Le risque de guerre nucléaire vient de l’Empire Américain en Asie (Scott Ritter)
Par Normand Bibeau
Scott Ritter est avec quelques autres experts militaires, un authentique expert, épris d’une volonté de paix juste et durable, à l’abri des intérêts impérialistes de «vol, de pillage et de brigandage» (LÉNINE) qui motivent les «élites» bourgeoises qui dominent le monde.
Toutefois et avec déférence pour son expertise militaire, comment peut- il croire qu’une «opération Koursk» UKRONAZIE BANDÉRISTE / U$A/ OTAN, comme une vague de drones lilliputiens avec 70 à 80,000 soldats et 600 véhicules blindés réussiraient là où 3,8 millions d’envahisseurs nazis-fascistes et collabos génocidaires avec une aviation de 5369 avions, 3350 tanks, 7184 canons et 600000 véhicules ont échoué lamentablement en 1941? Là où un million de soldats napoléoniens rompus à la guerre ont échoué en 1812?
Que représente Koursk, ses quelques 1000 km2 et sa population anémique de 10,000 habitants sur une Fédération de Russie de 17 millions de km2 et de 145 millions d’habitants?
Comme l’écrit en filigrane Ritter, la FINALITÉ RECHERCHÉE ne peut être une «victoire militaire» de l’armée UKRONAZIE BANDÉRISTE KIÉVIENNE et ses ~ 900,000 soldats mobilisables et ses ~ 200,000 soldats mobilisés sur une population de maintenant ~ 27 millions d’habitants vainquant une armée russe de 1,5 million de soldats mobilisés et de 5 millions de soldats mobilisables sur une population totale de 145 millions d’habitants.
Le rapport de force en terme d’équipements militaires est parfaitement illustré par les drones FPV UKRONAZI$ de ~ 2kg d’explosifs contre les missiles balistiques russes de 500 kg et les FAB-3000 kg d’explosifs: un David UKRONAZI sans fronde contre un Goliath capitaliste casqué et armé de pied en cape.
Définitivement, la FINALITÉ RECHERCHÉE est ailleurs.
La bourgeoisie européenne privée de ses colonies est en manque mortel de ressources naturelles à «voler, piller et brigander» comme l’était l’Allemagne nazie en 1939, que faire? Comme pour les nazis-fascistes et collabos: un LEBENSRAUM NAZI à l’Est, sur la Fédération de Russie tout simplement.
Problème: la Russie est une puissance nucléaire de premier plan qui a déjà annoncé qu’Elle aurait recours à son arsenal nucléaire en cas de «menace existentielle» à la dictature de sa propre bourgeoisie «tsariste-orthodoxe».
Faisons comme pour l’URSS et le bloc de l’Est, la Chine et l’Ukraine: un «coup d’État de palais» pour un changement de régime de l’intérieur (changement de la garde social-fasciste de gauche vers la droite fasciste) contre lequel Poutine ne pourra recourir à l’arme atomique sans s’auto-détruire.
Kroutchev, Deng Siaoping, Gorbatchev et nombre d’autres ont réussi, se disent les ploutocrates milliardaires d’Occident, «répétons l’opération de subversion, d’où un LEBENSRAUM EURONAZI 2.0: accompagnée d’une guerre de propagande goebelienne massive + guerre économique tout azimut par «gels» et sanctions + agression militaire par «proxys» + subversion à l’intérieur = renversement du régime social-fasciste et mise en place d’un régime compradore de droite fasciste qui referait de la Russie la «station service» de l’Europe plutôt que celle de la Chine et des BRICS ainsi que le veut le régime «hostile» de Poutine et consorts.
Ce plan de campagne d’«agression/subversion» déployé avec succès contre l’URSS en Afghanistan et du «coup d’État de palais» de 1991 contre les «tsars rouges» est de la même nature que celui présentement employé contre la Russie du «tsar brun Poutine» à la différence que la Chine des «mandarins rouges» s’est ajoutée à l’équation mondiale avec sa puissance industrielle et sa volonté concurrente d’hégémonie.
Ce plan de campagne est aussi celui déployé contre l’Iran des mollahs: propagande goebelienne + guerre économique «gels et sanctions» + agressions militaires par mandataires mercenaires génocidaires SIONAZI$ ISRAÉLIENS + blocus = remplacement de régime du social/fascisme des mollahs au purement fasciste des renégats et des traitres. Ici encore, la Chine brouille les cartes et compromet le «plan impérialiste occidental».
Ritter a bien raison, jusqu’à quand le fürher TR0MP tolérera-t-il que la Chine compromette ses plans de domination mondiale pour enrichir les milliardaires de sa clique au pouvoir et jusqu’où la Chine s’opposera-t-elle aux magouilles des puissances impériales occidentales (???), voilà les questions.
ANNEXE
Par Felix Abt, le 24 août 2026, Blog Personnel «Zanzibar Freedom Of Speech”
Au cas où vous l’auriez manqué – L’OTAN a envahi la Russie… & l’Armageddon nucléaire n’est pas loin
Scott Ritter explique comment l’offensive de Koursk, les frappes de missiles à longue portée et l’implication croissante de l’OTAN ont rapproché le monde d’une guerre nucléaire bien plus que la plupart des gens ne le pensent.
Dans une vidéo, Scott Ritter, ancien officier du renseignement des Marines américains et inspecteur des armes de l’ONU, a rappelé aux spectateurs à quel point les États-Unis et la Russie avaient frôlé la guerre nucléaire sous l’administration Biden.
Selon Ritter, en 2024, la Russie cherchait une issue au conflit ukrainien. Moscou n’était pas déterminée à capituler sans condition ; elle était ouverte à un règlement négocié. Mais à l’époque, cette ouverture russe à la négociation a été interprétée par beaucoup en Occident comme un signe de faiblesse, et de nombreux efforts ont été déployés pour exploiter cette faiblesse perçue.
Ritter nous rappelle ce qui s’est passé en août 2024 : l’OTAN a envahi la Russie.
L’OTAN a envoyé entre 70 000 et 80 000 soldats ukrainiens, formés et équipés par l’alliance politico-militaire, dans la région de Koursk. Il ne s’agissait pas d’une incursion mineure. Selon Ritter, l’opération visait à s’emparer de territoires et, éventuellement, d’une centrale nucléaire, et ainsi créer un levier de négociation en vue d’un éventuel échange impliquant la centrale nucléaire de Zaporijia.
Il s’agissait d’une opération de grande envergure planifiée avec la participation de l’OTAN. Ce n’était pas simplement une question de forces ukrainiennes se réveillant un matin et décidant : “Allons à Koursk”. Ritter soutient que les dirigeants américains, britanniques et français ont soutenu cette opération.
La force elle-même était principalement composée de soldats ukrainiens, soutenus par des mercenaires, mais il s’agissait d’unités triées sur le volet, entraînées et équipées de matériel spécialisé de l’OTAN.
Beaucoup de gens ignorent également que l’OTAN a modifié sa doctrine opérationnelle après l’échec de la contre-offensive ukrainienne de l’été 2023. La nouvelle approche intégrait un concept de fusion du renseignement opérationnel piloté par l’IA. Selon Ritter, les unités tactiques ukrainiennes ont reçu des appareils de type iPad qui leur indiquaient où se déplacer en fonction des renseignements sur le déploiement des forces russes. Le système pouvait identifier les brèches, prédire les temps de réaction russes et sélectionner les itinéraires offrant les meilleures opportunités — ce qui a permis aux Ukrainiens de réaliser des avancées significatives en territoire russe.
Il a fallu un courage et un savoir-faire considérables de la part des Russes pour les arrêter. Des troupes aéroportées, des marines et des forces spéciales tchétchènes ont été déployées. Les forces tchétchènes ont contrecarré l’offensive, les Marines ont stoppé l’avancée et les parachutistes ont pris le relais. Peu à peu, les forces russes ont repoussé les assaillants.
Mais il s’agissait là, souligne Ritter, d’une intervention de l’OTAN.
Et ces faits sont importants en raison de ce qui s’est passé ensuite.
En septembre 2024, le Premier ministre britannique Keir Starmer s’est rendu à Washington avec sa mallette contenant ses documents officiels. Il avait prévu une rencontre avec le président Biden le 13 septembre, au cours de laquelle il devait solliciter l’autorisation pour que l’Ukraine utilise des missiles Storm Shadow afin de frapper en profondeur sur le territoire russe.
Une telle opération aurait largement dépassé le cadre des attaques contre les positions russes dans le Donbass ou en Crimée. Elle aurait signifié frapper des cibles situées au cœur même de la profondeur stratégique de la Russie. Les États-Unis envisageaient également d’autoriser l’utilisation des ATACMS à des fins similaires.
Ce plan envisagé revêtait une importance particulière, car la Russie avait clairement indiqué que si des États dotés de l’arme nucléaire fournissaient à un État non nucléaire la capacité de frapper au cœur du territoire stratégique russe, Moscou pourrait considérer de telles attaques comme une attaque perpétrée par ces puissances nucléaires elles-mêmes — même si les armes utilisées étaient conventionnelles.
C’est dans ce contexte que l’invasion de Koursk avait eu lieu.
Et c’est là que l’histoire a pris une tournure personnelle pour Ritter.
Le 13 septembre, le jour même où cette réunion devait avoir lieu, il se trouvait à l’ambassade de Russie à Washington pour assister à un concert. Il rencontrait l’ambassadeur russe Anatoly Antonov depuis fin 2022 pour discuter de la russophobie et des moyens de faire découvrir la culture russe au public américain. L’un des sujets abordés concernait l’organisation d’événements culturels, notamment de concerts.
Ce soir-là, il y avait un concert consacré à Rimski-Korsakov. Ritter explique qu’il n’apprécie généralement pas la musique classique – il est plutôt du genre Bruce Springsteen et Bob Dylan –, mais que ce fut un grand honneur pour lui d’être invité, et qu’il y assista par respect pour l’ambassadeur et pour les efforts que celui-ci avait déployés à l’organisation de cet événement.
Mais ce soir-là, Anatoly Antonov n’était pas l’homme que Ritter avait connu. Il était livide. Quelque chose l’avait manifestement bouleversé. Il a écourté le concert et est parti.
Il s’est avéré que plus tôt dans l’après-midi, Antonov avait passé un coup de fil.
Selon Ritter, des proches de la Maison Blanche avaient voulu savoir si les Russes bluffaient quant à leur volonté d’utiliser des armes nucléaires. D’après des personnes qui, selon Ritter, étaient bien placées pour le savoir — bien qu’il souligne qu’Antonov lui-même n’en ait jamais discuté directement avec lui —, l’ambassadeur avait été contacté et interrogé sur la réponse russe si des missiles ATACMS ou Storm Shadow étaient utilisés contre des cibles situées en profondeur sur le territoire russe.
La réponse, telle qu’elle avait été transmise à Ritter, était sans équivoque : la Russie riposterait, et Washington, D.C., figurerait sur la liste des cibles.
Il n’y aurait aucune ambiguïté à ce sujet.
Selon ce récit, cet avertissement aurait contribué à ce que Biden ne signe pas l’autorisation. Il se serait mis en colère, et Starmer aurait quitté Washington bouleversé. Les États-Unis ont alors mené une enquête pour déterminer si la Russie bluffait.
C’est devenu la question centrale : les Russes bluffaient-ils ?
En novembre 2024, le contre-amiral Thomas Buchanan, directeur des plans (J5) au Commandement stratégique des États-Unis, prenait la parole au CSIS. Au cours de la séance de questions-réponses, on lui a en substance demandé: les Russes bluffaient-ils ? Les États-Unis étaient-ils prêts à affronter un conflit nucléaire ?
Sa réponse était en substance la suivante : les États-Unis étaient prêts à s’engager dans un échange nucléaire avec la Russie — et étaient convaincus qu’ils l’emporteraient.
Permettez-moi de formuler cela plus simplement, dit Ritter.
Il disait que les États-Unis étaient prêts à mener une guerre nucléaire contre la Russie et pensaient pouvoir la gagner.
En quoi cela est-il significatif ?
Parce qu’en février 2022, l’administration Biden s’était jointe aux autres États dotés d’armes nucléaires reconnus par le Traité de non-prolifération pour réaffirmer le principe selon lequel une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée.
Telle était la ligne officielle.
Pourtant, en novembre 2024, le J5 affirmait que les États-Unis étaient prêts à mener une guerre nucléaire contre la Russie et pensaient pouvoir la gagner.
Il a ensuite précisé ce que “gagner” signifiait réellement.
Cela ne signifiait pas ce que la plupart des gens imaginent. Gagner une guerre nucléaire signifierait la destruction de l’Amérique telle que nous la connaissons. Les États-Unis n’existeraient plus en tant que république constitutionnelle. Il y aurait très peu de survivants, et ceux-ci vivraient sous un régime de survie strict imposé par le gouvernement.
En d’autres termes, sauver l’Amérique par une guerre nucléaire reviendrait à détruire l’Amérique.
Il aurait déclaré que le peuple américain devait peut-être comprendre ce que “gagner” signifiait réellement, faute de quoi il risquait de se montrer beaucoup trop enthousiaste à l’idée d’une guerre nucléaire.
Par la suite, Ritter s’est rendu au Congrès et s’est entretenu avec des membres très haut placés des deux partis. Il a spécifiquement demandé si la CIA estimait que la Russie bluffait au sujet des armes nucléaires, car c’était l’argument avancé publiquement dans certains grands journaux américains.
La réponse qu’il a reçue d’un démocrate de très haut rang, et confirmée indépendamment par un républicain lui aussi haut placé, était non.
La CIA ne pensait pas que la Russie bluffait.
Selon l’évaluation qui a été présentée à Ritter, la Russie utiliserait des armes nucléaires si elle estimait que son territoire stratégique faisait l’objet d’une attaque suffisamment grave.
Mais il y avait quelque chose d’encore plus effrayant.
Selon le briefing du Congrès décrit à Ritter, l’évaluation indiquait qu’il y avait plus de 50 % de chances qu’une guerre nucléaire éclate avec la Russie d’ici la fin de l’année 2024.
Réfléchissez-y.
Les États-Unis semblaient estimer que la Russie pourrait effectivement recourir à l’arme nucléaire en raison de l’escalade de la crise autour de l’Ukraine, notamment face à la perspective d’attaques menées en profondeur sur le territoire russe.
Et pourtant, aujourd’hui, tout le monde semble avoir oublié ce qui s’est passé à Koursk.
Tous ont oublié que les forces ukrainiennes ont pénétré sur le territoire russe lors d’une offensive de grande envergure mobilisant des dizaines de milliers de soldats (entre 70 000 et 80 000), avec un soutien considérable de l’OTAN en matière de formation, d’équipement, de renseignement et d’appui opérationnel.
Ils ont oublié à quel point l’escalade qui a suivi, liée aux frappes à longue portée, a failli déclencher une confrontation directe entre deux puissances nucléaires.
Mais selon Ritter, le danger ne s’est pas arrêté avec l’administration Biden.
L’incident de Valdai
Ritter évoque un autre épisode qu’il juge particulièrement révélateur.
En décembre 2025, alors que le président Trump s’entretenait par téléphone avec Vladimir Poutine au sujet de l’initiative de paix en Alaska, Ritter affirme que 98 drones ukrainiens, prétendument guidés par les services de renseignement de la CIA, se dirigeaient vers la résidence de Poutine à Valdai.
Selon Ritter, Trump a maintenu la communication téléphonique avec Poutine pendant qu’il s’absentait brièvement, alors que les drones approchaient de la résidence du président russe.
“Appelez ça comme vous voulez”, dit Ritter. Selon lui, il s’agissait soit d’une tentative d’assassinat, soit, à tout le moins, d’une manœuvre visant à faire pression sur Poutine et à l’intimider.
Ritter présente cette affirmation comme s’inscrivant dans un schéma plus large d’escalade. Il évoque l’opération ukrainienne Spiderweb de juin 2025, au cours de laquelle les services de renseignement ukrainiens, avec l’aide de la CIA et du MI6, ont lancé des drones depuis des camions contre des bombardiers stratégiques russes.
Pour Ritter, il s’agissait là d’une autre ligne rouge majeure : une attaque directe contre la force de bombardiers nucléaires stratégiques de la Russie.
Sa conclusion est que les déclarations publiques de l’administration Trump, selon lesquelles elle cherchait à désescalader le conflit, ne correspondaient absolument pas à ce qui se passait sur le terrain.
La stratégie derrière la guerre
Ritter soutient que les États-Unis mènent une stratégie visant à créer ce qu’il appelle un “moment Maïdan à Moscou”.
L’objectif, selon lui, est de vaincre la Russie non pas nécessairement par une victoire militaire conventionnelle, mais en provoquant l’effondrement de son économie, en épuisant ses forces armées et en brisant la volonté de la population de continuer à se battre — ce qui finirait par déclencher des troubles dans les rues et faire tomber le gouvernement de Poutine.
Poutine, affirme Ritter, est désormais conscient de cette stratégie.
La Russie comprend, selon lui, que les États-Unis ne cherchent pas véritablement à mettre en place un processus de paix et que l’objectif ultime de Washington est un changement de régime à Moscou.
C’est pourquoi, affirme Ritter, le débat russe a évolué.
La question n’est plus de savoir si la Russie bluffe au sujet des armes nucléaires. La question qui se pose de plus en plus en Russie est de savoir si l’OTAN est réellement capable de faire quoi que ce soit pour changer l’issue de la guerre.
Ritter cite l’exemple de Fiodor Loukianov, qu’il décrit comme faisant partie de l’élite libérale russe, traditionnellement pro-occidentale, et comme quelqu’un qui s’était auparavant montré ouvert à un règlement négocié. Pourtant, affirme Ritter, même Loukianov, est de plus en plus convaincu que la Russie devra peut-être gagner la guerre selon ses propres conditions.
Du point de vue russe, soutient Ritter, une grande partie des gesticulations occidentales est en fin de compte sans importance. L’Europe peut annoncer de nouveaux programmes militaires, discuter de coopération nucléaire et de capacités de frappe à longue portée, et menacer d’une nouvelle escalade — mais Moscou peut tout simplement attendre.
Ritter considère que l’Europe est affaiblie tant sur le plan politique qu’économique, et estime que l’OTAN est de moins en moins en mesure de mener une confrontation significative avec la Russie.
Selon lui, la principale variable est Donald Trump.
Ritter décrit Trump comme quelqu’un d’imprévisible sur le plan émotionnel et affirme que Moscou doit donc le gérer avec prudence — un acteur dangereux mais maîtrisable, à ses yeux.
Mais la plus grande préoccupation de Ritter n’est plus l’Europe.
C’est l’Asie.
Le plus grand danger nucléaire pourrait se situer en Asie
Ritter affirme que le risque d’escalade nucléaire dans le Pacifique, théâtre qui retient bien moins l’attention que la guerre en Europe, est énorme.
Il met en avant la coopération militaire croissante entre la Corée du Nord et la Russie, le déploiement de troupes nord-coréennes et ce qu’il décrit comme l’acquisition par la Corée du Nord d’une expérience directe de la guerre moderne.
Il s’inquiète particulièrement du développement de missiles nord-coréens plus puissants et d’ogives plus volumineuses.
Et puis il y a Taïwan.
Que se passerait-il, demande Ritter, si les tensions entre la Chine et le Japon s’intensifiaient ? Et si le Japon attaquait un navire des garde-côtes chinois et que la Chine ripostait contre le Japon ? Que se passerait-il si Taïwan s’en mêlait et que la Chine attaquait l’île ? Et que feraient les États-Unis ?
C’est là, affirme Ritter, que réside le véritable danger nucléaire.
L’Ukraine, en revanche, ne représente plus le même problème stratégique qu’en 2024. La Russie s’est adaptée, son armée a mûri et l’offensive de Koursk est terminée. Selon Ritter, la Russie ne considère plus l’OTAN comme une menace militaire crédible capable de modifier l’équilibre fondamental de la guerre.
La guerre sur le champ de bataille
Ritter affirme également que la nature même de la guerre a radicalement changé en raison des drones.
Par le passé, un effondrement des défenses ukrainiennes aurait pu donner lieu à une avancée militaire classique, représentée par de grandes flèches sur une carte : encerclements, percées et avancées rapides en profondeur dans les lignes arrières de l’ennemi.
Une telle chose est bien plus difficile aujourd’hui.
Même si un front s’effondre, l’Ukraine peut concentrer des milliers de drones FPV dans une zone donnée. Toute formation importante tentant de tirer parti d’une percée peut donc devenir extrêmement vulnérable.
Ritter explique que c’est la raison pour laquelle la Russie ne cherche pas à réaliser des percées spectaculaires. Au contraire, elle avance posément et méthodiquement, dominant les Ukrainiens sur les plans tactique, opérationnel et stratégique tout en épuisant progressivement leurs forces.
Lors d’un séjour en Russie, Ritter raconte avoir discuté de la guerre des drones avec des militaires russes. Au départ, on lui a dit que la situation devenait extrêmement difficile. En avril et mai, les Russes l’ont averti que certaines zones étaient devenues si dangereuses qu’ils pourraient être contraints d’annuler sa visite prévue.
Lorsqu’il a finalement traversé la zone de conflit, raconte-t-il, les drones étaient omniprésents.
Mais il n’a constaté aucune panique parmi les forces russes.
Leur message était en substance le suivant : C’est difficile, mais nous savons ce que font les Ukrainiens, nous mettons au point des moyens d’y faire face, et nous maîtrisons la situation.
Ritter affirme que la Russie est désormais passée d’une simple stratégie de confinement de la menace des drones ukrainiens à une stratégie visant à prendre le dessus.
Il reconnaît que les drones ukrainiens atteignent toujours des cibles russes, mais il ajoute que leur efficacité a diminué et que l’Ukraine peine de plus en plus à remplacer ses opérateurs de drones expérimentés.
La guerre économique
Ritter soutient que l’objectif ultime de la Russie n’est pas simplement de vaincre l’Ukraine sur le champ de bataille.
Il s’agit de détruire la capacité de l’Ukraine à mener la guerre.
Il explique que la Russie cible de plus en plus les infrastructures de l’industrie de défense et la capacité économique du pays, y compris les installations qui ont été dispersées dans des zones civiles.
Il affirme que la production ukrainienne de drones a été transférée dans des lieux civils, notamment des centres commerciaux et des immeubles d’habitation, et soutient que cela a fait de ces installations des cibles militaires potentielles.
Quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur cet argument, il constitue un élément important de l’explication donnée par Ritter pour justifier la poursuite des frappes russes contre les infrastructures ukrainiennes.
Il estime que la Russie démantèle progressivement la base militaro-industrielle de l’Ukraine plutôt que de tenter de réaliser une seule percée spectaculaire.
Pourquoi la Russie ne veut pas d’une guerre avec l’OTAN
Ritter avance également que la Russie n’a aucun intérêt à attaquer l’OTAN.
En effet, il estime que c’est tout le contraire : certains décideurs politiques européens pourraient considérer une attaque russe contre l’OTAN comme le seul événement susceptible de rétablir la cohésion au sein de l’alliance et de ramener pleinement les États-Unis dans le conflit européen.
Une attaque russe contre l’OTAN, selon cette logique, pourrait redonner à l’alliance un sens à son action et potentiellement contraindre Washington à s’engager à nouveau.
Mais la Russie n’a aucune raison d’offrir cette opportunité à l’OTAN.
Ritter rejette donc les appels lancés à la Russie pour qu’elle attaque l’Europe.
Quiconque prône une telle voie, affirme-t-il, n’agit pas dans l’intérêt de la Russie.
Au contraire, la stratégie russe consiste à vaincre l’Ukraine tout en évitant une guerre directe avec l’OTAN.
Le danger d’une guerre nucléaire
Ritter revient finalement à la question nucléaire.
Il souligne que son estimation, selon laquelle le danger d’une guerre nucléaire en Europe est moindre qu’en Asie, ne doit pas être interprétée comme signifiant que l’Europe est à l’abri.
Le danger reste sérieux.
Il n’existe pas, affirme Ritter, de guerre nucléaire véritablement “limitée”.
Il rappelle le vieux principe de la Guerre froide : les guerres nucléaires ne peuvent être gagnées et ne doivent donc jamais être menées.
Dès lors qu’une puissance nucléaire en vient à conclure que les armes atomiques peuvent servir à atteindre des objectifs militaires et qu’une guerre nucléaire peut, d’une manière ou d’une autre, être gagnée, toute la logique de la dissuasion stratégique commence à s’effriter.
Les autres puissances nucléaires seraient alors contraintes de réagir pour rétablir l’équilibre.
C’est pourquoi Ritter considère que les discours sur l’utilisation contrôlée des armes nucléaires tactiques sont si dangereux. Selon lui, tous les exercices de simulation de guerre sérieux impliquant des armes nucléaires tactiques ont fini par dégénérer en un conflit nucléaire généralisé.
La leçon de la Guerre froide, affirme-t-il, était précisément le contraire.
Ronald Reagan fut l’un des anticommunistes les plus intransigeants de l’histoire américaine, mais il a fini par comprendre la nécessité non seulement du contrôle des armements, mais aussi de leur réduction. Ritter considère le Traité FNI comme une avancée historique qui a contribué à sauver l’Europe et le monde d’une catastrophe nucléaire.
Aujourd’hui, affirme-t-il, cette prise de conscience est en train de se perdre.
L’Europe ne débat pas de la manière de réduire la menace nucléaire. Elle débat de la manière de rapprocher le seuil nucléaire de la Russie.
Et c’est précisément, met en garde Ritter, ce genre de raisonnement qui pourrait transformer un conflit conventionnel en catastrophe.
La leçon centrale de son argumentation est donc sans appel :
On ne peut pas gagner une guerre nucléaire. La seule façon de la gagner est de ne pas la mener.
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Par Normand Bibeau