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👁‍🗹 Les mutations du pouvoir mondial & incidences gĂ©opolitiques sur la rĂ©gion du Moyen-Orient

👁‍🗹 Les mutations du pouvoir mondial & leurs incidences sur la rĂ©gion de la mer Rouge au Moyen-Orient

Par Federico Donelli, Université de Trieste pour The Conversation, le 27 novembre 2025

Les rapports de force internationaux sont en train d’évoluer. L’une des zones oĂč se manifeste cette dynamique est la rĂ©gion de la mer Rouge, comprenant l’Égypte, l’ÉrythrĂ©e, Djibouti, le Soudan, l’Arabie saoudite, les Émirats, le Qatar, le YĂ©men, le Liban, la Jordanie, l’Irak, l’Iran et IsraĂ«l/Palestine. C’est lĂ  que rivalisent les ambitions internationales, rĂ©gionales et locales.  Federico Donelli, qui a Ă©tudié ces dynamiques politiques et a rĂ©cemment publié Power Competition in the Red Sea, analyse le rĂŽle gĂ©opolitique de cette rĂ©gion.


Définir la région

Elle s’étend du

La région de la mer Rouge

La mer Rouge s’impose rapidement comme une zone trĂšs disputĂ©e oĂč les puissances mondiales traditionnelles et Ă©mergentes se livrent une lutte d’influence et de contrĂŽle sans merci. Le dĂ©clin du rĂŽle central de l’Occident sur le plan gĂ©opolitique, l’émergence de nouvelles puissances et l’affirmation constante des acteurs rĂ©gionaux sont autant de facteurs en jeu dans cette rĂ©gion.

Cette situation confĂšre Ă  la rĂ©gion une complexitĂ© et une dynamique qui prĂ©figurent les futures hiĂ©rarchies mondiales. La rĂ©gion de la mer Rouge bouleverse l’ordre international libĂ©ral apparu Ă  la fin de la guerre froide, en 1989. Cet ordre repose sur :

  • le multilatĂ©ralisme, soit la coopĂ©ration entre plusieurs États
  • le libre-Ă©change, avec une intervention modĂ©rĂ©e de l’État dans l’économie
  • la dĂ©mocratie libĂ©rale, caractĂ©risĂ©e par le pluralisme politique et les droits individuels.

Or, ces principes ont été érodés ces 20 derniÚres années par une combinaison de vulnérabilités internes et de défis internationaux.

Si la concurrence entre les États-Unis et la Chine pour le leadership mondial fait la une des journaux, les vĂ©ritables bastions de l’ordre mondial post-libĂ©ral se situent dans les zones oĂč s’affrontent les dynamiques internationales, rĂ©gionales et locales.

Et la rĂ©gion Ă©largie de la mer Rouge en fait partie. D’autres théùtres de cette compĂ©tition sont l’Arctique, le sud de l’Indo-Pacifique, ainsi que les Balkans.

Pourquoi la région de la mer Rouge suscite-t-elle de telles convoitises ?

La rĂ©gion ne dispose pas d’une puissance dominante suffisamment forte pour imposer son autoritĂ©. Elle devient ainsi une arĂšne propice Ă  la compĂ©tition entre des États aux intĂ©rĂȘts divergents.

La mer Rouge prĂ©sente une grande valeur stratĂ©gique. Elle relie la mer MĂ©diterranĂ©e Ă  l’ocĂ©an Indien et constitue une route maritime majeure pour le commerce international et l’approvisionnement Ă©nergĂ©tique. Elle est Ă©galement bordĂ©e par plusieurs États instables, comme le Soudan, l’ÉrythrĂ©e et le YĂ©men.

Cette combinaison, Ă  savoir une zone d’influence limitĂ©e ou contestĂ©e exposant la rĂ©gion Ă  des ingĂ©rences extĂ©rieures, et une zone stratĂ©gique clĂ© particuliĂšrement attractive.

Les États-Unis et la Chine disposent tous deux d’installations militaires Ă  Djibouti. La Russie cherche à accĂ©der Ă  Port-Soudan. Les puissances du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, ont Ă©tendu leur prĂ©sence dans la Corne de l’Afrique. Pour ce faire, elles ont investi dans les ports, les infrastructures et la coopĂ©ration militaire, notamment au Soudan, en Somalie et en Éthiopie.

La Turquie, l’Iran et IsraĂ«l ont eux aussi tissĂ© des liens politiques, Ă©conomiques et sĂ©curitaires. Ensemble, ils ont créé un lien entre la mer Rouge, la MĂ©diterranĂ©e orientale et le golfe Persique.

Cependant, les puissances extérieures ne sont pas les seuls facteurs de changement dans la région.

Les acteurs locaux, de l’Éthiopie au Soudan en passant par l’ÉrythrĂ©e, l’Égypte et la Somalie, exploitent les rivalitĂ©s mondiales pour faire avancer leurs objectifs stratĂ©giques (https://agsi.org/events/competition-or-cooperation-the-horn-of-africa-and-broader-red-sea-basin-at-a-crossroads/). Ils courtisent les puissances extĂ©rieures concurrentes en nĂ©gociant un accĂšs militaire contre des garanties de sĂ©curitĂ©, ou en recherchant des investissements dans des infrastructures stratĂ©giques. Ils s’appuient Ă©galement sur leur alignement diplomatique avec les États-Unis, la Chine, les États du Golfe ou la Turquie pour renforcer leurs positions nationales et rĂ©gionales.

Ces stratĂ©gies crĂ©ent un rĂ©seau complexe d’intĂ©rĂȘts concurrents. Elles brouillent la frontiĂšre entre politique rĂ©gionale et politique internationale. Les gouvernements et les acteurs non Ă©tatiques peuvent dĂ©sormais opter pour plusieurs protecteurs extĂ©rieurs et tirer profit de leurs rivalitĂ©s.

Ce “multi-alignement” constitue pour les acteurs rĂ©gionaux le levier idĂ©al. Il accroĂźt toutefois la volatilitĂ© et l’incertitude. Ainsi, les factions rivales de la guerre civile soudanaise en cours ont cherchĂ© Ă  obtenir le soutien d’acteurs extĂ©rieurs, de l’Arabie saoudite aux Émirats arabes unis, transformant ainsi un conflit interne en un théùtre d’affrontements par procuration.

En Somalie, les autoritĂ©s locales et claniques nĂ©gocient des accords de sĂ©curitĂ© et Ă©conomiques directement avec des puissances Ă©trangĂšres telles que la Turquie et les États du Golfe, contournant souvent les institutions locales dĂ©faillantes.

D’autre part, l’Éthiopie, pays enclavĂ©, poursuit sa quĂȘte d’un accĂšs Ă  la mer, l’entraĂźnant dans de nouveaux imbroglios diplomatiques et sĂ©curitaires avec le Somaliland, la Somalie, l’ÉrythrĂ©e, l’Égypte et les pays du Golfe.

Ces exemples illustrent l’évolution de la rĂ©gion de la mer Rouge en un microcosme de l’ordre post-libĂ©ral : une zone fragmentĂ©e, axĂ©e sur les transactions et fortement interconnectĂ©e.

Quels sont les conséquences et enseignements majeurs de ces alliances ?

La région de la mer Rouge illustre une mutation plus globale de la politique internationale.

Au lieu de crĂ©er un nouvel Ă©quilibre, le dĂ©clin de l’influence occidentale engendre un systĂšme dĂ©centralisĂ© et concurrentiel.

Ce contexte constitue un terrain d’expĂ©rimentation pour de nouveaux modĂšles d’interaction entre puissances internationales et locales, acteurs Ă©tatiques et non Ă©tatiques, ainsi qu’entre alliances et partenariats formels ou informels.

Alors que les rĂšgles et institutions “universelles” d’inspiration occidentale ont dĂ©fini l’ordre international libĂ©ral, l’ordre post-libĂ©ral se caractĂ©rise par un engagement sĂ©lectif, des accords bilatĂ©raux et des partenariats flexibles.

Le monde d’aujourd’hui est donc marquĂ© par un ordre rĂ©sultant de la concurrence plutĂŽt que du consensus.

La concurrence entre grandes puissances s’exerce dĂ©sormais moins par le biais des institutions internationales que par celui des sphĂšres rĂ©gionales. La prĂ©sence militaire, les investissements dans les infrastructures et les alliances politiques sont devenus des vecteurs d’influence.

Quelles conclusions en tirer ?

La rĂ©gion de la mer Rouge rappelle aux universitaires et aux dĂ©cideurs politiques que l’avenir de la politique internationale ne se jouera plus uniquement Ă  Washington, PĂ©kin, Bruxelles ou Moscou. Il s’élabore notamment dans des lieux comme Port-Soudan, Aden et Djibouti, oĂč se profile le nouvel ordre mondial.
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Les rĂ©gions sont devenues de vĂ©ritables terrains d’expĂ©rimentation de la mutation gĂ©opolitique globale. Ce sont des zones oĂč la concurrence internationale interagit avec les conflits locaux et oĂč Ă©mergent de nouveaux modĂšles de gouvernance et d’influence.

Les acteurs locaux, qu’ils soient Ă©tatiques ou non, ne sont plus de simples cibles d’ingĂ©rences extĂ©rieures. Ils participent activement Ă  l’élaboration de leur environnement sĂ©curitaire.


Traduit par Spirit of Free Speech

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Robert Bibeau

Auteur et éditeur

2 rĂ©flexions sur “👁‍🗹 Les mutations du pouvoir mondial & incidences gĂ©opolitiques sur la rĂ©gion du Moyen-Orient

  • Normand Bibeau

    L’auteur confond les apparences pour la rĂ©alitĂ© et les États fĂ©odaux et capitalistes compradores du Golfe continuent Ă  ĂȘtre des États fĂ©odaux et capitalistes compradores, en quĂȘte constante d’armements pour opprimer leur peuple et piller leurs richesses naturelles et les exploiter sans pitiĂ©, au profit de puissances Ă©trangĂšres, la seule diffĂ©rence aujourd’hui avec hier, c’est qu’hier, seul des puissances occidentales les dominaient, alors qu’aujourd’hui, la Chine a accĂ©dĂ© au statut de puissance impĂ©rialiste mondiale et rivalise avec l’occident pour l’hĂ©gĂ©monie mondiale en soudoyant, corrompant et armant ces dictateurs claniques fĂ©odaux rĂ©actionnaires.

    Une simple Ă©tude de leurs budgets militaires stratosphĂ©riques et de qui les leurs vends, suffit Ă  dĂ©montrer qu’ils n’ont pas changĂ© d’un iota dans leur nature de classe fĂ©odale et capitaliste compradore dĂ©voyĂ©es envers les puissances Ă©trangĂšres et mortifĂšres envers leur peuple.

    Ainsi, on constate que les pays du Golfe:
    Arabie saoudite en tĂȘte a dĂ©pensĂ© en armement ~75~76 milliards U$D; 2025: ~78 milliards U$D;approbisionnĂ© historiquement par les U$A, le Royaume-Uni et la France mais maintient ses niveaux d’achats mais auprĂšs de la Chine, de la Turquie, du Pakistan et de la Russie;
    Quatar: ~14 ~16 milliards U$D;2025: 210,2 mds;aprĂšs les U$A, Il diversifie en Turquie;
    BahreĂŻn: ~1,3 ~1,4 milliards U$D pour 2022-2023;toujours les U$A;
    Égypte: ~3,6 milliards U$D pour 2023;mix U$A, France,Russie et Chine, se rapproche de la Chine;
    Turquie: ~12 ~ 16 milliards U$D pour 2022-2023;des U$A, les turques sont devenus exportateurs d’armes
    Iran: ~7 ~11 milliards U$D 2022-2023;devient autonome Ă  cause des sanctions, Russie et Chine;
    Israël: ~23 ~ 28 milliards U$D 2023-2024; ~31 milliards U$D pour 2025;toujours leurs sponsors et maßtres U$, laquais un jour, laquais toujours.

    A cette étude, on peut ajouter leur monstrueuse félonie et perfidie déshonorantes de renégats abjects envers les palestiniens martyrs pour mesurer le degré de leur putréfaction au stade finale.

    En conclusion, les pays du Golfe et de l’orient occidental ou de l’occident de l’orient, Ă©taient, sont et resteront des États fantoches sous domination Ă©trangĂšre jusqu’à la rĂ©volution prolĂ©tarienne.

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