/2023).

    Que répondront les camarades du GIGC lorsque ces «travailleurs bien rémunérés» du complexe militaro-industriel YANKEE U$ qui fabriquent des armes pour assassiner les prolétaires ukrainiens, russes, palestiniens, libanais, iraniens et arabes feront «grève» pour toucher un meilleur pourcentage des profits de ces crimes de guerre, contre l’humanité et génocidaires?

    Osons la question qui tue:

    POURQUOI LE PROLÉTARIAT «SYNDICAL» MONDIAL NE SE SOULÈVE-T-IL PAS CONTRE CES GUERRES CAPITALISTES FRATRICIDES INHUMAINES?

    Pour sûr, l’argument qu’«il ne sait pas» invoqué pour justifier sa passivité face au génocide des communistes, des roms et des juifs lors de la Seconde guerre mondiale ne tient plus: les médias alternatifs réduisent à néant cet argument éculé en diffusant «en direct», «seconde après seconde», en temps réels et avec photos et vidéos à l’appui, la monstruosité inhumaine du génocide des palestiniens, des libanais, des iraniens martyrs; la guerre impitoyable que se livrent les prolétariats ukrainiens et russes, tous armés de pied en cape, par ces «travailleurs bien rémunérés» des complexes militaro-industriel capitalistes de tous les États du monde.

    Pire encore, pendant que ces peuples en guerre subissent l’horreur de ces guerres capitalistes inhumaines qui nourrit, habille, transporte, divertit les agresseurs qui massacrent les agressés dans ces guerres injustes?

    Les prolétaires de tout les États capitalistes «alliés» à l’une ou l’autre des bourgeoisies qui font s’affronter leur «chair à patrons» faites «chair à canons».

    Les prolétaires «nationaux-socialistes à la chinoise» sont ceux-là même qui produisent les drones FPV qui massacrent sans pitié leurs «amis sans limite» russes; leurs «alliés» palestiniens, libanais, iraniens, syriens, iraquiens, libyens, arabes contre des «emplois bien payés» au nom du profit à tous prix dans cette économie «socialiste» bidon dominée par 649 milliardaires et leurs «alliés», les apparatchiks du parti «communiste» chinois bidon, une version 2.0 de l’appareil d’État impérial du «fils du ciel», l’empereur Xi.

    Ce sont les prolétaires «bien rémunérés russes des champs pétrolifères et gaziers» du néo-tsar Vlad Ier qui fournissent aux prolétaires chinois l’énergie nécessaire pour produire ces drones FPV qui servent à massacrer les prolétaires russes fait «chair à canons» sur le champ de bataille ukrainien.

    Les prolétaires américains et européens «bien payés» financent et arment les prolétaires YANKEE$ U$, ukrainiens et les mercenaires génocidaires SIONAZIS ISRAÉLIENS pour massacrer les prolétaires russes, palestiniens, libanais, iraniens, arabes.

    Jusqu’où peut s’abaisser la conscience des prolétaires pour «des salaires bien payés»?

    Que fait le prolétariat «complice» de ces guerres?

    Il fait «grève» pour de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail, pour combattre l’inflation qui gruge son «pouvoir d’achat» d’aristocrate ouvrier afin de s’offrir un train de vie agréable, à l’abri des privations: il réclame «du pain et des jeux du cirque», il veut voir et entendre Célinnne chanter tout en produisant les armes de sa propre destruction militaire et environnementale.

    Déjà LÉNINE dans «QUE FAIRE» (chap.III et IV), à l’instar de MARX et d’ENGELS, avait grâce au matérialisme dialectique et historique, le MARXISME, anticipé clairement cette nature réactionnaire des luttes économiques: «trade unioniste» pour de «meilleurs salaires», lorsqu’il écrivait:

    «L’histoire de tous les pays atteste que, livrée à ses seules forces, la classe ouvrière ne peut arriver qu’à une conscience trade-unioniste, c’est-à-dire à la conviction qu’il est nécessaire de se grouper en syndicats, de lutter contre des patrons et de s’efforcer d’obtenir du gouvernement des mesures législatives nécessaires aux ouvriers, etc. […] Il ne pouvait encore y avoir de conscience social-démocrate (lire «communiste» maintenant que la bourgeoisie a dévoyé la social-démocratie à son profit) chez les ouvriers.ELLE NE POUVAIT LEUR ÊTRE APPORTÉE QUE DU DEHORS».

    (re: marxists.org, chap. II:The Spontaneity of the Masses and the Consciousness ofbthe Social-Democrats»).

    Ainsi, les «esclaves salariés» que sont les prolétaires réalisent qu’ils sont «employés individuellement» par leurs patrons, les propriétaires de leur moyen de subsistance et de reproduction, pour générer des «profits» (de la «plus value»: différence entre le coûts de production et le prix de vente) et que dans ce «rapport de force» qu’est le salariat, ils doivent s’organiser pour obtenir de meilleurs salaires et conditions d’exploitation tout en le perpétuant.

    Ces «luttes trade-unionistes» pour «du pain et du beurre» ne sont, au mieux, qu’une «lutte de classes en germe» puisqu’elles s’harmonisent avec l’«esclavage salarié» lui-même en transférant une partie relative des profits du patron aux salariés qui l’emploiera à enrichir d’autres capitalistes «plus bas» dans le processus économique.

    Ainsi, une «hausse» des salaires permet aux capitalistes de l’alimentation, de l’hébergement, du vêtement, du loisir, de la contrebande, etc. de toucher des «bénéfices» du prolétaire «producteur» devenu prolétaire «consommateur»: la bourgeoisie écorche le boeuf prolétarien 2 fois.

    Cette réalité économique de prolétaire «producteur» versus «consommateur» nourrit des rivalités inter-capitalistes que la gauche-caviar exploite pour offrir ses services de collaboration de classes aux capitalistes de la «consommation» contre les capitalistes de la «production» en créant une fausse alternative à la dictature de la bourgeoisie.

    LÉNINE approfondit son analyse MARXISTE lorsqu’il écrit:

    «Le mouvement ouvrier spontané est le trade-unionisme […] et le trade-unionisme signifie l’ASSERVISSEMENT idéologique des ouvriers par la bourgeoisie».

    (re:marxist.org,James O’Toole,Irish Marxists Review, 2025),

    voilà ce qu’illustre et démontre à l’évidence, partout à travers le monde et en tout temps, les luttes syndicales pour de «meilleur salaires, de meilleures conditions de travail, pour combattre l’inflation, etc.» pour «des emplois bien payés» dans l’armement, dans l’armée, dans la police, dans tous les domaines de l’économie capitaliste.

    «NOTRE TÂCHE, celle de la social-démocratie, est de combattre la spontanéité, de détourner le mouvement ouvrier de cette tendance spontanément trade-unioniste à se placer sous l’aile de la bourgeoisie et de la faire passer sous l’aile de la social-démocratie révolutionnaire».

    LÉNINE ajoutait dans une Résolution de la IIIième Conférence du POSDR:

    «L’insuffisance de la lutte syndicale seule [commande impérativement] une lutte politique et révolutionnaire directe des masses pour renverser le gouvernement tsariste au moyen de l’insurrection populaire»

    que seul un parti révolutionnaire prolétarien armé d’une idéologie résolument révolutionnaire: le MARXISME, peut diriger vers la victoire car bien que «la classe ouvrière soit instinctivement, spontanément social-démocrate», «elle ne peut jamais acquérir spontanément une conscience résolument révolutionnaire».

    Les camarades du GIGC comme tous les camarades révolutionnaires prolétariens doivent analyser «les luttes de classe en germe» que sont les grèves trade-unionistes à l’aune invincible du MARXISME et ne soutenir et populariser que celles qui sont révolutionnaires et ignorer celles qui sont réactionnaires, celles qui «sont pour des salaires bien payés» dans l’armement et pour des soldes généreuses dans l’armée, la police, les tribunaux et la propagande, les instruments privilégiés des capitalistes en période de guerre contre le travail pour enrichir le capital.

    PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS POUR DÉTRUIRE L’ESCLAVAGE-SALARIÉ, PAS LE BONIFIER.

    Répondre
  • Normand Bibeau

    Notre camarade Robert m’a fait remarquer que mon commentaire en «résumant» la lutte pour des «meilleures salaires, conditions de travail et pour des législations ouvrières plus profitables à la classe ouvrière» sous estimait le caractère éminemment «indispensable» des luttes ouvrières sur «le front économique» qui seraient du point de vue «MARXISTE» des luttes préparatoires aux luttes sur le front politique ainsi que MARX, ENGELS et LÉNINE en ont traité dans leurs oeuvres

    Ainsi, MARX dans «Salaires, prix et profits» (1865) (marxists.org);
    ENGELS dans «Le système du salariat» (1881) (marxists.org) et «Préface à la Situation de la classe laborieuse en Angleterre» (1892) (marxist.org) et
    LÉNINE dans «Que faire?» (1902) (Archives Internet Marxistes, marxists.org),

    ont tous les 3 professé que la lutte des prolétaires sur «le front économique» est «préparatoire» à la lutte pour renverser le système capitaliste, «les syndicats étant les écoles de la révolution» (LÉNINE) pour renverser le «salariat», c’est-à-dire un système dont ENGELS écrivait:

    «Dans un précédent article nous avons examiné la devise en son temps honorée:’Un salaire quotidien juste pour un travail quotidien juste’, et que le plus juste juste des salaires quotidiens, dans les conditions actuelles, est nécessairement équivalent à la très injuste répartition du produit de l’ouvrier: la plus grande part de ce produit allant dans les poches du capitaliste et l’ouvrier recevant tout juste ce qui lui permettra de rester en état de travailler et de propager sa race.

    C’est là une LOI ÉCONOMIQUE où, en d’autres termes, une LOI DE L’ORGANISATION ÉCONOMIQUE actuelle de la société, qui est plus forte que tout le droit coutumier ou écrit d’Angleterre réuni, y compris la cour de de la chancellerie.Tant que la société sera divisée en deux classes antagonistes: d’un côté les capitalistes qui monopolisent l’ensemble des moyens de production, la terre, les matières premières, l’outillage; de l’autre, les travailleurs, ceux qui travaillent et sont privés de toute propriété sur les moyens de production, ne possédant rien d’autre que leur propre force de travail: TANT QUE CETTE ORGANISATION SOCIALE EXISTERA, la loi du salaire restera toute puissante et rivera chaque jour davantage les chaînes par lesquelles l’homme qui travaille est rendu esclave de son propre produit monopolisé par le capitaliste.

    Les TRADE UNIONS de ce pays ont, depuis près de soixante ans combattu contre cette loi.Avec quel résultat? Ont-ils réussi à libérer la classe ouvrière de l’esclavage dans lequel le capital – c’est-à- dire le produit de ses propres mains- la tient?Ont-ils permis à une seule fraction de la classe ouvrière de s’élever au-dessus de la situation d’esclave salarié, de devenir propriétaire de ses propres moyens de production, des matières premières, outils, outillage nécessaires dans leur travail, et ainsi de devenir les propriétaires du produit de leur propres travail? Il est bien connu que non seulement ils n’y ont pas réussi mais qu’ils n’ont jamais essayé.»
    (re: «Le Système du salariat», marcists.org).

    Voilà ce qui en est: les Trade Unions n’ont nullement pour FINALITÉ de combattre la LOI DU SALARIAT, ils ont pour FINALITÉ dans «négocier» la mise en oeuvre en fonction des paramètres en vigueur au moment des «négociations» en termes de rapport de force n’ont seulement: «employeur/employés», mais entre les diverses factions des capitalistes eux-mêmes:
    «État capitaliste collecteur de taxes et d’impôts pour les services publics aux capitalistes en général/pourvoyeurs de biens de consommation aux prolétaires consommateurs/capitalistes des médias des milliardaires»,

    en somme, le SALARIAT est une organisation du corps social qui transcende les capitalistes et leurs esclaves salariés individuellement, les patrons et les syndicats, ainsi qu’en témoignent les injonctions , les lois spéciales, les matraquages policiers et judiciaires; un système qui commandent que chacune de ses «cellules individuelles» doit être au service de cette organisation sous peine d’élimination, de gré ou de force.

    ENGELS ajoutait au sujet de SALARIAT que «la loi du salaire, donc, n’est pas une loi qui trace une ligne rigide et inébranlable.Elle n’est pas inexorable dans certaines limites.Il y a, à tout moment (excepté pendant les grandes périodes de dépression), pour chaque métier une certaine latitude dans laquelle le taux du salaire peut-être modifié par le résultat de la lutte entre les deux parties qui sont en conflit […].Ainsi, les syndicats n’attaquent pas pas le système salarial».( ibidem).

    A SUIVRE.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur les 7 du quebec

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture