Cinquante-huit (Karinthi)

Cinquante-huit
Agnès Karinthi

Ils sont cinquante-huit, ils sont des milliers
A fuir leur passé, désespérés, en quête d’horizons plus glorieuses
Eldorado? Ils le croient, toujours.
Comment ne pas y croire, lorsqu’aux alentours
Il n’y a que sécheresse et terres rocailleuses?

Ils sont cinquante-huit, ils sont des milliers
Ils prennent la route, comme hébétés, bravent désert, faim, épuisement
La mer? Peur, promesse d’avenir.
Comment ne pas tenter, ne pas investir
Le pécule amassé si difficilement?

Ils sont cinquante-huit, ils sont des milliers
L’embarcation tangue, de droite, de gauche, elle va chavirer, c’est certain.
Les enfants? Questionnent leurs parents.
Comment dissimuler les regards déments
Sous les doigts qui caressent la chevelure châtain?

Ils sont cinquante-huit, nous sommes des millions
De joyeux nantis. Dolce vita, opulence et consommation.
Les migrants, un épiphénomène?
Un simple fait divers non anxiogène?
Ou une cause à plaider, au niveau des nations?

Ils sont cinquante-huit, nous sommes des millions
D’Européens choqués, interloqués, par cette absence d’humanité.
L’Aquarius, oiseau des mers, bridé?
Le sort des migrants, par l’Europe décidé
Sera-t-il le tombeau de notre dignité?

Une réflexion sur “Cinquante-huit (Karinthi)

  • 3 octobre 2018 à 1 h 12 min
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    ça ne va pas etre simple de parler des ong complices à l’auteur de ce texte …..

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