Asie/Afrique

👁‍🗹 La Palestine en images : juillet 2025

“Cette catastrophe humanitaire rĂ©sulte de l’action dĂ©libĂ©rĂ©e du gouvernement israĂ©lien, des politiques imposĂ©es par IsraĂ«l, qui ont considĂ©rablement rĂ©duit une aide vitale dans la bande de Gaza”.

Yazan Abu Foul, 2 ans, dans les bras de sa mĂšre dans le camp de rĂ©fugiĂ©s de Beach, Ă  l’ouest de la ville de Gaza, le 19 juillet. L’enfant prĂ©sente des signes de malnutrition sĂ©vĂšre due au manque de nourriture, de complĂ©ments alimentaires et de soins mĂ©dicaux. © Yousef ZaanounActiveStills.
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👁‍🗹 La Palestine en images : juillet 2025

Par Maureen Clare Murphy pour The Electronic Intifada, le 4 août 2025


Plus de 2 600 Palestiniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s entre le 2 et le 30 juillet alors que le gĂ©nocide perpĂ©trĂ© par IsraĂ«l fait rage Ă  Gaza, et 11 677 autres ont Ă©tĂ© blessĂ©s, selon les donnĂ©es du ministĂšre de la SantĂ©. Dix-sept soldats israĂ©liens auraient Ă©tĂ© tuĂ©s Ă  Gaza durant la mĂȘme pĂ©riode.

Le nombre de morts Ă  Gaza depuis octobre 2023 a dĂ©passĂ© les 60 000, a annoncĂ© le ministĂšre de la SantĂ© du territoire Ă  la fin du mois de juillet, dont 18 500 enfants, et plus de 146 000 blessĂ©s. Ces chiffres comprennent 8 970 personnes tuĂ©es et plus de 34 000 blessĂ©es aprĂšs la rupture par IsraĂ«l d’un cessez-le-feu de deux mois le 18 mars 2025.

Ce chiffre cumulĂ© depuis octobre 2023 comprend 279 morts, dont les donnĂ©es d’identification ont Ă©tĂ© validĂ©es par un comitĂ© le 24 juillet, a dĂ©clarĂ© le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, citant le ministĂšre de la SantĂ©. Ce nombre ne tient pas compte des morts par manque de soins mĂ©dicaux ou d’autres dĂ©cĂšs rĂ©sultant de la destruction et du blocus imposĂ©s par IsraĂ«l, ni des milliers de personnes toujours portĂ©es disparues.

Des proches et du personnel mĂ©dical pleurent le Dr Marwan Sultan, directeur de l’hĂŽpital indonĂ©sien, tuĂ© avec plusieurs membres de sa famille lors d’une attaque israĂ©lienne contre un appartement de la ville de Gaza, le 2 juillet. © Omar AshtawyAPA images

Depuis le 27 mai, prĂšs de 1 250 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es et 8 150 blessĂ©es alors qu’elles tentaient d’accĂ©der Ă  l’aide alimentaire, selon le ministĂšre. Les morts liĂ©s Ă  la malnutrition ont augmentĂ© Ă  Gaza, le ministĂšre de la SantĂ© annonçant la mort de sept enfants au cours des derniĂšres 24 heures le 30 juillet.

Un observateur mondial de la sécurité alimentaire a averti à la fin du mois que

“dans ce contexte de destruction incessant, de dĂ©placements frĂ©quents, d’accĂšs humanitaire extrĂȘmement limitĂ© et d’effondrement des systĂšmes de santĂ©, le pire scĂ©nario s’accĂ©lĂšre Ă  Gaza”.

IsraĂ«l a continuĂ© de dĂ©placer de force et de confiner les Palestiniens de Gaza dans un espace de plus en plus restreint. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, plus de deux millions de personnes vivent dĂ©sormais Ă  Gaza sur moins de 45 kmÂČ, soit la superficie de la ville de Gaza, tandis que 88 % du territoire est dĂ©sormais zone militaire interdite, ou fait l’objet d’ordres de dĂ©placement.

En Cisjordanie occupĂ©e, 24 Palestiniens, dont huit enfants, un citoyen amĂ©ricain, un homme ĂągĂ© et un militant de premier plan, ont Ă©tĂ© tuĂ©s par l’armĂ©e israĂ©lienne, des colons et des gardes des colonies entre le 2 et le 30 juillet. En outre, un Palestinien a succombĂ© Ă  des blessures subies l’annĂ©e derniĂšre et un autre est mort en dĂ©tention israĂ©lienne.

Environ 170 Palestiniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s en Cisjordanie depuis le dĂ©but de l’annĂ©e.

Un garde d’une colonie a Ă©tĂ© tuĂ© en juillet par deux Palestiniens tuĂ©s plus tard dans le mois.

Un trĂšs grand nombre de blessĂ©s et de morts ont Ă©tĂ© transportĂ©s au complexe mĂ©dical Nasser de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, aprĂšs qu’un groupe de personnes cherchant de l’aide a Ă©tĂ© pris pour cible par l’armĂ©e israĂ©lienne, le 3 juillet. © Doaa Albaz, ActiveStills

DĂ©but juillet, le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump s’est livrĂ© Ă  des dĂ©clarations optimistes affirmant qu’un accord de cessez-le-feu Ă  Gaza serait bientĂŽt conclu entre IsraĂ«l et le Hamas.

Mais au lieu d’un accord permettant d’augmenter l’aide et de mettre fin au bain de sang, la famine a frappĂ© la population de Gaza, aprĂšs que le Premier ministre israĂ©lien, Benjamin Netanyahu, a proposĂ© de nommer Trump au prix Nobel de la paix, lors de sa visite Ă  Washington, sans qu’un accord de cessez-le-feu soit conclu.

Au lieu d’imposer des sanctions et autres mesures conformes Ă  l’obligation de mettre fin au gĂ©nocide, certains alliĂ©s d’IsraĂ«l, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada, ont annoncĂ© leur intention de reconnaĂźtre l’État palestinien au cours du mois. Plus de 30 pays, dont l’Australie, la France et le Royaume-Uni, ont publiĂ© une dĂ©claration le 21 juillet, appelant Ă  la fin de la guerre Ă  Gaza et enjoignant IsraĂ«l Ă  “lever immĂ©diatement les restrictions sur l’acheminement de l’aide”.

La SlovĂ©nie, qui a reconnu l’État palestinien l’annĂ©e derniĂšre, a imposĂ© un embargo sur le commerce des armes avec IsraĂ«l le 31 juillet, invoquant l’incapacitĂ© de l’UE Ă  adopter des mesures concrĂštes pour faire respecter les obligations en matiĂšre de droits humains. Cette dĂ©cision, la premiĂšre d’un pays de l’UE, fait suite, deux semaines plus tĂŽt, aux dĂ©clarations de Ljubljana qui a dĂ©clarĂ© les ministres israĂ©liens d’extrĂȘme droite Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich persona non grata sur son territoire

Les Pays-Bas leur ont interdit l’entrĂ©e sur leur territoire en juillet. Ben-Gvir et Smotrich ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© sanctionnĂ©s par le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-ZĂ©lande et la NorvĂšge. Cette dĂ©cision a Ă©tĂ© condamnĂ©e par les États-Unis, qui ont annoncĂ© en juillet imposer des sanctions Ă  des membres non spĂ©cifiĂ©s de l’AutoritĂ© palestinienne et de l’Organisation de libĂ©ration de la Palestine pour leurs tentatives de demander des comptes devant la Cour internationale de justice et la Cour pĂ©nale internationale.

DĂ©gĂąts causĂ©s par une frappe israĂ©lienne ayant endommagĂ© et dĂ©truit des bĂątiments rĂ©sidentiels dans le camp de rĂ©fugiĂ©s de Beach, Ă  l’ouest de la ville de Gaza, le 4 juillet. © Omar Ashtawy, Agence France Presse

Les attaques quotidiennes faisant de nombreux blessĂ©s et morts dans les sites de distribution gĂ©rĂ©s par la Fondation humanitaire de Gaza, soutenue par les États-Unis et IsraĂ«l, ont transformĂ© le complexe mĂ©dical Nasser, dans le sud de Gaza, en “un immense service de traumatologie”, a dĂ©clarĂ© un reprĂ©sentant de l’Organisation mondiale de la santĂ© lors d’une visite dans cet Ă©tablissement dĂ©but juillet.

L’Organisation mondiale de la santĂ© et MĂ©decins sans frontiĂšres ont mis en garde contre une augmentation des cas de mĂ©ningite chez les enfants, alors que la place manque place pour isoler les patients dans les hĂŽpitaux surpeuplĂ©s et sous-Ă©quipĂ©s de Gaza.

Le blocus israélien a contraint les hÎpitaux de Gaza à entasser plusieurs bébés nécessitant une assistance respiratoire dans une unique couveuse en raison de la pénurie de carburant, et les a également contraints à réduire ou à suspendre les traitements par dialyse.

Les conditions insalubres dans lesquelles les Palestiniens survivent à Gaza favorisent la propagation de maladies telles que la méningite et la polio.

Durant la semaine du 19 au 25 juillet, cinq nouveaux cas de paralysie musculaire aiguĂ«, un syndrome pouvant ĂȘtre causĂ© par le virus de la polio, ont Ă©tĂ© rapportĂ©s Ă  Gaza. Une nouvelle variante du virus de la poliomyĂ©lite dĂ©rivĂ©e du vaccin a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e dans des Ă©chantillons environnementaux prĂ©levĂ©s en mai.

Le 15 juillet, la municipalitĂ© de la ville de Gaza a mis en garde contre une “catastrophe sanitaire imminente” en raison du dĂ©bordement imminent d’un bassin de collecte des eaux de pluie dans le quartier de Sheikh Radwan.

Ce bassin recueille des eaux usées non traitées, et la pénurie de carburant a contraint la municipalité à réduire considérablement les périodes de fonctionnement des pompes de drainage.

L’accumulation de grandes quantitĂ©s d’eaux usĂ©es dans le bassin a

“créé une grave crise environnementale et sanitaire dans la rĂ©gion, en raison d’odeurs nausĂ©abondes et d’une prolifĂ©ration d’insectes nuisibles, augmentant considĂ©rablement le risque d’Ă©pidĂ©mies”,

a déclaré la municipalité.

Des pompiers palestiniens tentent d’Ă©teindre un incendie dĂ©clenchĂ© par une milice de colons israĂ©liens lors d’une attaque Ă  la pĂ©riphĂ©rie de la ville de Beita, dans le nord de la Cisjordanie, le 5 juillet. © Wahaj Bani Moufleh, ActiveStills

Le 1er juillet, plus de 200 organisations non gouvernementales ont exigĂ© “des mesures immĂ©diates pour mettre fin au programme de distribution meurtrier” de l’IsraĂ«l Ă  Gaza.

Les groupes ont appelé à un retour aux

“mĂ©canismes de coordination existants dirigĂ©s par l’ONU et [Ă ] la levĂ©e du blocus imposĂ© par le gouvernement israĂ©lien sur l’aide et les fournitures commerciales”.

Quatre cents points de distribution d’aide fonctionnaient durant le cessez-le-feu qui a dĂ©butĂ© fin janvier et auquel IsraĂ«l a brutalement et unilatĂ©ralement mis fin en mars.

Ces points de distribution ont “dĂ©sormais Ă©tĂ© remplacĂ©s par seulement quatre sites de distribution contrĂŽlĂ©s par l’armĂ©e”, ont dĂ©clarĂ© les organisations non gouvernementales, forçant les Palestiniens Ă  se rendre dans

“des zones surpeuplĂ©es et militarisĂ©es oĂč ils sont confrontĂ©s quotidiennement aux tirs et Ă  des pertes humaines massives”

alors qu’ils tentent d’accĂ©der Ă  des produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ©.

Parmi les personnes tuĂ©es alors qu’elles attendaient l’aide, se trouvait Abdullah Hammad, un infirmier qui travaillait pour une clinique de MĂ©decins sans frontiĂšres Ă  Al-Mawasi, dans le sud de Gaza.

L’organisation caritative a dĂ©clarĂ© que M. Hammad, le 12Ăš employĂ© de l’organisation Ă  ĂȘtre tuĂ© Ă  Gaza depuis octobre 2023, se trouvait dans un groupe de personnes “dĂ©libĂ©rĂ©ment prises pour cible” par l’armĂ©e israĂ©lienne “sans sommation, alors qu’elles attendaient des camions d’aide”.

Seize personnes auraient Ă©tĂ© tuĂ©es lors de l’incident du 3 juillet Ă  Khan Younis.

Hala Dahliz, une fillette de 12 ans gravement blessĂ©e Ă  la tĂȘte lors d’un bombardement israĂ©lien qui a brĂ»lĂ© son cuir chevelu, photographiĂ©e Ă  Khan Younis, dans le sud de Gaza, le 5 juillet. Hala lutte contre des infections depuis deux mois et attend le jour oĂč elle pourra faire repousser ses cheveux grĂące Ă  un traitement appropriĂ©. © Moaz Abu Taha, images de l’AFP

Début juillet, Francesca Albanese, rapporteure spéciale des Nations unies pour la Cisjordanie et Gaza, a publié un rapport détaillant

“comment le profit et les gains financiers des entreprises ont permis et lĂ©gitimĂ© la prĂ©sence et les actions illĂ©gales d’IsraĂ«l”.

“Au cours des 21 derniers mois, alors que le gĂ©nocide perpĂ©trĂ© par IsraĂ«l a dĂ©vastĂ© la vie et les paysages palestiniens, la bourse de Tel Aviv a bondi de 213 %”, selon Mme Albanese. “Pour certains, le gĂ©nocide est rentable.

“Les acteurs privĂ©s sont profondĂ©ment impliquĂ©s dans le systĂšme d’occupation, d’apartheid et de gĂ©nocide dans les territoires palestiniens occupĂ©s”, a-t-elle ajoutĂ©.

“Depuis des dĂ©cennies, la rĂ©pression du peuple palestinien par IsraĂ«l est soutenue par des entreprises pleinement conscientes des violations des droits humains et des crimes internationaux commis depuis des dĂ©cennies, et en toute indiffĂ©rence”.

Mme Albanese a exhortĂ© les États Ă  imposer un embargo sur les armes et des sanctions Ă©conomiques Ă  IsraĂ«l pour

“l’un des gĂ©nocides les plus cruels de l’histoire moderne”,

comme elle l’a dĂ©clarĂ© devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies Ă  GenĂšve.

L’administration Trump a imposĂ© des sanctions Ă  l’experte de l’ONU quelques jours aprĂšs la publication de son rapport. Marco Rubio, secrĂ©taire d’État amĂ©ricain, a justifiĂ© cette sanction contre Albanese au motif qu’elle a plaidĂ© en faveur d’une mise en accusation des responsables et des entitĂ©s amĂ©ricaines et israĂ©liennes devant la Cour pĂ©nale internationale.

Le mois dernier, l’administration Trump a imposĂ© des sanctions Ă  quatre juges de la CPI pour leurs enquĂȘtes sur des crimes de guerre en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et en Afghanistan.

Les juges de la CPI, dont deux font l’objet de sanctions amĂ©ricaines, ont rejetĂ©, le 16 juillet, la demande d’IsraĂ«l d’annuler les mandats d’arrĂȘt contre le Premier ministre israĂ©lien, Benjamin Netanyahu, et l’ancien ministre de la DĂ©fense, Yoav Gallant, mais ont dĂ©clarĂ© devoir statuer sur la contestation par Tel-Aviv de la compĂ©tence territoriale de la Cour.

Des enfants palestiniens du village de Halhul, au nord de la ville cisjordanienne d’HĂ©bron, observent un nouvel avant-poste construit par les IsraĂ©liens sur les terres du village, le 6 juillet. © Mosab Shawer, ActiveStills

Le 3 juillet, les autoritĂ©s du Hamas Ă  Gaza ont mis en garde les habitants sur les stratĂ©gies de la Fondation humanitaire de Gaza, un programme soutenu par les États-Unis et IsraĂ«l qui vise Ă  supplanter l’ONU en tant que principal fournisseur d’aide dans le territoire.

Des centaines de Palestiniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s par l’armĂ©e israĂ©lienne alors qu’ils tentaient d’accĂ©der Ă  l’aide alimentaire distribuĂ©e par la GHF depuis le dĂ©but de ses opĂ©rations, fin mai.

La veille, les autoritĂ©s du Hamas ont exigĂ© la reddition de Yasser Abu Shabab, un chef de guerre dont les forces, opĂ©rant Ă  Rafah, dans le sud de Gaza, ont pillĂ© des camions d’aide humanitaire avec le soutien d’IsraĂ«l.

Le Hamas a rejeté les accusations américaines selon lesquelles il serait impliqué dans une attaque à la grenade qui a blessé deux Américains sur un site de la GHF, le 5 juillet.

Le Hamas affirme que plus de 800 policiers et gardes affiliĂ©s Ă  l’organisation ont Ă©tĂ© tuĂ©s alors qu’ils protĂ©geaient des vĂ©hicules d’aide humanitaire et les itinĂ©raires des convois durant des missions coordonnĂ©es par l’ONU.

Selon l’ONU, la dĂ©gradation des conditions de sĂ©curitĂ©, due en partie au dĂ©mantĂšlement des forces de police civiles de Gaza, constitue l’un des principaux obstacles Ă  l’acheminement de l’aide humanitaire.

Un homme en pleurs Ă  l’hĂŽpital Al-Shifa de Gaza aprĂšs avoir perdu un proche lors d’une frappe aĂ©rienne israĂ©lienne sur le bĂątiment de la clinique Rimal, qui sert dĂ©sormais de refuge aux familles dĂ©placĂ©es, le 7 juillet. © Omar Ashtawy, Agence France Presse

Au dĂ©but du mois de juillet, l’UNRWA (l’agence des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s palestiniens) a Ă©galement publiĂ© une Ă©tude soulignant que l’offensive israĂ©lienne en cours Ă  Gaza

“affecte de maniĂšre disproportionnĂ©e les personnes ĂągĂ©es, confrontĂ©es Ă  des risques accrus pour leur sĂ©curitĂ© souvent nĂ©gligĂ©s”.

Alors que les personnes ĂągĂ©es ne reprĂ©sentent que 5 % de la population de Gaza, elles comptent pour environ 7 % de tous les dĂ©cĂšs enregistrĂ©s, selon l’UNRWA.

“Le recours Ă  un systĂšme de triage pour maximiser les taux de survie dans les situations de conflit et lors d’Ă©vĂ©nements faisant de nombreuses victimes signifie Ă©galement que les personnes ĂągĂ©es blessĂ©es sont moins susceptibles d’ĂȘtre prises en charge en prioritĂ© par des Ă©quipes mĂ©dicales submergĂ©es”, a ajoutĂ© l’agence.

“Les personnes ĂągĂ©es sans rĂ©seau de soutien, ni moyens physiques ou financiers pour prendre soin d’elles-mĂȘmes risquent l’isolement et la mort par nĂ©gligence, faim ou maladies non traitĂ©es”.

L’UNRWA ajoute

qu’“en raison des maladies, des handicaps ou du manque de soutien, elles sont Ă©galement plus exposĂ©es au danger, car elles ont tendance Ă  ne pas quitter les zones d’oĂč les habitants ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s de force et oĂč des hostilitĂ©s sont en cours”.

De jeunes garçons observent les dĂ©gĂąts causĂ©s par une frappe israĂ©lienne sur une Ă©cole abritant des personnes dĂ©placĂ©es dans le camp de rĂ©fugiĂ©s d’Al-Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, le 8 juillet. © Belal Abu Amer/AP Images

Le 4 juillet, la communautĂ© pastorale d’Al-Muarrajat East, situĂ©e prĂšs de la ville de JĂ©richo, en Cisjordanie, a Ă©tĂ© expulsĂ©e de ses terres en raison de l’intensification des violences commises par les colons, ont dĂ©clarĂ© le Global Protection Cluster et le Haut Commissariat des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s.

Cette communauté

“s’ajoute Ă  la liste des centaines d’autres Ă©leveurs palestiniens contraints de quitter leurs maisons et moyens de subsistance en 2025 en raison de la violence des colons, souvent perpĂ©trĂ©e avec la complicitĂ© de l’armĂ©e israĂ©lienne”.

Le Global Cluster Protection et l’agence onusienne ont ajoutĂ© que

“les personnes dĂ©placĂ©es n’ont aucune visibilitĂ© sur leur avenir, dĂ©pendent de l’aide humanitaire et ne disposent d’aucune stratĂ©gie viable pour retourner chez elles”.

Le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a dĂ©clarĂ© qu’entre le 2 et le 4 juillet, des colons ont Ă©tabli de nouveaux avant-postes au cƓur de la communautĂ© et ont volĂ© des dizaines de moutons, tout en terrorisant les habitants palestiniens dans leurs maisons.

Les colons “ont occupĂ© l’une des maisons, l’ont vandalisĂ©e et ont forcĂ© les rĂ©sidents Ă  partir”,

puis ont occupé les maisons des 25 familles restantes de la communauté.

Selon le bureau de l’ONU, ce dĂ©placement s’inscrit

“dans le cadre d’un processus de longue date, sanctionnĂ© par l’État, de tentatives coordonnĂ©es de la part des colons, soutenus par l’armĂ©e israĂ©lienne, d’expulser la population palestinienne de certaines zones de la Cisjordanie occupĂ©e”.

Mi-juillet, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a rapportĂ© que prĂšs de 2 900 Palestiniens de 69 communautĂ©s de Cisjordanie ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s en raison de l’intensification des violences des colons et des restrictions d’accĂšs depuis janvier 2023, dont 636 cas en 2025.

Des proches de prisonniers palestiniens brandissent des photos de leurs proches dĂ©tenus dans des prisons israĂ©liennes lors d’un rassemblement Ă  Naplouse, en Cisjordanie, le 8 juillet. © Mohammed Nasser/AP Images

Le 5 juillet, le Programme alimentaire mondial a dĂ©clarĂ© qu’une Ă©valuation rĂ©cente indique que

“prĂšs d’une personne sur trois ne mange pas pendant plusieurs jours, exposant ainsi un nombre croissant de citoyens au risque de famine”.

“La malnutrition augmente et quelque 90 000 enfants et femmes requiĂšrent un traitement d’urgence”, a ajoutĂ© l’agence alimentaire de l’ONU.

“La farine nĂ©cessaire Ă  la fabrication du pain est 3 000 fois plus chĂšre qu’avant la guerre. Et il est tout simplement impossible de trouver du combustible pour cuisiner”.

Carl Skau, directeur adjoint de l’agence, a dĂ©clarĂ©, aprĂšs une visite Ă  Gaza les 1er et 2 juillet, que

“la situation a atteint un niveau sans prĂ©cĂ©dent. Les gens meurent simplement en essayant de se procurer de quoi manger.

“Nos cuisines sont vides. Nous servons dĂ©sormais de l’eau chaude dans laquelle flottent quelques pĂątes”, a-t-il dĂ©clarĂ©.

PrivĂ©s de besoins fondamentaux tels qu’un abri adĂ©quat, de la nourriture et de l’eau potable, les personnes dĂ©placĂ©es vivent dans des tentes de fortune et les dĂ©combres des bĂątiments effondrĂ©s dans la ville de Gaza, le 9 juillet. © Omar Ashtawy APA images

Le 7 juillet, le ministre israĂ©lien de la DĂ©fense, IsraĂ«l Katz, a annoncĂ© avoir donnĂ© instruction Ă  l’armĂ©e d’Ă©laborer des plans pour Ă©tablir une “ville humanitaire” Ă  Rafah, la zone la plus mĂ©ridionale de la bande de Gaza, dĂ©peuplĂ©e et dĂ©truite.

Selon ce projet, 600 000 personnes seraient transfĂ©rĂ©es de force dans cette zone aprĂšs des “contrĂŽles de sĂ©curitĂ©â€ et ne seraient pas autorisĂ©es Ă  partir une fois sur place.

Le mĂȘme jour, l’agence de presse Reuters a rapportĂ© qu’une proposition de 2 milliards de dollars, sous le nom de Gaza Humanitarian Foundation (Fondation humanitaire pour Gaza), a Ă©tĂ© soumise Ă  l’administration Trump afin de construire des “zones de transit humanitaire” Ă  l’intĂ©rieur et Ă©ventuellement Ă  l’extĂ©rieur de Gaza pour accueillir des Palestiniens sur une base prĂ©tendument volontaire.

Selon Reuters, ce plan vise à mettre fin aux activités du Hamas dans la bande de Gaza.

“Une prĂ©sentation vue par Reuters donne des dĂ©tails prĂ©cis sur les ‘zones de transit humanitaire’, y compris sur leur mise en Ɠuvre et leur coĂ»t”, a dĂ©clarĂ© l’agence.

“Ces vastes installations permettraient de ‘gagner la confiance de la population locale’ et de permettre de rĂ©aliser la ‘vision pour Gaza’ du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, qui prĂ©voit d’assurer le contrĂŽle et la rĂ©organisation de ce territoire par les États-Unis”, a ajoutĂ© Reuters.

Le Fonds humanitaire de Gaza a dĂ©clarĂ© qu’il

“ne prĂ©voit pas de crĂ©er ni de mettre en Ɠuvre des zones de transit humanitaire”.

Des proches d’Ahmad al-Awiwi, un adolescent de 19 ans, portent son corps dans la ville cisjordanienne d’HĂ©bron, le 9 juillet. L’adolescent est mort des suites de lĂ©sions cĂ©rĂ©brales causĂ©es par un tir Ă  la tĂȘte des forces israĂ©liennes lors d’une incursion Ă  HĂ©bron, il y a environ six mois. © Mosab Shawer, ActiveStills

Le 7 juillet, Israël a attaqué trois ports et une centrale électrique au Yémen, en riposte aux tirs de missiles et de drones depuis le territoire yéménite. Ansarullah a riposté en tirant, selon ses dires, des missiles sol-air de fabrication nationale vers Israël.

Quelques heures avant les frappes israĂ©liennes, un navire transportant 22 membres d’Ă©quipage et trois gardes armĂ©s a Ă©tĂ© attaquĂ© au large des cĂŽtes yĂ©mĂ©nites. Dix des personnes Ă  bord ont Ă©tĂ© secourues une semaine aprĂšs l’attaque, et une vidĂ©o diffusĂ©e Ă  la fin du mois a montrĂ© que les onze disparus Ă©taient vivants et en bonne santĂ©.

Les cinq autres sont toutefois portés disparus.

Ansarullah a imposé un embargo maritime à Israël en bloquant les navires dans la mer Rouge pour protester contre le génocide à Gaza.

Le 16 juillet, plus tard dans le mois, le Commandement central amĂ©ricain a annoncĂ© la saisie par les forces yĂ©mĂ©nites opposĂ©es Ă  Ansarullah de plus de 750 tonnes de munitions expĂ©diĂ©es par l’Iran.

Le 8 juillet, Israël a tué trois personnes à Tripoli, au nord du Liban, affirmant avoir ciblé un commandant du Hamas.

Le 15 juillet, des frappes israéliennes ont tué douze personnes dans la vallée de la Bekaa, au Liban.

“Une source a dĂ©clarĂ© Ă  l’agence de presse Reuters que cinq des morts seraient des combattants du Hezbollah”,

a-t-elle rapporté. Le gouverneur de la région a déclaré que les autres étaient des Syriens agriculteurs.

Israël a également lancé des frappes dans la province de Sweida, en Syrie, au cours du mois de juillet.

Les dĂ©combres d’une maison appartenant Ă  la famille Jouda, dĂ©truite par des frappes aĂ©riennes israĂ©liennes, dans le camp de rĂ©fugiĂ©s de Beach, Ă  l’ouest de la ville de Gaza, le 9 juillet. © Omar Ashtawy, Agence France Presse

Le 9 juillet, l’ONG Physicians for Human Rights, basĂ©e Ă  New York, et la Global Human Rights Clinic de la facultĂ© de droit de l’universitĂ© de Chicago ont publiĂ© une Ă©tude concluant que

“les restrictions extrĂȘmes imposĂ©es par IsraĂ«l sur les fournitures mĂ©dicales entrant Ă  Gaza engendrent la mort et la souffrance”.

Les “restrictions gĂ©nĂ©ralisĂ©es et arbitraires” imposĂ©es par IsraĂ«l sur des marchandises prĂ©tendument Ă  double usage ont

“causĂ© des souffrances prĂ©visibles et graves aux enfants, aux femmes et aux hommes de Gaza souffrant de graves problĂšmes de santĂ©â€,

a dĂ©clarĂ© Sam Zarifi, directeur de l’organisation.

Ces restrictions ont notamment entraßné des amputations sans anesthésie. Des opérations chirurgicales sans scalpel. Des infections non traitées.

“Des blessures qui auraient pu ĂȘtre soignĂ©es se sont transformĂ©es en blessures mortelles”.

Les Ă©quipes mĂ©dicales ont dĂ©clarĂ© aux chercheurs que les articles interdits d’entrĂ©e Ă  Gaza comprennent

“des anesthĂ©siques, des analgĂ©siques puissants, du matĂ©riel d’hygiĂšne, des lames de scalpel, de l’insuline, des outils orthopĂ©diques (forets, vis, plaques mĂ©talliques), du matĂ©riel de suture, des pansements et de la gaze. , des tests de dĂ©pistage rapide des traumatismes liĂ©s Ă  la guerre, du matĂ©riel de purification de l’eau, des drains thoraciques, des mĂ©dicaments hormonaux pour la santĂ© reproductive, du matĂ©riel de dialyse, des piles, des bouteilles d’oxygĂšne, du matĂ©riel pour les voies respiratoires et l’intubation, des garrots, des pinces, des agrafeuses cutanĂ©es et des oxymĂštres de pouls”.

Selon l’Ă©tude, IsraĂ«l a considĂ©rablement renforcĂ© les restrictions en 2025, affectant Ă  la fois les fournitures mĂ©dicales et l’entrĂ©e des prestataires de soins de santĂ© bĂ©nĂ©voles.

Muhammad Muslih, ĂągĂ© de 10 ans, a Ă©tĂ© blessĂ© lors d’une attaque israĂ©lienne alors qu’il suivait son pĂšre pour aller chercher de l’aide pour sa famille dans le couloir de Netzarim. Il vit dĂ©sormais avec sa famille dans une tente installĂ©e sur le campus de l’universitĂ© islamique de Gaza, dans la ville de Gaza, le 9 juillet. © Omar Ashtawy, Agence France Presse

Le 9 juillet, Abraham Azulay, sergent-chef de l’armĂ©e israĂ©lienne rĂ©sidant Ă  Yitzhar, une colonie de Cisjordanie rĂ©putĂ©e pour ses violences contre les Palestiniens, a Ă©galement Ă©tĂ© tuĂ© lors d’une tentative d’enlĂšvement Ă  Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza.

L’armĂ©e israĂ©lienne a affirmĂ© que la mort du soldat rĂ©sulte d’une “grave erreur opĂ©rationnelle”, rapporte Haaretz.

Les personnes venues assister Ă  ses funĂ©railles ont appelĂ© Ă  la vengeance et Ă  l’Ă©limination des Palestiniens de Gaza. Elles ont Ă©galement Ă©voquĂ© les propos d’Azulay, conducteur d’engins lourds, qui s’enorgueillissait d’avoir dĂ©truit des maisons Ă  Gaza pour empĂȘcher le retour de leurs habitants.

Plus tard dans le mois, Haaretz a rapportĂ© que l’armĂ©e et le ministĂšre de la DĂ©fense israĂ©liens auraient recrutĂ© des sous-traitants pour raser des maisons Ă  Gaza.

“Travailler lĂ -bas est trĂšs difficile et trĂšs dangereux. L’armĂ©e ne travaille pas intelligemment”, a dĂ©clarĂ© un entrepreneur au journal. “Elle veut dĂ©molir Ă  tout va, et rien d’autre ne compte”.

Une parente de l’artiste Frans al-Salmi montre ses dessins, aprĂšs la mort de ce dernier dans une frappe aĂ©rienne israĂ©lienne sur un cafĂ© en bord de mer Ă  Gaza, le 10 juillet. © Omar Ashtawy, Agence France Presse

Le 11 juillet, Catherine Russell, directrice gĂ©nĂ©rale de l’UNICEF, l’agence des Nations unies pour l’enfance, a condamnĂ© le meurtre de 15 Palestiniens, dont neuf enfants, perpĂ©trĂ© par l’armĂ©e israĂ©lienne alors qu’ils patientaient pour recevoir des vivres distribuĂ©s par une organisation partenaire, Ă  Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, plus tĂŽt dans la journĂ©e.

“Il s’agissait de mĂšres cherchant Ă  sauver la vie de leurs enfants aprĂšs des mois de famine et de dĂ©sespoir”, a dĂ©clarĂ© Mme Russell.

“Parmi elles se trouvait Donia, dont le fils de 1 an, Mohammed, a Ă©tĂ© tuĂ©. Elle a confiĂ© que quelques heures plus tĂŽt, il avait prononcĂ© ses premiers mots”.

Cinq jours plus tard, elle a affirmĂ© devant le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU que

“plus de 17 000 enfants sont morts et 33 000 ont Ă©tĂ© blessĂ©s Ă  Gaza au cours des 21 derniers mois de guerre.

“En moyenne, 28 enfants ont Ă©tĂ© tuĂ©s chaque jour, soit l’Ă©quivalent d’une classe entiĂšre”, a-t-elle ajoutĂ©. “Prenez un instant pour rĂ©aliser cela. Une classe entiĂšre d’enfants tuĂ©e chaque jour pendant prĂšs de deux ans”.

Des Palestiniens inspectent les dĂ©gĂąts causĂ©s aux tentes des personnes dĂ©placĂ©es, aprĂšs le retrait des forces d’occupation israĂ©liennes du centre de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 11 juillet. © Moaz Abu Taha, Agence France Presse

Le 11 juillet, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a Ă©galement dĂ©clarĂ© qu’entre le 8 et le 9 juillet, au moins 77 personnes, dont 30 enfants et femmes, ont Ă©tĂ© tuĂ©es dans 21 attaques sur des tentes abritant des Palestiniens dĂ©placĂ©s Ă  Gaza. Neuf de ces attaques ont eu lieu Ă  Al-Mawasi, une zone dont IsraĂ«l avait ordonnĂ© l’Ă©vacuation.

“Ces tentes abritant gĂ©nĂ©ralement des familles dans des conditions de promiscuitĂ©, les frappes ont souvent pour consĂ©quence la mort de familles entiĂšres”, a dĂ©clarĂ© le bureau de l’ONU.

Alors qu’IsraĂ«l prĂ©voit de concentrer la population de Gaza dans une

“ville humanitaire” Ă  Rafah, “peut-ĂȘtre dans l’intention de l’expulser du territoire”, les actions d’IsraĂ«l “pourraient constituer des crimes contre l’humanitĂ©â€, selon le bureau de l’ONU.

La communautĂ© d’al-Muarrajat, dans la vallĂ©e du Jourdain en Cisjordanie, est dĂ©sormais dĂ©serte, tous ses habitants ayant fui en raison d’une recrudescence des attaques des colons israĂ©liens, le 12 juillet. DĂ©but juillet, des centaines d’habitants ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s de force aprĂšs l’Ă©tablissement d’un nouvel avant-poste israĂ©lien sur leurs terres, un coup de grĂące aprĂšs des annĂ©es d’attaques brutales et de harcĂšlement constant. © Omri Eran Vardi, ActiveStills

Le 12 juillet, les Nations unies ont averti que le carburant, qu’elles ont qualifiĂ© de “vital pour la survie Ă  Gaza”, est en pĂ©nurie critique, en raison du blocus israĂ©lien de 130 jours.

Le carburant est vital pour les 2,3 millions d’habitants de Gaza, car il alimente les hĂŽpitaux, les systĂšmes d’approvisionnement en eau, les rĂ©seaux d’assainissement, les ambulances et tous les autres aspects des opĂ©rations humanitaires.

Sans carburant en quantitĂ© suffisante, les agences de l’ONU risquent de devoir suspendre leurs opĂ©rations Ă  Gaza, entraĂźnant “la disparition des services de santĂ©, de l’eau potable et de la capacitĂ© Ă  fournir de l’aide”, a dĂ©clarĂ© l’organisation mondiale.

Depuis le 9 juillet, IsraĂ«l n’autorise plus que deux camions de carburant par jour, cinq jours par semaine, soit

“une petite fraction de ce qui est indispensable pour assurer les services vitaux Ă  Gaza, oĂč tous les aspects de la vie dĂ©pendent du carburant”,

a déclaré le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.

Le 26 juillet, les autoritĂ©s israĂ©liennes ont reconnectĂ© une usine de dessalement du sud de Gaza au rĂ©seau Ă©lectrique, “augmentant ainsi sa capacitĂ© Ă  produire de l’eau potable”, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.

À pleine capacitĂ©, l’usine a le potentiel de fournir jusqu’Ă  un million de personnes en eau potable, Ă  raison de six litres par personne et par jour, en complĂ©ment de l’eau destinĂ©e Ă  d’autres usages.

Cependant, cette capacitĂ© dĂ©pend de plusieurs facteurs, notamment de la disponibilitĂ© du carburant et des piĂšces de rechange pour les camions-citernes, du fonctionnement et de la construction de stations-service, de la mise en place de points de distribution d’eau et de la faisabilitĂ© de l’extension du rĂ©seau de distribution d’eau, a ajoutĂ© l’OCHA.

Selon l’OCHA, presque tous les mĂ©nages interrogĂ©s au dĂ©but du mois de juillet souffraient d’une insĂ©curitĂ© hydrique modĂ©rĂ©e Ă  Ă©levĂ©e. Plus de 40 % d’entre eux manquaient de savon, car les produits d’hygiĂšne restent inaccessibles en raison de leur coĂ»t Ă©levĂ© et de leur distribution insuffisante. L’accĂšs aux toilettes s’est Ă©galement dĂ©tĂ©riorĂ© depuis juin.

Des Palestiniens entourent un proche blessĂ© Ă  l’hĂŽpital Al-Shifa de Gaza, aprĂšs deux attaques israĂ©liennes distinctes dans le camp de rĂ©fugiĂ©s de Beach, le 12 juillet. Des sources hospitaliĂšres ont dĂ©clarĂ© qu’au moins sept personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es et quarante autres blessĂ©es, pour la plupart des enfants et des femmes, lors d’attaques contre le camp densĂ©ment peuplĂ©, situĂ© Ă  l’ouest de la ville de Gaza. © Yousef Zaanoun, ActiveStills

Le 11 juillet, des colons israéliens ont tué deux Palestiniens, dont un citoyen américain, dans le village de Sinjil, en Cisjordanie, prÚs de Ramallah.

Sayfullah Musallet, ĂągĂ© de 20 ans, a Ă©tĂ© battu Ă  mort, tandis que Hussein al-Shalabi, ĂągĂ© de 23 ans, a Ă©tĂ© abattu d’une balle dans la poitrine.

La famille de Musallet, originaire de Floride, a exigĂ© que le dĂ©partement d’État mĂšne une enquĂȘte et “tienne les colons israĂ©liens responsables de leurs crimes”.

Les États-Unis s’en remettent toutefois aux procĂ©dures d’enquĂȘte internes d’IsraĂ«l, largement discrĂ©ditĂ©es, mĂȘme en cas de meurtre de citoyens amĂ©ricains par son armĂ©e.

Mike Huckabee, l’ambassadeur amĂ©ricain en IsraĂ«l, un fervent partisan du sionisme chrĂ©tien, a appelĂ© IsraĂ«l Ă 

“enquĂȘter de maniĂšre rigoureuse” sur le meurtre de Musallet, qu’il a qualifiĂ© d’“acte criminel et terroriste”.

Des proches de Sayfullah Musallet, un Palestinien tuĂ© par des colons israĂ©liens le 13 juillet, le portent en terre lors de ses funĂ©railles, cĂ©lĂ©brĂ©es aux cĂŽtĂ©s de celles de Hussein Shalabi, dans le village cisjordanien d’al-Mazraa al-Sharqiya, prĂšs de Ramallah. L’attaque coordonnĂ©e, menĂ©e par un important groupe d’IsraĂ©liens, a visĂ© des dizaines de Palestiniens qui tentaient d’accĂ©der Ă  leurs terres, entre les villages de Sinjil et al-Mazraa al-Sharqiya. © Avishay Mohar, ActiveStills

Le 15 juillet, le bureau des droits de l’homme des Nations unies a exigĂ© qu’IsraĂ«l mette fin aux meurtres et aux dĂ©molitions de maisons en Cisjordanie, soulignant que les colons israĂ©liens et les forces d’occupation ont “intensifiĂ© les meurtres, les attaques et le harcĂšlement contre les Palestiniens” au cours des semaines prĂ©cĂ©dentes.

Environ 30 000 Palestiniens vivent toujours dans des conditions prĂ©caires, dĂ©placĂ©s de force, aprĂšs le lancement d’une offensive militaire majeure dans le nord de la Cisjordanie, deux jours aprĂšs la dĂ©claration d’un cessez-le-feu Ă  Gaza, en janvier.

Selon le bureau de l’ONU, au moins 964 Palestiniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s par l’armĂ©e israĂ©lienne et des colons en Cisjordanie, y compris Ă  JĂ©rusalem-Est, depuis le 7 octobre 2023. Durant la mĂȘme pĂ©riode, 53 IsraĂ©liens ont Ă©tĂ© tuĂ©s dans des attaques perpĂ©trĂ©es par des Palestiniens ou lors d’affrontements armĂ©s, dont 35 en Cisjordanie et 18 en IsraĂ«l, a ajoutĂ© le bureau de l’ONU.

Depuis la fin du mois de janvier, Israël a émis des ordres de démolition concernant environ 1 400 maisons en Cisjordanie, entraßnant le déplacement de plus de 2 900 Palestiniens depuis le 7 octobre 2023.

“Au cours de la mĂȘme pĂ©riode, 2 400 Palestiniens supplĂ©mentaires, dont prĂšs de la moitiĂ© sont des enfants, ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s de force par les colons israĂ©liens, vidant ainsi une grande partie de la Cisjordanie de sa population palestinienne”, a dĂ©clarĂ© le bureau de l’ONU.

ConformĂ©ment Ă  l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice, IsraĂ«l doit mettre fin Ă  sa prĂ©sence illĂ©gale dans le territoire palestinien occupĂ© », a ajoutĂ© le bureau de l’ONU.

“Des Palestiniens dĂ©placĂ©s vivent au bord de la mer Ă  al-Mawasi, Ă  l’est de Khan Yunis, le 13 juillet. Ils dĂ©pendent de l’eau de mer pour se rafraĂźchir pendant la chaleur estivale, mais aussi pour se laver et pĂȘcher. La veille, le gouvernement israĂ©lien avait dĂ©clarĂ© que les Palestiniens n’ont plus le droit de pĂȘcher ni d’entrer dans l’eau, aggravant encore une situation dĂ©jĂ  catastrophique. © Doaa AlbazActiveStills

Le 15 juillet, le Global Protection Cluster, un rĂ©seau d’organisations non gouvernementales, d’organisations internationales et d’agences de l’ONU, a publiĂ© un rapport sur les “risques et dĂ©fis auxquels sont confrontĂ©es les personnes handicapĂ©es et les personnes ĂągĂ©es” Ă  Gaza.

Selon ce rapport, 20 mois d’“hostilitĂ©s intenses” ont fait plus de 134 100 blessĂ©s, dont plus de 40 500 enfants, victimes de la guerre. 25 % d’entre eux

“souffriraient de nouveaux handicaps nĂ©cessitant des soins de rééducation intensifs et prolongĂ©s”.

Le Global Protection Cluster indique également que plus de 35 000 personnes

“ont subi des lĂ©sions auditives importantes dues aux explosions” et que 10 enfants par jour “perdent une jambe ou les deux”.

“Plus de 83 % des personnes handicapĂ©es Ă  Gaza ont perdu leurs prothĂšses et 80 % des personnes ĂągĂ©es ont un besoin urgent de mĂ©dicaments ou de matĂ©riel mĂ©dical”, ajoute le rĂ©seau.

“Des Palestiniens regardent l’armĂ©e israĂ©lienne raser une maison de trois Ă©tages habitĂ©e par une famille de dix personnes, le 14 juillet. La maison, situĂ©e dans un village au sud de la ville de BethlĂ©em, en Cisjordanie, a Ă©tĂ© dĂ©molie sous prĂ©texte qu’elle aurait Ă©tĂ© construite sans permis. Des journalistes ont Ă©tĂ© briĂšvement dĂ©tenus et interrogĂ©s alors qu’ils documentaient la dĂ©molition. © Mosab ShawerActiveStills

Le 16 juillet, le bureau des droits de l’homme de l’ONU en Cisjordanie et dans la bande de Gaza a condamnĂ© le meurtre de professionnels de santĂ© Ă  Gaza,

“lors de multiples attaques menĂ©es par l’armĂ©e israĂ©lienne”.

L’ONU a enregistrĂ© “au moins dix frappes en moins de deux mois, tuant au moins dix mĂ©decins et cinq infirmiĂšres”, a ajoutĂ© le bureau. “Parmi ces incidents, sept ont impliquĂ© des frappes sur des bĂątiments rĂ©sidentiels ou des tentes, tuant leurs occupants ainsi que leurs familles, y compris des enfants”.

“Lors d’une de ces frappes, une femme mĂ©decin enceinte a Ă©tĂ© tuĂ©e dans la rue avec son mari”, a ajoutĂ© le bureau de l’ONU.

Majed Salah, un infirmier, et ses trois filles, toutes mineures, ont Ă©tĂ© tuĂ©s le 14 juillet lors d’une frappe sur leur tente Ă  Khan Younis, a indiquĂ© le bureau de l’ONU.

PrĂšs de dix jours plus tĂŽt, le 5 juillet, le mĂ©decin Khalooq Khafaja a Ă©tĂ© tuĂ© avec ses deux filles et son fils lors d’une frappe sur leur tente dans la rĂ©gion de Khan Younis.

Le 2 juillet, le Dr Marwan al-Sultan, cardiologue rĂ©putĂ© et directeur de l’hĂŽpital indonĂ©sien du nord de Gaza, a Ă©tĂ© tuĂ© dans une frappe visant un immeuble rĂ©sidentiel Ă  Gaza, avec sa femme, sa sƓur, sa fille et son gendre. Il s’agit du 70^e professionnel de santĂ© tuĂ© en 50 jours, selon l’ONG Healthcare Workers Watch-Palestine.

Des Palestiniens de Ras Ein al-Auja ont filmĂ© des IsraĂ©liens faisant la fĂȘte dans une colonie voisine pour cĂ©lĂ©brer le dĂ©placement des habitants du village d’al-Muarrajat, dans la vallĂ©e du Jourdain, en Cisjordanie, le 14 juillet. Depuis janvier, plus de 50 attaques et incidents de harcĂšlement commis par des colons ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s Ă  Ras Ein al-Auja, une communautĂ© bĂ©douine d’environ 550 habitants. AprĂšs avoir expulsĂ© les habitants d’al-Muarrajat, les colons se concentrent dĂ©sormais sur cette communautĂ©, leur prochaine cible. © Avishay Mohar, ActiveStills

Selon le ministÚre palestinien de la Santé, au moins 1 581 travailleurs de la santé ont été tués à Gaza depuis octobre 2023.

IsraĂ«l a dĂ©vastĂ© de nombreux hĂŽpitaux de Gaza et a sĂ©vĂšrement restreint l’entrĂ©e de mĂ©dicaments, d’Ă©quipements et de fournitures mĂ©dicales. Des mĂ©decins et des infirmiĂšres ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s et dĂ©tenus lors d’attaques contre des hĂŽpitaux, et plusieurs professionnels de santĂ© sont morts en dĂ©tention israĂ©lienne, certains apparemment Ă  la suite de tortures et d’autres mauvais traitements.

“Les professionnels de santĂ© Ă  Gaza exercent leur mĂ©tier dans des conditions sans prĂ©cĂ©dent, confrontĂ©s quotidiennement Ă  des menaces de mort ou de blessure pour eux-mĂȘmes ou leur famille, alors qu’ils luttent pour leur survie”, a dĂ©clarĂ© le bureau des droits de l’homme de l’ONU.

“Ces attaques contre des professionnels de santĂ© ont Ă©tĂ© perpĂ©trĂ©es dans un contexte oĂč prĂšs de 200 000 Palestiniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s ou blessĂ©s, en grande majoritĂ© des civils, principalement en raison des armes et des mĂ©thodes de guerre employĂ©es par IsraĂ«l”,

a ajouté le bureau des Nations unies.

Des prĂ©maturĂ©s sont soignĂ©s Ă  l’hĂŽpital international Al Helou de Gaza, sous les attaques israĂ©liennes, le 16 juillet. Les bĂ©bĂ©s sont en grand danger en raison du blocus imposĂ© par IsraĂ«l sur le carburant, car leurs incubateurs fonctionnent Ă  l’aide de gĂ©nĂ©rateurs. © ousef ZaanounActiveStills

Le 17 juillet, l’ONG a appelĂ© IsraĂ«l Ă 

“permettre l’Ă©vacuation mĂ©dicale indispensable de certains patients, sans porter atteinte Ă  leur droit de retourner de maniĂšre sĂ»re, volontaire et digne Ă  Gaza”.

L’ONG a dĂ©clarĂ© qu’environ 11 000 Ă  13 000 personnes, dont plus de 4 500 enfants, ont besoin de soins mĂ©dicaux inaccessibles Ă  Gaza.

“Pourtant, les autoritĂ©s israĂ©liennes n’ont autorisĂ© qu’un nombre limitĂ© de personnes Ă  bĂ©nĂ©ficier d’une Ă©vacuation mĂ©dicale, de nombreux cas critiques ayant Ă©tĂ© retardĂ©s ou refusĂ©s, malgrĂ© l’urgence mĂ©dicale”, a ajoutĂ© l’organisation.

“La situation est particuliĂšrement critique pour les patients ayant besoin de soins pour brĂ»lures ou de chirurgie rĂ©paratrice”.

MĂ©decins sans frontiĂšres a dĂ©clarĂ© n’avoir pu Ă©vacuer que 22 patients vers diffĂ©rents pays, aprĂšs une coordination intensive avec plusieurs pays d’accueil, l’Organisation mondiale de la santĂ© et les autoritĂ©s israĂ©liennes.

Le COGAT, l’organisme militaire israĂ©lien chargĂ© d’autoriser les dĂ©placements hors de Gaza, a rejetĂ© de nombreux cas, a dĂ©clarĂ© l’organisation.

Des drapeaux israĂ©liens flottent sur la mosquĂ©e d’Ibrahim, dans la ville cisjordanienne d’HĂ©bron, le 16 juillet. Les responsables palestiniens ont condamnĂ© la rĂ©cente dĂ©cision israĂ©lienne de retirer au ministĂšre palestinien des Affaires religieuses et Ă  la municipalitĂ© d’HĂ©bron le pouvoir d’administrer la mosquĂ©e d’Ibrahim. La mosquĂ©e serait dĂ©sormais un site religieux juif avec lequel les musulmans et les Palestiniens n’auraient aucun lien. © Mosab ShawerActiveStills

Au moins 20 personnes ont été écrasées à mort ou mortellement poignardées sur un site de distribution de la Fondation humanitaire de Gaza le 16 juillet.

La GHF a accusĂ© des agitateurs armĂ©s du Hamas d’ĂȘtre responsables de cette tragĂ©die. Le Hamas a quant Ă  lui accusĂ© les gardes de la GHF et les troupes israĂ©liennes d’avoir tirĂ© du gaz poivrĂ© et ouvert le feu sur la foule qui cherchait dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă  obtenir de l’aide alimentaire.

“Des tĂ©moins ont dĂ©clarĂ© Ă  Reuters que les gardes du site leur ont pulvĂ©risĂ© du gaz poivrĂ© aprĂšs avoir verrouillĂ© les portes du centre, les piĂ©geant entre les portes et la clĂŽture mĂ©tallique extĂ©rieure”, a rapportĂ© l’agence de presse.

Amjad al-Shawa, le chef du Réseau des ONG palestiniennes, a déclaré à Reuters que les milliers de personnes qui affluent vers les sites de la GHF

“ont faim et sont Ă©puisĂ©es, et elles sont entassĂ©es dans des endroits exigus, en raison de la pĂ©nurie d’aide et de l’absence d’organisation et de discipline de la part de la GHF”.

Des enfants transportent des jerrycans remplis d’eau provenant de camions-citernes dans la ville de Gaza, le 17 juillet © Omar AshtawyAPA images

 

Le pĂšre Gabriel Romanelli, un prĂȘtre argentin qui informait rĂ©guliĂšrement le dĂ©funt pape François de la situation Ă  l’Ă©glise, figurait parmi les personnes blessĂ©es lors de l’attaque.

Netanyahu a imputĂ© la responsabilitĂ© de l’attaque, qui a endommagĂ© la croix principale sur le toit, Ă  des “tirs perdus”, et a appelĂ© le pape LĂ©on XIII aprĂšs l’incident.

Le cardinal Pizzaballa a déclaré :

“Nous ne sommes pas des cibles. Les IsraĂ©liens affirment que c’Ă©tait une erreur. MĂȘme si tout le monde ici pense que ce n’Ă©tait pas le cas”.

Andrea Tornielli, un responsable du Vatican, a mis en doute les affirmations d’IsraĂ«l, soulignant la destruction gĂ©nĂ©ralisĂ©e des mosquĂ©es Ă  Gaza et le fait

qu’“aprĂšs un an et demi, l’enquĂȘte sur le meurtre de deux femmes chrĂ©tiennes abattues par un tireur embusquĂ© dans la paroisse de Gaza n’a toujours pas abouti”.

Le lendemain, l’ambassadeur amĂ©ricain en IsraĂ«l, Mike Huckabee, a qualifiĂ© d’“acte terroriste” l’attaque menĂ©e par des colons contre une Ă©glise du Ve siĂšcle dans le village de Taybeh, en Cisjordanie, et a exigĂ© que les responsables soient poursuivis en justice.

Le 21 juillet, le pape LĂ©on a dĂ©clarĂ© Ă  Mahmoud Abbas, prĂ©sident de l’AutoritĂ© palestinienne, que le Vatican s’oppose au dĂ©placement forcĂ© des Palestiniens de Gaza et Ă  “l’usage aveugle de la force” Ă  leur encontre.

Des Palestiniens constatent les dĂ©gĂąts causĂ©s par l’armĂ©e israĂ©lienne aprĂšs la dĂ©molition d’une maison Ă  Qabatiya, prĂšs de JĂ©nine, dans le nord de la Cisjordanie, le 17 juillet. © Mohammed Nasser/AP Images

Le 18 juillet, des experts en droits humains de l’ONU ont appelĂ© les autoritĂ©s israĂ©liennes et palestiniennes Ă 

“rĂ©vĂ©ler le sort et le lieu oĂč sont retenues toutes les personnes portĂ©es disparues”.

Selon les experts, environ 4 000 Palestiniens, dont des professionnels de santé et des journalistes, ainsi que 51 Israéliens, sont portés disparus depuis le 7 octobre 2023.

Ils ont ajoutĂ© que le Groupe de travail sur les disparitions forcĂ©es ou involontaires continue d’enregistrer des disparitions,

“en particulier celles de personnes vues pour la derniĂšre fois alors qu’elles tentaient de passer du nord au sud de Gaza ou vice versa, aux checkpoints ou dans des hĂŽpitaux, ou encore d’individus arrĂȘtĂ©s”

durant les opérations militaires terrestres israéliennes.

Cependant, le nombre de Palestiniens victimes de disparitions forcées et portés disparus est largement sous-estimé, les proches des victimes hésitant à signaler les cas par crainte pour leur sécurité.

“La douleur et la souffrance des proches des disparus constituent une forme de torture psychologique et d’autres traitements inhumains”, ont dĂ©clarĂ© les experts.

Le personnel de santĂ© de l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s palestiniens, examine et soigne des enfants souffrant de malnutrition aiguĂ« sĂ©vĂšre dans un centre mĂ©dical de l’UNRWA installĂ© dans une Ă©cole transformĂ©e en refuge Ă  Gaza, le 17 juillet. © Images UNRWAAPA

Le 20 juillet, l’armĂ©e israĂ©lienne a tirĂ© sur une foule de civils en attente d’un convoi du Programme alimentaire mondial transportant de l’aide alimentaire prĂšs du passage de Zikim, dans le nord de Gaza.

“Nous sommes profondĂ©ment prĂ©occupĂ©s et consternĂ©s par ce tragique incident qui a coĂ»tĂ© la vie Ă  d’innombrables personnes”, a dĂ©clarĂ© l’organisation des Nations unies le lendemain. “Beaucoup d’autres ont Ă©tĂ© griĂšvement blessĂ©s”.

“Ces personnes cherchaient simplement Ă  se procurer de quoi manger pour eux et leur famille au bord de la famine”, a ajoutĂ© le Programme alimentaire mondial.

“PrĂšs d’une personne sur trois ne mange pas depuis plusieurs jours”, a dĂ©clarĂ© l’organisation.

“Seule une augmentation massive de l’aide alimentaire peut stabiliser la situation qui dĂ©gĂ©nĂšre, apaiser les inquiĂ©tudes et rĂ©tablir la confiance au sein des communautĂ©s quant Ă  l’accĂšs de nouvelles denrĂ©es alimentaires”.

Le Dr Muhammad Abu Salmiya, directeur de l’hĂŽpital Al-Shifa, a dĂ©clarĂ© que l’Ă©tablissement est submergĂ© par les blessĂ©s aprĂšs l’incident de Zikim et que la plupart ont Ă©tĂ© blessĂ©s Ă  la tĂȘte ou Ă  la poitrine.

“D’aprĂšs les rapports disponibles, il s’agit du nombre le plus Ă©levĂ© de morts parmi les Palestiniens en quĂȘte d’aide en un seul lieu et une seule journĂ©e depuis le 27 mai”,

a déclaré le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.

Des habitants inspectent les dégùts causés par les attaques israéliennes à Khan Younis, dans le sud de Gaza, le 18 juillet. © Moaz Abu TahaAPA images

Le 22 juillet, Volker TĂŒrk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a dĂ©clarĂ© que les nouveaux ordres d’expulsion forcĂ©e et les attaques intensives menĂ©es par IsraĂ«l Ă  Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza,

“ont accentuĂ© la misĂšre et les souffrances des Palestiniens affamĂ©s”.

Notant la concentration de civils dans la zone et les

“mĂ©thodes et tactiques de guerre” utilisĂ©s par IsraĂ«l, M. TĂŒrk a ajoutĂ© que “les risques d’exĂ©cutions illĂ©gales et d’autres violations graves du droit international humanitaire sont extrĂȘmement Ă©levĂ©s”.

“La zone visĂ©e par ces attaques abrite Ă©galement plusieurs organisations humanitaires, notamment des cliniques, d’autres installations mĂ©dicales, des abris, une cuisine communautaire, des maisons d’hĂŽtes, des entrepĂŽts et d’autres infrastructures essentielles”, a-t-il ajoutĂ©.

“On pensait que le cauchemar ne pouvait pas empirer. Et pourtant, c’est le cas”, a dĂ©clarĂ© M. TĂŒrk Ă  propos de l’offensive israĂ©lienne Ă  Gaza.

Le 21 juillet, des forces israĂ©liennes en civil ont enlevĂ© et arrĂȘtĂ© Marwan al-Hams, un haut responsable du ministĂšre de la SantĂ©, devant un hĂŽpital de campagne du ComitĂ© international de la Croix-Rouge, dans le sud de Gaza. Tamer al-Zaanin, un journaliste qui l’interviewait, a Ă©tĂ© tuĂ© et un autre journaliste blessĂ© lorsque l’armĂ©e israĂ©lienne a ouvert le feu.

Des manifestants rĂ©clament la fin de la guerre d’extermination et de famine menĂ©e par IsraĂ«l lors d’une manifestation organisĂ©e par des journalistes dans la ville de Gaza, le 19 juillet. © Omar Ashtawy, ActiveStills

Le 22 juillet, l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) a condamnĂ© “avec la plus grande fermetĂ©â€ une attaque israĂ©lienne contre un bĂątiment abritant son personnel Ă  Deir al-Balah, au lendemain de la publication des ordres d’Ă©vacuation.

L’OMS a dĂ©clarĂ© que la rĂ©sidence de son personnel a Ă©tĂ© attaquĂ©e Ă  trois reprises, exposant le personnel et leurs familles

“à un grave danger” et provoquant “un incendie et des dĂ©gĂąts importants”. L’armĂ©e israĂ©lienne “est entrĂ©e dans les locaux, forçant les femmes et les enfants Ă  Ă©vacuer Ă  pied vers al-Mawasi au milieu des combats”, a ajoutĂ© l’OMS.

“Les membres masculins du personnel et les membres de leur famille ont Ă©tĂ© menottĂ©s, dĂ©shabillĂ©s, interrogĂ©s sur place et contrĂŽlĂ©s sous la menace d’une arme”, a dĂ©clarĂ© l’OMS.

Deux membres du personnel et deux membres de leur famille ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s, et un employĂ© Ă©tait toujours en dĂ©tention au moment oĂč l’OMS a publiĂ© sa dĂ©claration.

Le principal entrepĂŽt de l’OMS a Ă©tĂ© endommagĂ© le 21 juillet

“aprĂšs une attaque qui a provoquĂ© des explosions et un incendie dans les locaux” et “a ensuite Ă©tĂ© pillĂ© par une foule dĂ©sespĂ©rĂ©e”.

Cette attaque a

“gravement limitĂ© la capacitĂ© de l’OMS Ă  fournir un soutien adĂ©quat aux hĂŽpitaux, aux Ă©quipes mĂ©dicales d’urgence et Ă  ses partenaires du domaine de la santĂ©, qui manquent dĂ©jĂ  cruellement de mĂ©dicaments, de carburant et d’Ă©quipements”.

Jorge Moreira da Silva, chef de l’UNOPS, l’organe opĂ©rationnel des Nations unies, a dĂ©clarĂ© le 21 juillet que ses locaux centraux de Gaza, Ă  Deir al-Balah, ont Ă©tĂ© touchĂ©s, dĂ©truisant partiellement les bĂątiments et les infrastructures. Le personnel de l’UNOPS sur le site de Deir al-Balah

“travaille sans relĂąche dans des conditions extrĂȘmement difficiles pour acheminer du carburant et de l’aide vitaux”.

Le mĂȘme lieu a Ă©tĂ© touchĂ© par des tirs d’artillerie israĂ©liens en mars, tuant un employĂ© des Nations unies.

Les autoritĂ©s israĂ©liennes ont informĂ© les organisations humanitaires avoir annulĂ© les ordres d’Ă©vacuation concernant la zone de Deir al-Balah, centre des opĂ©rations de secours, le 27 juillet.

L’oncle de Fadi al-Najjar, ĂągĂ© de 3 mois, tient son corps au complexe mĂ©dical Nasser Ă  Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, aprĂšs qu’il est mort des consĂ©quences de la malnutrition. © Doaa AlbazActiveStills

Le 22 juillet, Reem Alsalem, rapporteure spĂ©ciale des Nations unies sur la violence contre les femmes et les filles, a appelĂ© Ă  une action immĂ©diate pour mettre fin au “gĂ©nocide des femmes” en cours Ă  Gaza, oĂč environ deux tiers des personnes tuĂ©es sont des femmes et des filles.

Elle a rĂ©cemment prĂ©sentĂ© un rapport au Conseil des droits de l’homme des Nations unies dans lequel elle affirme que

“le meurtre dĂ©libĂ©rĂ© et systĂ©matique Ă  grande Ă©chelle de femmes palestiniennes, parce qu’elles sont Ă  la fois palestiniennes et femmes, contribue au gĂ©nocide des Palestiniens”.

Soulignant la dimension psychologique du génocide, elle a déclaré que

“les horreurs continuelles subies par les mĂšres palestiniennes, notamment celles de voir leurs enfants mourir lentement de faim, ĂȘtre tuĂ©s, mutilĂ©s et enterrĂ©s vivants, les tuent plusieurs fois par jour”.

Elle a Ă©galement indiquĂ© que quelque 150 000 femmes enceintes et allaitantes n’ont pas accĂšs aux soins essentiels, et que 17 000 femmes ainsi que 60 000 enfants de moins de cinq ans “souffrent actuellement de malnutrition aiguĂ«â€.

IsraĂ«l bloque l’entrĂ©e de lait maternisĂ© et son blocus du carburant menace de mettre fin Ă  l’assistance respiratoire des nouveau-nĂ©s en couveuse.

Selon Mme Alsalem,

“des dizaines de nourrissons sont nĂ©s prĂ©maturĂ©ment et sont morts peu aprĂšs leur naissance, tandis que d’autres sont nĂ©s avec des mutations gĂ©nĂ©tiques sans prĂ©cĂ©dent, probablement causĂ©es par la famine, les traumatismes et l’exposition Ă  des matiĂšres radioactives et toxiques”.

Une femme serre dans ses bras le corps de son enfant tuĂ© par l’armĂ©e israĂ©lienne qui visait une foule de personnes tentant de recevoir de l’aide Ă  l’hĂŽpital Al-Shifa, dans la ville de Gaza, le 20 juillet. © Yousef ZaanounActiveStills

Le 22 juillet Ă©galement, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a averti que des Palestiniens meurent de faim ou sont tuĂ©s par l’armĂ©e israĂ©lienne alors qu’ils tentent d’accĂ©der aux zones de distribution de nourriture Ă  Gaza.

En l’espace de 24 heures, quinze Palestiniens sont morts de malnutrition, portant Ă  plus de 100 le nombre de dĂ©cĂšs dus Ă  la famine, dont la plupart sont des enfants.

“Beaucoup d’autres sont arrivĂ©s Ă  l’hĂŽpital dans un Ă©tat d’Ă©puisement extrĂȘme causĂ© par le manque de nourriture”, a dĂ©clarĂ© le bureau de l’ONU. “D’autres s’effondrent dans les rues. Beaucoup d’autres pourraient mourir sans que leur mort soit signalĂ©e”.

Entre le 27 mai, date Ă  laquelle la Fondation humanitaire de Gaza a commencĂ© Ă  opĂ©rer Ă  Gaza, et le 21 juillet, l’armĂ©e israĂ©lienne a tuĂ© plus de 1 000 personnes alors qu’elles tentaient d’accĂ©der au ravitaillement.

“766 ont Ă©tĂ© tuĂ©s Ă  proximitĂ© des sites de la GHF et 288 autour des convois de l’ONU et d’autres convois humanitaires”, a dĂ©clarĂ© le bureau de l’ONU.

“L’armĂ©e israĂ©lienne doit cesser sans dĂ©lai de tirer sur ceux qui tentent de s’approvisionner en denrĂ©es alimentaires”, a ajoutĂ© le bureau de l’ONU, qui a Ă©galement exigĂ© qu’elle “lĂšve immĂ©diatement les restrictions illĂ©gales qu’elle impose au travail de l’ONU et des autres acteurs humanitaires”.

Un camp pour familles déplacées luttant pour survivre dans des conditions difficiles, prÚs du stade Yarmouk, à Gaza, le 21 juillet. © Omar Ashtawy, Agence France Presse

Le 23 juillet, le FNUAP, l’agence des Nations unies pour la santĂ© sexuelle et reproductive, a mis en garde contre

“des consĂ©quences catastrophiques pour les femmes enceintes et les nouveau-nĂ©s, menaçant la survie de toute une gĂ©nĂ©ration”.

Cette crise humanitaire sans précédent est due à

“une grave pĂ©nurie alimentaire, un systĂšme de santĂ© dĂ©vastĂ© et un stress psychologique immense”, a ajoutĂ© l’agence.

L’agence, citant des donnĂ©es du ministĂšre palestinien de la SantĂ© Ă  Gaza, a dĂ©clarĂ© que le nombre de naissances a diminuĂ© de plus de 41 % en trois ans.

Au cours des six premiers mois de l’annĂ©e 2025, au moins 20 nouveau-nĂ©s sont morts dans les 24 heures suivant leur naissance, et 33 % des bĂ©bĂ©s sont nĂ©s prĂ©maturĂ©ment, avec un poids insuffisant, ou ont dĂ» ĂȘtre admis en soins intensifs nĂ©onatals.

“Ces statistiques soulignent les dĂ©fis considĂ©rables auxquels les mĂšres et les nouveau-nĂ©s sont confrontĂ©s dans un environnement oĂč les soins de santĂ© sont systĂ©matiquement attaquĂ©s, et oĂč la famine et la privation des besoins fondamentaux sont Ă  l’origine de ces donnĂ©es”, a dĂ©clarĂ© le FNUAP.

Des proches transportent le corps du journaliste Tamer al-Zaanin lors de ses funĂ©railles devant l’hĂŽpital Al-Shifa, Ă  Gaza, le 21 juillet. Al-Zaanin a Ă©tĂ© tuĂ© et un autre journaliste blessĂ© lorsque l’armĂ©e israĂ©lienne a enlevĂ© le Dr Marwan al-Hams, un haut responsable du ministĂšre de la SantĂ©, devant l’hĂŽpital de campagne du ComitĂ© international de la Croix-Rouge, Ă  Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. © Omar Ashtawy, Agence France Presse

Plus de 130 organisations humanitaires ont averti le 23 juillet que

“leurs propres collĂšgues et partenaires dĂ©pĂ©rissent sous leurs yeux”.

Elles ont appelé les gouvernements à agir pour

“ouvrir tous lescheckpoints, rĂ©tablir le libre acheminement de la nourriture, de l’eau potable, des fournitures mĂ©dicales, des articles de premiĂšre nĂ©cessitĂ© et du carburant, grĂące Ă  un dispositif dirigĂ© par les Nations unies, et mettre fin au blocus en acceptant un cessez-le-feu immĂ©diat”.

Des tonnes de nourriture, d’eau, de fournitures mĂ©dicales, d’articles de premiĂšre nĂ©cessitĂ© et de carburant sont stockĂ©es dans des entrepĂŽts Ă  l’extĂ©rieur de Gaza, mais aussi Ă  l’intĂ©rieur, et pourtant

“les organisations humanitaires sont empĂȘchĂ©es d’y accĂ©der ou de les distribuer”.

Les organisations ont ajouté que

“les restrictions, les retards et les complications imposĂ©s par IsraĂ«l ont semĂ© le chaos, la famine et la mort”.

Les organisations ont saluĂ© l’annonce, le 10 juillet, par IsraĂ«l et l’UE, d’une augmentation de l’aide, mais ont jugĂ© que ces promesses ne sont pas crĂ©dibles, car aucune amĂ©lioration concrĂšte n’a Ă©tĂ© constatĂ©e sur le terrain.

“Les États doivent prendre des mesures concrĂštes pour mettre fin au blocus, telles que l’arrĂȘt des livraisons d’armes et de munitions”, ont dĂ©clarĂ© les organisations.

Les Palestiniens viennent en aide aux blessés et récupÚrent les corps aprÚs des frappes aériennes israéliennes qui ont visé la maison de la famille Mushtaha, dans la rue Mukhabarat, à Gaza, le 22 juillet. Dix personnes ont trouvé la mort dans cette frappe et une ambulance a été touchée durant le bombardement. © Yousef Zaanoun, ActiveStills

Le 24 juillet, des experts des droits de l’homme des Nations unies ont appelĂ© Ă  la fin des violences commises par l’État israĂ©lien et les colons contre les paysans et les travailleurs ruraux palestiniens en Cisjordanie.

“Les tĂ©moignages d’intimidation gĂ©nĂ©ralisĂ©e, de violence, de spoliation de terres, de destruction des moyens de subsistance et de dĂ©placements forcĂ©s de populations nous inquiĂštent au plus haut point. Nous craignons que ces agissements ne privent les Palestiniens de leurs terres et ne compromettent leur sĂ©curitĂ© alimentaire”, ont-ils dĂ©clarĂ©.

“Les violences commises par les colons ont notamment consistĂ© en des incendies criminels, le vol de bĂ©tail, ainsi que l’empoisonnement ou la destruction de sources d’eau, compromettant gravement la capacitĂ© des Palestiniens Ă  maintenir leur mode de vie rural”, ont-ils ajoutĂ©.

Selon eux, ces attaques ont causĂ© environ 76 millions de dollars de ravages directs dans le secteur de l’agriculture en Cisjordanie entre octobre 2023 et la fin de l’annĂ©e 2024. Le produit intĂ©rieur brut de la Cisjordanie a diminuĂ© de plus de 19 %, tandis que le taux de chĂŽmage a atteint 35 %.

“Il est crucial que la Cisjordanie reste sous contrĂŽle palestinien, conformĂ©ment au droit Ă  l’autodĂ©termination du peuple palestinien et au plein respect du droit international”, ont-ils ajoutĂ©.

Des civils se dirigent le long de la rue al-Rashid, dans l’ouest de Jabaliya, vers des camions chargĂ©s d’aide humanitaire, aprĂšs ĂȘtre entrĂ©s dans le nord de la bande de Gaza par le checkpoint de Zikim, contrĂŽlĂ© par IsraĂ«l, le 22 juillet. © Abdullah Abu Al-Khair, Agence France Presse

Le 25 juillet, Reuters a rapportĂ© qu’un examen interne du gouvernement amĂ©ricain n’a trouvĂ© aucune preuve de vol systĂ©matique de fournitures humanitaires par le Hamas. Cette information remet en cause l’un des principaux arguments avancĂ©s par les États-Unis et IsraĂ«l pour justifier les opĂ©rations militarisĂ©es de la Fondation humanitaire de Gaza.

Cette analyse a passĂ© en revue plus de 150 cas de vol ou de perte de fournitures financĂ©es par les États-Unis entre octobre 2023 et mai 2024.

“L’analyse n’a rĂ©vĂ©lĂ© aucun Ă©lĂ©ment indiquant que le Hamas aurait bĂ©nĂ©ficiĂ© de fournitures financĂ©es par les États-Unis”,

a rapportĂ© l’agence, citant une prĂ©sentation PowerPoint des conclusions.

Un porte-parole de la Maison Blanche a toutefois mis en doute l’existence de ce rapport, dĂ©clarant Ă  Reuters qu’il aurait Ă©tĂ© produit par un agent de l’“État profond” cherchant Ă  discrĂ©diter “l’agenda humanitaire” du prĂ©sident Donald Trump.

Le 26 juillet, IsraĂ«l a annoncĂ© la mise en place de couloirs humanitaires Ă  Gaza, ainsi que l’observation de pauses tactiques dans les combats et l’autorisation de largages aĂ©riens de quantitĂ©s limitĂ©es de nourriture, face Ă  la pression internationale croissante concernant la famine en cours.

Le Cluster Protection a salué cette annonce, mais a ajouté que

“les largages aĂ©riens constituent une alternative inadĂ©quate Ă  une aide humanitaire coordonnĂ©e et fondĂ©e sur des principes”.

Ces largages présentent un risque de blessure ou de mort pour les civils et sont

“incapables de rĂ©pondre aux besoins considĂ©rables Ă  Gaza et risquent de dĂ©tourner IsraĂ«l de ses obligations lĂ©gales de faciliter un accĂšs humanitaire significatif”.

“L’aide larguĂ©e la nuit du 27 juillet a atterri sur des tentes, blessant des habitants, et dans des bĂątiments endommagĂ©s ainsi que dans des zones touchĂ©es par de lourds bombardements, exposant ceux qui ont tentĂ© de la rĂ©cupĂ©rer Ă  des risques de blessures ou de mort par des engins explosifs”, a dĂ©clarĂ© le Cluster Protection.

“Le recours aux largages aĂ©riens, tel qu’il a Ă©tĂ© mis en Ɠuvre hier soir dans des zones densĂ©ment peuplĂ©es de Gaza, ne permet pas de rĂ©pondre Ă  l’ampleur des besoins et prĂ©sente des risques importants pour la population”, a ajoutĂ© le Cluster Protection.

Des Palestiniens et des militants solidaires se sont rassemblés à Jaffa le 25 juillet pour protester contre la famine et le génocide en cours à Gaza. © Oren Ziv, ActiveStills

Le 27 juillet, l’Organisation mondiale de la santĂ© a dĂ©clarĂ© que sur les 74 dĂ©cĂšs liĂ©s Ă  la malnutrition enregistrĂ©s Ă  Gaza durant en 2025, 63 sont survenus en juillet,

“dont 24 enfants de moins de 5 ans, un enfant de plus de 5 ans et 38 adultes”.

“La plupart de ces personne ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es mortes Ă  l’arrivĂ©e dans les Ă©tablissements de santĂ© ou sont dĂ©cĂ©dĂ©es peu aprĂšs, leurs corps prĂ©sentant des signes Ă©vidents de malnutrition sĂ©vĂšre”, a ajoutĂ© l’OMS.

“PrĂšs d’un enfant de moins de 5 ans sur cinq dans la ville de Gaza souffre aujourd’hui de malnutrition aiguĂ«â€, selon l’OMS. “À Khan Younis et dans la zone centrale, les taux ont doublĂ© en moins d’un mois”.

L’organisation sanitaire des Nations unies a notĂ© que ces chiffres

“sont probablement sous-estimĂ©s en raison des difficultĂ©s d’accĂšs et des contraintes sĂ©curitaires empĂȘchant de nombreuses familles de se rendre dans les centres de santĂ©â€.

Des Palestiniens manifestent sur la place de la Mangeoire, prĂšs de l’Ă©glise de la NativitĂ©, dans la ville cisjordanienne de BethlĂ©em, pour dĂ©noncer le gĂ©nocide en cours Ă  Gaza et rejeter la politique d’affamement menĂ©e par IsraĂ«l, le 26 juillet. © Mamoun WazwazAPA images

Le 29 juillet, les agences de l’ONU ont dĂ©clarĂ©

“Gaza confrontĂ©e Ă  un risque grave de famine, les indicateurs de consommation alimentaire et de nutrition ayant atteint leur pire niveau depuis le dĂ©but du conflit”.

Selon la derniÚre alerte de classification intégrée de la sécurité alimentaire, deux des trois seuils de famine ont été franchis dans certaines parties de Gaza.

“Plus d’une personne sur trois, soit 39 % de la population de Gaza, passe dĂ©sormais plusieurs jours sans manger”, ont dĂ©clarĂ© les agences.

“Plus de 500 000 personnes, soit prĂšs d’un quart de la population, vivent dans des conditions proches de la famine, tandis que le reste de la population est confrontĂ© Ă  une situation alimentaire d’urgence”.

Les agences ont ajouté que

“la malnutrition aiguĂ«, deuxiĂšme indicateur clĂ© de la famine, a augmentĂ© Ă  un rythme sans prĂ©cĂ©dent Ă  Gaza”.

Tous les enfants de moins de 5 ans Ă  Gaza

“sont exposĂ©s Ă  un risque de malnutrition aiguĂ«, et des milliers d’entre eux souffrent de malnutrition aiguĂ« sĂ©vĂšre, la forme la plus mortelle de malnutrition.

“Le temps presse pour mettre en place une rĂ©ponse humanitaire Ă  grande Ă©chelle”, ont averti les agences.

L’aide humanitaire est larguĂ©e au nord de la ville de Gaza le 27 juillet. Les Émirats arabes unis et la Jordanie ont confirmĂ© aux mĂ©dias avoir commencĂ© Ă  larguer quotidiennement de l’aide, affirmant que celle-ci vise Ă  soulager la famine causĂ©e par le blocus israĂ©lien sur la bande de Gaza, malgrĂ© les critiques selon lesquelles il ne s’agit que d’un Ă©cran de fumĂ©e pour IsraĂ«l et qu’elle peut blesser des civils. © Yousef ZaanounActiveStills

“IsraĂ«l utilise la soif comme arme pour tuer les Palestiniens”, ont dĂ©clarĂ© le 29 juillet des experts des droits de l’homme de l’ONU.

“Couper l’eau et la nourriture revient Ă  larguer une bombe silencieuse mais mortelle tuant principalement des enfants et des bĂ©bĂ©s”,

ont ajoutĂ© les experts, qui ont appelĂ© au dĂ©ploiement d’une aide comprenant du carburant, de l’eau, des fournitures et du personnel, depuis tous les ports mĂ©diterranĂ©ens.

“La vue d’enfants mourant dans les bras de leur mĂšre est insupportable. Comment les dirigeants mondiaux peuvent-ils encore dormir alors que ces souffrances continuent ?”

Alice Edwards, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture, critiquée pour son absence de condamnations publiques des politiques israéliennes, a déclaré que

“l’impact psychologique de la privation de nourriture et d’eau est intrinsĂšquement cruel”.

“Les restrictions en constante Ă©volution, la distribution militarisĂ©e et l’incertitude quotidienne concernant l’accĂšs Ă  ces produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ© provoquent dĂ©sespoir, stress et un traumatisme absolus”, a-t-elle ajoutĂ© dans sa dĂ©claration du 30 juillet.

Un nouveau-nĂ© soignĂ© au complexe mĂ©dical Nasser, Ă  Khan Younis, dans le sud de Gaza, a Ă©tĂ© sauvĂ© par les mĂ©decins aprĂšs le dĂ©cĂšs de sa mĂšre, Suad Zaarab, enceinte de sept mois, tuĂ©e lors d’une frappe aĂ©rienne israĂ©lienne sur un bĂątiment situĂ© Ă  proximitĂ© de tentes abritant des familles dĂ©placĂ©es dans la rĂ©gion d’Al-Mawasi, le 28 juillet. © Moaz Abu Taha, Agence France Presse

Le dernier jour de juillet, des colons juifs, sous la protection de l’armĂ©e israĂ©lienne, ont attaquĂ© trois villages de la rĂ©gion de Ramallah, siĂšge de l’AutoritĂ© palestinienne en Cisjordanie.

Selon l’agence de presse officielle palestinienne Wafa, Abdulatif Ayyad, ĂągĂ© de 40 ans, est mort asphyxiĂ© alors qu’il tentait d’Ă©teindre des vĂ©hicules incendiĂ©s par des colons.

Toujours selon Wafa, les colons ont menĂ© plus de 2 150 attaques en Cisjordanie depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, causant la mort de quatre Palestiniens.

Parmi eux figurait Awdah Hathaleen, un militant de premier plan, abattu par le colon Yinon Levi Ă  Umm al-Kheir, un village situĂ© dans les collines au sud d’HĂ©bron, le 28 juillet.

Levi, qui a servi dans l’armĂ©e et participĂ© Ă  la destruction de bĂątiments Ă  Gaza, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©, inculpĂ© d’homicide involontaire, puis libĂ©rĂ© de son assignation Ă  rĂ©sidence au bout de quelques jours seulement.

L’armĂ©e israĂ©lienne a refusĂ© de restituer le corps de Hathaleen Ă  sa famille, Ă  moins que celle-ci n’accepte que l’enterrement ait lieu Ă  Yatta plutĂŽt qu’Ă  Umm al-Kheir, et que les funĂ©railles soient limitĂ©es Ă  15 personnes.

L’armĂ©e a dĂ©clarĂ© que la tente dressĂ©e aprĂšs la mort de Hathaleen se trouvait dans une zone militaire fermĂ©e et a expulsĂ© de force les journalistes, les militants et les Palestiniens rĂ©sidant hors du village, rapporte Haaretz.

Levi a Ă©tĂ© sanctionnĂ© par les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni l’annĂ©e derniĂšre pour son rĂŽle dans le transfert forcĂ© de Palestiniens du village de Zanuta.

L’administration Trump a levĂ© les sanctions contre Levi plus tĂŽt cette annĂ©e, tandis que Hathaleen s’est vu refuser l’entrĂ©e aux États-Unis aprĂšs avoir Ă©tĂ© invitĂ© Ă  s’exprimer devant des groupes juifs en Californie, en juin.

Des Palestiniens et l’aide alimentaire au centre de distribution de la Fondation humanitaire de Gaza, Ă  Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, alors que des avertissements font Ă©tat d’une famine imminente et catastrophique, le 30 juillet. © Abed Rahim Khatib, DPA via ZUMA Press

AprĂšs le meurtre d’Awdah Hathaleen, le 30 juillet, le bureau des droits de l’homme de l’ONU a dĂ©clarĂ© que

“l’amplification de la violence des colons, avec la complicitĂ©, le soutien et, dans certains cas, la participation des forces de sĂ©curitĂ© israĂ©liennes, a aggravĂ© le climat de coercition en Cisjordanie occupĂ©e”.

Entre le 24 et le 26 juillet, des colons ont expulsĂ© 17 familles de bergers palestiniens de leurs maisons, dans la rĂ©gion de BethlĂ©em, a dĂ©clarĂ© le bureau de l’ONU.

“Les colons ont menacĂ© de tuer les habitants s’ils ne partent pas, ont vandalisĂ© leurs biens et ont coupĂ© l’approvisionnement en eau de la communautĂ©â€,

a-t-il ajoutĂ©, notant que l’armĂ©e israĂ©lienne a informĂ© les habitants qu’elle n’Ă©tait pas en mesure de les protĂ©ger.

Par ailleurs, aprÚs une pause de quatre ans, les autorités israéliennes ont

“repris la mise en oeuvre du plan de colonisation E1, qui prĂ©voit la construction de plus de 3 400 logements pour des colons israĂ©liens entre JĂ©rusalem-Est occupĂ©e et la colonie de Maale Adumim”.

L’armĂ©e israĂ©lienne a tuĂ© huit Palestiniens au cours de la semaine prĂ©cĂ©dente, dont cinq garçons “abattus alors qu’ils ne reprĂ©sentaient aucune menace”, selon le bureau de l’ONU.

Le 23 juillet, la Knesset, le Parlement israélien, a adopté à une large majorité une motion appelant le gouvernement à étendre officiellement sa souveraineté à la Cisjordanie.

“Cette motion non contraignante prĂ©conise l’annexion officielle de la Cisjordanie en vertu du droit israĂ©lien, constituant ainsi une violation flagrante du droit international”, a dĂ©clarĂ© le bureau de l’ONU.

Des colons israĂ©liens d’extrĂȘme droite marchent vers la frontiĂšre de Gaza le 30 juillet. © Ilia Yefimovich/DPA via ZUMA Press

L’armĂ©e israĂ©lienne a tuĂ© huit enfants palestiniens en Cisjordanie au cours du mois de juillet.

Amjad Awad, ĂągĂ© de 17 ans, a Ă©tĂ© tuĂ© d’une balle dans la poitrine par un soldat israĂ©lien postĂ©

 

 

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

5 rĂ©flexions sur “👁‍🗹 La Palestine en images : juillet 2025

  • ROBERT BIBEAU

    RĂ©cemment un rĂ©actionnaire – ici mĂȘme sur ce webmagazine – affirmait qu’il n’y avait pas de famine imposĂ©e aux gazaouis par les terroristes israĂ©liens puisqu’aucune photos n’affichaient de pauvres enfants dĂ©charnĂ©s…

    Quelques photos montrant la misÚre de ce peuple « génocider »

    Robert Bibeau

    Répondre
  • JDEC

    Oui …vous pouvez toujours en faire un bel article avec d’horribles images …jusqu’Ă  oser sauver la vie d’un prĂ©maturĂ© de 7 mois qui a perdu sa mĂ©re (MAIS QUELLE INCONSCIENCE Ă  TOUS LES NIVEAUX & vous n’avez mĂȘme pas la larme Ă  l’oeil ,devant cette autre monstruositĂ© !!!!IN-CRO-YA-BLE un aussi monstrueux Ă©goĂŻsme!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Quelle planĂšte abjecte !
    Mais il est temps que cette planĂšte ENTIERE …PAIE pour ce qu’elle a laissĂ© faire & tant pis si nous y passons tous!
    De tels dĂ©gĂ©nĂšrĂ©s des 2 cĂŽtĂ©s ne mĂ©ritent pas de rester en vie .Quant aux victimes ,des monstres dĂ©ments,le MONDE sera t il seulement capable de leur laisser un gigantesque jardin potager ,pour ceux qui veulent encore survivre dans un tel Ă©tat de loques physiques & morales ? MĂȘme pas !
    Mais vous n’ĂȘtes pas au bout de vos surprises :vous allez voir la suite! Et ce n’est pas les soi-disants humains qui la tĂ©lĂ©commanderont …surtout pas les assassins !La plus terrible surprise sera d’ailleurs pour eux !

    Répondre

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