Contribution : Lutte en masse et marche à la guerre impérialiste
Par IGCL/GIGC. Sur http://www.igcl.org/Contribution-Lutte-en-masse-et
Le numéro 32 (janvier 2026) de la revue Révolution 
ou Guerre est disponible ici fr_rg32
Contribution : Lutte de masse et marche à la guerre impérialiste
« En 1905, le prolétariat révolutionnaire s’est trouvé (…) un autre moyen pour attirer les masses dans le mouvement. Ce moyen, c’est la grève révolutionnaire, une grève opiniâtre, sautant d’un point à l’autre, d’un bout du pays à l’autre, une grève répétée, une grève qui soulève les éléments retardataires en vue d’une vie nouvelle, grâce à la lutte pour les améliorations d’ordre économique, (…) une grève-manifestation qui déploie le drapeau rouge dans les rues des capitales (…). Il est impossible de susciter artificiellement de pareilles grèves, et il est également impossible de les arrêter quand elles arrivent à englober des centaines et des centaines de milliers de participants. »
(Lénine, Le développement des grèves révolutionnaires, 1913)
Le flot croissant et accéléré des événements de tout ordre nous éclaire de plus en plus précisément sur la voie que le capitalisme compte emprunter pour nous précipiter dans la guerre généralisée. Depuis 2022 rien ne semble arrêter, ni même ralentir, un processus quasi linéaire, continu, vers la guerre. Même le traité de paix à Gaza, « l’aube historique d’un nouveau Moyen-Orient » selon Trump, n’aura pas marqué, du moins à ce jour, de véritable pause dans cette course vers la guerre. Et pour ceux qui continueraient à refuser de voir, la déclaration du chef d’état major de l’armée française ne peut que leur ouvrir les yeux : « nous avons tout pour dissuader Moscou. Ce qu’il nous manque, c’est la force d’âme pour accepter de nous faire mal pour défendre la Nation. (…) Il faut accepter de perdre nos enfants, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production défense. » (Général Mandon, chef d’État major des armées françaises, 18 novembre 2025 [1]) Les lieux et moments des antagonismes de classes qui s’exacerbent du fait de la crise capitaliste et de la guerre impérialiste, se précisent donc de jour en jour.
Il suffit de jeter un œil aux politiques menées par la bourgeoisie américaine avec Trump pour relever comment les contradictions du capital mondial, la surproduction généralisée et donc une concurrence internationale dévastatrice, se manifestent et explosent au cœur de la première puissance capitaliste. Et comment celle-ci est propulsée dans la préparation en urgence de la guerre si elle veut maintenir sa primauté et domination mondiales, et, ainsi, comment elle y précipite le monde entier.
La situation historique a donc ceci de particulier et d’inédit que crise économique capitaliste et guerre impérialiste généralisée se présentent en même temps. Au niveau idéologique, le capitalisme ne pourra que difficilement faire accepter les sacrifices économiques au prétexte de la paix – comme en 1918-1920 pour contrer la vague révolutionnaire internationale d’alors, ou encore dans l’après-2e guerre au cours des années 1940 et 1950. Il aura tout autant de mal à faire accepter la préparation à la guerre au prétexte de la prospérité revenue ou à venir – comme dans les années 1930 après la crise de 1929 et le chômage de masse que la préparation à la guerre avait en partie permis de résorber.
Dans ces conditions historiques, il est une question clé pour le capital et chaque bourgeoisie nationale, celle-là même que le général français soulève : comment imposer aux populations, et principalement aux salariés et prolétaires, de souffrir économiquement pour les besoins de la défense ? Autrement dit, la bourgeoisie comme classe se doit d’affronter le prolétariat en tant que classe pour imposer les besoins de la défense militaire. De cette confrontation de classes à laquelle chaque bourgeoisie se prépare, dépend l’issue du drame historique soit dans la guerre généralisée et dévastatrice, soit dans la révolution prolétarienne et le destruction du capitalisme fauteur de guerre. « Il existe une incompatibilité fondamentale entre la lutte des classes et le jeu des contrastes [impérialistes] inter-États. Elle réside en ceci : l’une aboutit à la révolution, l’autre dans la guerre [2]. » Le marxisme, la théorie révolutionnaire du prolétariat, a toujours défendu que seul le prolétariat, parce que classe exploitée et révolutionnaire à la fois, est en condition de s’opposer au capitalisme et de le détruire avant que celui-ci impose sa « solution » radicale et barbare à ses propres limites et contradictions.
Pour beaucoup, y compris au sein du camp révolutionnaire, le prolétariat est inexistant aujourd’hui en tant que classe sociale et totalement soumis à l’idéologie et à l’exploitation capitalistes. Factuellement et depuis 2022 à aujourd’hui, cette assertion est démentie par les mobilisations massives en Grande-Bretagne, en France contre une énième réforme des retraites, aux États-Unis dans l’automobile, chez les dockers, dans les dépôts d’Amazon, ces derniers temps au Canada et en Belgique, par les luttes ouvrières et révoltes populaires en Asie ou Afrique. Objectivement, il est bien de nos jours une force sociale qui, lorsqu’elle essaie de défendre ses intérêts immédiats de classe, tend à s’opposer aux desseins du capital et à ses préparatifs pour la guerre généralisée. Et cela est indépendamment des consciences individuelles des prolétaires en lutte. Que ces luttes restent limitées et souvent impuissantes à faire reculer les attaques de la bourgeoisie, du moins directement, ne changent rien à ce constat matériel.
Pour saisir la réalité de la lutte des classes, il ne suffit pas de la considérer comme une photo. Il faut plutôt la voir comme un processus en mouvement, un film. Celui-là même qui voit ses personnages principaux, capital et travail, bourgeoisie et prolétariat, s’opposer en permanence. Confrontation massive entre les classes il y a et il va y avoir. Tel est pour l’heure le cours historique. Et le cadre, le terrain et le tempo de ces confrontations sont et vont être de plus en plus déterminés par la bourgeoisie cherchant à répondre aux nécessités de sa marche à la guerre. Or comment l’antagonisme entre les classes se matérialise-t-il concrètement ? Comment se développe-t-il ? Quelles moyens d’action et tactiques utilisent les deux classes antagonistes ? Quel processus ?
Le « phénomène historique de la lutte en masse »
Depuis l’avènement de l’impérialisme au début du 20e siècle, avant même l’éclatement de la 1er Guerre impérialiste mondiale, les conditions, moyens d’action et tactiques, qui déterminaient la lutte du prolétariat furent définitivement modifiées par rapport à celles, essentiellement syndicalistes, qui prévalaient jusqu’alors. « La concentration des capitaux affaiblit la position des syndicats, même dans les branches de métier, où ils sont les plus puissants. Malgré leur importance, les fonds de soutien aux grévistes apparaissent infimes comparés aux ressources financières de l’adversaire [3]. » Les luttes sur le terrain de l’usine et de la corporation, voire du secteur ou branche d’activité, et le syndicalisme qui en était l’instrument se révélaient impuissants pour faire face à la nouvelle situation historique. Des luttes en masse prolétariennes, différentes des luttes organisées par les syndicats jusqu’alors, commencèrent à apparaître en Belgique, en Allemagne. Mais évidemment ce fut la Révolution de 1905 en Russie qui confirma le changement des conditions et des moyens d’action pour les combats du prolétariat international. Il s’ensuivit un débat au sein du parti social-démocrate allemand sur la grève de masse qui garde toute son actualité aujourd’hui encore. Une résolution sur la grève de masse fut même adoptée au congrès d’Iéna de 1905. Pour Anton Pannekoek, « les actions de masse sont une conséquence naturelle du développement du capitalisme moderne en impérialisme, elles sont sans cesse davantage la forme de combat qui s’impose [au prolétariat]. L’impérialisme et les actions de masse sont des phénomènes nouveaux dont on ne peut saisir et maîtriser l’essence et l’importance que petit à petit [4]. » Rosa Luxemburg ne dit pas autre chose lorsqu’elle écrit que « la grève de masse n’est pas le produit artificiel d’une tactique imposée par la social-démocratie, mais un phénomène historique naturel né sur le sol de la révolution actuelle [5]. »
Dans le débat les opposant à K. Kautsky au sein du parti social-démocrate allemand, R. Luxemburg et A. Pannekoek rejettent toute vision réductrice de la grève de masse, considérée comme « une action unique » par Kaustky, ou encore ramenée à la vision anarchiste de la grève générale, faisant de la grève illimitée en soi l’arme ultime du combat contre le capitalisme. Pour R. Luxemburg, « il est absolument faux d’imaginer la grève de masse comme une action unique. La grève de masse est bien plutôt un terme qui désigne collectivement toute une période de la lutte de classes s’étendant sur plusieurs années, parfois sur des décennies. » Dans Grève de masse, parti et syndicats, elle décrit largement comment s’est réalisée et développée le processus de la grève de masse en Russie. Trotski fait de même dans son livre 1905.
« La marche des événements est restée dans toutes les mémoires. Les incidents se succédèrent, durant quelques jours, avec une remarquable progression, poursuivant toujours le même objectif. Le 3 janvier, la grève éclata à l’usine Poutilov. Le 7 janvier, les grévistes étaient cent quarante mille. La grève atteignit son apogée le 10 janvier. Le 13, on se remit au travail. Ainsi, nous sommes en présence d’un mouvement d’abord économique qui part d’un motif occasionnel. Ce mouvement s’étend, entraîne les ouvriers par dizaines de milliers et se transforme par conséquent en un événement politique. (…) Mais le massacre de janvier eut une influence particulièrement remarquable et profonde sur le prolétariat de toute la Russie. D’un bout à l’autre du pays passa un flot grandiose de grèves qui secouèrent le corps de la nation. D’après un calcul approximatif, la grève s’étendit à cent vingt deux villes et localités, à plusieurs mines du Donetz et à dix compagnies de chemins de fer. Les masses prolétariennes furent remuées jusqu’en leurs profondeurs. Le mouvement entraînait environ un million d’âmes. Sans plan déterminé, fréquemment même sans formuler aucune exigence, s’interrompant et recommençant, guidée par le seul instinct de solidarité, la grève régna dans le pays pendant environ deux mois [6]. »
C’est ce phénomène historique de la grève de masse qui alla à son terme de février à octobre 1917 en Russie en voyant les masses s’emparer des mots d’ordre du parti bolchevique, passer à l’insurrection contre l’État et à sa destruction et instaurer l’exercice de leur dictature de classe. C’est ce phénomène historique, plus ou moins développé selon les cas, jamais abouti comme en Russie, que nous retrouvons tout au long du 20e siècle, au cours de la vague révolutionnaire internationale des années 1918-1923, des grèves ouvrières des années 1930, bien que quasi totalement contrôlées et dénaturées par les fronts populaires et le stalinisme en particulier, en 1943 dans le nord de l’Italie, puis dans les explosions ouvrières qui marquèrent la Hongrie, Berlin-Est, puis la Pologne dans les années 1950. Nous retrouvons le même phénomène historique avec la reprise des luttes prolétariennes qui répondent à la fin de la période de reconstruction d’après-guerre, mai 1968 en France, le mai rampant italien en 1968-1969, la révolte ouvrière de Córdoba en Argentine, jusqu’aux grèves de masse de 1970 et d’août 1980 en Pologne.
C’est aussi la valeur universelle de ce phénomène historique qu’a contrario et pour ne donner qu’un seul exemple, l’échec de la longue grève d’un an des mineurs britanniques en 1984-1985 enfermés dans la corporation et installés dans un bras-de-fer sans issue, sans perspective et jusqu’au-boutiste vient valider.
Les appareils d’État mobilisés contre la grève de masse
Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Depuis le début du siècle ? Qu’exprimèrent, sinon une dynamique de lutte en masse, tous les mouvements de révoltes ouvrières et populaire du « printemps arabe » de 2010 à 2012 ? La mobilisation ouvrière massive et déterminée du prolétariat en Grèce de ces mêmes années ? Quel enjeu pour les mobilisations ouvrières massives, des centaines de milliers de grévistes et de manifestants, parfois un ou deux millions, en France et se succédant de 2003, 2006, 2007, 2010, 2013, 2016, 2018 et même 2020 – nous laissons de côté le cas particulier de la révolte des « gilets jaunes » de 2018-2019 ? Quelle fut la ligne de fracture et de confrontation entre les secteurs les plus combatifs du prolétariat et les syndicats et les gauchistes ? Si ce n’est la question de l’extension et de la généralisation de chacune de ces mobilisations à toute la classe ouvrière, que ce fut sous des mots d’ordre divers tel celui, confus, de « grève générale » ou encore « public-privé, tous ensemble ! » Que les secteurs et minorités les plus combatives du prolétariat n’aient pas réussi à prendre en main la direction du combat, que les syndicats aient réussi à saboter et étouffer ces dynamiques n’enlèvent rien au fait que la dynamique prolétarienne en cours était déjà celle de la grève de masse. Et que ce fut précisément celle-ci à laquelle la bourgeoisie, et ses forces en milieu ouvrier (c’est-à-dire les syndicats et les gauchistes) s’opposa. Ce fut la même question que soulevèrent les grèves sauvages d’Opel dans la ville allemande de Bochum en 2004 ou encore la grève sauvage du métro qui paralysa New York en janvier 2006 : ne pas rester isolée et s’étendre [7]. C’est toujours la même même nécessité d’élargissement qui s’est posée, à différents degrés, dans les mobilisations prolétariennes d’août à octobre au Canada et de Belgique du 24 au 26 novembre [8] et qui a défini les moments et les terrains de la ligne de fracture avec les tactiques et mots d’ordre syndicaux.
Le souci principal de toutes les bourgeoisies aujourd’hui vis-à-vis du prolétariat est précisément de prévenir et, lorsque ce n’est plus possible, de limiter et de saboter toute dynamique de lutte en masse. Si d’aucuns au sein du camp révolutionnaire doutent de la réalité du phénomène historique de la grève de masse, ce n’est nullement le cas de la bourgeoisie. Depuis les années 1930 et, surtout, depuis la 2e guerre impérialiste mondiale, tout l’appareil d’État s’est doté des outils idéologiques, politiques, légaux et répressif pour étouffer toute dynamique de révolte prolétarienne pouvant se généraliser et s’unifier. Si le droit de grève existe, il n’existe qu’autant que celle-ci reste inefficace pour le prolétariat et sans danger pour le capital. Par contre, la grève en masse est elle bel et bien interdite par les lois régissant les « préavis de grève » Et dans le cas où les syndicats et les gauchistes ne suffisent pas à la contenir, en particulier dans le carcan légal, et à l’étouffer, alors la répression policière vient à leur rescousse.
Grève de masse et marche à la guerre
Loin d’appartenir au passé, ou encore d’être temporaire, conjoncturel, voire unique, le phénomène de la grève de masse est en permanence au centre de la confrontation entre les classes : la prévenir et l’étouffer est la priorité pour la bourgeoisie ; l’initier et la développer l’est pour le prolétariat. Loin d’en repousser la réalité et, pour le prolétariat, la nécessité, le cours vers la guerre impérialiste généralisée que le capital tente d’imposer à l’ensemble de l’humanité exige l’application encore plus ferme du principe de l’internationalisme prolétarien au moyen de la lutte en masse. Dans le débat sur la grève de masse deux ans avant la 1er Guerre mondiale, Pannekoek mettait en lumière le rapport entre la guerre et la celle-ci. « Le développement de l’impérialisme crée sans relâche le terrain pour de puissants soulèvements des classes exploitées contre la domination du capital, des affrontements où viennent s’entrechoquer toutes les forces des adversaires en présence. La plus importante des occasions qui peuvent déchaîner ces affrontements, c’est le danger de guerre [9]. »
L’histoire nous enseigne que la grève en masse est la réponse toute particulière, privilégiée, du prolétariat international, la seule réponse possible de fait, à la marche à la guerre et à la guerre elle-même. D’une part, en imposant des rapports de force moins défavorables, voire plus favorables, au prolétariat face à la bourgeoisie, la grève de masse – parfois sa simple perspective ou menace – peut contraindre la bourgeoisie à reculer sur telle ou telle attaque particulière et, ainsi, freiner sa course à la guerre. D’autre part, de par sa dynamique propre, elle renforce la confiance et la détermination croissantes des masses prolétariennes dans leurs forces et dans les orientations et mots d’ordre des groupes et, surtout du parti communiste. Elle porte en elle et ne peut aboutir, si elle va à son terme, qu’à l’insurrection ouvrière, à la destruction de l’État capitaliste et à l’instauration de la dictature du prolétariat. Pour Lénine, « les grèves de masse persistantes sont indissolublement liées, chez nous, à l’insurrection armée [10]. »
Grève de masse et parti politique du prolétariat
Le rapport entre le prolétariat – classe en mouvement, c’est-à-dire en lutte – et les minorités révolutionnaires communistes matérialisant les plus hautes expressions de la conscience communiste, autrement dit le rapport parti-classe, ne peut être appréhendé, clarifié et défini que sur la base de la reconnaissance de la lutte en masse comme « forme universelle de la lutte de classe prolétarienne déterminée par le stade actuel du développement capitaliste et des rapports de classe [11]. » L’intervention des groupes et du parti communistes ne se pose pas en soi, avec des règles et une tactique immuable face à un prolétariat qui ne serait qu’une masse passive et statique et qu’il conviendrait de « réveiller ». Si ces derniers veulent être à l’avant-garde de la lutte de leur classe, s’ils veulent gagner la direction politique des luttes, ce pour quoi le prolétariat les fait naître et se développer, alors ils se doivent de définir leur intervention et adapter leurs orientations et leurs mots d’ordre en fonction des besoins de chacun des moments et de chacune des batailles particulières par lesquelles passe tout épisode de lutte de classe et toute mobilisation ouvrière.
Pour notre part, à chaque fois que nous le pouvons, nous essayons de rendre compte à la fois des mobilisations ouvrières massives auxquelles nous avons pu assister et d’en dégager les dynamiques et les moments successifs [12]. Et nous en profitons aussi pour partager et soumettre à la critique les orientations et les mots d’ordre que nous avons pu adopter et défendre selon les moments et les batailles. Nous sommes convaincus qu’il s’agit là d’expériences inestimables pour développer les capacités d’avant-garde et de direction politiques des minorités communistes.
Elles sont d’autant plus importantes à rapporter que, malheureusement, le phénomène historique de la grève de masse est souvent mal compris ou bien ignoré. En particulier, tant les tenants de la grève de masse qui en font un mythe ou un fétiche que ceux qui l’ignorent, ont trop souvent tendance à séparer et opposer « spontanéité » d’un côté et « conscience communiste » et organisations communistes, le parti, de l’autre. Cette séparation métaphysique des deux moments complémentaires, qui se renforcent l’un l’autre, de la lutte en masse s’accompagne du même type d’opposition entre Rosa Luxemburg, présentée comme « spontanéiste » et voire « anti-parti », et Lénine comme « l’apprenti bureaucrate » opposé à la spontanéité et au mouvement de masse. Pourtant pour qui lit avec attention et, surtout, sérieusement, les deux grands révolutionnaires se situent sans l’ombre d’un doute du même côté de la barricade théorico-politique où se joue le rapport spontanéité des masses-conscience communiste, classe-parti :
pour Lénine, « aussi la question des rapports entre la conscience et la spontanéité offre-t-elle un immense intérêt général et demande-t-elle une étude détaillée. (…) La spontanéité de la masse exige de nous, social-démocrates, une haute conscience. Au fur et à mesure que l’élan spontané des masses s’accroît et que le mouvement s’élargit, le besoin de haute conscience dans le travail théorique, politique et d’organisation de la social-démocratie augmente infiniment plus vite encore [13] ; »
pour R. Luxemburg, « considérons le vivant tableau d’un véritable mouvement populaire issu de l’exaspération des conflits de classe et de la situation politique, explosant avec la violence d’une force élémentaire en conflits aussi bien économiques que politiques et en grèves de masse alors la tâche de la social-démocratie consistera non pas dans la préparation ou la direction technique de la grève, mais dans la direction politique de l’ensemble du mouvement. »
Il en va de même au sujet des dimensions économiques et politiques des luttes ouvrières. Beaucoup les séparent, voire les opposent, au mieux les voient comme deux moments successifs, le passage de l’une à l’autre se faisant par un « saut qualitatif ». Grossièrement, pour l’économisme moderne ou conseillisme, le saut se réaliserait au moment où le prolétariat prend spontanément conscience à partir de ses combats immédiats de la nécessité de renverser l’État capitaliste. Les révolutionnaires ou parti ne seraient là que pour « diffuser des idées et des connaissances, à étudier, discuter et formuler des concepts sociaux, et à éclairer l’esprit des masses par leur propagande [14]. » Ce faisant, cette vision fait de la prise de conscience spontanée, à partir des luttes immédiates, un préalable à la lutte prolétarienne, oubliant que les minorités communistes portent et matérialisent la conscience communiste qui est le produit de la lutte historique du prolétariat. Pour certains d’entre eux même, le préalable à la « politisation » des luttes serait « la reconquête de l’identité de classe. »
Pour les autres, c’est le parti seul qui peut être le facteur de ce saut qualitatif vers la « politisation des luttes ». Le courant bordiguiste arrive même à la position que « sans le parti, la classe n’existe pas. »
Même si les uns reconnaissent formellement la « grève de masse » et se revendiquent de Rosa Luxemburg et A. Pannekoek, et les autres l’ignorent et rejettent ces derniers, les deux approches se retrouvent sur le même terrain, et commettent la même erreur, en séparant dimension économique et dimension politique du phénomène historique de la grève de masse. Alors qu’il s’agit de deux moments du même processus de la grève de masse.
Lénine lui-même rejette la « politisation » des luttes, qu’elle soit « spontanée » ou « importée » par le parti : « exiger que « l’on donne à la lutte économique elle-même un caractère politique » traduit de la façon la plus frappante le culte de la spontanéité dans le domaine de l’activité politique. Très souvent, la lutte économique revêt un caractère politique de façon spontanée, c’est-à-dire sans l’intervention de ce « bacille révolutionnaire que sont les intellectuels », sans l’intervention des social-démocrates conscients [15]. » Là aussi, l’opposition établie entre Luxemburg et Lénine, au prétexte de certaines formulations confuses dans Que faire est historiquement fausse [16]. Tout comme Rosa Luxemburg, Trotski ou encore Pannekoek, Lénine ne cesse de souligner que « la combinaison de la grève économique et de la grève politique constitue un des traits principaux [du mouvement gréviste. Que] la grève politique et la grève économique, par conséquent, se soutiennent l’un l’autre, constituant l’une pour l’autre une source d’énergie [17]. »
Éclaircir les prolétaires ou diriger les luttes ouvrières ?
Ces erreurs politiques et de méthode interdisent de comprendre le processus même de la lutte des classes et rendent difficile, sinon impossible, de pouvoir et savoir reconnaître les moments et les dynamiques des mobilisations prolétariennes, leur modification, leur tournant, voire leur inversion [18]. Pour les groupes communistes et révolutionnaires atteints de cette faiblesse, il en résulte une impuissance, parfois même un renoncement, à fournir et défendre orientations et mots d’ordre concrets et immédiats adaptés à chacun de ces moments. Par défaut alors, fort est l’attrait pour les mots d’ordre abstraits et généraux, tel celui sur l’« auto-organisation », et le fétichisme d’organisation, ici le fétichisme assembléiste ; ou bien tel celui appelant à la formation du parti en soi, faisant de celui-ci une autre variante du fétichisme d’organisation. Qu’ils soient « anti-parti » ou « pro-parti » pour reprendre la formulation de Lénine, ne reste alors à leur disposition que la seule dimension de propagande générale et « à éclairer l’esprit des masses par leur propagande. »
Pour autant, nous ne mettons pas sur le même plan « anti-parti » et « pro-parti ». Les premiers sous-estiment, quand ils ne rejettent pas ouvertement, non seulement la nécessité du parti, mais aussi la dimension politique première de toute lutte prolétarienne. Sauf à rompre avec l’économisme et le conseillisme qu’ils expriment et matérialisent, ils ne seront au mieux qu’inutiles, au pire au côté des gauchistes et des syndicats pour vider les assemblées générales et toutes autres formes d’organisation unitaires des luttes ouvrières de leur fonction au service de la grève de masse et de son développement.
Les forces « pro-parti » qui ne se sont pas encore réappropriées l’expérience historique et théorique du prolétariat quant au phénomène historique de la grève de masse, disposent, elles, de l’héritage et des leçons programmatiques que la Gauche communiste d’Italie a pu fournir. Elles ont ainsi la possibilité, sans renier leur conviction et démarche militante « pro-parti », d’aller au-delà du « fétichisme de parti » qui, bien souvent renvoie à une position tout aussi fataliste que le conseillisme, ou bien « en miroir » à une vision volontariste, activiste, voire même ouvriériste. Le rôle des organisations communistes, cercles, groupes et parti, est d’être au premier rang des affrontements de classe. Cela signifie qu’elles se doivent d’assumer la confrontation avec les forces bourgeoises syndicales et gauchistes en milieu ouvrier pour leur disputer et leur ôter la direction et l’orientation des luttes, qu’elles soient objectivement déjà massives, ou bien qu’elles ne soient encore que locales et limitées.
« L’action du parti prend l’aspect d’une stratégie aux moments cruciaux de la lutte pour le pouvoir, pendant lesquels cette action revêt un caractère essentiellement militaire. Dans les phases qui précèdent, l’action du parti ne se réduit pourtant pas purement et simplement à l’idéologie, la propagande et l’organisation, mais elle consiste, comme nous l’avons déjà dit, à participer aux différentes luttes auxquelles le prolétariat est conduit. La codification des règles tactiques du parti vise par conséquent à établir à quelles conditions son intervention et son activité dans ces mouvements, son agitation au feu des luttes prolétariennes seront en harmonie avec son but révolutionnaire final et permettront à sa préparation théorique, à son organisation et à sa préparation tactique de progresser simultanément. » (Thèses de Lyon de la Gauche du Parti communiste d’Italie, 1926)
Ce faisant, le renforcement du parti ou du groupe communiste est avant tout « politique », dans sa capacité à assumer le rôle de direction politique des luttes. L’objet de l’intervention dans les luttes ouvrières n’est pas de gagner des prolétaires et individus à l’organisation communiste, ni au recrutement en soi ; mais à imposer une alternative concrète de classe, une direction politique, afin que chaque lutte puisse se développer au maximum et être le plus « efficace » possible, y compris du point de vue de ses revendications et objectifs immédiats. Alors tout regroupement ou adhésion militante peut se baser sur la vérification et la conviction individuelle à la fois sur le programme ou plateforme politique du groupe, mais aussi sur leur application ou déclinaison concrète dans les interventions et les orientations du parti ou du groupe communiste. C’est ainsi que l’on peut assurer au mieux que regroupement et adhésions individuelles soient effectifs et durables pour l’individu militant communiste et que l’organisation, au premier chef son unité politique, se renforce réellement. C’est donc aussi en lien étroit avec le phénomène historique de la grève de masse que le parti pourra se constituer et que ses membres seront sélectionnés.
Après avoir débuté cette contribution en citant Lénine sur la grève de masse, nous la conclurons par Rosa Luxemburg et sa position sur le rôle politique dirigeant du parti dans les luttes en masse.
« S’il est donc vrai que c’est à la période révolutionnaire que revient la direction de la grève au sens de l’initiative de son déclenchement et de la prise en charge des frais, il n’est pas moins vrai qu’en un tout autre sens la direction dans les grèves de masse revient à la social-démocratie et à ses organismes directeurs. Au lieu de se poser le problème de la technique et du mécanisme de la grève de masse, la social-démocratie est appelée, dans une période révolutionnaire, à en prendre la direction politique. La tâche la plus importante de « direction » dans la période de la grève de masse, consiste à donner le mot d’ordre de la lutte, à l’orienter, à régler la tactique de la lutte politique de telle manière qu’à chaque phase et à chaque instant du combat, est réalisée et mise en activité la totalité de la puissance du prolétariat déjà engagé et lancé dans la bataille et que cette puissance s’exprime par la position du Parti dans la lutte ; il faut que la tactique de la social-démocratie ne se trouve jamais, quant à l’énergie et à la précision, au dessous du niveau du rapport des forces en présence, mais qu’au contraire elle dépasse ce niveau ; alors cette direction politique se transformera automatiquement en une certaine mesure en direction technique. Une tactique socialiste conséquente, résolue, allant de l’avant, provoque dans masse un sentiment de sécurité, de confiance, de combativité ; une tactique hésitante, faible, fondée sur une sous-estimation des forces du prolétariat, paralyse et désoriente la masse. Dans le premier cas les grèves de masse éclatent « spontanément » et toujours « en temps opportun » ; dans le deuxième cas la direction du Parti a beau appeler directement à la grève – c’est en vain. La révolution nous offre des exemples parlants de l’un et l’autre cas. » (Gréve de masse, parti et syndicats, op.cit., nous soulignons)
Notes:
[1] . L’intégrale de la conférence du général aux maires des villes françaises : https://www.youtube.com/watch?v=4eA4js-Tcw4. Le passage que nous citons se trouve autour de la 19e minute. Au préalable, le général fournit une vision générale des enjeux impérialistes et militaires du point de vue de la bourgeoisie française. Ceux qui comprennent le français y trouveront sans doute un intérêt.
[2] . Bilan #19, Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum, 1935, https://archivesautonomies.org/spip.php?article2416.
[3] . A. Pannekoek, Le syndicalisme, janvier 1936, Éditions 10-18, 1973.
[4] . A. Pannekoek, Action de masse et révolution, 1912, Socialisme, la voie occidentale, PUF, 1983.
[5] . R. Luxemburg, Grève de masse, parti et syndicats, 1906, petit collection Maspero, 1969.
[6] . L. Trotsky, 1905, Les éditions de minuit, 1969.
[7] . Le lecteur peut se réfèrer à la page des sommaires des bulletins de l’ex-Fraction interne du CCI pour avoir connaissance des analyses et de l’intervention que celle-ci mena alors et dont, pour notre part, nous reprenons l’essentiel de l’expérience : https://www.fractioncommuniste.org/index.php?SEC=b00. Il peut aussi reprendre les sommaires de notre revue et les comuniqués que nous avons publiés sur les différentes mobilisations prolétariennes depuis 2013 auxquelles nous avons pu participer.
[8] . cf. Mobilisations prolétariennes au Canada et intervention des révolutionnaires et Trois jours de grève générale en Belgique dans ce numéro de la revue.
[9] . A. Pannekoek, Action de masse et révolution, 1912, op.cit, souligné par Pannekoek.
[10] . Lénine, L’essor révolutionnaire, 1912, Oeuvres complètes, tome 18, Éditions sociales, souligné par Lénine.
[11] . R. Luxemburg, op.cit.
[12] . En particulier, RG #6, 10, 14, 22 et 24.
[13] . Que faire ? Éditions sociales, 1971. Il convient particulièrement d’attirer l’attention des lecteurs utilisant des lunettes mal adaptées de relever et souligner que Que faire ne rejette pas la spontanéité mais le « culte de la spontanéité » dont les économistes font preuve.
[14] . A. Pannekoek, Thèses sur la lutte de la classe ouvrière contre le capitalisme, 1947, traduit de l’anglais à partir de https://www.marxists.org/archive/pannekoe/1947/theses-fight.htm.
[15] . Que faire ? op.cit.
[16] . En particulier celle selon laquelle « par lui-même, le mouvement ouvrier spontané ne peut engendrer que le trade-unionisme » et qui, par ailleurs, est contredite par d’autres passages du même texte.
[17] . Lénine, Grève économique et grève politique, 1912, op.cit.
[18] . cf. notre débat avec la CWO à propos des grèves de l’été 2022 dans RG #24 : France et Grande Bretagne : luttes ouvrières et intervention des révolutionnaires et Quelle fut l’action politique effective des syndicats dans la vague de grève au Royaume Uni ?

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MARX écrivait dans «Misère de la philosophie et philosophie de la misère» (1847) que:
«Les grandes industries rassemblent une foule d’ouvriers …Le maintien du salaire, cet intérêt commun, les réunit dans une pensée de résistance – une coalition économique».
Ainsi, cette «résistance» pour «le maintien du salaire» unifie le prolétariat dans la lutte économique et à ce titre constitue un apprentissage à la lutte de classe économique TOUTEFOIS comme MARX le démontra lors de son étude des «Révolutions» de 1848 et plus particulièrement, de la Commune de Paris de 1871 ( «La lutte des classes en France») :
«La Révolution communiste suppose la conquête du pouvoir politique, pas seulement la pression économique» et partant, aucune grève fut-elle «de masse», «générale» et «illimitée» ne remplace la révolution communiste.
ENGELS dans une «Lettre à Bebel» (1875) écrivait: «Les luttes économiques forment l’école de guerre du prolétariat» mais n’en constitue pas la guerre elle-même.
Ainsi, critiquant les courants anarchistes, ENGELS expliqua que «croire qu’une «grève générale» fut-elle de «masse», «générale» et «illimitée» puisse renverser le système capitaliste n’est qu’une illusion dangereuse et fatale au prolétariat car l’État, la police et l’armée capitalistes restent et déploieront toutes leur puissance pour réprimer et anéantir cette «grève de masse», et alors que la «grève de masse» peut être un «moment de radicalisation», la révolution implique un affrontement irréconciliable avec l’État.
LÉNINE fut celui qui vécu le plus directement les «grèves de masse» à l’occasion de la Révolution russe de 1905 et des mouvements révolutionnaires en Europe.
Dès 1902 dans «Que faire», LÉNINE, critiqua sévèrement l’idée que la lutte économique suffise lorsqu’il écrivit:
«La conscience social-démocrate ( lire: «communiste» aujourd’hui, suite au galvaudage bourgeois de ce terme, ndla) ne peut être apportée aux ouvriers que de l’extérieur (…) par son Parti révolutionnaire».
Analysant «les grèves de masse» qui marquèrent la Révolution de 1905, LÉNINE écrivit:
«La grève de masse est une des formes les plus importantes de la lutte révolutionnaire mais au mieux, elle conduit à l’insurrection populaire et par elle-même, jamais à la révolution prolétarienne».
Dans «L’État et la révolution» (1917), LÉNINE concluait:
«La substitution de l’État prolétarien à l’État bourgeois est impossible sans révolution prolétarienne violente».
Pour MARX, ENGELS et LÉNINE:
La «grève de masse» est l’école, la forme d’entrée, le déclencheur «possible» de la révolution communiste comme le sont l’ensemble des insurrections populaires — mais la révolution exige la prise du pouvoir d’État, ce que «la grève de masse», tout comme les «insurrections populaires» ne visent pas.
L’issue même des mouvements révolutionnaires en Allemagne («révolution spartakiste»: 1918-1923) sous la direction «spontanéiste de grèves de masse» de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht qui tous 2 furent assassinés comme celle d’Anton Pannekoek en Hollande, démontrent la supériorité indubitable de l’analyse de LÉNINE et la nécessité absolue d’un authentique Parti communiste, seul capable de faire passer les «grèves de masse» et les «insurrections populaires» de «mouvements spontanés» en une véritable révolution prolétarienne et pire encore, que laissé sans direction révolutionnaire communiste, ces «grèves de masse» et ces «insurrections populaires» peuvent conduire à leur contraire: la dictature fasciste comme ce fut le cas tant en Allemagne qu’en Hollande.
D’entrée de jeu, il faut considérer que «les grèves de masse» et les «insurrections populaires» qui ont des objectifs «économiques» alors que la bourgeoisie organise la guerre peuvent être «satisfaites économiquement» comme l’ont démontré la prise du pouvoir des fascistes mussoliniens en Italie, des nazis hitlériens en Allemagne et des «sociaux-démocrates» Rooseveltiens aux U$A et la création de vastes programmes d’emplois qui mirent le prolétariat «au travail», leur procura un salaire et les mobilisa pour les guerres mondiales qui suivirent.
Ainsi, les crises économiques systémiques de surproduction de capitaux et de marchandises du capitalisme qui préludent les guerres impérialistes mondiales pour «le vol, le pillage et le brigandage» ( LÉNINE) permettent aux capitalistes d’acheter la «paix sociale» en «créant des emplois payants» dans le complexe militaro-industriel ou de «vastes travaux d’infrastructures», ce qui neutralisent les «grèves de masse» économique et rallient le prolétariat aux objectifs militaristes de la bourgeoisie.
La «reprise économique» qui survint en Italie fasciste, en Allemagne nazie, au Japon impérial, aux U$A sous Roosevelt et le «new deal», en France sous le «bloc populaire», en Angleterre sous le gouvernement travailliste, etc. sont autant de preuves du caractère réactionnaire de «certaines grèves de masse» économiques.
Qui n’a pas entendu le président grabataire sénile Biden et le sénateur fasciste Lindsey Graham déclarer à l’unisson: «La guerre en Ukraine crée des emplois payants aux U$A sans qu’on ne sacrifie un seul boy»?
Cette guerre fratricide entre «slaves» russes et ukrainiens a permis aux capitalistes mondiaux d’imposer à leurs esclaves salariés mondiaux de détourner l’argent des programmes sociaux vers les capitalistes du complexe militaro-industriel, principalement U$, russes et chinois.
Qui ne constate pas qu’en Russie poutinienne, aux U$A tr0mpiste et en Chine Xiiste, grâce à la guerre en Ukraine et au génocide des palestiniens martyrs, leur économie capitaliste respective a atteint le «plein emploi» et elle fait venir des chômeurs d’Inde, du Vietnam et d’ailleurs pour combler leur manque de main d’œuvre et poursuive leur militarisation.
Au même moment, aux U$A, en Russie, en Chine et en Europe, les gouvernements bourgeois, «ces comités exécutifs de la bourgeoisie chargés de la gestion de leurs intérêts communs» ( MARX et ENGELS, Manifeste du Parti communiste), s’emploient fébrilement à militariser leur économie en préparation à la prochaine guerre impérialiste mondiale, l’armagadon thermonucléaire ultime.
À ces aspects réactionnaires des «grèves de masses» économiques, il faut ajouter la désindustrialisation et la désyndicalisation des économies occidentales alors que les esclaves salariés sont atomisés et embourgeoisés dans des emplois tertiaires, tantôt à domicile, tantôt dans des bureaux climatisés et des commerces de détails où ils livrent leur travail salarié par internet, coupés de contacts réels avec leur classe sociale.
Cette réalité parasitaire de l’économie capitaliste occidentale au frais du tiers monde favorise la collaboration de classes en occident et la montée du fascisme sous toutes ses formes, depuis le «national-capitalisme» tr0mpiste, au «patriotisme européiste», en passant par «le wokisme», le «gauchisme», le «féminisme», l’ukronazisme, le sionazisme, le «socialisme à la chinoise», au tsarisme orthodoxe russe poutinien, au «nihilisme», au «toddisme familial», etc., un salmigondi débilitant conçu précisément par la bourgeoisie pour mobiliser le prolétariat dans ses plans militaristes de guerre mondiale.
A ces «grèves de masse» économiques spontanées et sans direction révolutionnaire susceptibles de conduire au fascisme, il faut ajouter les «insurrections populaires» sans direction révolutionnaire communiste comme celle des Gilets jaunes en France ou des Carrés rouges au Québec qui n’ont conduit les «masses» qu’à la répression barbare, aux blessures et au désespoir ou à collaboration de classe par le passage des «leaders» aux partis bourgeois comme celui de Nadeau-Dubois à Québec Solidaire.
N’en déplaise aux «gauchistes» à tout crin, le prolétariat est par nature matérialiste dialectique et historique car il sait par son expérience vivante que la matière seule existe; que les «idées» sont le résultat de l’activité électrique et chimique de son cerveau; que «sa condition matérielle crée sa conscience»; que «la religion est l’opium du peuple»; que «son histoire est celle de la lutte des classes : maîtres et esclaves; barons et serfs; bourgeois et prolétaires»; que sous la dictature des capitalistes, il en est réduit à être esclave salarié: «chair à patrons en temps de paix; chair à canons en temps de guerre.
Le prolétariat est par destination MARXISTE car il sait qu’il doit s’organiser en Parti communiste à l’exclusion de la bourgeoisie s’il veut renverser la dictature capitaliste, abolir la propriété privée des moyens de production, de financiarisation et de communication , l’exploitation de l’homme par l’homme et instaurer la société communiste où ce sera «de chacun selon ses capacités et à chacun selon ses besoins».
Le temps presse, la bourgeoisie précipite l’humanité dans une guerre mondiale thermonucléaire apocalyptique et le prolétariat n’en est plus à partager son pouvoir avec les «masses», il doit impérativement prendre sa destinée en mains, s’organiser au sein de son propre PARTI COMMUNISTE et sauver l’humanité de sa destruction en instaurant sa DICTATURE PROLÉTARIENNE ET EN RENVERSANT LE CAPITALISME MORIBOND.
PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS, BÂTISSEZ VOTRE PARTI COMMUNISTE,RENVERSEZ LA DICTATURE DE LA BOURGEOISIE ET INSTAUREZ VOTRE PROPRE DICTATURE PROLÉTARIENNE.
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