Mais pourquoi les musulmans ne veulent pas qu’on représente physiquement le saint prophète?


UN ŒIL SUR LE MONDE MUSULMAN
Paul Laurendeau

Comprenons-nous bien, je suis athée mais je ne suis pas ignare. Le petit journalisme contemporain occidental est, lui, par contre, particulièrement sot, nunuche et baveux et il ne rate jamais l’occasion de faire passer les musulmans pour des irrationnels, des boutefeux et des incohérents. Ça m’agace au plus haut point. Ça n’explique rien et ça sème la confusion intellectuelle, la pire de toutes. Le refus par les musulmans de voir le saint prophète (j’utilise ici la désignation française musulmane usuelle pour ce personnage historique – simple question de déférence élémentaire) représenté matériellement fonctionne selon une logique interne simple, parfaitement articulée et qui pose des problèmes spécifiques (y compris des problèmes logiques menant à une critique intellectuelle respectueuse). Voyons l’affaire dans sa limpide cohérence. L’Islam organise son système de représentations d’abord et avant tout dans un cadre de croyances hautement codé. C’est là une chose très spécifique qui n’échappe pas aux détails des contraintes historiques. On dira donc, plus précisément, que le religion musulmane est un monothéisme abrahamique et, comme tel, qu’elle est très soucieuse de précision sur son inscription dans une continuité améliorée des deux autres monothéismes abrahamiques majeurs que sont le judaïsme et le christianisme. Ceci est capital et encore bien mal compris des occidentaux.

UN RIGOUREUX MONOTHÉISME. L’Islam est la version la plus achevée et la plus cohérente des grands monothéismes ayant eu un impact de masse significatif. En cela, l’Islam formule des exigences qui frappent par leur simplicité, leur clarté et, disons le mot, leur rigueur. Il y a un seul dieu, c’est Allah et il faut s’abandonner totalement à la foi en lui. C’est un être immatériel, intemporel, spirituel, éternel assurant la cohérence de l’univers matériel et social. Je vous assure que le plus modeste musulman vous dira que la foi en dieu est l’unique exigence de l’Islam et que tout le reste est facultatif, ancillaire, subsidiaire, ajustable et conjoncturel. Or, il faut absolument comprendre que le monothéisme de la tradition abrahamique s’extirpe par bonds du polythéisme ancien qu’il subvertit. Dans la Genèse, dieu est souvent désigné au pluriel (Les Élohims). Je ne vous parlerai pas des anges, des diables, des dieux des peuples ennemis (Moloch, Baal etc), des veaux d’or, des djinns et de toute une fournée d’êtres intermédiaires qui brouillent le monothéisme depuis ses origines. Le cas chrétien pose des problèmes encore plus épineux (sans calembour), sur cette question de la rigueur simple et dépouillé du monothéisme. Voici un culte qui s’embarque avec une trinité incorporant un esprit saint (en anglais Holy Ghost – je vous laisse méditer et gamberger l’explication de ce concept moyenâgeux particulièrement fumeux), un fils de dieu divinisé (thaumaturge hocus-pocus ressuscité après supplice dont la magie, hautement sensuelle et terrestre, répugne particulièrement à la logique systématisante, abstraite et universalisante de la foi islamique) et une nuée de saints plus ou moins surnaturels eux aussi. Tout ça, pour les musulmans, c’est du fatras superstitieux et la notion de fils de dieu est une pure et simple injure intellectuelle. Dieu est un être spirituel immortel, il ne peut pas engendrer un être charnel mortel. Point final. On est pas dans les galipettes hédonistes et sautillantes de la mythologie gréco-romaine ici. Pas de demi-dieu, au sens fort du terme. Pas de trinité non plus: dieu est un. L’exigence de rigueur monothéiste de l’Islam ne transigera pas là-dessus. C’est une question de simple cohérence élémentaire dans la formulation des caractéristiques définitoires de dieu. Ajoutons, pour la bonne bouche, que des penseurs modernes ont introduit des monothéismes encore plus systématiques que celui de l’Islam (Thomas Paine, Spinoza, Voltaire, les Francs-maçons – ils rompent carrément le contact entre l’humain et le divin. Ils retirent les anges et la prière par exemple, intermédiaires indispensables en Islam pour que la transmission du Coran au saint prophète ne soit pas trop intime avec dieu mais aussi pour que tout le monde puisse se raccorder au divin). Ces théologies hyper-abstraites de francs-tireurs, ce sont les déismes. Ils sont bien beaux et bien logiques, mais leur impact de masse est resté beaucoup plus restreint (le passage direct à l’athéisme prenant vite le dessus sur la foi déiste de Thomas Paine ou le dieu-nature de Spinoza). Restons lucides ici. Quand le dieu de Voltaire aura défini en profondeur la culture et la vision du monde d’un milliard et demi de personnes (ce qui est le cas de l’Islam), eh ben, on en reparlera… C’est quand même pas demain la veille.

UNE RELIGION ABRAHAMIQUE. C’est ici qu’on entre au cœur de notre problème. Contrairement au déisme justement, l’Islam n’est pas juste un monothéisme comme ça, en l’air. C’est un monothéisme révélé. C’est délicat ça, parce que qui dit révélation dit point de contact entre dieu et les humains. L’Islam est en plus révélé dans un cadre très spécifique: le cadre prophétique abrahamique. Partant d’Abraham (Ibrahim) puis d’Ismaël (Isma’ïl), une succession de prophètes, dont Jésus (Îsâ, être humain et prophète de l’Islam), gueulent, luttent et s’efforcent de faire avancer deux causes: la moralité publique (sexuelle, comportementale, politique et militaire notamment) et la rigueur de la foi monothéiste. Or une des exigences cardinales de la foi en un dieu unique, c’est le rejet de toutes autres divinités, idoles, totems, fétiches, panthéons, saints, lutins, héros fabuleux, ou icônes. Le Coran est très clair là-dessus. Citons pour exemple ce passage, attribué au prophète Joseph (Yusuf):

Ceux que vous adorez en dehors de lui
ne sont que des noms
que vous et vos pères, vous leur attribuez.
Dieu ne leur a concédé aucun pouvoir.
Le jugement n’appartient qu’à Dieu.
Il a ordonné que vous n’adoriez que lui:
telle est la Religion immuable;
mais la plupart des hommes ne savent rien!
(Le Coran, Sourate 12, Joseph. verset 40, traduction D. Masson)

Pas de concession. En toute cohérence, donc, cette consigne stricte et cruciale s’applique aussi à tous les prophètes sans exception, incluant le ci-devant dernier prophète, le saint prophète de l’Islam. C’est très délicat parce que, dans le cadre des religions abrahamiques, les prophètes sont des personnages explicitement raccordés au divin MAIS qu’on ne peut pas simplement rejeter (on bazarde tout simplement –autoritairement– les djinns et les icônes – les prophètes, c’est bien plus délicat à encadrer). Le saint prophète est donc juste un messager humain, mort à soixante-cinq ans d’une courte maladie et incarnant, comme les premiers califes, la modestie humaine et limitée d’un simple serviteur de dieu. Or, les musulmans ont eu le pif d’observer rapidement (notamment dans les territoires sur lesquels leur rayonnement fulgurant s’effectua, sous les quatre premiers califats) que lidolâtrie n’était en rien une manifestation de religiosité exclusivement polythéiste. Les cultures ayant accepté le pacte avec dieu (pour reprendre la formulation coranique) en étaient lourdement infestées, non plus, alors, envers les idoles de jadis mais envers les saints d’aujourd’hui. Voyant dans cela (d’ailleurs à raison, je les seconde ici pleinement, en tant que rationaliste) une régression tendancielle vers des formes de religiosité plus sensuelles et sensorielles, moins abstraites ou générales, les musulmans ont vu, avec la fermeté requise, à mettre, sur cette question, de l’ordre dans leur propre demeure. Ils ont vu à ce que le grand amour, profond et tangible, qu’ils ressentent pour le saint prophète ne bascule pas en dévotion. Déférence obligée envers l’absolue priorité monothéiste. L’iconolâtrie (représentation des saintetés sur supports matériels et adoration subséquente, souvent délirante, de ces supports – partez-moi pas sur le christ en croix, les reliques médiévales, les icônes des vieux croyants russes ou les images de la vierge dans des taches d’huile ou du christ dans des croque-monsieurs) fut donc explicitement prohibée dans la culture islamique. The rest is history…

UN PROBLÈME FONDAMENTAL DE COHÉRENCE. Adoncque, cet interdit de représenter le saint prophète matériellement, ce n’est pas à cause de la peur de la dérision ou des caricatures qu’il fut initialement formulé. C’est plutôt à cause du contraire: l’amour débordant et intense des musulmans pour le saint prophète. On refusait que le saint prophète se fasse fétichiser et adorer (comme Jésus ou encore Bouddha), alors qu’il n’est qu’un modeste porte-paquet de la révélation divine. Le rejet des représentations matérielles initiales du saint prophète était donc un rejet de l’iconolâtrie complètement INTRA MUROS (contrainte de culte INTERNE à la foi musulmane). Or une caricature est le pur contraire de l’iconolâtrie. C’est de l’iconoclastie, venue de non-coreligionnaires, en plus (les derniers à risquer de diviniser le prophète, donc). En ruant dans le bacul, ici, ainsi, nos pauvres amis musulmans prouvent, avec leur ardeur usuelle (ils sont les bouillants héritiers du calife Omar, que voulez-vous, et pourquoi pas…), qu’ils ont quand même un petit peu perdu le sens des priorités fondamentales de leurs propres directives de cultes. Pas fort, la foi dans ça… Insécure… Mais la plupart des hommes ne savent rien! disait Yusuf. Eh bondance, méditons tous ensemble son message… Seuls les musulmans sont tenus de ne pas transformer leur saint prophète en statuette de chapelle ou en grigri tribal. Ce que les non-musulmans font dans leurs canards, leurs ordis, leurs cinémas et leur propagande de merde, le culte islamique s’en tape souverainement… normalement. Sauf s’il dérape dans la cruelle et violente perte de repères dont souffrent tant certaines diasporas mondiales… Restons logiques, restons cohérents. Cultivons l’abstraction adéquate et le sens approprié des causalités. Gardons ainsi à l’esprit la signification doctrinale effective de tout ceci: ce n’est pas la représentation matérielle du saint prophète que l’Islam a combattu. C’est la divinisation et l’adoration que ces mises en images risquaient de déclencher, notamment chez les petits esprits du type de ceux qui contrariaient tant le prophète Yusuf. Il y en a dans tous les camps…

Moi, ici, tout ce que je demande à mes concitoyens et concitoyennes musulmans et musulmanes du monde c’est de rester cohérents dans la logique interne de leur propre culte. Dieu est miséricordieux (y compris pour les connards, occidentaux ou autres) et son saint prophète est un messager qui ne doit pas être divinisé. Le reste, c’est de la bagarre de taverne d’intérêt mineur. Dans ce cabotinage grossier et vulgaire de films crétins et de caricatures faciles (souvent, elles aussi, de fort mauvais goût – comme le disait un de nos plus éminents caricaturistes québécois: Ça donne rien de plus de montrer Mahomet les fesses à l’air), absolument personne ne divinise le saint prophète et, par la force de leur bêtise ignare et ethnocentriste, les ennemis les plus virulents de l’Islam observent ici, plus que quiconque et sans même le savoir, cette exigence fondamentale de la foi islamique (ne pas diviniser le saint prophète!). Alors, restons dignes, cohérents et cessons une bonne foi de mordre à tous ces hameçons imbéciles tendus par l’appareil hyper-perfectionné du discrédit médiatique (et politique) occidental.

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Tiré de l’ouvrage de Paul Laurendeau (2015), L’Islam, et nous les athées, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou PDF.

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9 pensées sur “Mais pourquoi les musulmans ne veulent pas qu’on représente physiquement le saint prophète?

  • 24 avril 2014 à 11 h 19 min
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    Mon impression personnelle sur l’origine de cet interdit de représentation du prophète de l’Islam, c’est que cela vient d’une peur que les premiers musulmans avaient que les femmes juives tentent de porter atteinte à leur chef par envoûtement sur dagyde (alias « poupée vaudou »), ou autre représentation visuelle. Il y avait une pratique à l’époque qui consistait à fabriquer une représentation en argile de la personne visée, de lui passer une cordelette au cou et de tirer dessus pour en faire tomber la tête, de manière à ce que la personne visée se fasse décapiter, ou devienne folle, ou tout autre façon de « perdre la tête ». C’était le genre de pratique auxquelles s’adonnaient les femmes juives de Médine à l’époque où Mohammed est entré en conflit avec les tribus juive de l’endroit. Alors on a interdit toute représentation pour être sûr d’empêcher cette pratique, on a prononcé des paroles de bénédiction à chaque fois qu’on prononçait le nom du prophète pour que cela fasse une protection magique (« que la paix soit sur lui »), le tout s’est figé en tradition où on a oublié l’origine exacte de la chose et aujourd’hui c’est devenu loi immuable. Je ne suis pas islamologue mais je partage mon hypothèse (pas un modèle, pas une théorie, une hypothèse)
    Il est à noter que cet interdit de représentation ne s’est pas fait partout dans le monde musulman. J’ai chez moi une magnifique tapisserie iranienne où en son centre Mohammed est bien représenté, avec la barbe, le turban, le visage, les mains. Il a un livre entre les mains, est assis sur une peau de lion et autour il y a la représentation de cette bataille où les musulmans avaient creusé des fosses anti-cavalerie autour de Médine, sur le conseil d’un Perse.

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    • 24 avril 2014 à 13 h 11 min
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      Je note ce détail intéressant et vous en remercie. Il a la qualité historique indéniable de faire sentir que l’effort monothéiste n’est pas achevé, d’un bloc, mais qu’il s’arc-boute sur une irrationalité antérieure qui habite partiellement même les innovateurs, qui restent inévitablement des penseurs de leur temps. À rapprocher des éléments pré-islamiques maintenus/concédés par le Saint Prophète (pèlerinage à la Mecque, pierre noire, références au culte lunaire).
      Vraie ou non, il reste cependant que cette cause originale que vous envisagez est perdue. La raison contemporaine de l’interdit de représentation est aujourd’hui exclusivement doctrinale…

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  • 15 février 2018 à 3 h 14 min
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    Tout ça pour du vent ……….

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  • 16 février 2018 à 14 h 03 min
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    Je lis Laurendeau… je me sent plus intelligent.
    Fortin… je me sent plus humain.
    Allard…. plus présent.
    J’ai enfin trouvé une explication à la Trinité !
    Alors je vous béni tous au nom de Laurendeau, Fortin, Allard… 🙂 !

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  • 7 mars 2019 à 5 h 32 min
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    Billet cinglant et très juste, doctrinal et faisant la synthèse de la chose, et juste pour taquiner vos opposants, j’ajouterais sans exagérer qu’il ferait une excellente leçon lors d’un prêche de mosquée un vendredi dans une prestigieuse mosquée en présence d’érudits, d’élèves, de notables, et de musulmans lambda… et ce, à toutes les époques! Vous auriez eu un immense succès, et vos adeptes vous affubleront de ce genre de citation : ‘’Comme nous enseigne notre vénéré Imam et guide, le Docteur Laurendeau, puisse Allah l’anoblir et lui insuffler la baraka, bénir sa science et préserver son savoir et sa santé, et allonger sa vie, et le compter parmi les martyrs et les prophètes’’ ! une telle leçon fera l’unanimité et vous vaudra l’appuis et la reconnaissance du conseil des Oulémas (savants), Sultans ou Califes, vous auriez un siège princier dans leur cour, dans le ‘’Majliss’’et votre influence fera que l’on tentera de vous rallier au palais !
    Certains commentaires prêtent à sourire en tous cas, puisque le fait d’admettre d’entrée de jeu que vous soyez athée ne vous épargne pas toutes sortes de susceptibilités, ou d’accusations…qui restent compréhensibles il faut dire… car vous expliquez le sujet avec l’intérêt, le poids et la rigueur qu’il mérite sans ménager le christianisme qui il faut admettre à un sérieux problème d’idolâtrie depuis ses débuts et qui soit tout aussi contraire à ses enseignements…mais qu’ il a choisi de tolérer, intégrer et ne pas combattre pour autant dans le culte pour des raisons historiques et pas nécessairement théologiques. Et donc comme vous le constatez, il y a peu de gens surtout ici, qui s’intéressent ou soient ouverts à ce genre de démonstration pourtant accessible et pas compliquée! Mais je vous assure, sans devoir vous rassurer puisque vous ne recherchez pas de notoriété pour autant, vous seriez en France, ce genre de billets apparaîtra malgré vos réserves dans la presse de droite comme de gauche, et dans les revues aussi prestigieuses que People…et l’on n’ hésitera pas à vous courir après pour donner ce genre de point de vues à la radio ou sur les plateaux télé, sans nécessairement devoir vous affubler de titres pompeux comme ‘’spécialiste’’, ‘’islamologue’’ mais comme intellectuel, linguiste, s’intéressant et ayant étudié l’islam par exemple… et cela traduit comme vous le savez, qu’en France, l’auditoire est plus large, coloré, et plus important, et la fibre intellectuelle est plus avancée même chez les lecteurs de de Paris Match et de ‘’Voici’’ qui n’hésitent pas à introduire des sujets ‘’savants’ dans leurs magazines pour faire ‘’intello’’ et les gens s’y intéresseront donc avant tout pour son apport intellectuel et de connaissances générales comme vous le faites d’ailleurs.
    Ceci dit, il faut aussi admettre que le Judaisme prêche la même chose ou presque, sauf qu’avec l’islam, cette interdiction de représentation est radicale et rencontre une volonté et une nécessité d’en faire une identité propre à lui qui se développe et le différentie d’un christianisme assimilé au judaïsme comme étant les deux messages antérieurs ayant ‘’échoué’’ ! bien que certaines enluminures Chiites avec représentations naïves et sommaires du prophète aient existé et subsisté et continuent probablement d’être reproduites, et que les sunnites lambda traitent de pratiques ‘’kharijites’’, hérétiques, idolâtres justement ! C’est ce que semble avoir chez lui le commentateur dans ce billet qui vous en fait part et qui croit que c’est courant alors que ça ne l’est pas, et que vous ne trouverez que très rarement dans un foyer sunnite, mais il se trouve que certains Imams sunnites récents aient décidé de faire le buzz et contredire la règle sans avoir la légitimité ni faire la moindre unanimité, et ont essayé de donner une autre interprétation en prétendant qu’il n’y a que les représentations de Dieu qui soient interdites, et pas du prophète, des positions qui furent reprises systématiquement dans la presse française (imam de bordeaux je crois), mais ça reste très marginal et le fait de cercles très restreints.
    La représentation de formes humaines ou animales comme toutes créatures ayant un ‘’souffle’’ ou autres créatures désignées, y compris des anges, des djinns comme on les imaginerait, est formellement et strictement interdite sur la base surtout des hadiths du prophète, ils sont décrits comme étant une ‘’Sura’’au singulier ou des ‘’Suwar’’ au pluriel, comprendre ; dessins ou images ou portraits ou figures etc, (au même titre que les reliques, les icônes, les statues et statuettes) que de nombreux hadiths condamnent fermement comme étant une tentative de reproduire la création d’Allah et promettent à l’artiste ou l’auteur l’enfer éternel ! bref, une simple recherche sur internet mènera quiconque à connaitre les hadiths en détail, et certaines histoires reliées comme le tissu avec les images que Aicha l’épouse du prophète utilisa un jour pour faire des coussins, et que le prophète réprimanda qui en fit un hadith aussi….
    Personnellement je pense qu’en plus de cet aspect d’éviter l’idolâtrie à tout prix, il y a surtout le fait de vouloir couper court avec l’environnement de l’époque où ils abondent au moment de l’arrivée de l’islam, et il aurait été périlleux d’ignorer cette donne, d’autant que cette interdiction devient intéressante sur le plan intellectuel et spirituel comme vous le soulignez, car elle s’inscrit dans l’essence d’un monothéisme profond et marquant chez ses adeptes…, et l’on pourrait aussi avancer que cela s’accorde aussi avec les percepts économiques et éthiques de l’islam, car cela évite d’attribuer une valeur marchande à ces objets ou images contribuant à créer un marché de l’idolâtrie sans pénaliser les artisans! n’oublions pas que l’islam combat aussi toute attribution de valeur à tout bien ou transaction ou service qui n’aient pas de valeur ‘’légitime’’, utile et nécessaire, au même titre qu’il a combattu les prêts usuraires, les hypothèques, la spéculation et les fausses monnaies !
    Bref, au final, derrière cette promesse de l’enfer aux artistes et autres artisans qui reproduiraient des figures humaines ou animales ou autres, l’islam atteint une cohérence quasi-totale au fil des années et des siècles, théologique et monothéiste, avec le risque de l’idolâtrie que leurs œuvres comportent certes, économique, qui rencontre son idéal de bâtir une économie qui soit plus consistante et différente de celle des incroyants de la Mecque, et esthétique, car il force artistes et artisans à créer et à se surpasser, inventant une autre approche de la beauté et du décor qui sera singulière et renforcera du coup son aura et sa tradition ! et c’est en cette dernière celle de cet art oriental qui se développera que l’islam frappera l’imaginaire et marquera les esprits aussi bien des musulmans qui y voient un esthétisme en plus d’une religion auxquels il s’identifient totalement, que des non musulmans qui se passionnent pour les arts et la beauté de l’orient!
    Salutations au Sheikh Paul Laurendeau ! 🙂

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